Chapitre 1
Bienvenue à vous sur cet OS Teen Wolf, j'espère qu'il vous plaira.
L’automne était arrivé sur la ville de Beacon Hills et avec elle, la chute des feuilles ainsi que celle des températures.
En ce matin humide et brumeux du mois d’octobre, le shérif Stilinski se tenait debout devant la meute, le visage anormalement triste et fatigué, les mains coincées dans son ceinturon pour ne pas qu’elles trahissent son émotion.
Le soir précédent, il avait demandé à Scott de réunir tout le monde au petit matin dans le loft de Derek, car il avait une annonce à leur faire. Scott avait senti dans la voix du shérif une grande émotion et lorsqu’il avait raccroché son téléphone, il ne se sentait pas très à l’aise sans vraiment savoir pourquoi.
Noah Stilinski avait maintenant les mains tremblantes et la gorge serrée alors que les membres de la meute se jetaient des regards en coin sur le canapé, se demandant où pouvaient bien se trouver les membres manquants.
Peter était assis en retrait sur les marches de l’escalier, préférant rester loin de l’odeur de l’anxiété et de la peur qui flottait parmi les jeunes.
Noah se racla la gorge avant de prendre la parole l’air accablé, ce que Scott remarqua, ainsi que la forte odeur du chagrin et de la colère que le shérif dégageait. Ce qui confirma son malaise du soir précédent et fit sortir ses griffes qui s’accrochèrent dans l’accoudoir du canapé.
- Mes enfants, si je suis là ce matin…Il renifla, baissa la tête et reprit d’une voix non assurée en essuyant une larme sur sa joue. C’est pour vous annoncer une terrible nouvelle. Son regard se posa sur chaque membre de la meute comme s’il s’excusait d’avance de ce qu’il allait leur dire. Nous avons été appelés mon équipe et moi-même sur une scène de crime hier soir et je dois vous dire que nous avons découvert la victime, une balle en argent logée dans la tête.
Il y eut un grand silence dans le loft puis des mains vinrent retenir des cris de stupeur et de surprise.
A cet instant tous pensèrent qu’il s’agissait de l’ancien alpha et la tension monta d’un cran parmi les loups, mais contre toute attente, le shérif leur annonça avec une tristesse aussi profonde que l’océan, que la victime n’était autre que son fils, Stiles.
Il laissa échapper un sanglot alors que la banshee venait sans hésitation, lui donner du courage en le soutenant par les épaules.
Stiles était mort et c’était Lydia qui en avait eu le pressentiment et qui avait prévenu le shérif, sans imaginer une seule seconde que c’était de lui qu’il s’agissait. Elle s’excusa auprès du shérif de lui avoir annoncé la pire des nouvelles sans le savoir, dans le but d’alléger sa peine.
Le fils du shérif avait été abattu froidement par un membre de la famille Argent, le sceau sur la balle retrouvée sur son corps n’avait laissé planer aucun doute quant à l’identité de son meurtrier.
Gérard Argent, qui avait tout avoué sans le moindre remord ni la moindre trace d’émotion, était en ce moment-même au poste de police, là où le shérif devait retourner sans attendre pour procéder à son interrogatoire avant de le transférer dans la prison de haute sécurité du comté.
Le shérif leur annonça encore entre deux sanglots, alors que la Banshee venait lui tenir le bras en sanglotant :
- J’aurais besoin de vos talents lupins, car hier soir, Stiles était avec Derek en forêt mais personne ne l’a retrouvé, ni vivant ni mort. Est-ce que vous pourriez prêter main forte à mon adjoint qui est déjà sur place ?
Scott qui n’avait pas encore eu le courage de réagir, lui assura, en venant le serrer dans ses bras, qu’il ferait tout pour le retrouver.
Stiles et Derek était en couple depuis un an environ maintenant et malgré la surprise de leur surprenante histoire pour certains, surtout pour Scott, toute la meute était tombée d’accord pour dire que ces deux-là s’étaient parfaitement trouvés.
Grâce à Stiles, la meute avait découvert en Derek une personne bien plus ouverte et souriante, rendant les entraînements bien plus amicaux que militaires. Ils faisaient des sorties tous ensemble parfois même c’était Derek qui les leur proposait.
Leur couple avait apporté un nouveau souffle de joie à la meute, les rapprochant comme des frères et sœurs, resserrant les liens lupins qui les unissaient en allégeant les disputes qui n’étaient plus qu’occasionnelles, voir même rares dorénavant.
Stiles et Derek étaient devenus la colle qui les unissaient tous autour d’une même pensée ; l’espoir qu’un jour chacun peut trouver la personne à qui l’on est destiné et vivre le grand amour avec elle.
Le shérif quitta le loft après avoir été embrassé par tous les membres de la meute, qui lui présentèrent leurs condoléances émues et un grand vide se fit entendre pendant quelques secondes avant que Lydia ne fonde en larmes, soutenue par Liam qui ne se sentait pas mieux.
Puis tous pleurèrent Stiles, chacun à leur manière, chacun prenant le temps qu’il lui fallait pour digérer l’information, si seulement c’était possible.
La meute venait de perdre un membre primordial, le cerveau du clan, l’ami fidèle, le meilleur ami, le grand frère, l’humain préféré, l’énergie essentielle à son bon fonctionnement. Leur cher Stiles leur avait été violemment enlevé.
Ce fut Malia qui se remit de ses émotions la première et d’une petite voix déclara :
- Scott, va chercher un des t-shirts de Derek, on doit le donner à Jordan pour qu’il puisse aussi le chercher, si ça se trouve la famille Argent le chasse en ce moment-même.
Scott obéit sans même pouvoir réfléchir plus, monta dans la chambre de Derek et attrapa un des t-shirts qui trainait par terre et en le humant, constata avec tristesse qu’il y avait aussi l’odeur de son frère de cœur dessus.
Les odeurs de Stiles et Derek étaient liées, comme l’encre et le papier, comme le soleil et la lune, comme deux âmes sœurs. Sur tous les t-shirts qui passèrent dans ses mains, Scott pouvait sentir la preuve de leur amour passionnel.
Mais il les tria un par un et pris celui où il trouvait l’odeur de Derek la plus forte, le serra contre lui pour se donner du courage et redescendit les larmes aux yeux.
Sans perdre de temps, la meute partit en forêt, rapporta le t-shirt et le donna à Jordan qui organisa les recherches, car maintenant que Stiles n’était plus là, il n’y avait personnes pour le faire aussi bien que lui et Jordan fut désigné comme tête pensante du groupe.
Peter prit une partie de la meute alors que la seconde partit avec Jordan.
Les recherches durèrent toute la journée sans que personnes ne retrouve la trace de Derek. Un jour passa, puis deux et la meute était toujours sans nouvelle de lui.
On commençait à désespérer et quand le jour de l’enterrement de Stiles arriva, la meute était plongée dans une immense peine car personne ne savait où se trouvait Derek et encore moins s’il était toujours vivant.
Cependant, quelque part dans un endroit aussi sombre que lugubre, une petite âme terrifiée, petite boule flottante au-dessus du sol, aussi lumineuse qu’un soleil, faisait tout son possible pour garder sa lueur vive, car elle savait qu’une autre âme quelque part devait la retrouver.
Où était-ce elle qui devait la rejoindre ?
Elle n’en était plus très sûre et ne savait plus de qui il s’agissait exactement mais le simple fait d’y penser faisait frémir sa lueur. Elle tremblotait à l’idée de ne jamais la revoir.
Elle savait que cette âme était importante pour elle alors, tel un phare guidant les marins, elle fit de son mieux pour que sa petite lumière soit la plus visible possible pour qu’on puisse la retrouver au plus vite.
Prisonnière de l’obscurité, elle était incapable de se déplacer, ne pouvant pas s’éloigner de son corps physique jusqu’à ce que quelqu’un la libère en le mettant en terre et en gravant son nom sur une pierre tombale. C’était le seul moyen de la faire passer dans le monde des âmes pour pouvoir vivre l’éternité en paix.
Sous le soleil radieux de Beacon Hills, la meute fit son dernier adieu à Stiles et il fut mis en terre avec une jolie pierre tombale pour marquer l’endroit de sa dernière demeure.
Lydia fut la dernière à partir du cimetière, incapable de se résoudre à quitter son grand amour, car oui, Lydia était amoureuse de Stiles depuis plusieurs années. Mais quand elle avait voulu lui avouer ses sentiments, Stiles l’avait devancée de quelques minutes seulement et lui avait avoué avec joie qu’il était amoureux de Derek.
Elle n’avait jamais eu le courage de le lui dire après ça, elle avait enfoui ses sentiments et avait toujours eu une grande jalousie à l’encontre du loup, ce que ce dernier avait remarqué mais il n’avait jamais rien dit lui non plus. Lydia avait fini par accepter de voir Stiles heureux auprès de quelqu’un d’autre.
Mais aujourd’hui elle en voulait à Derek, car c’était lui que Stiles avait aimé en dernier et elle n’aurait plus jamais l’occasion de tenter de reconquérir Stiles, ce qui laissait en elle un fort sentiment de jalousie, de tristesse et parfois de colère.
Elle quitta finalement le cimetière quelques minutes après la meute, accablée par le chagrin et monta directement se coucher en rentrant chez elle.
A la nuit tombée, sur la tombe de Stiles, une petite lueur remonta à la surface, se matérialisant en une silhouette lui ressemblant, translucide, lumineuse et légèrement bleutée. Maintenant que son nom figurait sur une pierre, son esprit était libre de partir rejoindre le monde d’après.
Mais l’âme de Stiles ne pouvait pas le faire dans ces conditions, elle savait que son âme-sœur était quelque part et l’attendait, elle devait la retrouver avant son grand voyage.
Malheureusement si son esprit quittait la tombe de Stiles, il serait directement envoyé dans le monde des âmes et ça c’était inconcevable pour lui, il ne pouvait pas partir sans son âme-sœur car il pourrait ne jamais la revoir.
Il avait besoin d’une personne capable de voir et de communiquer avec les esprits pour la retrouver et il savait exactement qui il devait appeler.
Alors, le cœur rempli d’espoir malgré la tristesse qui l’animait, il prononça son nom. Ce n’était qu’un léger murmure au départ car c’était la première fois qu’il faisait ça et n’était pas très sûr de savoir comment il devait le faire. Hésitant, il se lança :
« Lydia ? »
Pas de réponse. Il réessaya.
« Lydia, tu m’entends ? »
Toujours aucune réponse. Il ressaya, toujours plus fort, encore et encore, jusqu’à ce qu’il se mette à crier à pleins poumons, si du moins c’était chose possible pour un esprit de le faire.
« LYDIA ! LYDIA !!! »
Dans son lit, la banshee se releva d’un coup la main sur le cœur en criant :
- Stiles ?! C’est toi ?
Elle entendit une petite voix perdue au-dessus d’elle lui répondre :
« Oui c’est moi, j’ai besoin de toi, il faut que tu viennes me voir au cimetière. »
- Stiles, on est au milieu de la nuit, je viendrais demain, laisse-moi dormir maintenant.
« Non, tu dois venir au plus vite, c’est urgent. C’est Derek, il a besoin de moi. »
En l’entendant prononcer le prénom du loup la banshee se crispa. Stiles faisait appelle à elle mais il lui demandait de l’aide pour LUI, c’était trop pour son cœur en miette, accentuant d’autant plus sa jalousie.
- Je ne peux pas Stiles, laisse-moi tranquille s’il te plaît, murmura-t-elle avant de se rendormir.
L’esprit de Stiles ne comprenait pas sa réaction, malgré ça, il tenta de reprendre contact avec elle durant toute la nuit mais elle avait préféré l’ignorer. Déçu mais pas vaincu, il ressayerait le lendemain et tous les autres jours s’il le fallait. Il ne pouvait pas abandonner, car le temps pour son âme-sœur était compté, il devait la libérer avant qu’il ne soit trop tard.
Le lendemain, l’esprit de Stiles tenta durant toute la journée de prendre contact avec la banshee mais elle avait fermé son esprit et ne voulais pas l’écouter. Quand enfin elle s’y résout à la nuit tombée, assise dans son lit, elle entendit l’esprit de Stiles pleurer.
Ça ne ressemblait pas à de simples pleurs d’enfant faisant un caprice, non, on pouvait y ressentir toute la peine de la terre, comme si toutes les larmes du monde étaient réunies dans ses pleurs.
L’esprit de Stiles faisait face à un torrent de larmes que rien ne semblait pouvoir arrêter, telle une cascade glacée descendant de la montagne de son cœur.
Ses sanglots envahirent la pièce, donnant des frissons à Lydia.
Il pleurait comme on pleure un être aimé, son chagrin semblait immense. Lydia fut choquée de l’entendre aussi démuni et décida de mettre fin à son calvaire, pour le moment en tout cas.
- Stiles tu m’entends ?
Elle l’entendit renifler puis d’une petite voix enrouée, lui répondre :
« Je suis là… Qu’est-ce que tu me veux ? Me dire que tu refuses de m’aider ? »
- Je voulais savoir comment tu allais ? hésita-t-elle.
« Je suis mort et vais sûrement perdre la seule personne que je n’aie jamais aimé, comment veux-tu que j’aille ? Mal. »
La chair de poule s’immisça sur ses bras et elle tira sur sa couette pour se réchauffer.
- Je suis désolée, murmura-t-elle.
« Non tu ne l’es pas, je le sais. »
- Stiles, ne m’en veux pas, c’est toi qui nous as abandonné. Tu m’as abandonnée ! dit-elle plus fort, prise par l’émotion.
« Je n’ai abandonné personne, on m’a ôté la vie alors que j’avais enfin l’espoir d’une vie heureuse. Je ne t’aurais jamais laissée seule, contrairement à toi qui m’as laissé sans nouvelle durant toute une journée ! On ne fait pas ça à ses amis. »
- Excuse-moi, mais je devais pleurer mon meilleur ami et au lieu de ça je discute avec son esprit. J’ai encore du mal à m’y faire tu vois ?
« Bon, est-ce que tu comptes m’aider cette fois ? »
- Je ne sais pas Stiles, qu’est-ce que tu veux que je fasse ?
« Viens au cimetière, je t’expliquerai. »
- Stiles il fait nuit et je n’aime pas les cimetières.
« Lydia Martin, sors ton joli p’tit cul de ton lit et viens ! Je t’en supplie à genou, viens me voir. » supplia la voix enrouée de l’esprit.
Lydia soupira et se rhabilla chaudement, prit sa voiture et roula les yeux humides jusqu’au cimetière.
Arrivée sur place, elle mit sa capuche sur la tête et sorti sa lampe torche de sa poche et avança prudemment jusqu’à la tombe de Stiles.
Tout en s’approchant à environ une dizaine de mètres, elle aperçut une forme bleutée posée sur le sol, juste au-dessus de l’endroit ou reposait le corps de son ami. Elle hésita, enfonça ses mains dans ses poches en rangeant la lampe de peur d’effrayer l’esprit qui lui faisait maintenant face.
« Lydia, tu es venue. »
Elle pouvait deviner la tristesse sur le visage brumeux de son ami mais sa voix la lui confirma. Elle resta à deux mètres de la tombe, incapable d’aller plus loin.
- Je suis là, qu’est-ce que tu veux de moi ?
« Tu dois retrouver Derek, je sais qu’il est mort lui aussi, je le sens, mais je ne peux pas aller le chercher, je suis coincé ici. »
A l’entente de la terrible nouvelle, Lydia laissa ses larmes couler, ses jambes trop faibles l’obligèrent à s’assoir dans l’herbe.
- Tu peux pas me demander ça Stiles !
« Pourquoi ? C’est tout ce que je te demanderai, c’est ma dernière volonté, tu dois me l’accorder. » dit-il en joignant ses mains bleutées devant lui.
Lydia secoua la tête de gauche à droite en reniflant.
- Je peux pas, j’y arriverai pas.
Elle se releva péniblement et regarda la silhouette de l’esprit puis se retourna en ajoutant :
- Je suis désolée.
« Lydia attend ! »
L’esprit de Stiles voulu la retenir mais sa main n’attrapa que de l’air et Lydia s’échappa malgré ses cris de désespoir. Il la rappela, encore et encore mais elle disparut rapidement dans la nuit, le laissant encore plus abattu qu’avant son arrivée.
Le lendemain, la banshee avait le cœur lourd et une profonde culpabilité qui lui donnait la nausée. Ce que l’esprit de Stiles lui avait demandé était au-dessus de ses capacités mais elle se dit qu’avec l’aide de la meute ils pouvaient au moins tenter de retrouver le corps de Derek. Elle devait leur dire.
Elle les réuni tous au loft mais vint un peu avant l’heure prévue pour l’annoncer d’abord à Peter et Malia, après-tout il était de leur famille, c’était normal qu’ils soient au courant en premier.
Etonnement c’est Peter qui se montra le plus affecté, Malia resta sans voix jusqu’à ce que les autres loups fassent leur entrée.
Après ce second choc, la meute se rendit l’après-midi même en forêt mais Lydia, toujours bloquée par sa jalousie et sa profonde tristesse, ne les accompagna pas et prétexta un mal de tête pour rentrer chez elle.
Si elle avait mal à la tête c’était parce qu’elle se forçait à fermer son esprit pour ne pas entendre celui de Stiles qui l’appelait sans discontinuer depuis qu’elle était partie du cimetière le soir d’avant.
Finalement, ne pouvant plus lutter contre cet appel au secours, elle le laissa prendre contact avec elle tout en s’asseyant sur son canapé.
« LYDIA !!! »
- Je t’entends, c’est pas la peine d’hurler comme ça, tu me donnes mal à la tête !
« C’est de ta faute, t’avais qu’à pas fermer les portes de ton esprit ! »
- Stiles, arrête de m’appeler d’accord, la meute cherche le corps de Derek en ce moment-même.
L’esprit soupira.
« Si tu étais restée vers moi hier soir je t’aurais dit qu’il… »
L’esprit fut coupé dans son discours par le téléphone de Lydia.
- Allô ? Oui Scott… toujours rien… tu peux attendre une seconde ? J’ai un autre appel.
- Qu’est-ce que tu voulais me dire Stiles ? murmura-t-elle en couvrant le micro de son téléphone d'une main.
« Derek était sous sa forme de loup lorsqu’il a tenté de me sauver la vie, vous devriez peut-être chercher un loup et pas un corps humain ! »
- Scott t’es toujours là ? Je pense que vous devriez chercher le loup de Derek et pas son corps… Oui une sorte de pressentiment de banshee… Ok, merci.
Lydia raccrocha et reprit contact avec l’esprit.
- Ça te convient ? dit-elle sur le point de perdre ses moyens.
Pour elle, faire cet effort c’était comme écraser ses sentiments pour Stiles sous le corps mort du loup, ça lui broyait le cœur.
« Merci Lydia. »
- Arrête, ne me remercie pas ! Tais-toi je t’en supplie, renifla-t-elle en se cachant sous le plaid du canapé.
« Lydia, qu’est-ce qui se passe ? » demanda sincèrement l’esprit qui ne comprenait pas la réaction de la jeune femme.
- Laisse-moi tranquille maintenant que tu as eu ce que tu voulais de moi, ne me reparle plus jamais !
L’esprit tenta de dire quelque chose mais Lydia avait rompu le contact.
Dans l’obscurité, la petite âme de Derek attendait toujours qu’on la retrouve et plus le temps passait plus sa lueur se faisait faible. Sa vie d’âme la quittait de minutes en minutes, son temps était compté et le désespoir la gagnait.
En fin de journée, Scott appela Lydia pour lui dire que les recherches ne les avaient menés nulle part. La meute était à bout de souffle, cherchant de l’air là où Stiles savait leur en donner mais malheureusement aujourd’hui, plus personne n’était là pour les aider.
L’esprit de Stiles faisait les cent pas sur sa tombe, tentant d’appeler cette tête de mule de banshee et quand enfin elle répondit à son appel elle eut un violent mal de crâne, aussi soudain qu’un éclair.
« Lydia, il faut que tu reviennes au cimetière, je suis sûr de pouvoir trouver Derek mais j’ai besoin de toi. »
- Non Stiles, je peux pas, je refuse de t’aider.
L’esprit était à bout de nerf et hurla toute sa rage contre la banshee.
« Lydia Martin, tu es la personne la plus butée que j’ai jamais connu ! Tu as toujours été là pour moi avant, pourquoi tu refuses de m’aider bon sang ?! »
Lydia hurla à son tour.
- Parce que je t’aime espèce d’idiot !! pleura-t-elle, enfin libérée de ce poids qui lui compressait la poitrine.
« Tu…Tu m’aimes ? Oh non… Lydia, je ne savais pas… »
- Je le sais bien, tu n’as rien vu, t’étais bien trop aveuglé par tes sentiments pour Derek !
« C’est pour ça que tu m’en veux ? Parce que je n’ai rien vu ? »
- Je t’en veux parce que tu es mort et que je n’ai plus aucune chance de te prouver que je t’aime. Et parce que tu me manques terriblement.
« Lydia, tu peux encore le faire. Si vraiment tu veux me prouver que tu m’aimes alors rejoins-moi au cimetière. »
La banshee sursauta sur son canapé.
- Tu veux que je me suicide ?!
« Je te croyais la plus intelligente de nous deux ! Non, j’ai besoin de toi, je crois que j’ai vu en rêve où était Derek. »
Cette fois-ci elle n’attendit pas pour rejoindre Stiles sur sa tombe.
Ils s’observèrent l’un l’autre et l’esprit de Stiles caressa la joue de Lydia qui ressentit comme un courant d’air froid là où il l’avait touchée.
Elle sourit malgré la douleur qu’elle ressentait au fond de son cœur.
« Merci d’être venue ma Lydia. »
- Je ne serai jamais TA Lydia, souffla-t-elle. Bon dis-moi comment on fait.
« Il faut que tu t’accroches à moi le plus fort que tu peux. Si tu me lâches, je partirais au royaume des âmes et il n’en est pas encore question, je dois remplir une mission. »
Lydia prit la main brumeuse de l’esprit dans la sienne et s’y accrocha comme si sa vie en dépendait. Ils marchèrent ensemble pour sortir du cimetière, sous la lumière des étoiles.
En entrant dans la forêt Lydia sentit la colère la quitter, un peu plus à chaque pas puis la culpabilité ne fut plus qu’une lointaine amie au fond de son cœur.
Quand enfin ils trouvèrent le corps du loup, Lydia eut d’abord un haut le cœur car on ne pouvait deviner qu’il s’agissait là du cadavre d’un loup.
Elle remarqua immédiatement la petite lueur au-dessus du cadavre, luisant à peine plus fort qu’une luciole à présent.
L’esprit de Stiles prit la petite lueur dans sa main, tout en tenant celle de Lydia de l’autre, une larme scintillante coulant sur sa joue.
- Et comment je fais maintenant ? demanda Lydia qui n’avait qu’une seule main de libre.
« Appel Scott ou Peter. Mais dépêche-toi, son âme ne va pas tenir longtemps. »
Lydia appela Scott qui vint finalement avec toute la meute. Ils déterrèrent le cadavre en morceaux du loup, Gérard avait été sans pitié pour lui et tous furent choqués par cette violence à l’encontre de leur ami. Néanmoins, ils allaient pourvoir l’enterrer décemment maintenant.
- Je suis peut-être idiot par moment et excusez-moi pour ce que je vais dire mais, ce ne sont, aux yeux de la loi que des restes d’animaux. Jamais ils ne nous laisseront l’enterrer avec une pierre tombale à son nom, dit Scott qui avait l’habitude de ce genre de cas en travaillant avec le vétérinaire.
En l’entendant, l’esprit de Stiles voulu serrer la main de Lydia mais broya juste de l’air. Il lui souffla à l’oreille :
« Ne les laisse pas faire, s’il n’a pas de pierre tombale, il ne pourra jamais me rejoindre ! »
Lydia prit alors la parole :
- Je vais m’en occuper, emballer son corps et je ferai le reste.
Personne ne posa de question et le corps du loup de Derek fut emballé et la meute quitta la forêt sous les ordres de la banshee.
Elle appela ensuite le shérif qui vint dans les dix minutes, elle savait qu’il pouvait comprendre et faire en sorte de réunir les deux amoureux dans la même tombe.
Ce fut une épreuve terrible pour Noah de revoir le cercueil de son fils mais il ne l’ouvrit pas, se contentant de déposer le cadavre du loup sur le couvercle puis referma la tombe de son fils sous les yeux humides de Lydia.
Elle était bien consciente de la difficulté de la situation et décida de faire quelque chose pour atténuer la douleur du shérif. Elle lui prit la main alors que l’autre était encore dans celle de l’esprit de Stiles. L’âme de Stiles apparut alors devant les yeux du shérif et Noah pu dire une dernière fois à son fils combien il l’aimait avant de lui dire au revoir. Il quitta le cimetière en la remerciant alors que Lydia avait une dernière chose à faire.
L’esprit de Stiles savait que l’heure de quitter ce monde était venu pour lui, il déposa délicatement l’âme de Derek dans les mains de Lydia, l’embrassa sur la joue et avant de disparaître il lui dit :
« Je te serai éternellement reconnaissant de ce que tu as fait pour nous, je ne t’oublierai jamais ma Lydia. Maintenant inscrit son nom sur ma tombe et guide Derek jusqu’à moi s’il te plaît. »
- Je le ferai, je t’aime Stiles.
Lydia les larmes aux yeux, sorti un couteau de sa poche et grava en majuscule le nom de Derek sur la pierre tombale de Stiles. Elle déposa prudemment la minuscule lueur sur le sol de la tombe et se releva anxieuse.
Au bout de quelques secondes, la silhouette de Derek apparu devant elle, brumeuse et légèrement violette à cause de sa lycanthropie.
« Merci Lydia, tu viens de sauver ma vie d’âme et si je le pouvais je te serrais dans mes bras. J’ai entendu tout ce que tu lui as dit, depuis le début et je suis désolée de t’avoir volé ton grand amour. »
Lydia pleurait maintenant à chaude larmes.
- Je ne t’en veux plus à présent mais tu as une dette envers moi maintenant, dit-elle en s’essuyant les yeux.
« Laquelle ? »
- Tu dois me promettre de prendre soin de lui et de l’aimer comme il le mérite, pour l’éternité. C’est ton rôle d’âme sœur.
« Je le ferai ne t’inquiète pas. »
- Vas-y maintenant, écoute ton cœur et suis la petite voix qui t’appelle. Il t’attend.
« Au revoir Lydia. »
- Au revoir Derek, prenez soin de vous et venez me donner de vos nouvelles à l’occasion.
La silhouette de Derek disparut et le cœur de Lydia s’allégea. Elle savait maintenant que les deux âmes sœurs étaient réunies pour l’éternité. Elle était heureuse pour eux et elle put enfin faire le deuil de ses amis et de son amour non partagé.
Depuis ce jour chaque année lors du jour des morts, Lydia recevait la visite de ses deux âmes préférées et la meute profitait des histoires sur l’au-delà de la banshee à chaque fête d’Halloween.
Elle ne donna jamais de nom, c’était son petit secret.
Mais apparemment une meute s’était reformée dans une autre dimension, avec une blonde au caractère bien trempé et un grand costaud à la peau chocolat, un jumeau solitaire et une douce chasseuse les accompagnaient et bien sûr, l’alpha parfois grognon et son âme sœur hyperactive était à la tête de cette nouvelle meute.
Halloween était maintenant la fête préférée de la meute, surtout pour la banshee.