PROLOGUE
Lou
6 h : ma journée démarre au café de l’amour. Je travaille comme serveuse depuis 1 an, le patron, Thierry, est un vieil ami à mon père et a gentiment accepté que je vienne travailler ici en attendant d’avoir assez d’argent pour payer mon entrée au conservatoire de Paris. Je n’ai franchement pas à me plaindre de ma vie, en général. Papa, travail dans le bâtiment et est souvent en déplacement, c’est pour cela qu’avec Rachel, ma meilleure amie depuis la maternelle nous avons naturellement décidé de faire une coloc’ une fois notre bac en poche. Depuis mes 4 ans, je danse, et, depuis que j’ai enfilé mes premiers chaussons, l’amour de la danse n’est jamais parti. Ce ne fût donc pas une surprise que lorsque j’ai eu mon diplôme en poche, je me sois tournée vers le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Nathalie, ma professeure, a toujours vu un énorme potentielle en moi, elle m’entraîne du lundi au vendredi de 14h à 17h afin de me préparer au concours, et, papa et maman ont toujours tout sacrifié pour que je puisse un jour atteindre mon rêve de devenir danseuse professionnelle.
Malheureusement, maman est décédée l’année dernière, juste après les résultats du bac.. Elle était femme de ménage, et, lorsque j’ai eu les résultats, je l’ai directement appelée.. Je n’aurai jamais dû. Maman conduisait en direction de son deuxième employeur lorsqu’elle a fait une sortie de route, tellement contente elle ne regardait pas devant elle et a failli percuter une moto. La voiture a fait des tonneaux et a fini par exploser. Je n’ai même pas pu l’embrasser une dernière fois, son corps n’était déjà plus là.. Depuis ce jour, je fais du mieux possible pour soutenir papa qui a été dévasté de sa mort, étant fille unique, il ne lui restait plus que moi. Je ne devais pas flancher, même si j’aurai toute ma vie, la mort de ma mère sur la conscience. C’est pour cela que je n’ai pas beaucoup de proches autour de moi, à l’exception de papa et Rachel, je ne laisse personne rentrer dans ma vie, de peur de leur faire du mal d’un moyen ou d’un autre. C’est un petit peu ma punition pour le mal que j’ai fait.
James
6h : ma nuit commence à peine. Je suis sorti en boîte toute la nuit avec mon cousin Gabriel. Il faut se le dire, mon accent américain fait son charme auprès des femmes, et j’aime en jouer. Il est donc rare que je ne finisse pas ma nuit seul. Je vis aux États-Unis avec mon père, lorsque mes parents ont divorcé à mes 2 ans ma mère, française d’origine, est revenue habiter en France. Je passe donc tous les étés chez ma mère à Paris, nous sommes très proches tous les deux, malgré la distance, notre lien ne s’est jamais brisé, ma mère est une femme exceptionnelle. Maman vit avec ma tante Claire et son fils Gabriel. Son mari est décédé aux 5 ans de Gabriel, maman décida d’aller vivre avec tata afin de l’aider avec son fils. Je suis donc naturellement très proche de mon cousin, nous avons le même âge, il est comme mon frère. Cette année, j’ai décidé de venir en France afin de faire une année sabbatique. Papa m’a toujours formaté afin que SON fils devienne un grand PDG comme lui, je sais que ma place au sein de son entreprise m’attend déjà, ma vie est déjà toute écrite, je n’ai pas le droit à l’erreur, ni même à ressentir n’importe quelle émotion avec lui. C’est pour cela que j’ai décidé de venir ici une année, afin de vivre en 1 an le maximum de choses possible avant d’être enfermé dans la vie d’un PDG sans âme, avec son boulot, sa femme, sa maison et ses enfants. Nous partageons une grande maison divisée en deux étages, le haut nous ait réservé à Gabriel et à moi-même et le bas est exclusivement réservé à nos mères, elles se doutaient bien que deux garçons de 20 ans eussent besoin d’un peu d’intimité... Je crois surtout que Claire en avait marre de tomber chaque matin sur la nouvelle conquête de son fils...