L'épopée des deux mondes T1 Exodus en terre inconnue

All Rights Reserved ©

Summary

Alors que Kilan, roi des provinces réunies de Wittecca, est sur le point de perdre la bataille contre les Nasalbans, il se retrouve projeté, ainsi que sa famille et ses proches, dans une autre dimension, par Eilhid. Une mission à laquelle la magicienne était insuffisamment préparée. Ce qu'elle sait lui vient des informations des Mages à savoir qu'ils devront attendre, pour revenir chez eux et vaincre la sorcière à la tête des envahisseurs, qu'Enora, la princesse, et Erwan, le petit-fils d'Eilhid, atteignent leur 18 ans. D'après une prédiction, grâce leurs pouvoirs magiques ils reprendront le trône. En attendant, la communauté Wittecéenne va devoir s'adapter à ses nouvelles conditions de vie, dans un monde bien plus évolué que le leur. Et les élus se formeront à l'usage de leurs dons. Mais c'est loin d'être évident, des distensions règnent entre la famille royale et celle de la magicienne.

Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
16+

Prologue

An 1500 après la réunification des Provinces

Seul le tintement métallique des épées résonnait parmi les arbres centenaires de la majestueuse forêt de Gimberge. Les combattants, enchevêtrés dans une danse mortelle, se débattaient dans une bataille acharnée, chacun luttant pour sa vie, pour sa cause, pour son honneur. Le soleil perçait à peine à travers le feuillage dense, créant des ombres mouvantes et mystérieuses.

Au cœur de la mêlée, se tenait Kilan Comemen, roi de Wittecca. Il se défendait ardemment, le souffle haletant, le regard déterminé, malgré la fatigue qui s’emparait de lui. Ses mouvements devenaient plus lents, sa lame moins assurée. Autour de lui, ses adversaires semblaient ne jamais faiblir, attaquant avec ferveur et détermination. Le guerrier sentit le doute s’insinuer en lui, la peur lui étreindre le cœur, quant à l’issue de ce combat contre ces Nasalbanins qui semblaient dotés d’une puissance animale. Depuis leur arrivée, quelques mois plus tôt, ils dévastaient tout sur leur passage. Bientôt, ils atteindraient Goldothin et rien de semblait pouvoir bloquer leur avancée. Pourtant ils étaient nettement inférieurs en nombre aux guerriers Wittecéens, dirigés par des meneurs d’exception.

L’espace d’un instant, les bruits de la bataille s’estompèrent, laissant place à un bourdonnement sourd. Les pensées se bousculaient sous le crâne du roi. Son destin semblait scellé. Malgré tout, il refusa de baisser les armes, de se rendre à la défaite imminente. Le souvenir de son épouse, Lyara, d’Edwin, son héritier, de sa fille Enora, âgée de quelques mois, en fuite à travers les souterrains avec pour objectif rejoindre la Province d’Herzégovia, lui insuffla une force nouvelle, une détermination ultime. Il devait retarder l’invasion de sa capitale, permettre à ses proches de se mettre à l’abri.

Et c’est ainsi, que dans un ultime assaut empreint de courage et de résilience, le guerrier affronta ses adversaires avec une férocité renouvelée. Une férocité accrue à la vue de Renar Valvert. La rumeur n’en était pas une. Le renégat se battait bel et bien avec l’ennemi.Et bien que voyant ses forces l’abandonner, son esprit demeurait indomptable, prêt à trucider le traître à sa patrie. Les muscles tendus, il s’élança, brandit son épée et hurla :

— Il est à moi !

Autour de lui la forêt résonnait des clameurs de la bataille, mêlant le fracas des armes au bruissement des feuilles.

Renar pivota en reconnaissant la voix rugissante du roi et se posta en position de défense, tout en incitant son ancien souverain à mettre fin à ce combat inévitablement perdu.

— Rendez-vous, hurla Renar Valvert. Je vous promets de négocier la vie de votre famille si vous faites allégeance, comme moi, à Amazian.

— Jamais ! s’écria Kilan. Jamais, sale félon, je ne plierai le genou devant cette engeance de Nasalbanins qui mettent à feu et à sang nos terres, violent et tuent des civils innocents. Ne vois-tu pas que ce sont des bêtes ? Tu risques fort de payer le prix de ta stupidité en retour, une fois qu’ils n’auront plus besoin de toi.

— Certainement pas, affirma le Caleih de Valvert tout en s’engageant dans un duel furieux avec Kilan, j’ai un accord avec celle qui les guident. Lâchez donc prise et je vous promets d’intervenir auprès d’elle.

— Dussé-je mourir, je t’emporterai avec moi dans l’autre monde et tu iras en enfer, lança le roi en feintant pour éviter le fer de son adversaire.

Autour d’eux, le chaos régnait, le son des fers qui s’entrechoquaient resonnait en une symphonie guerrière. Les lames sifflaient dans l’air tranchant l’espace avec une précision redoutable La terre se gorgeait de sang au fur et à mesure que les combattants tombaient, majoritairement des Wittecéens.

Le roi, porté par un regain de vigueur, lançait de puissantes attaques, cherchant à écraser son adversaire dont l’image devint subitement floue. Les voix, le bruit des estocs se heurtant férocement et les effluves de sang s’estompèrent pour disparaître totalement, remplacés pas le murmure de la pluie qui tombait sur lui. Des senteurs de mousse mêlées à l’arôme puissant des conifères, le laissa pantois. En cet instant de grâce, la futaie offrait un espace sensoriel reposant, une symphonie d’odeurs et de sons à mille lieux de celui d’une lutte sanguinaire. Kilan pivota sur lui-même cherchant à comprendre ce qui venait de se produire.

— Je suis mort, en conclut-il. Je suis mort, mon pays est perdu.

L’appel de Lyara le déconcerta et le bouleversa davantage. Il le fut bien plus encore lorsque l’image de son épouse et de ses enfants se précisa.

— Nous sommes tous morts, imagina-t-il alors. J’ai échoué à les protéger.

Son arme ensanglantée lui échappa lorsque Lyara Rike se jeta dans ses bras pour l’éteindre.[AC1]


Très bon prologue. On est au coeur de la bataille tu rentres immédiatement dans le vif du sujet parfait ![AC1]