Sous un nid d'hirondelles

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Summary

Sous la chaleur de l’automne et l’arrivée imminente de l’hiver, une hirondelle cherche un lieu où construire son nid. C’est sous ce même nid qu’une des plus étonnantes amitiés se tissera entre un oiseau et un humain, les liant et les rapprochant. À travers les yeux des volatiles se dessinera l’histoire d’un couple marié et de leur enfant, de leurs problèmes et de leur bonheur. Sous ce nid d’hirondelles, il s’assoit sur le banc et écoute leur chant. Chapitre unique = version BL Chapitre unique bis = version autre

Genre
Romance
Author
FuryFurys
Status
Complete
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre unique

Cette histoire est totalement fictive et se déroule dans un monde parallèle. Merci de votre compréhension.

Version BL

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Entre les nuages, flottant doucement tels des moutons de laine broutant dans la prairie, un rayon de soleil pointait et illuminait une silhouette qui filait à grande vitesse. Un oiseau volait, ses plumes se lissant sous l’astre de lumière, ses ailes battant légèrement au gré du vent.

Une femelle, une hirondelle rustique, cherchait un endroit où poser un nid. Avant tout, elle devait d’abord trouver son compagnon de vie. Elle en aperçut plusieurs au fil de sa route mais leurs chants et leurs vols n’étaient pas à la hauteur. Elle se laissa guider par la brise, continuant son chemin jusqu’à ce que finalement, elle le trouva. Son chant était mélodieux et profond, sa longue queue échancrée très effilée aux deux extrémités et ornée d’une petite rangée de taches blanches remuant tandis que ses ailes d’un bleu sombre, presque métallique, battaient frénétiquement tentant d’attirer désespérément une femelle, finissant par tracer d’immenses cercles dans le ciel.

Elle s’approcha et il s’arrêta, tournant sa tête, la regardant avec ses joues de couleur rouge. Elle ouvrit son bec noir, fin et court, et se mit à chantonner avec lui, répondant à son appel. Ils se dirigèrent en pépiant vers le lieu choisi.

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La jeune femelle venait de finir la nidification avec l’aide du mâle, son compagnon dorénavant pour la vie. Elle termina de mettre la terre, devenue sèche et dure, autour de l’herbe moelleuse que son partenaire avait ramenée. Elle mit une patte, noire et courte, sur le fourrage avant de poser son ventre blanc crème dessus, jugeant le confort de l’endroit. Elle fut brusquement interrompue par des bruits de pas et en suivit la source du regard. Un humain au ventre rond l’observait avec des yeux, d’un bleu ciel, étonnés. Quelques minutes s’écoulèrent où l’humain et elle se fixaient sans mot dire. Toutefois, bien loin de les chasser, l’humain brisa le contact le premier et secoua sa tête, ses cheveux châtains ondulant avec son geste. Il reprit sa route, ignorant le nid situé sous sa véranda et les hirondelles.

La femelle n’y prêta pas plus attention et acheva les derniers préparatifs.

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Elle s’étira les pattes avant de reposer à nouveau son ventre plumeux, légèrement humidifié à l’occasion de la forte chaleur, sur ses œufs, blancs à petits points roux et gris, pondus il y a peu de temps. Elle leva la tête et attendit qu’il revienne de la chasse, ne leur ayant rapporté que peu de nourriture depuis quelques jours à cause de la canicule. Une tache marron attira soudainement son attention, éveillant ses sens. Une tête humaine, au teint blanc et pétillant, émergea des fourrés, quelques branches dans ses cheveux, visiblement persuadé qu’il était caché. Si l’hirondelle pouvait rire, elle le ferait probablement. Elle ne lança pas d’alerte, ne percevant pas l’humain comme un danger, juste simplement gênant à la fixer derrière son pot de fleurs.

Ce devait sûrement être son nid, le sien étant installé à côté d’arbres en pierre* et accolé à un mur en terre très dure(1). Seuls les humains étaient capables de telles prouesses et cela la terrifiait. Elle avait toujours croisé des humains effrayants, surtout leurs petits qui aimaient leur courir après, mais celui-ci semblait différent, se contentant de l’observer de loin et de ne pas s’approcher.

Qu’attendait cet humain pour rentrer dans son nid ? N’avait-il pas des petits à nourrir ?

Un pépiement la détourna du regard inquisiteur de l’humain toujours timidement caché. Son compagnon venait de rentrer, avec seulement au bec un moucheron. Il lui en glissa la moitié, lui permettant de remplir son ventre affamé.

L’humain sembla comprendre quelque chose avant de s’éclipser de manière peu discrète. Elle pensa pouvoir être enfin tranquille avec son partenaire. Néanmoins, l’humain revint au bout de quelques minutes avec deux bols(2). Il tenta de s’approcher, plus près de leur nid cette fois-ci, toutefois le mâle se retourna et se montra très agressif, lui criant dessus.

L’humain sembla comprendre puisqu’il recula avant de déposer les deux bols sous la véranda, à côté d’un de ces arbres pétrifiés. Elle remarqua que l’humain avait dorénavant un ventre plat. Avait-il pondu ses œufs lui aussi ? Ne devait-il pas les couver alors ?

Le dit humain, finalement, se retira et partit définitivement, les laissant tous les deux. Elle regarda les deux bols laissés par l’humain. Elle se leva et voleta vers les deux récipients. Le mâle prit sa place et se mit à couver, tout en gazouillant pour la prévenir de ne pas s’approcher des objets de l’humain. Elle l’ignora et se pencha au-dessus. Dans l’un se trouvait de l’eau claire et dans l’autre de la nourriture, notamment des graines mais aussi des pucerons et des mouches(3), morts. Elle en prit un et le mâcha avant de l’avaler. Elle attendit un peu puis en prit un autre et l’amena à son partenaire, les deux se nourrissant en fin de compte.

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L’heure était enfin venue, les œufs allaient éclore, leurs coquilles se fissurant déjà. Cinq têtes d’oisillons émergèrent, commençant à pépier et à bouger dans tous les sens. La femelle descendit du perchoir, prit un moucheron et le ramena à ses bébés, l’ayant mâché avant. Le mâle ramena quelques branches sèches avant de les glisser sous le tas pour rafraîchir en partie le nid.

Le bruit fort de pierres qui roulent se fit entendre et s’ensuivit celui d’un chat ronronnant. Elle vit l’humain, sortant au loin d’un nid noir pouvant se déplacer. Il prit quelque chose dans ses bras avant de se précipiter vers son nid principal. L’humain, loin de les délaisser, avait toujours pris le soin de changer la nourriture et l’eau chaque jour, parfois venant les contempler pendant plusieurs minutes, un doux sourire rêveur sur le visage. Mais ce qu’elle vit ne fut pas un bol, mais une miniature de lui, enroulée dans un tissu doux et s’égosillant comme ses petits. L’humain s’arrêta et le déposa sur le banc, juste sous leur nid, avant de s’enfuir à nouveau rapidement. Même son mâle n’avait pas crié, certainement, comme elle, habitué au comportement de cet humain spécial.

Elle voleta jusqu’au bébé légèrement dodu, laissant son compagnon prendre sa place. Elle l’observa, attentive, alors qu’il continuait de pleurer. Elle se précipita vers les bols, prit une mouche, la mastiqua et plana vers le bébé à nouveau. Celui-ci s’époumonait toujours, les yeux larmoyants, et la bouche grande ouverte. Elle laissa glisser la bouillie dans le gosier du petit humain. Ceci eut pour effet de le faire taire et ses yeux, d’un bleu ciel, s’agrandirent sous le coup de la surprise. Une grimace de dégoût se forma sur son visage à la suite de la compote infâme présentée par l’hirondelle. Un rire clair se fit entendre et elle détourna la tête vers l’humain, riant à gorge déployée face à cela. Il se calma, ayant un objet rempli d’une eau blanche dans les mains, et s’approcha, ce qui fit fuir la femelle vers son nid, et prit le bébé, qui avait en partie recraché le coulis immonde d’insecte, dans ses bras, s’installant sur le banc. Il amena le biberon jusqu’à son petit et le laissa boire jusqu’à satiété.

Parallèlement, l’hirondelle laissa son partenaire nourrir les oisillons affamés, contemplant avec curiosité cet humain si semblable à elle et son bébé aux quelques touffes de cheveux noirs. Sous le coup de l’impulsion, elle se mit à chantonner, pour ses petits et pour celui de l’humain. C’est sous le chant d’une hirondelle que le repas se déroula.

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L’hirondelle se réveilla aux rayons du soleil, sentant aussi les petits remuer sous son ventre plumeux. Son mâle était à côté d’elle, se nettoyant les ailes tranquillement. La chaleur avait enfin entamé une baisse, laissant un vent plus rafraîchissant les caresser.

Subitement, un humain passa devant leur nid. Il s’arrêta et fit quelques pas en arrière, une expression d’étonnement sur le visage. Ce n’était pas l’humain de d’habitude. Il avait les cheveux longs, noirs et ses yeux marron les inspectaient avec minutie avant de, tout compte fait, reprendre son chemin. Il devait être le compagnon de l’humain. Ils ne le revirent qu’après que le soleil soit au zénith. Il repassa encore, cette fois-ci plus bruyant. Il semblait converser avec une boîte noire collée à son oreille et se précipitait vers son nid ambulant. L’humain qu’ils connaissaient le suivait, semblant vouloir lui dire quelque chose, ou tout du moins, lui montrer quelque chose car il ne parlait pas mais enchaînait des gestes étranges les uns après les autres.

Le compagnon lui dit autre chose et l’humain aussi. Ainsi découla une dispute entre les deux, le couple d’hirondelles l’entendant depuis leur nid.

L’humain reprochait à son compagnon de ne jamais rentrer à la maison, d’être toujours en affaires de-ci, de-là et de ne pas s’occuper du bébé. Il avait réduit ses horaires pour le petit et il espérait un échange plus juste, que le père et lui prennent soin du bébé à deux, à tour de rôle. Toutefois, ce n’était pas le cas et il se retrouvait souvent seul. Son partenaire tenta de lui expliquer mais abandonna et monta dans la voiture avant de partir.

L’humain se détourna, des larmes coulant abondamment sur le visage. Il s’assit sur les marches, pas loin de la véranda et entoura ses bras autour de sa tête, sanglotant bruyamment.

La femelle quitta le nid, le mâle se mettant sur les oisillons automatiquement, ne leur laissant pas le temps de se plaindre, et voleta jusqu’à la marche. Elle sautilla un peu et pépia, tentant d’attirer l’attention de l’humain. Cela fonctionna, il releva la tête et la tourna dans sa direction. Ses larmes cessèrent en voyant l’oiseau chantonnant et bondissant à proximité de lui. Il se remit à sourire doucement et il hocha la tête comme en guise de remerciement. Il se releva, faisant fuir l’hirondelle vers son nid, et partit.

Dans les jours qui suivirent, l’humain leur apportait toujours de la nourriture et de l’eau, même si les hirondelles préféraient chasser la leur, et venait s’installer avec son bébé sous leur nid. Il le berçait au chant des hirondelles, ce qui permettait de le calmer et de le faire dormir. Cependant, l’humain semblait de plus en plus triste, son sourire disparaissant au fur et à mesure du temps, malgré le mélodieux gazouillis des volatiles. Un jour, il ne vint plus.

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La dernière fois qu’ils le virent, ce fut son petit sous le bras et une sorte de bagage tenue par l’autre main. Il était poursuivi par son compagnon qui tentait de lui dire quelque chose, de le rassurer. Mais il ne l’écouta pas, il plaça le bébé dans son nid noir ambulant, se retourna vers lui, des larmes aux yeux, lui fit quelques gestes puis rentra à son tour dans le nid et partit avec, laissant son partenaire seul.

Dans les jours qui suivirent, il errait comme une âme en peine, ne sachant plus quoi faire. Il souhaitait s’excuser mais il devait d’abord faire le point sur tout ce qu’il avait fait de mal. La femelle souhaita aider l’humain. Elle se mit à gazouiller, attirant l’attention de l’homme sur eux. Elle était sur le dossier du banc alors que son mâle nourrissait les petits. L’homme-compagnon sembla le remarquer et resta quelques minutes à observer cet échange. Quant à la femelle, elle voleta jusqu’au bol de nourriture, prit quelques graines et les ramena à son compagnon afin qu’il puisse se sustenter également. Elle regarda dans la direction de l’homme-partenaire.

Tenter de te faire comprendre qu’il faut faire les choses à deux. On ne réussit jamais seul. Ne laisse pas ton compagnon dans la solitude. Les enfants s’élèvent à deux. Il faut savoir être un bon parent et profiter de tes petits tant que tu peux. L’as-tu compris ?

L’homme sembla percuté par l’évidence même et il partit en courant. Le couple ne le revit pas depuis.

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L’heure du premier vol était presque venue, les oisillons étaient déjà assez gros et grands. Elle gazouilla joyeusement, son compagnon et elle préparés pour le grand moment. Néanmoins, quelque chose interrompit leur festoiement. Au loin se situait le couple d’humains. Ils se rapprochèrent tous les deux près du nid des hirondelles, l’humain s’assit à côté de son partenaire, lui donnant le bébé qui gigotait maladroitement. Le père berça le petit sous le sourire et le regard doux de l’humain. La femelle entama une mélodie, bientôt suivie du mâle et des oisillons, donnant lieu à un concert de gazouillements. L’humain tourna la tête vers eux et leur sourit.

Leur bébé gesticula dans tous les sens brusquement, comme voulant être lâché. Le père se pencha et le déposa sur le sol devant lui, à quelques centimètres d’eux. Le petit babilla des mots incompréhensibles et battit des bras, heureux. Puis, sous l’étonnement de ses parents, il se leva sur ses deux pieds pour la première fois avant de tomber. Il réessaya une deuxième fois, une troisième fois, sans succès. L’homme voulut l’aider mais l’humain lui intima de ne rien faire. Enfin, le bébé humain tenta une nouvelle fois et réussit à tenir sur ses deux jambes, il se retourna, lentement, chancelant, puis marcha vers ses deux parents, les bras tendus, annulant les quelques centimètres qui les séparaient, sous la joie de ses géniteurs, et se laissa tomber sur son derrière, agrippant les jambes de l’homme et de l’humain.

Tout comme le petit humain avait fait ses premiers pas, les oisillons firent leur premier envol. Ils se jetèrent dans le vide les uns après les autres, battant frénétiquement des ailes. Ils finirent par s’élever dans le ciel sous les yeux des deux humains et des hirondelles. Le mâle suivit les petits qui commençaient à partir. La femelle, quant à elle, quitta le nid et voleta jusqu’à l’humain où elle se posa sur son épaule. Elle lui piqua la joue, sous sa plus grande stupeur, amorça son dernier chant et s’envola à tire-d’aile, pépiant sous le soleil chaud et rassurant, leur adressant un adieu irrévocable.

Fin

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*Des piliers tout simplement.

(1)Un mur en béton.

(2)En fait, le texte n’est pas techniquement du point de vue exclusif de l’hirondelle donc certains mots resteront tels quels.

(3)Il est possible d’acheter des mouches et des pucerons. Oui, j’ai vérifié.

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