Le souffle des anges - T1.5 [Série : grimoire & phénix]

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Summary

[MM][Série Le grimoire de l'intersection - T1.5] Mathias était revenu en ville dans l’intention d’honorer la mémoire de l’homme qui avait veillé sur lui, comme sur tant d’autres orphelins. Il espérait éviter Adrien, le fils du défunt, avec lequel une profonde amitié avait volé en éclat à cause des mots d’Adrien. Or où qu’il aille, chaque endroit le replongeait dans de vieux souvenirs, des bons comme des mauvais. Pour tourner la page, il doit affronter un passé : le sien.

Genre
Romance
Author
Themys_E
Status
Complete
Chapters
10
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Prologue

On recroisera des personnages du grimoire, puisque nous reverrons Mathias & co pour la suite ! Il y a bien un fil rouge le long de cette série.

Fait partie de la série : Le grimoire de l’intersection

Le grimoire de l’intersection – T1

Le souffle des anges – T1.5 (Courte histoire)


Prologue

Mathias Gena, emmitouflé dans un manteau épais, glissa une main nerveuse dans sa chevelure noire, puis regarda, à travers ses verres sombres, les personnes venues pour les obsèques de Monsieur Lafarge Frédéric. Il respira profondément en réalisant que cela faisait presque deux ans qu’il n’avait pas mis les pieds dans cette ville. Dès qu’il avait eu sa majorité et son baccalauréat en poche, il était parti comme un voleur.

Un petit vent frais d’automne se leva, balayant quelques secondes ses cheveux bruns. En y remettant un peu d’ordre, il aperçut Rayan Lenoir, un peu en retrait. C’était un ami de longue date qui, tout comme lui, avait vécu dans le foyer, l’orphelinat de Frédéric. Rayan engageait une conversation avec un jeune homme, et Mathias avait du mal à le reconnaître. Cependant, tout devint clair lorsqu’un troisième individu aux cheveux blonds, qui rejoignit la discussion, salua chaleureusement Rayan, puis enlaça le jeune homme que Mathias avait du mal à identifier. Il s’agissait en fait des propriétaires de la boutique “Les Ailes du Phénix”.

Sa gorge se noua pendant que son traître de cœur lui rappelait le jour où il avait vu un beau pendentif…


Printemps 2014 (Mathias 17 ans & Adrien 19 ans)

Mathias finissait les cours plus tôt qu’Adrien le mardi, alors il trainait en centre-ville en attendant que son meilleur ami termine. Il se dirigeait vers le bar-restaurant de Paul-Alexy quand il s’arrêta devant une boutique. Il savait qu’elle avait ouvert récemment, mais il n’avait pas encore eu l’occasion de jeter un œil aux objets.

Dès qu’il poussa la porte, un jeune homme aux cheveux blonds l’accueillit avec un enthousiasme déconcertant. Mathias se souvenait de l’avoir rencontré avec le cousin d’Adrien, quelques années plus tôt, mais Adam ne paraissait pas se souvenir de lui, ce qui ne le perturba pas.

— Bonjour !

— Bonjour, le salua-t-il timidement. Je jette juste un œil.

— Très bien, n’hésitez pas à m’appeler si vous avez des questions.

— D’accord, merci.

Mathias ne s’attendait pas à découvrir autant d’objets. Sur la première moitié du mur à gauche, il y avait des bougies parfumées rigolotes, elles ressemblaient à des desserts et elles donnaient très envie de les manger. Sur la seconde partie, c’était de toutes sortes de bijoux originaux.

Son regard accrocha sur un pendentif en argent. Une étoile. Il était simple et joli. Pas extravagant. Il ne savait pas depuis combien de temps il était resté à le contempler quand il eut l’impression qu’une personne se trouvait derrière lui.

— Quelque chose vous plaît ? l’interrogea gentiment la voix d’un jeune homme qui le fit sursauter avant même de se tourner vers lui. Oh, pardon, je vous ai fait peur, ce n’était pas mon intention.

— Ce n’est pas grave, je…

Mathias n’aurait pas su dire ce qui l’avait bloqué à cet instant, mais il y avait chez ce vendeur un je-ne-sais-quoi qui lui faisait peur. Un peu comme… Nina.

— Ça va ?

— Heu, oui, désolé, je me disais que les objets sont magnifiques, surtout les bougies.

— Oui, c’est vrai. Nous travaillons exclusivement avec des créateurs. Parfois nous faisons des commandes personnalisées, si cela vous intéresse.

— Oh, pour l’instant, je me laisse le temps de réfléchir à un cadeau à offrir.

Le vendeur partit rejoindre l’autre homme pendant qu’il continuait sa visite. Une fois qu’il finit presque son tour, il posa ses yeux sur diverses créations de cahiers et de livres. Plongé dans les détails, il ne put s’empêcher d’écouter les vendeurs discuter entre eux. Mathias se sentit gêné de les épier, comprenant qu’ils étaient en couple. Il cessa de les écouter dès que son regard se posa sur un gros manuscrit à la couverture en cuir. La main tendue et tremblante vers l’objet, il entendit des murmures incompréhensifs puis tout s’arrêta quand il le toucha.


— Hé ! Mathias !

Il revint au présent, les yeux rivés sur Rayan. Subitement enlacé par son ami, il bafouilla un « mes condoléances ».

— À toi aussi, lui répondit Rayan en s’écartant de lui.

Mathias réalisa que la nuit n’allait pas tarder à tomber et que l’endroit avait déjà commencé à se vider.

— Je dois rejoindre ma femme, on se voit demain au bar de Paul.

— Ouais, sans problème et embrasse Nina de ma part.

— Je n’y manquerai pas.

Une fois seul, après quelques minutes d’attente, il s’accroupit devant la tombe de Frédéric et saisit une poignée de terre qu’il jeta au-dessus du cercueil lustré. Il aurait aimé que d’un simple courant d’air, le vent puisse à tout jamais emporter avec lui tous ses vieux souvenirs. Malheureusement, la mémoire semblait conserver ce qui ne pouvait pas être pardonné et la vérité était que, parfois, il aurait souhaité revenir en arrière et tout recommencer.

Mathias remonta le col de son manteau et regagna la sortie en espérant qu’il ne reviendrait plus ici. Cette ville était devenue un passé qui ne devait plus avoir de place dans sa nouvelle vie. Il s’arrêta une minute et se permit de contempler les étoiles. À travers ses lunettes de soleil, il fixa l’auréole dorée de la lune. Une douce brise vint caresser ses joues. Il sourit en pensant à sa meilleure amie qui avait quitté ce monde deux mois plus tôt.

— Tu sais que d’en haut, il y a des anges, lui avait-elle murmuré la veille de son décès.

Pour toute réponse, il avait déposé un baiser sur le front.

— Si, si, je t’assure, plein d’anges...

Ces mots avaient le pouvoir de lui remonter le moral quand il commençait à se sentir seul. Il reprit son chemin, quand ses pieds s’immobilisèrent : Adrien Lafarge était là. Mathias contracta nerveusement sa mâchoire, se ressaisit et marcha en gardant le visage impassible, mais son traître de cœur, celui de son enfance, semblait toujours battre pour lui.

Il le dépassa rapidement et remarqua qu’il était un peu plus mince qu’avant. Il ne put s’empêcher de penser que cela lui allait bien, même si, après deux années, il se sentait encore attiré par Adrien. Ses pas s’arrêtèrent quelques secondes quand la voix qui avait manqué à sa vie l’appela.

— Mathias…

— Je n’ai rien à te dire ! vociféra-t-il sans se retourner et monta dans sa voiture.

Il posa ses mains tremblantes et moites sur le volant, haïssant sa fragilité. Il avait une nuit pour se donner du courage, car demain, il devrait le rencontrer à l’orphelinat. Il regrettait presque de ne pas avoir récupéré son dossier du temps où le père d’Adrien était en vie.