À Travers Toi

All Rights Reserved ©

Summary

Moi, c'est Alison, et j'ai dix-sept ans. J'aimerais vous raconter une histoire – mon histoire. Vous vous demandez sûrement : 'Qu'est-ce que l'amour ?' Eh bien, moi aussi. C'est pour ça que j'ai choisi de faire un exposé là-dessus. Je crois en l'amour, vous savez, ce genre d'amour qui semble défier toutes les logiques, reliant deux personnes que tout oppose. Mais ma vision de l'amour a été bouleversée quand j'ai rencontré Noah. Avant lui, j'étais simplement Alison, mais à travers ses yeux, je suis devenue son Alison. C'est étrange comment quelqu'un peut entrer dans votre vie et tout changer. Je m'appelle Noah. À dix-sept ans, on pourrait penser que ma vie vient juste de commencer, mais pour moi, elle a été marquée à jamais par une seule personne : Lola. Elle était tout pour moi, bien plus que ma propre existence. Dès l'âge de quatorze ans, nous avions tissé des rêves d'avenir ensemble, des rêves brisés par un seul mot, un mot de sept lettres qui a changé nos vies à jamais. Ce mot, une invention cruelle, a laissé en moi des cicatrices indélébiles. Il me hante, me poussant à me demander sans cesse ce qui a mal tourné cette nuit-là. Comment sommes-nous passés de nos 'je t'aime' à 'je te déteste' ? Nous étions jeunes, innocents, et pourtant cette soirée qui promettait d'être magique s'est transformée en un cauchemar impitoyable.

Genre
Romance
Author
dbjessica
Status
Complete
Chapters
46
Rating
5.0 10 reviews
Age Rating
16+

Qu’est-ce que l’amour ?

Alison

⊱─━━━━⊱༻●༺⊰━━━━─⊰

« L’amour, c’est la mélodie de deux cœurs en harmonie, jouant une symphonie où chaque note résonne avec l’écho de l’infini. »

⊱─━━━━⊱༻●༺⊰━━━━─⊰

Je fixe la caméra avec une intensité renouvelée, ressentant le poids de ma question.

— Qu’est-ce que l’amour ?

Les mots flottent dans l’air, une interrogation lancée dans l’atmosphère saturée de mon petit studio improvisé, qui n’est autre que la salle de cours. Mon cœur bat un peu plus fort, et je sens mes joues s’empourprer légèrement. Ce n’est pas seulement un devoir, c’est une quête personnelle, un désir ardent de comprendre ce sentiment insaisissable qui me fascine depuis toujours.

Je m’immerge dans mes pensées, les yeux mi-clos, me remémorant les histoires d’amour épiques, les romances tourmentées que j’ai lues, les films qui m’ont fait rêver. Oui, je suis incurablement romantique, convaincue qu’une âme sœur m’attend quelque part dans ce vaste monde. La romance n’est pas seulement une idée pour moi, c’est une aspiration, un idéal auquel j’aspire avec une fervente dévotion.

— Pour moi, l’amour signifie quelque chose de grand, de beau aussi, mais parfois… souvent, il est inaccessible, déclare Béa en riant, brisant le voile de mes rêveries, sa voix, empreinte d’une légèreté teintée d’amertume, me ramène à la réalité.

Elle marque une pause, semblant s’enfoncer dans ses propres réflexions. Son regard se perd un instant dans le lointain, comme si elle cherchait à saisir un sentiment insaisissable. Puis, avec une assurance surprenante, elle ajoute :

— Je pense que l’amour est souvent à sens unique. Je ne dis pas que les couples vivent dans un mensonge. Non, mais plutôt que souvent l’un aime plus que l’autre.

Ses mots m’atteignent en plein cœur, me surprenant, me déstabilisant. Je n’aurais jamais imaginé que Béa, toujours si optimiste et joyeuse, puisse avoir une vision aussi nuancée, presque mélancolique, de l’amour. Un sourire mi-amusé, mi-pensif étire mes lèvres. Je coupe la caméra, emportant avec moi cette nouvelle perspective, ce nouvel écho dans ma compréhension de l’amour.

— Tu as été superbe.

Je glisse délicatement ma caméra dans mon sac, le son des fermetures éclair s’entremêlant avec le bourdonnement des voix des élèves qui remplissent la salle. Mon cœur bat calmement, une symphonie de routine et de satisfaction résonnant en moi après une présentation réussie. Cependant, cette tranquillité est de courte durée.

Angie, avec ses pas décidés, s’approche de moi. Ses yeux me scrutent de bas en haut, un regard froid et calculateur. Lorsque nos regards se croisent, une étincelle de mépris, peut-être même de dégoût, brille dans ses yeux.

— Miss lèche-bottes, aussi minable qu’à son habitude.

Le venin dans sa voix fait vibrer une corde tendue en moi. Mes muscles se raidissent, et je me force à retenir mon envie de lui sauter dessus. Au lieu de ça, je serre les dents, essayant de canaliser ma colère.

— Pourquoi, t’es jalouse que le prof me fasse confiance, c’est ça ?

Les mots sortent de ma bouche avant que je puisse les arrêter, la provocation teintée d’un soupçon de vérité.

Angie éclate de rire, mais son rire ne parvient pas à dissimuler la haine qui se lit dans ses yeux. Elle redresse sa tête avec arrogance, faisant claquer sa langue contre son palais.

— Tu as de la chance que Tony tienne à toi, parce que crois-moi, ce n’est pas l’envie qui me manque de gifler ta petite tête de sainte-nitouche.

Je peux sentir l’ombre de la menace se dessiner autour de moi, pesante et étouffante. Et le pire, c’est que je suis consciente qu’Angie en est pleinement capable. Elle se drape dans sa fausse royauté, se comportant comme si elle régnait sur tout et tout le monde, intouchable parce qu’elle est la fille du directeur. Tout le monde semble pendu à ses lèvres. Mais pourtant, malgré son caractère impétueux, ses menaces voilées et son désir brûlant de m’éclipser aux yeux de Tony, je refuse de céder à la peur.

— Laisse-la tranquille, intervient Béa, sa confiance m’enveloppe tel un bouclier rassurant. Elle reste à mes côtés, inébranlable comme un roc.

— Elle a un problème, la demeurée ? crache Angie, cherchant à nous atteindre, à nous voir vaciller, mais elle ignore combien Béa et moi sommes expertes en maîtrise de soi.

— Oui, elle a un sérieux problème, réplique Béa, fixant le décolleté d’Angie avec un dédain qui me surprend. Peut-être que tu devrais les réserver à des hommes qui ont envie de baver devant. Pour ta gouverne, sache que ni Alison ni moi n’avons la moindre envie de les voir. Alors, je te conseille de les montrer là où ils auront de l’impact, chérie.

Chaque mot lancé par Béa fend le silence pesant de la salle. Mes joues brûlent de honte alors que je donnerais tout pour échapper aux regards fixés sur nous.

Mes yeux se posent sur Angie, et je capte un tremblement dans sa colère, un doute fugace qui s’installe. Pour un bref instant, j’ai l’impression que nous dominons la situation, que son hostilité nous est inatteignable.

Je ne saurai probablement jamais ce qui a poussé Angie à me prendre en grippe dès mon arrivée au lycée. C’est peut-être dans sa nature de mépriser les autres, de les diminuer.

— Bonjour, Monsieur Delaunay, lance Angie avec un sourire qui semble étudié, trop parfait pour être sincère, au moment où notre professeur entre dans la classe.

— Bonjour, Mademoiselle Rouxel, répond-il poliment, une courtoisie professionnelle teintant sa voix.

Je la regarde depuis mon bureau, observant discrètement son comportement. Angie s’affaisse légèrement sur sa chaise, son regard fixé sur Monsieur Delaunay avec une intensité qui frôle l’obsession. Un sentiment de pitié s’insinue en moi, malgré mes efforts pour le retenir. Son admiration pour lui semble si intense, si... désespérée. Cela me paraît presque pathétique.

Je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil à Monsieur Delaunay. Il est vrai qu’il possède un certain charme, une aisance désinvolte et des yeux pétillants d’intelligence, mais cela ne change rien au fait qu’il est notre enseignant, un homme bien plus âgé que nous. Cette limite invisible, ce fossé d’âge et de responsabilités, rend toute cette situation encore plus incongrue, presque gênante.

Ces pensées me ramènent à ma question persistante : Qu’est-ce que l’amour ? Existe-t-il des limites, comme une prescription d’âge, qui ne devraient pas être franchies ? L’amour peut-il vraiment transcender ces barrières, ou n’est-ce qu’une illusion entretenue par des sentiments passagers ?

Perdue dans mes réflexions, je sors mon calepin. Le stylo entre mes doigts semble peser lourd de sens alors que je commence à noter ces questions. Elles sont importantes, méritant une exploration en profondeur. Ce sont des interrogations qui vont au-delà des réponses simples, plongeant dans la complexité des relations humaines et des émotions.

Je suis déterminée à trouver des réponses, ou du moins à engager une réflexion sérieuse sur ces sujets. Peut-être que ma prochaine interview m’offrira des perspectives nouvelles, ou du moins, elle me permettra de comprendre un peu mieux ce puzzle qu’est l’amour.

— Sortez vos livres ! nous ordonne le prof.

Sa voix, ferme et autoritaire, tranche à travers le brouhaha de la salle de classe. Je m’exécute, fouillant dans mon sac pour en extraire mon exemplaire de “La Peste” d’Albert Camus. Mes doigts effleurent la couverture usée, et j’ouvre le livre à la page où nous nous étions arrêtés la dernière fois. Les mots imprimés me sautent aux yeux, familiers et pourtant toujours chargés de nouvelles significations.

La discussion qui s’ensuit est captivante. Chaque phrase de Camus, chaque idée débattue, me plonge dans un tourbillon de pensées. Je me sens absorbée, chaque mot résonnant profondément en moi. Les thèmes de la souffrance humaine, de la résistance et de l’espoir se mêlent dans une danse complexe de mots et d’idées. La classe, habituellement si agitée, est maintenant plongée dans un silence studieux, ponctué seulement par nos échanges.

Finalement, la sonnerie retentit, nous tirant de notre discussion intense. Je rassemble rapidement mes affaires, encore sous le coup de l’énergie du débat. Mais au moment où je m’apprête à quitter la salle, une voix familière m’arrête.

— Alison, pourrais-tu rester un instant après le cours ?

Sa voix me tire de mes pensées, et je me retourne vers Monsieur Delaunay, son regard sérieux m’atteint comme s’il cherchait à lire en moi. Mon cœur s’emballe. Pourquoi voudrait-il me parler seul à seul ?

— Bien sûr, Monsieur Delaunay, je parviens à articuler, dissimulant tant bien que mal l’appréhension qui tremble dans ma voix.

Je marche lentement vers son bureau, sous les yeux de quelques camarades aux regards intrigués. Un frisson de nervosité me parcourt, mêlé d’une pointe de curiosité. Qu’est-ce qu’il pourrait bien avoir à me dire de si important ? Je reste là, figée, une boule d’anxiété grandissant dans ma poitrine, tandis que Monsieur Delaunay s’apprête à rompre le silence pesant qui s’est installé entre nous.

Quand finalement la salle de classe se vide, Monsieur Delaunay ferme doucement la porte derrière la dernière élève à sortir. Je reste là, surprise et nerveuse, face à ce tête-à-tête inattendu. Je me demande anxieusement quel faux pas j’ai pu commettre pour mériter une telle attention.

— Est-ce que... Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? je lâche, incapable de supporter l’intensité de son regard scrutateur.

— Oh, non, pas du tout, assure-t-il en s’asseyant nonchalamment sur le bord de son bureau. Je voulais simplement savoir où vous en étiez avec votre présentation.

Quoi ? Dans une classe de trente élèves, je suis la seule à qui il demande cela ? C’est curieux, mais peut-être que le sujet le passionne autant que moi, après tout.

— Jusqu’ici, j’ai recueilli trois perspectives différentes, chacune offrant son propre éclairage sur l’amour, dis-je, mes joues se teintant d’un rouge embarrassant.

Ce n’est pas que je sois attirée par le charme sombre et indéniable de Monsieur Delaunay Julien, mais son regard soutenu me met mal à l’aise, plus que je ne voudrais l’admettre.

— Très bien. Vous assurez-vous de varier vos sources ? demande-t-il, les bras croisés sur sa poitrine athlétique.

— Je pense que oui. J’ai Béa, celui de la femme du directeur et une autre élève du lycée.

— Et du côté des hommes ? il interroge, un léger pli entre ses sourcils.

— Eh bien... je n’ai pas encore réussi à convaincre un garçon de se confier. Il semble que les hommes soient moins enclins à partager leurs sentiments, j’avoue, sentant mon cœur tambouriner dans ma poitrine.

— Dans ce cas, pourquoi ne pas m’interviewer ? me propose-t-il gentiment.

Je lève les yeux brusquement, surprise par sa suggestion. Lui, incroyablement séduisant, me propose réellement de l’interroger sur l’amour ? Mon cœur, qui battait déjà fort, semble maintenant prêt à s’envoler.

— Je... j’ai un autre cours qui commence bientôt, Monsieur, et...

— Bien sûr. Je ne vais pas vous retenir davantage, concède-t-il.

Il se redresse et m’offre un sourire avant de se diriger vers la porte qu’il ouvre largement.

— Je serai là pendant les vacances, Mademoiselle Tessier. Si jamais vous changez d’avis, vous savez où me trouver.

Face à sa proposition inattendue, je hoche la tête, encore stupéfaite, avant de quitter la pièce, le cœur battant à tout rompre, encore plus désordonné qu’auparavant.

— Bonnes fêtes de fin d’année, Monsieur, je murmure, sans réussir à croiser son regard.

Comment le pourrais-je, alors que je sens mon visage s’embraser comme s’il avait capturé la chaleur d’un soleil d’été ? La porte se ferme derrière moi, et je retrouve Béa, son sourire espiègle illuminant le couloir.

— Oh mon Dieu ! s’exclame Béa avec une excitation palpable. Il t’invite à le voir ici, pendant les vacances, dans un lycée désert.

— C’est ce qui semble se profiler.

— Tu es sérieuse, Alison ? s’indigne Béa, incrédule. Ce prof, qui est une vraie bombe, te propose une entrevue et toi, tu vas refuser ? Oh, non, tu vas y aller, et foncer avec toute la détermination et le charme dont tu es capable. Vas-y et séduis-le, bon sang ! Il a quoi, la vingtaine bien tassée ? Bon, trente tout au plus.

Est-elle devenue complètement folle ? Il n’est pas question que je tente quoi que ce soit avec mon professeur.

— Tu planes complètement, je rétorque, choquée qu’elle puisse même envisager une telle chose.

— C’est toi qui passes à côté de quelque chose, bougonne-t-elle. Julien, il pourrait te faire voir les étoiles en un clin d’œil.

Non, c’est décidé, ma meilleure amie a définitivement perdu le sens de la réalité.

— Béa, je ne suis pas comme toi... Je veux dire, quand je... enfin, tu sais...

— Quand tu passeras à l’acte, elle termine en éclatant de rire.

— Oui, exactement. Ce moment-là, si je le partage avec quelqu’un, ce sera parce que mon cœur l’aura choisi, parce que j’aurai des sentiments. Sans amour, il n’y aura pas de sexe pour moi. Pas d’intimité.

— Donc, si je comprends bien, si tu ne rencontres pas l’élu de ton cœur, tu envisages de rester... vierge ?

Je me sens mal à l’aise d’aborder le sujet de ma virginité dans les couloirs du lycée, mais c’est important pour moi de faire comprendre que j’ai des principes, des envies et des rêves bien définis.

— Tu sais quoi, Béa ? Je relève le menton, portée par la fierté de mes convictions. Le jour où je partagerai ma virginité avec un homme, ce sera avec quelqu’un qui m’aimera tout autant que je l’aimerai, déclaré-je avec assurance.

Je marque une pause, réfléchissant, puis je me lance :

— Alors, pour répondre à cette fameuse question : qu’est-ce que l’amour ?

Béa m’observe, un sourire flottant sur ses lèvres, attendant que je trouve ma réponse.

— Pour moi, l’amour c’est aimer de façon inconditionnelle. Aimer... C’est le mot le plus puissant de notre langue, et c’est la chose la plus magnifique qui existe au monde. Alors oui, je crois aux coups de foudre, je crois à toutes ces histoires que nous racontent les romans. Je crois fermement que le jour où je rencontrerai l’homme qui est fait pour moi, je le saurai instantanément. Et lui aussi. C’est ainsi que l’amour fonctionne, selon moi. Nos cœurs s’accorderont avant même que nous en prenions conscience. C’est cela, pour moi, l’amour véritable.

Et là, Béa me regarde, les yeux écarquillés, comme si je venais de révéler un secret fou.

— Ali, je suis désolée de te dire ça, mais je t’aime trop pour te laisser te bercer d’illusions. L’amour fait mal, tellement mal que tu comprendras quand celui à qui tu auras offert ton cœur te regardera avec condescendance et te dira : « Tu savais bien que ce n’était que pour le sexe, n’est-ce pas ? » Et il s’en ira, emportant une part de toi avec lui. C’est ça, l’amour. C’est brutal et triste, mais c’est la réalité, ma chérie.

Sur ces mots, Béa se détourne et s’éloigne dans le couloir. Après un tel discours, je suis certaine qu’elle est en quête d’un moyen de noyer sa propre douleur. Un nouveau garçon à ajouter à sa collection. S’est-elle vraiment remise de sa rupture avec Théo ? J’en doute fortement. Mais je garde l’espoir qu’elle le surmonte un jour.

Cela dit, il y a un gouffre entre Béa et moi. Tandis qu’elle convoite des aventures éphémères, je suis en quête d’une affection sincère et durable. Mais après tout, chacun poursuit sa propre vision du bonheur, non ?

Next Chapter