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Résumé

Au lycée privé Saint-Jude, Sabrina et Nolhan se vouent une haine viscérale. Nolhan, fils d'un richissime magnat de l'immobilier, est le prédateur de l'école et passe ses journées à détruire psychologiquement Sabrina. Mais sous cette animosité publique se cache une attirance physique brute et destructrice. Dès que les lumières s'éteignent, ils se retrouvent en secret dans la vieille chaufferie désaffectée ou dans les vestiaires du gymnase pour des affrontements sexuels d'une violence inouïe, où la douleur et la soumission mutuelle servent d'exutoire à leur haine.

Genre :
Romance
Auteur :
Nana13K
Statut :
Extrait
Chapitres :
8
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1

Chapitre 1 : L’odeur du soufre

Le grincement des vieux casiers en métal du lycée Saint-Jude résonnait comme une torture dans les oreilles de Sabrina. Elle détestait cet endroit. Elle détestait la pluie crasseuse qui, depuis des semaines, frappait les vitres teintées et fatiguées de la vieille bâtisse victorienne. Elle détestait l’hypocrisie des sourires de façade qui s’échangeaient dans les couloirs bondés, les rires forcés, les faux semblants. Mais par-dessus tout, elle vouait une haine farouche, viscérale, absolue et destructrice à une seule et unique personne : Nolhan.

Nolhan était le poison de ce lycée. Sombre, arrogant, bâti comme un prédateur avec ses épaules larges et sa démarche faussement nonchalante, il possédait des yeux d’un bleu d’orage si glacé qu’ils semblaient capables de geler le sang dans les veines de quiconque croisait son chemin. Il régnait sur Saint-Jude en maître incontesté, brisant les réputations et les âmes pour le simple plaisir sadique de regarder ses victimes ramasser leurs morceaux. Et depuis des mois, sa cible favorite, son obsession la plus noire, c’était elle. Sabrina.

Elle prit une profonde inspiration pour calmer le tremblement de ses mains et rangea ses manuels d’histoire dans le compartiment métallique. Chaque jour était une bataille rangée contre les rumeurs qu’il propageait, contre ses provocations anonymes, contre sa simple présence étouffante. Sabrina referma violemment la porte de son casier, le fracas métallique résonnant contre les murs de briques.

En se retournant, son cœur manqua un battement. Un frisson d’adrénaline pure traversa ses membres. Il était là.

Nolhan était adossé au mur, à quelques centimètres à peine de son casier. Les mains enfoncées dans les poches de son jean noir élimé, son éternel sweat à capuche sombre dissimulant une partie de son visage, il la fixait. Un sourire cruel, asymétrique et insupportablement sensuel flottait sur ses lèvres charnues. Il dégageait cette odeur typique qui n’appartenait qu’à lui : un mélange de tabac froid, de pluie et d’un parfum de créateur boisé, presque enivrant. L’odeur du danger.

— Tu as l’air nerveuse, Sabrina, murmura-t-il.

Sa voix était grave, éraillée par la cigarette, une basse profonde qui provoqua instantanément une réaction électrique le long de la colonne vertébrale de la jeune fille. Elle détestait l’effet que cette voix avait sur son corps, la façon dont ses muscles se tendaient instantanément en sa présence.

— Dégage de mon chemin, Nolhan. Je n’ai pas le temps pour tes conneries, cracha-t-elle en tentant de passer sur le côté.

Au lieu de reculer, il fit un pas rapide en avant, bloquant sa seule issue. Il appuya sa main droite contre le mur, juste au-dessus de l’épaule de Sabrina, réduisant l’espace entre eux à néant. Il était si grand qu’il l’enfermait complètement dans son ombre. Sabrina refusa de baisser les yeux. Elle ancra ses pupilles sombres directement dans le bleu perçant de son tortionnaire, le défiant ouvertement, refusant de lui montrer la moindre faiblesse. L’air devint subitement irrespirable dans le couloir, chargé d’une électricité statique hautement toxique. Ils se haïssaient à mort, tout le monde le savait. C’était de notoriété publique à Saint-Jude : Nolhan et Sabrina se détruisaient mutuellement à coup de provocations et de pièges cruels. Ce que personne ne savait, en revanche, c’était la nature obscure, viscérale et honteuse du lien qui les unissait lorsque les lumières s’éteignaient et que les masques tombaient.

La cloche sonna enfin, annonçant la fin de la dernière heure et vidant rapidement les couloirs des quelques retardataires. Le silence tomba sur le vieux bâtiment, lourd, Oppressant, presque complice.

Nolhan leva lentement sa main libre. Ses doigts longs et fins, marqués par de légères cicatrices aux articulations, effleurèrent la ligne de la mâchoire de Sabrina. Son contact était chaud, presque brûlant, contrastant violemment avec la froideur arctique de son regard. Elle tressaillit, une vague de colère mêlée à une pulsion primitive et inavouable traversant son anatomie.

— Tu me détestes tant que ça, hein ? chuchota-t-il, sa bouche se rapprochant si près de son oreille qu’elle sentit le souffle chaud de ses paroles.

Il ancra fermement son pouce dans le creux de son menton, serrant juste assez pour lui faire ressentir sa force, forçant son visage vers le haut pour qu’elle ne puisse pas échapper à son examen.

— Je te hais du plus profond de mon être. Tu es un monstre, Nolhan. Un putain de monstre psychopathe, prophétisa-t-elle, les dents serrées, les yeux brillants d’une rage noire.

Le sourire du jeune homme s’élargit, révélant une lueur prédatrice et affamée.

— Parfait. Parce que j’adore quand tu me hais. Ça te rend tellement plus… vivante.

Sans un mot de plus, il changea sa prise et la saisit par le poignet. Sa poigne était de fer, possessive, impitoyable, ne laissant aucune place à la négociation ou à la fuite. Il commença à la traîner à sa suite à travers le dédale de couloirs déserts, bifurquant vers l’aile Ouest, celle qui menait aux sous-sols techniques. Sabrina ne cria pas. Elle ne se débattit pas non plus. La colère noire qui bouillonnait dans ses veines s’était déjà métamorphosée en quelque chose de bien plus sombre, d’acide et d’affamé. C’était leur rituel destructeur. Une guerre sans merci où leurs corps servaient d’armes de destruction massive. Elle voulait cette violence tout autant que lui, pour oublier la douleur qu’il lui infligeait le reste du temps.

Ils descendirent les marches d’escalier en béton brut, s’enfonçant dans les entrailles du lycée. Nolhan poussa la lourde porte en fer de la vieille chaufferie désaffectée, un endroit poussiéreux, sombre, baigné par la faible lueur rouge d’un voyant de sécurité. Dès que le battant se referma derrière eux dans un claquement sourd et définitif, la violence de leur haine accumulée explosa.

Nolhan la fit pivoter et la poussa brutalement contre le mur de briques froides. Sabrina laissa échapper un soupir douloureux lorsque ses omoplates percutèrent la surface rugueuse, mais avant qu’elle ne puisse formuler la moindre insulte, les lèvres de Nolhan s’écrasèrent sur les siennes avec une fureur animale.

Ce n’était pas un baiser. C’était une invasion, un assaut barbare, une tentative de soumission mutuelle. Leurs dents s’entrechoquèrent rudement, le goût métallique du sang et de la fureur envahissant immédiatement leurs bouches. Sabrina, loin de se soumettre, répondit avec la même sauvagerie. Elle enroula ses mains dans les cheveux courts et sombres de Nolhan, tirant dessus avec force pour lui arracher un gémissement de douleur et de rage contre ses propres lèvres, enfonçant sa langue pour lui disputer le contrôle de ce baiser destructeur.

Pendant ce temps, les mains de Nolhan étaient partout. Elles descendirent le long de sa taille avec une urgence frénétique, froissant et déchirant presque le tissu de son uniforme de Saint-Jude. D’un geste sec et autoritaire, il remonta la jupe plissée de la jeune fille jusqu’à ses hanches. Ses paumes rugueuses glissèrent sur la peau sensible et nue de ses cuisses, y traçant des lignes de feu qui déclenchèrent chez Sabrina des frissons électriques intenses.

— Regarde-moi, ordonna Nolhan entre deux baisers fiévreux, le souffle court, ses yeux bleus brillant d’une lueur démente dans la pénombre de la chaufferie. Dis-moi à quel point tu me détestes pendant que je te prends, Sabrina. Dis-le.

— Je te déteste… Dieu, ce que je te hais, Nolhan… haleta-t-elle, le cœur battant à tout rompre, le bassin déjà calé contre le sien.

Nolhan la souleva sans effort, la pressant plus haut contre le mur. D’un geste fluide, Sabrina enroula ses jambes autour de la taille robuste du garçon, s’agrippant à ses épaules larges comme à une bouée de sauvetage en pleine tempête. Le contraste entre le froid de la brique dans son dos et la chaleur torride du corps de Nolhan contre le sien la rendait folle.

Sans perdre une seconde, maintenant la jeune fille d’un seul bras puissant sous ses fesses, Nolhan utilisa son autre main pour défaire sa propre ceinture et baisser son jean. Il repoussa grossièrement la fine lingerie de Sabrina sur le côté. Il n’y avait pas de préliminaires, pas de douceur, pas de tendresse. Il n’y avait que l’urgence brute de posséder celle qu’il passait ses journées à persécuter.

D’un mouvement sec, rectiligne et brutal, il pénétra Sabrina au maximum de sa longueur.

Un cri aigu et déchirant passa la barrière des lèvres de la jeune fille, immédiatement étouffé par la bouche de Nolhan qui reprenait possession de la sienne. La sensation était d’une intensité insoutenable, une onde de choc purement physique qui fit se cambrer Sabrina. C’était douloureux, c’était brut, mais c’était exactement ce que son corps réclamait pour consumer cette haine. Nolhan commença ses mouvements, des va-et-vient lourds, profonds, rythmés par une rage sourde.

Chaque coup de boutoir de Nolhan était une déclaration de guerre, une tentative d’effacer la volonté de Sabrina, de briser sa résistance légendaire. Mais elle répondait coup pour coup. Elle plantait ses ongles manucurés dans le dos du garçon, griffant le tissu de son sweat, exigeant toujours plus de cette friction sauvage, s’enfonçant elle-même sur lui à chaque fois qu’il reculait.

Le bruit de leurs corps nus s’entrechoquant lourdement et le son de leurs respirations saccadées résonnaient contre les murs de béton de la pièce close. La température de la chaufferie monta en flèche, l’atmosphère devenant lourde, moite, saturée par l’odeur du sexe, de la sueur et de l’animosité pure. Nolhan la martelait sans la moindre pitié, le visage contracté par un mélange d’extase extrême et de colère. Ses mains se posèrent sur les hanches de Sabrina, serrant la chair avec une telle force que des marques violettes y resteraient imprimées pendant des jours, comme une signature invisible de sa possession.

— Tu es à moi, Sabrina… murmura-t-il contre son cou, y imprimant une morsure douloureuse qui la fit frémir. Même quand tu me maudis, tu es à moi.

Sabrina bascula la tête en arrière, ses cheveux sombres s’étalant contre la brique. Les yeux rivés sur le plafond obscurci, elle se laissa totalement submerger par les vagues de plaisir violent qui prenaient racine dans son bassin et irradiaient tout son être. La force brute de Nolhan, le rythme effréné qu’il lui imposait, la certitude absolue de faire quelque chose de profondément toxique et autodestructeur… tout cela agissait comme une drogue dure. Elle approchait du précipice à une vitesse folle.

— Nolhan… putain, Nolhan… plus vite… gémit-elle malgré elle, abandonnant toute dignité, brisant le pacte du silence de leur affrontement.

Entendre son nom prononcé dans un souffle de pure soumission physique acheva de faire perdre le contrôle au jeune homme. Ses yeux bleus devinrent presque noirs. Il accéléra la cadence, ses mouvements devenant frénétiques, presque sauvages. Ses muscles étaient tendus à se rompre. Sabrina sentit les premières contractions de son orgasme la foudroyer de l’intérieur, un spasme interne si violent qu’elle resserra ses jambes autour de lui dans un réflexe désespéré, sa poitrine se soulevant rapidement contre la sienne.

Quelques secondes plus tard, dans un ultime grognement animal et guttural, Nolhan se libéra en elle. Il poussa une dernière fois son bassin au maximum, se rigidifiant totalement contre son corps alors que sa propre semence la submergeait, scellant leur pacte secret dans la chaleur du sous-sol.

Ils restèrent ainsi, soudés l’un à l’autre pendant de longues minutes dans l’obscurité protectrice de la chaufferie. Leurs cœurs battaient à un rythme cardiaque frénétique, s’entrechoquant derrière leurs poitrines trempées de sueur. Leurs souffles courts s’apaisaient lentement dans le silence retrouvé.

Puis, avec la même froideur clinique et détachée qui le caractérisait à la lumière du jour, Nolhan se retira brusquement. Sans soutien, Sabrina glissa lentement le long du mur pour finir assise sur le sol en béton frais, les jambes tremblantes.

Nolhan rajusta ses vêtements d’un geste machinal, reboutonnant son jean et resserrant sa ceinture sans lui accorder un seul regard. En un instant, son visage reprit son masque d’indifférence cruelle et de mépris souverain. Le bourreau du lycée était de retour, effaçant totalement l’amant sauvage et possessif du sous-sol. Il passa une main dans ses cheveux en désordre et se dirigea vers la porte en fer.

— Ne sois pas en retard en cours demain matin, Sabrina, dit-il d’une voix parfaitement calme, presque monocorde et détachée, la main sur la poignée. J’ai encore pas mal de rumeurs très intéressantes à répandre sur toi et ton petit cercle d’amis.

La porte s’ouvrit sur le couloir sombre, puis se referma dans un claquement sec, la laissant seule dans le noir complet. Sabrina resta immobile un moment, respirant l’odeur du soufre et du sexe qui flottait encore. Elle passa une main tremblante sur ses lèvres encore gonflées, douloureuses et rougies par leurs baisers destructeurs. Un sourire amer, presque démoniaque, étira ses lèvres. La guerre ne faisait que commencer, et elle n’avait pas l’intention de la perdre.



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