Nos Âmes Entrelacées

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Summary

Hannah commence sa première année de lycée, prête à embrasser une nouvelle étape de sa vie. Tout bascule lorsqu’elle fait la connaissance des frères Gallagher : Jack et Finn. Jack est attentionné, bienveillant et toujours là pour apporter son soutien, tandis que Finn est son opposé — arrogant, têtu et parfois cruel. Finn semble prendre un malin plaisir à provoquer Hannah et à la pousser dans ses retranchements, alors que Jack, de son côté, tente sans cesse de rattraper les dégâts causés par son frère. Entre les provocations de Finn et le réconfort de Jack, Hannah se retrouve prise dans un tourbillon d’émotions contradictoires. Mais ce n’est pas tout. Elle découvre aussi que son père, Thomas, et son oncle Maxime cachent un secret qui remet en question tout ce qu’elle croyait savoir. Quand la vérité éclate, c’est comme si le sol se dérobait sous ses pieds, la plongeant dans des ténèbres insoupçonnées. Finn, d’une manière inattendue, devient son soutien, et ensemble, ils devront affronter les mensonges et la trahison. Hannah devra apprendre à se reconstruire, à accepter la vérité, et à s’ouvrir aux autres, malgré la douleur et les secrets révélés.

Genre
Romance
Author
dbjessica
Status
Complete
Chapters
40
Rating
5.0 4 reviews
Age Rating
16+

✰ 1 ✰ Hannah ✰

Je me balance au rythme de la musique, les yeux fermés, et je lâche prise. Pour une fois, rien d’autre ne compte. Ni le regard des autres, ni mes propres peurs. Tout disparaît, s’efface dans l’obscurité de cette salle pleine à craquer. C’est incroyable comme la danse peut être libératrice. Comme si tout ce qui m’encombrait, tout ce qui me retenait prisonnière de moi-même, se dissipait en une fraction de seconde, désormais lointain et insignifiant.

Mais même en me perdant dans la musique, je n’arrive jamais à m’éloigner totalement de lui. Jonas O’Connor. Ses traits envahissent mes pensées comme une image gravée à même la peau. Ses yeux gris, cette façon qu’il a de toujours paraître sûr de lui, insensible. Lui, ce type à l’aura magnétique, presque irréel dans son intouchable perfection. Et moi, toujours invisible à ses yeux, dans la foule, tel un élément décoratif que personne ne remarque.

— Tu sais que l’homme de nos rêves vient d’arriver, lance soudain Shana à côté de moi, brisant mon instant de quiétude.

J’avais presque oublié qu’elle était là, à mes côtés. À l’évocation de sa présence, mon cœur s’emballe, tambourinant contre ma poitrine comme un oiseau captivé par sa cage. Instantanément, mes paupières se soulèvent et mes yeux cherchent désespérément dans la foule.

La salle est bondée, les voix et les rires se mêlent dans un tourbillon de sons, mais le trouver est presque instinctif. Il est là, au milieu de tout le monde, comme toujours. Imposant, magnétique, tel un point fixe auquel tous les regards convergent. C’est comme s’il attirait la lumière à lui seul. Ses cheveux bruns parfaitement coiffés, ce sourire confiant. Rien que sa présence me fait ressentir une chaleur diffuse dans tout le corps. Une sensation qui m’embarrasse mais que je n’arrive pas à étouffer.

Sans réfléchir, Shana m’attrape la main, son sourire malicieux accroché aux lèvres. Je sais que la suivre est une erreur, et pourtant je la laisse m’entraîner. Avec Shana, c’est toujours comme ça. Elle fonce tête baissée, sans peur, ni crainte. Elle n’est pas du genre à plier devant les autres où à ralentir.

Notre course s’arrête brutalement devant Jonas, et c’est comme si le monde avait décidé de faire une pause juste pour observer ce qui allait se passer. Mon cœur bat à tout rompre, et mes joues s’enflamment comme si j’avais commis un crime passionnel. Shana, toujours avec son air de défi, sourit, totalement indifférente aux lois de la décence publique. Elle se penche légèrement, comme si le reste de l’univers n’existait pas, et lâche d’une voix parfaitement sereine :

— Salut ! Ma copine et moi nous demandions si un plan à trois t’intéresserait ?

Sérieusement, elle a vraiment dit ça ?!

Mon esprit essaie de digérer l’absurdité de la situation, mais rien ne se passe. Je regarde Jonas, espérant qu’il ne se mette pas à rire ou pire, qu’il prenne ça au sérieux. Ses yeux s’écarquillent, cherchant un démenti dans les miens, mais je suis aussi choquée que lui. Autour de nous, le monde continue de tourner, les gens parlent, rient, complètement inconscients de l’énorme bombe que Shana vient de lâcher.

Je veux disparaître, me fondre dans la foule. Une panique froide s’empare de moi, et sans réfléchir, je vole le verre d’une fille qui passe près de moi. Je le vide d’une traite, espérant que l’alcool atténuera la vague d’embarras qui m’envahit. La fille me lance un regard noir, marmonne des insultes, mais à côté du chaos intérieur que je ressens, ce n’est rien.

Shana est complètement cinglée. Depuis quand lance-t-elle des propositions de plan à trois à la volée, surtout quand on sait toutes les deux qu’on n’a encore jamais franchi ce cap ? Mes pensées tourbillonnent, mélange de colère et d’incrédulité, alors que je tente désespérément de reprendre mon souffle et de comprendre comment nous avons pu en arriver là. Je savais que j’allais le regretter, mais je ne pensais pas qu’elle irait jusque-là.

À peine Jonas commence-t-il à réaliser l’énormité de la proposition de Shana que la porte d’entrée claque violemment, comme si le monde entier avait décidé de nous tomber dessus en un instant. Je n’ai même pas le temps de comprendre ce qui se passe qu’un type surgit tel un ouragan, traversant la pièce avec une détermination implacable. Avant que je puisse cligner des yeux, son poing s’écrase avec une précision brutale sur le visage de Jonas, émettant un son sourd et choquant.

C’est le chaos total. Jonas titube sous l’impact, et l’air semble s’emplir de tension électrique, chaque personne dans la pièce figée dans une stupeur incrédule. Mon cœur s’emballe, une adrénaline froide parcourant mes veines alors que je regarde cette scène se dérouler au ralenti.

Mon premier réflexe est de lâcher un juron sonore qui fend l’air, avant de me précipiter vers Jonas. Il est en train de pisser le sang, et je me mords la lèvre en voyant l’état de son visage. Merde, le coup n’a pas été donné à la légère. Je suis quasiment certaine que son nez est fracturé.

Je pivote brusquement, les muscles tendus par la colère, prête à affronter ce connard arrogant qui a frappé. Ma question sur sa santé mentale est sur le bout de ma langue, mais tout s’arrête lorsque nos regards se croisent.

Ses yeux noirs, profonds et intenses, captent les miens. C’est comme si le temps se suspendait, chaque son, chaque mouvement se faisant lointain. Une chaleur inattendue m’envahit, et je reste figée sur place, incapable de détourner les yeux. Mon cœur s’emballe, et je me demande si c’est la peur, la colère, ou quelque chose de bien plus déroutant.

— La prochaine fois que tu t’approches d’elle, je te détruirai ! lance soudainement le type séduisant, sa voix tranchante comme une lame. Et crois-moi, ce ne sera pas beau à voir.

— Elle est assez grande pour savoir ce qu’elle veut, réplique Jonas avec une détermination farouche.

— Pas quand il s’agit d’amour ! répond l’autre avec un mépris glacial. Laisse-la tranquille.

Il tourne les talons, prêt à s’éloigner, mais Jonas, dans un élan impulsif, bondit et l’attrape par derrière, le jetant au sol. Mon cœur se serre en voyant ça. C’est un coup bas, un geste qui me déçoit profondément. Mon père m’a toujours dit qu’il fallait affronter ses ennemis de face. Jamais par derrière. Voir Jonas agir ainsi me déstabilise, et il perd soudain de l’éclat à mes yeux.

Avant même que l’inconnu ait une chance de se relever, je vois Jonas faire un signe discret à ses acolytes. Mon cœur se serre, je n’en crois pas mes yeux. Deux autres types surgissent, et comme des lâches, ils s’acharnent sur l’homme au sol, envoyant chacun leur tour des coups de pied. La scène se déroule sous mes yeux, un tourbillon de violence insensée.

Je suis sidérée, clouée sur place par l’horreur de la situation. Comment peuvent-ils se comporter ainsi, sans une once de honte ? Chaque coup porté résonne en moi, comme si c’était mon propre corps qui encaissait ces brutalités. Une part de moi hurle de rage, une autre pleure de désespoir face à cette perte totale de dignité humaine.

— Arrêtez ! je crie, mais ma voix se perd dans le tumulte ambiant.

La musique tonne, les acclamations de “Allez Jonas” fusent, et chaque coup porté résonne lourdement dans la pièce. Personne ne m’entend, et je me sens désespérément impuissante.

L’homme qu’ils ont pris pour cible tente désespérément de se relever, mais ses efforts sont vains. Son corps s’effondre à nouveau lorsque Jonas frappe avec précision derrière ses genoux, le réduisant au sol. Tout s’accélère ensuite, les deux autres l’attrapent par les bras, le soulèvent à moitié, et Jonas continue ses assauts, implacable.

— Personne ici ne va bouger ? je demande à mon voisin, lui aussi figé par la scène.

— On dirait bien qu’on est les seuls à avoir gardé un peu de bon sens, réplique-t-il en avalant une gorgée de son verre. Puis, sans crier gare, il me tend le verre vide. Prends ça.

Je saisis le verre, intriguée par ses intentions. Mon sourcil se hausse légèrement, cherchant à deviner son plan dans cette situation chaotique.

— Y a les keufs ! hurle-t-il soudainement, et c’est comme si le monde s’arrêtait de tourner.

C’est magique. En un instant, tout s’arrête. La musique, les cris, les coups. La panique s’installe, et les membres de l’équipe de rugby s’éparpillent comme des rats quittant un navire. Jonas en tête. Les autres s’éclipsent dans toutes les directions, essayant désespérément d’éviter les ennuis. Je reste là, le verre toujours en main, observant cette scène surréaliste se dérouler autour de moi. Le chaos laisse place à un silence étrange, et je sens une vague de soulagement m’envahir.

— Merci, je souffle à l’inconnu.

Il hausse les épaules, comme si ce qu’il venait de faire était insignifiant.

— Ce n’était pas pour toi, ni pour lui, dit-il en indiquant l’homme au sol. C’était pour mon salon.

Oh, merde, cette maison est la sienne ?

— Eh oui, confirme-t-il, comme s’il avait deviné mes pensées. Ma sœur pense qu’elle peut faire ce qu’elle veut quand nos parents ne sont pas là.

Il tend une main à l’inconnu, l’aidant à se relever.

— Eh bien, reprend-il en inspectant le visage tuméfié de l’inconnu. Ils t’ont vraiment amoché.

L’inconnu le foudroie du regard en essuyant le sang qui coule de son nez d’un revers de la main, un éclat de colère froide dans les yeux. Génial, il a vraiment l’air aimable, ce gars. Un simple "merci" ne l’aurait sûrement pas tué, mais apparemment, on ne peut pas tous être dotés de la même éducation.

— Tu peux aller te nettoyer dans la salle de bain, ce serait vraiment cool. J’aimerais éviter que tu ne taches le tapis.

L’inconnu lance un dernier regard assassin avant de tourner les talons. L’atmosphère dans la pièce devient étrangement calme, comme si le chaos qui venait de se dérouler n’était qu’une illusion.

Alors que l’inconnu s’éloigne vers la salle de bain, une question ne cesse de me tourmenter : pourquoi s’en est-il pris à Jonas ? Pourquoi cette rage, cette violence soudaine ? D’après les mots échangés entre eux, il semblerait qu’une fille soit à l’origine de cette histoire. Je ne peux m’empêcher de me demander de qui il s’agit, et quel genre de lien les unissait pour que tout dégénère ainsi. Mais c’est toujours la même chose avec les hommes. Leur orgueil, une fois blessé, les pousse à croire que la violence peut réparer l’invisible. Mais ils se trompent lourdement. La violence n’a jamais été la solution, elle ne fait qu’amplifier les fractures invisibles et en créer de nouvelles.

— Tu peux aller voir comment Finn s’en sort là-haut ? me demande le type en ramassant les verres éparpillés au sol.

— Tu le connais ? je m’étonne, surprise par sa sollicitude.

— Pas vraiment, dit-il en haussant les épaules, un sourire en coin qui trahit une certaine complicité. Disons qu’on se croise souvent au lycée, suffisamment pour savoir de quoi il est capable.

Il se tait un instant, pose délicatement les verres sur la table, puis se tourne vers moi avec un sourire discret.

— Jack, se présente-t-il, comme un vrai gentleman.

Je ne peux m’empêcher de le fixer, mi-amusée par sa manière de faire, mi-surprise. Son allure attire l’attention : blond, aux yeux d’un bleu éclatant, il me dépasse d’une bonne tête. Il a ce genre de carrure qui trahit des heures passées à la salle de sport.

— Hannah, avec deux h, dis-je, un sourire étirant mes lèvres.

— Je sais, Hannah avec deux h, dit-il en me rendant mon sourire, son regard pétillant d’une lueur malicieuse. Hannah Johnson, si je ne me trompe pas ?

Je suis à la fois intriguée par cet échange inattendu et curieuse de connaître l’histoire de ce Jack, qui semble cacher bien plus que ce qu’il ne montre. Chaque instant passé avec lui éveille une curiosité nouvelle, et je me demande ce qui se cache derrière ses yeux rieurs.

— Est-ce que c’est juste une impression, ou tu as carrément une encyclopédie sur tout le monde au lycée ? je demande, mi-amusée, mi-intriguée par sa manie de tout savoir sur tout le monde.

— Disons simplement que je suis naturellement curieux.

— Hé, crie le gars d’en haut. Ta salle de bain, elle est où ?

— Troisième porte à gauche, répond Jack. Puis, se tournant vers moi, il ajoute avec un sourire en coin : Je pense que tu devrais monter l’aider. Je doute qu’il pense à désinfecter ses plaies.

Je l’observe alors qu’il ramasse les verres sur la table, les jetant dans un grand sac poubelle. Il y a chez lui une aisance, un calme que je trouve fascinant. Je suis souvent sur mes gardes avec les gens, toujours un peu méfiante. Pourtant, je dois reconnaître que Jack dégage quelque chose de rassurant. Il y a quelque chose dans son sourire, dans la façon dont il me regarde, qui me met en confiance malgré moi.

Je monte finalement les marches, chaque pas résonnant avec une certaine appréhension, et entre dans la salle de bain où Finn se trouve. Dès que j’entre, je m’arrête net, mon cœur battant à tout rompre, incapable de détacher mon regard de lui. Bon sang, il est encore plus séduisant que je ne l’avais imaginé.

Sa chemise est posée de côté, et son torse, couvert d’encre noire, capte immédiatement mon attention. Chaque tatouage semble raconter une histoire, et je me sens irrésistiblement attirée à en connaître chaque détail. Mon regard se perd sur les lignes et les formes, cherchant à déchiffrer les secrets qu’elles renferment. Cette découverte est une invitation directe à ma curiosité, une énigme visuelle que je suis impatiente de résoudre.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? me demande Finn, brisant le fil de ma contemplation.

— Oh, euh… je…

Les mots s’embrouillent, se percutent, et je me mets à bafouiller maladroitement, sentant la chaleur irradier mes joues. Finn, visiblement amusé par ma confusion, esquisse un sourire, un de ces sourires doux mais terriblement désarmants. Une vague de honte m’envahit, me submerge presque, comme si chaque pensée cachée avait été exposée à la lumière crue de son regard. Mon cœur tambourine violemment, et soudain, je suis pleinement consciente de sa proximité, du poids de son regard perçant qui semble lire en moi comme dans un livre ouvert.

Je reste figée une seconde, mon esprit encore embrouillé par sa proximité, avant de prendre une profonde inspiration et de m’avancer pour attraper le coton qu’il tient. Nos mains se frôlent, et c’est comme une décharge électrique, un frisson qui traverse mon corps, un contact qui semble trop intense pour être anodin. Mon cœur s’emballe, et je ne peux m’empêcher de me demander s’il a ressenti la même chose, comme si nos corps parlaient un langage silencieux, une connexion qui échappe à toute logique.

— Tu sais que je suis assez grand pour le faire moi-même, non ? lance-t-il avec ce sourire en coin qui semble toujours vouloir me défier, m’inviter à franchir une limite invisible.

— Je le sais, mais…

La vérité, c’est que l’idée de toucher ne serait-ce qu’une infime partie de sa peau est terriblement tentante à cet instant précis. Mon esprit est embrouillé, partagé entre raison et désir, et je reste silencieuse, perdue dans cette dualité.

— Ma présence te perturbe à ce point ?

Il se moque doucement, amusé par ma réaction qui doit être beaucoup trop évidente. Je suis partagée entre l’agacement et une curiosité persistante face à ce mélange déconcertant d’assurance et de provocation.

Alors, je cède à cette envie irrépressible. Mes doigts tremblants effleurent ses abdos, contournant prudemment la blessure qui marque encore sa peau, souvenir du coup de Jonas. La chaleur de sa peau contre la mienne est presque envoûtante, comme si ce simple contact pouvait tout effacer. Finn laisse échapper un râle de douleur, un son rauque qui me fait sursauter. Je retire ma main précipitamment, le cœur lourd de regret, mon esprit partagé entre la crainte de lui avoir fait mal et l’envie égoïste de prolonger ce moment.

Contre toute attente, Finn attrape doucement ma main, ses yeux ancrés dans les miens, et y dépose un baiser, un geste à la fois tendre et déstabilisant. Une tendresse inattendue qui me coupe le souffle, qui brouille tout ce que je pensais savoir de lui. Puis, lentement, il guide ma main jusqu’à sa poitrine, là où je sens les battements réguliers de son cœur sous ma paume, un rythme apaisant, profondément intime.

Je suis totalement prise au dépourvu par ce geste d’une intensité troublante, et c’est comme si le temps s’arrêtait. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il répond au sien, chaque battement créant une mélodie synchronisée entre nous. Une chaleur douce, presque insupportablement intense, se propage dans tout mon corps, me laissant incapable de penser clairement. Je suis envahie par une vague d’émotions contradictoires — la surprise, le désir, et cette connexion électrique qui semble réduire le monde à ce moment précis, juste lui et moi.

Je frémis, chaque détail devient plus vif. Le contact brûlant de sa peau contre la mienne, la profondeur de son regard qui me parle sans prononcer un mot. Tout mon être est en émoi, comme pris dans une danse entre vulnérabilité et émerveillement, une sensation qui me laisse à la fois troublée et comblée.

Mon doigt glisse doucement sur sa peau, suivant le tracé des tatouages sombres qui s’étendent comme une toile mystérieuse. Je descends lentement, presque hypnotisée, jusqu’à effleurer l’élastique de son jean noir. Je suis prise dans un tourbillon de sensations, incapable de discerner si je veux ou même si je peux m’arrêter. Chaque fibre de mon être est attirée vers lui, comme un aimant inéluctable.

Et puis, soudain, ses lèvres se pressent contre les miennes dans un élan de pure spontanéité. Tout disparaît autour de nous, le monde entier se dissout pour ne laisser place qu’à cet instant, figé dans une bulle d’intensité brûlante. C’est comme si le passé, le présent et le futur n’existaient plus, comme si la seule réalité était la chaleur de ce baiser, la douceur inespérée de ce contact. Mon cœur bat à tout rompre, chaque pulsation me liant un peu plus à lui. Je me perds dans cette danse silencieuse, où chaque souffle, chaque pression, semble être une promesse secrète, résonnant profondément en moi.

Aussi délicatement que ses lèvres ont rencontré les miennes, il se retire lentement, me laissant à la fois troublée et captivée par l’instant. Ses yeux se plongent dans les miens avec intensité, créant un lien silencieux mais puissant entre nous. Le silence s’étire, chargé d’une tension que je n’ose rompre, jusqu’à ce qu’il le fasse lui-même avec une question qui me prend par surprise :

— Ta soif de désir est étanchée ou tu en veux plus ? murmure-t-il, et je sens mes pieds redescendre brusquement sur terre, quittant ce nuage éphémère sur lequel il m’avait emportée.

— Excuse-moi ? je rétorque, incertaine d’avoir bien saisi le sens de ses mots, mon cœur battant encore à tout rompre.

— Je ne suis pas bien regardant, tu sais.

Pas bien regardant ?! Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ? Sa voix dégouline d’une assurance glaciale, et je sens un frisson me parcourir l’échine. Il défait sa ceinture avec une nonchalance insupportable, ses mots flottant dans l’air, lourds de sous-entendus. Pourtant, mon cœur s’emballe, un mélange de peur et de colère bouillonnant en moi. J’hésite entre prendre la fuite ou me défendre, mais l’évidence s’impose.

— Je peux t’offrir la nuit de tes rêves, dit-il avec une certitude insupportable, et c’est la goutte de trop.

Mon poing se serre instinctivement, et avant même que je ne puisse réfléchir, il s’abat sur son visage avec une force que je ne me connaissais pas. C’est un acte impulsif, mais nécessaire, pour briser cette arrogance insupportable.

— Putain, mais t’es folle ! hurle-t-il, ses mains couvrant son œil gauche, la surprise mêlée à la douleur dans son cri.

— Il se passe quoi ici ? intervient Jack en entrant en trombe dans la salle de bain.

Il nous dévisage tour à tour, mais aucun de nous deux réponds, trop occupé à nous foudroyer du regard.

— Putain, Finn, qu’est-ce que t’a encore foutu ? enchaine Jack.

Encore ? Comment ça, encore ? Je croyais qu’il ne le connaissait pas. Mon esprit s’embrouille. Jack a menti, il connaît Finn bien plus qu’il ne me l’a laissé croire. Mon regard se pose sur Jack, essayant de déchiffrer son expression, de trouver des indices sur ce qu’il sait vraiment.

— Va te faire foutre, putain ! crie Finn en détournant le regard, son visage une mosaïque de colère et de défi dirigée vers Jack.

— Toi, va te faire foutre, connard !

Jack tourne les talons comme pour partir, mais se ravise au dernier moment, pivotant sur lui-même pour lancer une dernière pique à Finn :

— Juste pour info, maman sait que t’es là.

Mon cœur rate un battement. Finn et Jack... frères ? L’idée me frappe comme un train lancé à pleine vitesse. Frères ? Ça n’a aucun sens.

— T’es vraiment un putain de traître ! hurle Finn, la rage bouillonnant dans sa voix, son regard sombre rivé sur le dos de Jack qui s’éloigne dans le couloir, comme s’il pouvait le brûler de son seul regard.

— Et moi, je regrette d’avoir un jumeau aussi con que toi !

Jumeaux ?!

Je n’arrive pas à y croire. Mon esprit s’embrouille, incapable d’accepter l’évidence. Comment est-ce possible ?

Jack et Finn...

Ils sont tellement différents, c’est presque absurde. Jack, toujours si impeccable, avec ses cheveux blonds en bataille, son sourire parfait, et cette aisance naturelle qui attire tout le monde à lui. L’image même du garçon parfait, de celui qu’on admire sans même le connaître. Et Finn... Finn, c’est tout l’opposé. Ses cheveux noirs, son regard gris-bleu qui semble percer chaque défense, et ces tatouages qui crient tout ce qu’il ne dit pas.

Jack est la lumière éclatante, rassurante, tandis que Finn est l’obscurité. Deux extrêmes, deux pôles qui ne devraient jamais se toucher, et pourtant, ils partagent le même sang, la même date de naissance. C’est déstabilisant, presque effrayant de les imaginer liés de cette façon. Deux faces d’une même pièce, et je ne sais pas laquelle m’attire ou me repousse le plus.

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