Nounou Chérie

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Summary

La description ? Tout est dans le titre, je pense. Mais bon, allons y... Hailey Riley, à l'aube d'un changement radical occasionné par la signature d'un contrat de travail à l'étranger, l'appréhension du voyage et des kilomètres qui vont la séparer de son fils l'incite à opter pour une décision qu'elle n'avait jamais envisagée jusque là, décision visant à assurer à son fils une sécurité à peu près identique à celle qu'elle lui a toujours assuré depuis sa naissance : lui trouver une nounou. L'idée ne lui plaît pas, à Hailey comme à son unique petit garçon, mais ils y sont bien obligés, c'est alors que l'apparition d'une nouvelle personne intervient donc dans leur train de vie monotone. Le début se fait mitigé entre le petit fiston timide à sa maman et sa nouvelle nounou, mais la suite à laquelle un nombre de facteurs aussi précis qu'imprevus occasionne leur fait tisser des liens inespérés, dévastateurs, et au sort radical, voire même fatal. Ainsi se résume une rencontre qui change, non, bouleverse plus d'une vie : un contrat, un voyage, une mère, un fils, une nounou, une maison, des surprises, des découvertes, des mystères, des erreurs, des conséquences. Engager une nounou... Il faudrait être naïf(ve) pour penser que ça pourrait se passer bien, non ?

Status
Complete
Chapters
12
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Prologue

« Dani. Elle s'appellait Dani.

— Et vous l'aviez engagée pourquoi déjà, euh... pour qu'elle s'occupe de votre fils pendant que vous vous faisiez un petit trip à Rome, c'est bien ça ?

— C'était pour un boulot super important, d'accord ? J'avais signé un contrat — et le plus gros de toute ma carrière — pour une maison là-bas. C'était sur une coline, la vue était imprenable. On ne pouvait pas y couper.

— Architecte, c'est bien ça ?

— En effet, oui.

— Et votre mari, il est—

— Je ne suis pas mariée.

— Oh. Toutes mes excuses. Alors, le père de votre fils, euh... comment il s'appelle déjà ?

— Otis.

— C'est ça, Otis. Vous ne pouviez pas le laisser avec son père ?

— Pas vraiment, non.

— Pourquoi pas ?

— Parce qu'il est mort. Il y a longtemps.

— Ah... Toutes mes... condoléances. Et... de la famille, de votre côté ?

— Non.

— D'accord, je vois... Alors, permettez-moi de revenir à la base, d'accord ? Vous aviez donc pensé que c'était une bonne idée de laisser votre fils de six ans avec une parfaite inconnue que vous aviez rencontrée sur un site Internet, c'est bien ça ?

— Attendez, pourquoi vous avez l'air de m'accuser ? C'est nous, les victimes dans cette histoire.

— On ne vous accuse de rien du tout, madame ; on essaie juste de comprendre comment une mère affectueuse — comme vous semblez fort l'être — a pu juger... c'est quoi le terme déjà ? Ah oui, accommodant de laisser son petit garçon dans les mains d'une fille quelconque rencontrée sur Internet...

— Dani n'était pas une fille “quelconque” comme vous dites.

— D'accord, vous diriez donc que vous la connaissiez au moment de la rencontrer sur le net ?

— Votre question n'a ni queue ni tête, lieutenant, j'espère que vous vous en rendez compte ?

— Ce dont je me rends surtout compte, c'est que rien dans toute cette histoire ne me semble avoir de queue ni de tête, si vous voulez mon avis...

— Dans ce cas, qu'est-ce que je fous là, je peux savoir ?

— J'en sais rien... Vous estimez n'avoir rien à vous reprocher qui justifierait le fait que vous soyez assise sur cette chaise ?

— Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, que je regrette ce que j'ai fait ? Parce que vous rêvez, là, chers lieutenants...

— Donc vous ne vous remettez pas une seule seconde en question ?

— Pourquoi je ferais ça ?

— J'en sais rien, demandez à votre fils qui est sûrement traumatisé à vie...

— Alors là, lieutenant, je vous déconseille d'aller sur ce terrain, vous m'entendez ? Tout ce que j'ai jamais fait dans ma vie n'a toujours été que dans l'intérêt de mon fils et ça ne changera jamais.

— Quand je vois ce qui s'est passé, et ce qui y a initialement conduit, j'ai personnellement un peu du mal à vous croire...

— Le site Internet était fiable, OK ? Beaucoup de mamans d'élèves me l'avaient recommandé, en plus l'entreprise est très bien réputée.

— L'entreprise... NOUNOU CHERIE ?

— Oui, celle-là même. Ils vérifient les antécédents de tous leurs employés avant de les embaucher, s'ils sont à jour sur leurs vaccinations, s'ils ont une condition de vie stable, un compte bancaire, une assurance sociale, de la famille, des amis... La totale. Je vous assure, c'est plus sécuritaire qu'une garderie.

— On est au courant — on a eu un peu de temps de parcourir leur site Internet... Mais vous auriez pu choisir un baby-sitter mâle ?

— Le seul qui était apparemment encore disponible vantait dans son dossier qu'il était accro aux jeux vidéos et, non seulement ça en faisait une raison suffisante pour moi personnellement de ne pas le choisir, mais Otis n'a jamais été un grand fan de ça, lui non plus.

— Pourquoi vous—

— Et puis, c'est quand même un peu bizarre aussi, un baby-sitter mâle...

— D'accord, on veut bien vous croire, mais ne nous égarons pas non plus à l'essentiel, OK ? Pourquoi vous ne vouliez pas d'un tel profile ?

— Parce que j'ai déjà connu un homme comme ça, qui restait toujours vissé devant sa console sans compter les jours qui passent, ni voir de femme autre part que sur des sites pas très recommandables sur Internet, et si j'ai toujours tout fait, c'est bien dans le but qu'Otis n'ait jamais à lui ressembler. Jamais.

— C'est quoi le rapport ? Ils avaient... des liens de parenté, tous les deux ?

— Euh... oui, c'est son père.

— "C'est" ? Je croyais qu'il était mort ?

— Pour Otis, il l'est — et aussi longtemps que je serai en vie, je m'assurerai à ce qu'il le reste. Mais en fait, il purge une peine de vingt ans de prison.

— Pourquoi ?

— Pour viol. Parce que, voyez-vous messieurs, la première chose que ce salaud avait pensé à faire en sortant pour une fois prendre l'air, c'était de poursuivre dans le parc une pauvre joggeuse aux oreilles plongés dans la musique et la... violer.

— Je crois avoir déjà entendu parler de cette affaire, à mes débuts de service il y a environ sept ans... Il l'avait apparemment non seulement frappée et torturée, mais la joggeuse en était également tombée enceinte, à ce qu'on avait raconté...

— Ouais... C'est la nuit où Otis avait été conçu. »

Pleine de chagrin, pleine de tristesse. Elle ne se serait jamais doutée que d'un simple acte protecteur visant à épargner son fils, tout son passé s'inviterait à table pour lui faire revivre les circonstances de sa conception — et l'époque la plus douloureuse de toute sa vie. Un passé plein de blessures à peine cicatrisées, un passé qu'elle croyait avoir déjà réussi à fuir. Mais, heureusement pour elle, les deux lieutenants de police en costume-cravate lui faisant face semblèrent avoir compris l'ampleur de son chagrin et bien disposés à clore ce chapitre pour passer à autre chose. Ce n'était même pas ce qui les intéressait dans tout ceci, en fait.

« Il y a apparemment des caméras partout dans votre maison ?

— Oui. Au départ, il y en avait que dans la cuisine et la chambre d'Otis. Mais après, euh... le premier incident, j'en avais commandé d'autres pour les truffer dans toute la maison, mais je n'ai jamais été livrée jusqu'à présent.

— Beaucoup de cambriolages dans votre quartier ?

— Non, notre rue à toujours été tranquille — on a un flic comme voisin.

— Alors pourquoi autant de mesure de sécurité ?

— Pour Otis. Il est somnambule, mon poussin. Et puis... je voulais rester au courant de tout ce qui se passe. D'être avertie si jamais elle recommençait. Si jamais Dani recommençait.

— Mais elle les avait toutes bousillées avant sa... perte, c'est bien ça ?

— Oui, quand elle les avait découvertes, je suppose. Mais, comme je l'ai dit aux autres agents, je n'avais pas fait de sauvegarde d'image dans un disque dur, mon téléphone ou où que ce soit ; je regardais tout en temps réel.

— Alors racontez-nous tout ! De A à Z. Que s'est-il passé dans votre maison, madame Riley ? »