Le dernier oméga MxM

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Summary

Na'voah signifie « monde harmonieux », un monde où les relations entre les hommes et la nature sont régies selon un principe d'équilibre, un monde où alphas, bêtas et omégas vivent en paix. Seulement, la nature est généreuse et l'homme trop avide. Quand ce dernier eut fait couler tant de sang que la terre ne put l'absorber, la nature le châtia pour cette insatiabilité dévastatrice. La terre cessa d'être fertile, les animaux s'entredévorèrent, l'eau devint empoisonnée. Les omégas, incarnation de la nature fertile et garants de l'harmonie du monde, disparurent de Na'voah, et les alphas, dont l'agressivité faisait légende, furent accusés d'avoir plongé le monde dans le chaos. Kahn a grandi dans ce monde absurde et son existence elle-même est une aberration. Né alpha et puni pour cela, il survit au sein de la horde, un groupe de mercenaires qui arpente les îles désolées de Na'voah et met sa force au service de quiconque possède quelques pièces d'or. Quand leur nouvelle mission est d'escorter le dernier oméga vivant sur Na'voah, Kahn ne s'attend pas à ce que cette rencontre l'horripile à ce point. Pourtant, lorsqu'il ne tient qu'à eux d'éviter une nouvelle guerre, il se pourrait bien que leurs différences se transforment en véritable force. Au bout du compte, cet homme sera-t-il son salut ou sa damnation ?

Status
Complete
Chapters
68
Rating
4.9 9 reviews
Age Rating
18+

Prologue


An 304 de l’Ere Viciée


Je ne me souviens pas bien de mon enfance, juste de quelques brides. Des rires, des gamins qui courent le long des ruisseaux, des montagnes qui touchent le ciel. La voix de ma mère, plus douce que les étoffes qu’elle tisse, ses grands yeux argentés, sa patience.

Puis un bruit, énorme, sourd. La terre qui tremble, les oiseaux qui s’envolent, les montagnes qui s’effondrent. Cette affreuse odeur de souffre, suivie de la nuée ardente obscurcissant l’atmosphère.

Je me rappelle être tombé à la renverse sous le choc, les fesses dans une flaque, les yeux rivés vers le ciel plus sombre que la nuit. Autour de moi, les adultes criaient, se bousculaient, tentaient de s’échapper par tous les moyens possibles. Au milieu de la cacophonie de leurs pas martelant le sol et de leurs hurlements ricochant sur les murs, j’entendais ces mots : « La nature nous punit », « C’est la fin », « Le volcan s’est réveillé ».

Les gens semblaient être devenus des bêtes. Projeté contre l’échoppe d’un marchand, je ne parvenais pas à me relever, l’épaule gauche déboîtée, la bouche pleine de terre, le corps martyrisé par les centaines de personnes qui le piétinaient. Les larmes ruisselaient le long de mes joues et mon nez cassé me lançait terriblement. Je tentais d’appeler ma mère mais ne faisais que m’étouffer avec le sang qui dégoulinait de mes blessures. La douleur ne connaissait aucune fin, la folie des hommes non plus.

Je ne sais pas quand je perdis connaissance, mais lorsque je me réveillai, une main gigantesque me tirait par les jambes. Mon visage raclait le sol et mes lèvres se déchiraient sur les pierres parsemant le chemin. Je voulus me dégager, je n’obtins qu’un violent coup dans la mâchoire. Et avant de sombrer de nouveau dans l’inconscience, j’entendis ces quelques mots :

— Garde celui-ci, c’est un alpha. Avec un peu de chance, on tirera un bon prix de cette raclure !