Flammes jumelles ; putain de Karma !

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Summary

Depuis leur rencontre il y a 20 ans, Giulian et Sarah ne cessent de revisiter cette ode à l'amour qui fait mal autant qu'elle guérit, de courir après l'amour d'une vie pour le perdre encore et toujours plus fort. Ce sont deux flammes jumelles, deux âmes autrefois unies qui s'attirent et se repoussent en même temps. Alors quand à 35 ans Giulian, devenu une célébrité du Hip hop international, ressurgit dans la vie de Sarah, des pans entiers de leur passé vont refaire surface. Ils vont de nouveau s'abîmer dans des souvenirs douloureux, un présent compliqué et des fantasmes d'avenir aussi passionnés que leur ancien "eux".

Status
Ongoing
Chapters
41
Rating
4.0 1 review
Age Rating
18+

Prologue (Sarah - 2017)




⚠️:quelques passages spicy dans ce chapitre🌶️🔥




C’était le tout début d’une nuit de printemps. La lune à demi recouverte d’un voile nuageux tentait d’éclairer les déplacements pressés des derniers passants. Ereintés par une vie de banlieue Parisienne imposant aux plus chanceux la routine du « RER, métro, boulot, dodo », ils fuyaient le cœur de ville afin de rejoindre des quartiers pavillonnaires plus tranquilles.

Pour Sarah l’heure avancée sonnait la fin d’une énième journée de travail passée à panser les plaies des autres, tandis que les siennes gisaient à vif. Tout en pestant elle attendait la fermeture complète du rideau métallique qui protégerait le cabinet infirmier des intrusions nocturnes. Depuis treize jours elle n’aimait plus la lenteur. Pire, elle redoutait l’inactivité qui venait réveiller sa douleur. C’est pour cette raison qu’elle avait proposé à sa cadre d’enchainer deux tournées d’affilé, frôlant ainsi les cinquante patients jours dans un rythme effréné. Pour passer le temps. Pour l’oublier.

Elle remontait la première partie de l’allée en tachant de viser les dalles de grès qui la mèneraient jusqu’au parking réservé aux soignants. Les réverbères de la rue adjacente peinaient à éclairer sa trajectoire et pourtant, de l’autre côté de la rue, adossé à la devanture d’une laverie fermée depuis quelques heures, elle reconnue sans peine sa silhouette.

Il l’attendait.

Lui !

Plus attirant et redoutable que jamais.

Fais chier !

Elle évita son regard, ravala la bile qui lui grimpait dans la gorge et poursuivit droit devant elle.

— Sarah ! Attends, s’il te plait, laisse-moi m’expliquer.

Et déjà ses pas résonnaient sur le bitume, accourant vers elle, pareil à un nouveau fléau. Mais ce soir-là elle ne souhaitait plus fuir devant lui, plus jamais. Alors elle s’arrêta et vint confronter ses prunelles de salaud.

De putain de salaud à tomber…

De toute sa hauteur elle le jaugeait, savourant le pouvoir qu’elle exerçait sur lui à cet instant tout en le mettant au défi de mentir, une nouvelle fois. Il avait ouvert la bouche mais aucun son n’en était sorti.

Très bien. Parfait même.

Voilà qui avait facilité les choses. Car une idée sûrement stupide naquit en cet instant tout au fond de son âme piétinée. Et après une frêle seconde d’hésitation, plaçant son visage au plus près du sien, si près que l’embrasser aurait été si aisé, si tentant, elle l’avait défié de nouveau.

— J’ai envie de toi.

Une dernière fois…

Elle avait conscience qu’il venait de frôler l’arrêt cardiaque. Il paniquait, très certainement tiraillé entre les signaux affirmatifs que lui envoyait son entrejambe et les freins que lui dictait la raison.

— Allez, viens, avant que je ne change d’avis, lui avait-elle ordonné.

Elle lui avait attrapé la main et l’entraînait avec impatience sur les gros pavés plats. Il l’avait suivi sans broncher. C’était kamikaze de sa part, qui sait sur qui elle aurait pu tomber ? Elle déverrouilla le rideau de fer qu’elle venait à peine de fermer pour la nuit. Ses mains tremblaient tout autant que son corps. Elle ne prit pas la peine de rallumer les lumières du hall d’accueil et le guida sans délicatesse jusqu’à sa salle. À l’intérieur, ça sentait l’éther et le lino. Au plafond, une simple ampoule sous un abat-jour en plastique diffusait une lumière jaune et fade, plongeant la pièce dans une ambiance lunaire. Il y faisait frais, presque trop. Le silence régnait et seules leurs respirations saccadées venaient le rompre à intervalles irréguliers. Elle sentait l’adrénaline affleurer dans ses veines, s’épandre dans tout son être. Ses muscles se raidissaient et l’emmenaient vers un chemin qu’elle connaissait bien, qu’elle désirait de nouveau emprunter. A la différence que ce soir, Giulian ne serait qu’un moment de plaisir sans suite, c’était une première et cela ne s’annonçait pas si aisé. Mais elle était motivée.

Il referma la porte derrière eux et lui sourit, gêné. Sarah brisa alors la glace en passant ses mains autour de ses épaules. Elle vint fourrer sa tête dans son cou et s’enivra de son arôme, comme pour l’imprimer en elle.

Une dernière fois.

Elle parcourut la peau imparfaite de son visage entre ses doigts, ajouta ses traits dans les méandres de sa mémoire. Il ôta lui-même sa veste et elle fit de même. Elle reprit alors sa place, regarda cette bouche qu’elle voulait dévorer, engloutir à jamais, et posa avec douleur ses lèvres sur les siennes. La main droite de Sarah glissa machinalement vers sa ceinture qu’elle détacha sans difficulté. Son jean tomba à ses chevilles et il envoya valser ses chaussures. Ses doigts à lui, glissés sous son top, partaient à la rencontre de sa taille. Elle crépitait sous leurs passages assurés. Il n’avait pas hésité longtemps.

Salaud !

Sous un accès de rage, elle vint s’attaquer aux boutons de sa chemise et les fit sauter un à un avec plaisir. Irrésistiblement attirée, elle refoulait des idées sanguinaires, de vengeance. Il suivait des yeux chacun de ses gestes, sondant sa folie, contemplant l’étendue du désir qu’elle avait encore pour lui.

Putain de salaud !

Sa respiration s’étranglait et son cœur frappait violemment dans sa poitrine. Elle le débarrassa de son boxer et plaqua Giulian au premier mur venu, sûrement glacé. Chacun de ses tatouages se gravait en elle alors qu’elle parcourait de sa langue chaque centimètre carré de son torse. Elle goûtait encore et encore au sel de sa peau. Il lui embrassait les épaules tout en essayant d’atteindre la fermeture de son pantalon. Sarah lui mordit alors le haut du bras sans ménagement. Elle l’entendit gémir de douleur et de plaisir simultanés et malgré la température en dessous de la double décimale, leurs corps se couvraient d’une fine couche de sueur. Sarah pouvait sentir son sang bouillir et son corps prêt à répondre au besoin qui le parcourait. Elle n’avait jamais eu à réfréner aussi longtemps son envie de lui en elle. Elle tentait de s’échapper par tous les moyens aux tentatives de ses baisers. Par fierté, par peur de l’avenir, de ne pas réussir à s’en sevrer. Sarah venait de convenir avec elle-même, qu’elle seule pourrait en donner ce soir.

Giulian vint alors se presser contre elle. La jeune femme le sentit durcir et une chaleur envahit son entrejambe en réponse. Le reste de son être suivit aussitôt et elle s’enroulait lascivement autour de sa taille, comme depuis toujours. Elle se collait à lui, ses mains cherchant à s’accrocher à ses cheveux courts. Il la souleva complètement et vint la déposer sur le lit d’examen. Allongée sur le dos, elle l’admirait en train de lui distribuer toute une série de baisers sur le ventre, comme avant, comme elle aimait tant. Puis il remonta vers sa poitrine avant de finir sur sa bouche.

Et merde...

Elle luttait un instant, sans pouvoir y résister, et échoua. Il s’allongea sur elle et ses reins se crispèrent. Elle avait on ne peut plus envie de lui, mais sa position allait envers tous les codes qu’elle venait de se fixer ce soir. Elle le repoussa de ses deux mains contre son torse, attira un de ses bras sous elle et le plaqua au matelas sans délicatesse. Sarah vint alors le chevaucher et laissa ses hanches onduler d’avant en arrière, de bas en haut... Il la caressait, parcourait son visage, remit quelques longues boucles brunes rebelles dans son dos avant de descendre le long de sa moelle épinière, en transe.

Elle dictait les mouvements, leur rythme. Il était sien, si bon, si fragile et à sa merci en cet instant présent. Ses mains se placèrent de nouveau dangereusement autour de son cou. Son esprit était possédé par les images de leur dernière rupture et des lèvres de Giulian sur la bouche dégueulasse de cette influenceuse, cette énième punaise, attirée tout autant par le sang que la lumière.

Comment avait-il pu ?

Elle n’avait jamais détesté un être avec autant de force. Elle voulait l’abattre, l’anéantir à jamais sur ce lit médical, lorsque l’ivresse d’un orgasme aussi magistral que soudain la percuta de plein fouet. Giulian vint alors en elle au même instant en laissant exploser toute la retenue dont il avait fait part jusqu’à présent.

Tremblotante, les membres paralysés, elle s’extirpa de son étreinte et les sépara. Sarah n’arrivait à retrouver ni son souffle ni ses esprits. Elle s’écroula au sol sous cette overdose d’émotions contradictoires. Il fallait qu’elle fuie, avant qu’il ne soit trop tard, avant de finir capturée comme une souris trop gourmande sur laquelle le piège se referme sans crier gare.

Comment a-t-elle pu oublier que chaque bouquet final avec Giulian la privait de tous ses moyens primaires ? Comment a-t-elle pu oublier que la retenue était narcotique et addictive, en plus d’être une pure torture mentale ? Son corps, bien que repu d’un côté, souffrait déjà atrocement du manque de l’autre. La gorge lui brûlait, son cœur palpitait. Elle aurait aimé qu’il la prenne dans ses bras, qu’il implore son pardon, qu’il lui dise les bons mots, ses mots à lui qui lui soignaient le cœur. Mais il n’en fit rien.

Les larmes commençaient leur douloureuse ascension sous ses paupières. Elle voyait trouble et était étendue nue sur le sol, aussi fragile et plus vulnérable que jamais.

Mais comment ? Comment malgré toute cette impuissance, a-t-elle pu oublier à quel point elle aimait ça ? Qu’elle l’aimait, lui, de tout son être. Il l’avait trompée. Il l’avait trahie. II allait repartir.

Encore…

Elle le détestait et se haïssait encore plus pour cette part de faiblesse incontrôlable qui lui pourrissait l’existence.

— Dégage ! Maintenant je ne veux plus jamais te revoir, tu m’entends ? Dégage de ma vie ! lui lança-t-elle sans un regard.

Elle se maudissait, oui, mais derrière toute cette épaisse couche de honte et de dégoût, naissant de ses tripes écorchées vives, la fierté et même le soulagement arrivaient à petit pas. A travers les pleurs, au-delà de ses sanglots, un frêle sourire apparut au coin de sa bouche. S’aidant de son bureau encombré Sarah se releva. Elle se retourna face à lui et le jaugea, lui, nu, si puissant et pourtant si faible et démuni à cet instant. Alors elle réalisa.

Il se pourrait que cette fois, cette fois elle puisse enfin tourner la page.




Voilà pour le prologue. Il se déroule 7 ans avant le prochain chapitre (chapitre 1) afin de donner un aperçu de la situation dans laquelle se trouvait Sarah et Giulian avant qu’ils ne se séparent. J’espère qu’il vous aura mis l’eau à la bouche 😄. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques.

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