Ex Astris - tome 1

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Summary

En 2460, la Terre n'est qu'un vestige du passé renommé Terra Relicta. Parmi les derniers habitants de la planète il y a Essie, enfermée dans un bunker depuis son enfance. Sa vie bascule quand deux adolescents viennent la chercher pour la ramener sur sa planète d'origine : Astria. Mais Essie découvre qu'on lui veut du mal et prend la fuite. Commence une aventure en équipe, teintée d'amitié et d'amour, à travers le Bras d'Orion pour tenter de découvrir qui elle est.

Status
Complete
Chapters
53
Rating
n/a
Age Rating
16+

1 • ESSIE

Bunker, Haut-Jura, Terra Relicta - Système solaire

Si l’histoire d’Essie devait ressembler à l’un de ces contes pré-exode qu’elle connaissait par coeur depuis son enfance, elle s’apparenterait sans doute à celui d’une certaine princesse aux cheveux infiniment longs, coupée du monde et retenue dans sa tour. Cependant, la situation dans laquelle se trouvait Essie, redistribuait les cartes. Dans la douceur de l’été, la forêt laissait raisonner les chants des oiseaux et là où le vent pouvait s’infiltrer, il faisait délicatement bouger les feuilles encore fermement accrochées aux branches. La tranquillité des sous-bois laissa place aux martèlement des pas d’une adolescente désorientée et à bout de souffle. Son coeur battait à tout rompre, elle ignorait la direction qu’elle devait prendre pour continuer sa course folle mais elle avança, tout droit. Essie poussa un cri en repensant aux coups de feu qui avaient retentit derrière elle quelques minutes plus tôt, alors qu’elle se trouvait encore dans le bunker qui avait été sa seule maison depuis toujours. Qui venait la chercher ? Qui lui en voulait au point de la poursuivre à travers la forêt ? Car oui, soudainement elle était devenue une autre princesse, celle qui fuyait un chasseur envoyé par une méchante reine. Essie se cacha derrière un arbre au tronc assez large pour la dissimuler. Sa gorge la brûlait, ses joues étaient maculées de larmes et ses longues boucles caramel lui collaient au visage. Elle ferma les yeux, à l’écoute des bruits autour d’elle. Les pas qui l’avaient poursuivie ne se faisaient plus entendre. Les avait-elle imaginés ? Après quelques secondes, elle se décida à ouvrir les yeux. Là, pour la première fois, elle réalisa qu’elle était à l’extérieur du bunker. Elle s’était imaginé ce moment tant de fois mais l’idée d’une course-poursuite ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Pourtant, Adam l’avait avertie à de nombreuses reprises. Son précepteur n’avait eu de cesse de lui répéter qu’elle était précieuse, que sa sécurité à l’extérieur du bunker était compromise. Mais Adam avait disparu deux ans plus tôt, laissant la jeune femme à sa solitude. Les gardiens qui travaillaient dans le bunker ne lui adressaient la parole que rarement, soumis à des consignes strictes, tout comme Adam l’avait été. Au moins avaient-ils eu l’amabilité de lui confirmer ses craintes : Adam était mort.

— Estellienn ? Lança une voix à travers la forêt.

Essie plaqua une main sur sa bouche, apeurée. La voix masculine était trop proche, il n’était pas possible de reprendre la course. Elle n’avait plus qu’à rester immobile et espérer ne pas se faire repérer.

— On ne te veut aucun mal, reprit la voix avec plus de douceur.

Elle aurait voulu y croire, mais combien de ses héroïnes préférées s’étaient retrouvées dans des situations similaires et avaient regretté ? Les centaines de livres qui formaient des piles dans sa chambre et remplissaient les étagères de tout un pan de mur étaient sa principale distraction. Elle en connaissait la moindre page, et elle en avait corné certaines pour retrouver facilement les mots qui lui avaient procuré les plus belles émotions. Penser à ses livres apaisa sa respiration et elle ferma les yeux, attendant que le danger s’éloigne. Dans le sanctuaire de son esprit, ses histoires favorites et celles de son imagination se mélangeaient, personne ne pouvait l’atteindre. Mais la réalité la rattrapa quand elle rouvrit les yeux. Elle n’eut même pas le temps d’appréhender les deux silhouettes qui se tenaient face à elle. La peur la paralysa et elle s’effondra au sol, inconsciente.


Une odeur nouvelle chatouilla les narines d’Essie. Elle ouvrit les yeux. Près d’elle, un feu de camp crépitait. Elle n’avait pas revu de flamme depuis qu’Adam lui avait enseigné les éléments. Eau, air, feu et terre. Il y avait bien longtemps. Une brise légère et fraîche balaya les cheveux qui lui tombaient sur le visage. Au-dessus d’elle, les arbres montaient et laissaient à peine entrevoir le ciel nuageux. Elle se redressa brusquement et remarqua une jeune fille blonde qui l’observait avec curiosité, assise sur un tronc d’arbre. Ses vêtements étaient marrons, de sa veste en cuir jusqu’à ses bottes. Son visage était pâle, ses cheveux blonds étaient fins et retenus dans un élastique. Elle croqua dans un morceau de viande sans détacher ses yeux bruns d’Essie.

— Encore un lapin ! s’écria une voix un peu plus loin. On devient de vrais pro Casey !

Essie regarda autour d’elle, prise de panique et se leva avec maladresse. Que devait-elle faire ? Avant même qu’elle ne prenne une décision, un garçon, vêtu de la même tenue que la blonde sortit de nul part. Il tenait un lapin mort dans une main et un couteau dans l’autre. Il n’osa plus bouger en voyant Essie debout. Une odeur de brûlé attira leur attention. Le bas de la robe d’Essie prenait feu. Le garçon lâcha l’animal et l’arme pour se précipiter sur la jeune femme et éteindre le feu à l’aide d’une couverture posée sur le sol.

— Tu n’es pas brûlée ? demanda-t-il à Essie.

— Non, ça va, dit-elle doucement.

Le bas de sa robe beige était noirci, le feu l’avait légèrement rongée. Elle se frictionna les bras, se rendant compte qu’il ne faisait pas si chaud. Le jeune homme tendit la couverture à Essie qui hésita à la prendre.

— Tu n’as rien à craindre, dit-il pour la mettre en confiance.

— Merci.

Essie enroula la couverture autour de ses épaules. Le garçon alla ramasser sa prise et son couteau puis il les tendit à sa soeur en lui faisant signe d’aller dépecer la bête plus loin. Caseylia soupira avant de s’éloigner dans les bois.

— Je m’appelle Caleb Wa’Il, dit le garçon. Et elle, c’est Caseylia, ma petite soeur.

— Essie, dit simplement la jeune femme.

— C’est bien le diminutif d’Estellienn ? Demanda Caleb soudain prit d’un doute.

— Oui.

Essie observa Caleb. Ses cheveux blonds foncés lui tombaient sur le front et ses yeux bruns étaient identiques à ceux de sa soeur.

— Comment je me suis retrouvée ici ? lui demanda-t-elle.

— Nous t’avons libérée. Enfin nous venions pour te libérer mais tu n’as eu aucun mal à sortir du bunker.

— Vous...Vous avez tué les gardiens ? Vous deux ?

— Eh bien oui, admit Caleb gêné. Autrement nous n’aurions jamais pu te sortir de là. D’après la Reine tu étais retenue dans ce bunker depuis ta naissance alors tout ça doit te paraître un peu dingue.

— La reine ? D’Astria ? questionna Essie en essayant de se remémorer les cours d’Adam.

— Oui. Il n’y en a plus d’autre depuis bien longtemps.

Essie regarda encore autour d’elle. Elle avait tant rêvé de marcher dans la forêt, et pourtant, elle n’éprouvait pas le bonheur qu’elle s’était imaginé ressentir. Quelque chose clochait. Depuis dix-huit ans elle s’était trouvée enfermée dans un bunker où on ne lui avait jamais fait le moindre mal, où on lui avait tout enseigné, et d’un seul coup, deux adolescents débarquaient, tuaient les gardiens, la poursuivaient dans la forêt et lui assuraient qu’elle ne craignait plus rien. Elle resta silencieuse un bon moment, à observer les flammes qui léchaient les branches déposées par Caleb. La petite blonde revint sur le camp et plaça le lapin sur une branche avant de le faire cuir dans les flammes. Essie admira la dextérité de l’adolescente. Jamais elle n’aurait su capturer et faire en sorte de rendre un animal mangeable.

— Est-ce que je peux t’aider ? demanda timidement Essie.

Caseylia hocha la tête. Elle tendit la branche à Essie qui l’imita, faisant tourner lentement la viande au-dessus du feu. La blonde leva les pouces.

— Quel âge as-tu ? demanda Essie.

— Seize ans, répondit Caleb. Mais elle fait plus jeune c’est vrai.

Caseylia lui lança un regard noir et Essie le remarqua.

— Je lui posais la question à elle, se permit-elle de dire.

— Tu ne risques pas d’obtenir de réponse vocale de sa part. Casey est mutique.

Surprise, Essie regarda la blonde qui approuva les dires de son frère. Elle fit quelques signes avec ses mains.

— Elle te dit qu’elle est désolée mais que tu peux quand même lui parler, elle t’écoutera.

— D’accord, merci, dit Essie. Comment on dit merci ?

Caseylia posa la main sur son menton et la dirigea vers Essie qui l’imita. La blonde reprit la branche pour continuer la cuisson de la viande. Quand elle jugea que le lapin était assez cuit, elle découpa des morceaux qu’elle partagea entre eux trois.

— C’est un peu léger, dit Caleb. Mais on trouvera sûrement d’autres choses à manger sur le chemin.

— Le chemin vers où ?

— Vers le vaisseau qui nous ramènera sur Astria.

Essie s’arrêta de mastiquer pour regarder Caleb.

— Pourquoi ?

— La Reine a demandé à ce que nous te récupérions ici, sur TeReli, mais tu es une ressortissante astrienne. C’est pour cette raison qu’elle voulait te sauver.

« — Tu es précieuse ». Les mots d’Adam l’avaient laissée croire à toutes sortes de fantaisies, mais elle avait toujours pensé qu’en vérité, ces mots signifiaient qu’il l’aimait comme sa fille. Et s’il n’en était rien ? Si elle avait une vraie valeur ? Terra Relicta l’aurait-elle dérobée à Astria ? Et la reine en personne qui voulait la sauver ? Etait-elle...Une princesse ? Essie avait le sentiment d’être à la place de ses héroïnes préférées mais contrairement à elles, tout lui échappait, comme si elle passait à côté de sa propre histoire.

— Vous êtes qui pour la reine ?

— Des chasseurs, répondit Caleb en croquant un morceau de viande. Quand elle a besoin de récupérer quelqu’un ou quelque chose difficilement accessible, nous sommes à son service.

— Vos parents savent que vous...Que vous tuez des gens ?

— Ça nous arrive assez peu en fait ! Généralement, sur les stations ou sur Astria, quand on voit débarquer des chasseurs on ne résiste pas. Sur TeReli c’est un peu différent. Et...nos parents sont morts.

— Oh. Pardon, je suis désolée.

Essie vit Caseylia baisser les yeux. C’était un sujet sensible. Au bout de quelques secondes, l’adolescente se leva et s’éloigna.

— C’est encore difficile pour Casey. Nos parents ont été tués par erreur.

— Par erreur ? Comment c’est possible ?

— La garde royale s’est trompée de maison. Ils devaient exécuter des voleurs dans la maison voisine.

Caleb disait ces mots d’un air détaché, comme si la situation était normale. Essie avait beau avoir grandi dans un bunker, elle savait que ce n’était pas une manière de faire. Ou peut-être que si, sur Astria. Caseylia et Caleb étaient entrés dans le bunker, avaient tués les gardiens et étaient partis à sa poursuite. Ils avaient exécuté les ordres froidement, le plus simplement du monde. Ceux qui avaient assassiné leurs parents avaient dû être formés de la même façon.

— En guise de dédommagement, la reine nous a assuré des postes de chasseurs. Normalement, ce travail est réservé aux membres des grandes familles astriennes. Mais on se débrouille plutôt bien avec Casey. Pour preuve, c’est nous qu’elle a envoyé pour te récupérer !

Essie lui adressa un sourire gêné, ne sachant quoi répondre à ces explications qui paraissaient si logiques à Caleb. Le jeune homme termina de manger et éteignit le feu de camp.

— On ne va pas tarder à reprendre notre route. Je vais chercher Casey.

Il s’éloigna vers l’endroit où avait disparu la blonde. Essie se retrouva seule. Sa vie venait de basculer en l’espace de quelques heures. Tout s’était déroulé si vite. Elle venait à peine d’atteindre la majorité universelle, l’année de ses dix-huit ans démarrait fort. Elle se demandait ce qu’elle était supposée faire, ce qu’on attendait d’elle. Elle espérait que sa situation se clarifie rapidement. Elle avait toujours eu le contrôle sur les histoires qu’elle s’inventait. Des histoires peuplées de paysages similaires à ceux des photos placardées dans sa chambre, des histoires dans lesquelles elle affrontait tous les obstacles. Mais cette fois, elle le vivait réellement et la sécurité du bunker lui manquait déjà. Adam l’avait préparée à beaucoup de choses, mais pas à une fuite vers une autre planète.

Elle tenta de rassembler les souvenirs qu’elle avait des cours d’Adam sur Astria. Cette planète était apparue aux scientifiques comme un miracle au cours de l’année 2128. La Terre se dégradait, il fallait évacuer une partie de la population et la colonisation de la planète Mars s’était révélée être un échec cuisant. Les stations avaient été la première destination lors de l’exode. Trigorn, une des plus importantes stations s’était éteinte, surpeuplée. La station Yuliam quant à elle, avait été victime de plusieurs épidémies et s’était retrouvée délaissée, sans réapprovisionnement. Ces stations fantômes se disloquaient toujours dans l’espace, à la dérive. Quand les stations atteignirent leurs capacités d’accueil, on considéra la première phase de l’exode terminée. La phase de colonisation d’Astria pouvait débuter avec la population terrienne restée sur la planète. La sélection avait été redoutable, basée sur des critères strictes. Les professions, les antécédents médicaux, les liens sociaux. On ne pouvait pas compter sur des malades ou des personnes qui risquaient d’être malade d’après leur code génétique, tout comme on ne pouvait pas compter sur des criminels ou des personnes aux mauvaises fréquentations. Chaque individu sélectionné devait avoir un rôle à jouer, un travail qui permettrait la construction d’une nation sur une nouvelle planète. Alors ceux qui remplissaient tous les critères avaient été envoyés vers Astria, placés dans des coffres qui les avaient gelés pour un siècle, le temps du voyage. A leur réveil, des villes émergeaient sur Astria, construites par les habitants des stations proches de la planète. Les voyages dans l’hyperespace devenaient de plus en plus courants grâce à l’émergence de l’étherium, une source d’énergie révolutionnaire, et il fut envisagé, dans un projet coûteux, de ramener les derniers terriens sur Astria. Mais la première reine élue, Livia Carlson devenue Livia D’Astria, considéra que l’exode était terminée et que les terriens encore sur place pouvaient y rester car leurs jours n’étaient plus en danger. La Terre et ses derniers habitants se trouvèrent délaissés et la planète devint Terra Relicta, terre abandonnée. Vestiges d’une Histoire passée, elle se transforma en une source de matière première lorsque ce fut nécessaire. Astria était au centre de tout et gardait tout de même le contrôle de TeReli. Ce contrôle s’était accentué en 2440 après que la Reine Astrée Célénie décida d’évincer les derniers dirigeants des pays terriens. Il n’y eut plus qu’une seule dirigeante pour les deux planètes : la Reine Astrée Célénie D’Astria. Sa fille, Néphélie Astrée, était l’actuelle reine et en 2460, rien n’avait changé vis-à-vis de TeReli.

Caleb, suivi de Caseylia, reparurent au bout de quelques minutes. Ils rangèrent leurs affaires éparpillées sur le camp.

— C’est par là ! lança Caleb aux filles après avoir consulté son notapad, un petit écran digital.

Essie n’avait jamais autant marché. Les exercices sportifs qu’Adam lui avaient imposés puis qu’elle s’était imposés elle-même ne lui avaient jamais demandé autant d’effort. Elle tentait de se pousser à bout et essayait de suivre le rythme des deux astriens, mais c’était peine perdue. Ils devaient s’arrêter régulièrement pour que la jeune femme reprenne des forces. Alors qu’Essie ne parvenait plus à marcher sans se tenir aux arbres, Caseylia s’éloigna dans le bois et lui fit signe de la suivre. Essie vit la blonde accélérer entre les arbres, joyeuse, n’affichant aucune fatigue. Quand Essie la rejoignit, elle lui adressa un large sourire et écarta les branches d’arbres devant elles. Une grande étendue d’eau se trouvait en contrebas, bordée de sapins sur la rive d’en face. L’endroit n’était pas le même que celui qu’Essie regardait inlassablement sur le mur de sa chambre, mais il y ressemblait.

— C’est magnifique, prononça Essie avec émerveillement.

— TeReli a ce genre de paysages qui manquent cruellement à Astria, dit Caleb qui les avait rejointes. Selon moi.

Caseylia se tourna vers Caleb pour s’adresser à lui en langue des signes.

— Elle dit qu’il n’y a pas beaucoup de nature sur notre planète.

Ils reprirent leur route et Essie se sentit moins fatiguée après cette parenthèse. A la tombée de la nuit, ils s’installèrent sous un abri naturel formé par les rochers. Caseylia et Essie allumèrent un feu tandis que Caleb chassa de petits animaux.

— Pourquoi la reine ne vous donne pas de quoi manger ?

— C’est notre choix ! répondit Caleb. On a tout ce qu’on veut sur notre station, alors quand on part sur TeReli on joue aux aventuriers.

— Je croyais que vous viviez sur Astria, remarqua Essie en fronçant les sourcils.

— Nous vivons sur Ad Astria, c’est la station orbitale qui dépend directement d’Astria. On a vécu un moment dans la maison familiale, seuls, après la mort de nos parents. Mais ensuite on a préféré partir pour la station.

Caseylia se tourna vers Essie et fit quelques gestes.

— C’était trop difficile pour elle, traduit Caleb d’une voix triste.

Si la mort de leurs parents avait l’air d’être un sujet banal pour Caleb, pour Caseylia en revanche, c’était plus compliqué.

— Vous êtes courageux tous les deux, déclara Essie.

Ils terminèrent de manger en silence et s’allongèrent sur le sol, près du feu, pour s’endormir. Caleb et Caseylia trouvèrent le sommeil facilement. Essie quant à elle, écoutait les bruits inconnus de la nuit. Qu’est-ce qui était dangereux ? Qu’est-ce qui ne l’était pas ? Elle se focalisa sur le crépitement du feu. Elle n’arrivait pas à réaliser que la veille, elle s’endormait dans son lit. Chaque pas l’éloignait de tout ce qu’elle avait connu pendant dix-huit ans. Caleb et Caseylia étaient des compagnons de route agréables, mais ça n’atténuait pas l’inquiétude qui grondait en elle. Quitter une vie d’enfermement mais pour trouver quel genre de vie en échange ? Essie ferma les yeux, bercée par le hululement d’une chouette.