L'Amour Interdit

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Summary

Je m'appelle Liana, et ma vie n'a jamais été simple. Enfant, j'ai été sauvée de justesse par un homme, un criminel, qui m'a arrachée à une existence que je ne connaissais que trop peu. Il m'a élevée comme sa propre fille, me protégeant et me donnant une nouvelle chance loin de mes véritables parents. J'ai grandi dans un monde où les règles sont différentes, où la violence et la loyauté règnent en maîtres. Pourtant, malgré l'obscurité de cet univers, mon père adoptif a tout fait pour nous protéger, sa fille biologique et moi, de ses dangers. Les années ont passé, et mes sentiments ont pris un tournant inattendu. Je suis tombée amoureuse de mon frère. Pas de sang, mais celui qui a toujours été là pour moi, celui qui me comprenait, qui me guidait et me protégeait. Mais quand je lui ai révélé mes sentiments, il m'a rejetée. Comme si ce que je ressentais n'avait aucune importance, comme si je n'étais rien à ses yeux. Puis, tout s'est écroulé. Celui qui m'avait élevée est mort, et avec lui, tout ce qui me restait de stabilité. Je me suis retrouvée seule, brisée, sans aucun repère. Alors, j'ai pris une décision : je n'ai plus rien à perdre. Si je ne peux pas avoir l'amour de celui que j'aime, alors je me consacrerai à une autre cause. Je traquerai ceux qui ont tué mes parents biologiques et mon père adoptif. Je les ferai souffrir comme ils m'ont fait souffrir.

Status
Complete
Chapters
49
Rating
4.9 20 reviews
Age Rating
18+

1 LIANA 01

Avertissement : Interdit au moins de 18 ans, car des scènes violentes

Bonne lecture !



Liana,

Je m’appelle Liana Ravelli, et dans quelques jours, je fêterai mes 18 ans. Aujourd’hui, nous enterrons Frédéric Valencon.

À mes côtés se tiennent ses enfants, Valentine et Enzo, leurs visages ravagés par la douleur. Il y a à peine un an, nous enterrions celle qui fut notre mère a tous les trois, Emilia. Certains disent que Frédéric est mort de chagrin, que son cœur n’a pas supporté la perte de l’amour de sa vie. Mais la vérité est bien plus sombre : il a été assassiné... par la famille de sa seconde épouse, les Morellini.

La guerre entre nos clans dure depuis des décennies. Un cycle de violence, de sang et de vengeance qui semble sans fin. Mais je sais une chose : je vengerai sa mort. Un jour.

Rien ne pourra éteindre la détermination qui brûle en moi.

Alors que la pluie fine tombe sur les pierres grises du cimetière, elle se mêle à mes larmes. Une pluie glaciale qui semble laver les dernières traces de sa vie, mais elle ne pourra jamais effacer l’injustice qui a été commise.


Flash-back


J’avais six ans, et je vivais encore dans l’insouciance de l’enfance. Ce jour-là, je jouais tranquillement avec mon grand frère Paulo dans notre salle de jeux, nous étions en pleine partie de jeux vidéo et comme souvent mon frère trichait et me faisait rager de colère.

Tout était paisible, jusqu’à ce que ma mère fasse irruption comme un boulet de canon. Son visage était déformé par la panique.

— Dépêchez-vous, les enfants, il faut partir !

Ses larmes coulaient sans retenue. Alors que nous nous levions précipitamment, j’ai vu l’horreur se dérouler devant moi : un coup sec, brutal. Ma mère s’effondra au sol, un filet de sang s’écoulant de sa tête. Ses yeux se sont accrochés aux miens, figés dans une dernière supplication. Je voulais crier, mais ma voix s’était étranglée dans ma gorge. C’est Paulo qui m’a pris la main et m’a tirée hors de la pièce, mais déjà, le chaos nous rattrapait.

Je me souviens des bruits lourds de pas, des éclats de voix brutaux. Puis l’horreur ultime : Paulo, mon frère de 13 ans, fut saisi, et sans un mot, l’homme couvert de tatouages, d’un geste froid, lui trancha la gorge.

— Il faut économiser les balles ! hurla-t-il en éclatant de rire.

Je me suis pissé dessus de terreur. Mon corps tremblait si fort que je ne pouvais plus bouger. Je savais que c’était mon tour. Je le sentais. La mort était tout près. Mais quelque chose, une impulsion viscérale, m’a fait bouger. J’ai couru. J’ai sauté par-dessus le corps de ma mère, les larmes brouillant ma vue, l’air étouffant mes cris de terreur. Mes jambes m’entraînaient à une vitesse folle, sans savoir où j’allais.

Alors que je fuyais, je percutai de plein fouet un homme. La violence de l’impact me fit basculer en arrière, mais avant que je ne touche le sol, il m’attrapa d’une poigne ferme. Il me souleva, me plaçant derrière lui, comme un bouclier vivant.

— Touche pas à la gamine. Sa voix, grave et posée, tranchait avec la brutalité ambiante.

Le tatoué, celui qui avait égorgé mon frère, s’arrêta net. Son regard se durcit.

— Tu te fous de moi ? T’as pas ton mot à dire, cette môme est à moi et je vais la conduire direct auprès de ses parents !

L’homme qui m’avait interceptée ne cilla pas. Il était imposant, beaucoup plus grand que le tatoué, et son visage dur était barré par une cicatrice profonde. Il me faisait encore plus peurs, je regardait autour de moi pour savoir ou je pourrais fuir, mais il y avait deux hommes, un de chaque coté de moi qui me regardait tout en surveillant la scène.

— Ça va pas se passer comme ça. Ses mots étaient calmes, mais lourds de menace. Il fit un pas en avant, et le tatoué hésita. — Recule avant que je ne t’apprenne le respect à coups de poing.

Un silence pesant tomba entre eux. Pendant une seconde, je crus que l’autre allait attaquer, mais il se contenta de cracher par terre avant de lâcher :

— Tu le regretteras. ca devait pas finir comme ca, je devais la butter !

— C’est une gamine, me dit pas que tu as peur d’une gamine ?

L’homme a la balafre éclata de rire et le tatoué devint rouge de colère et me regarda, il tenait dans sa main le couteau qui avait servit a égorgé mon frère, il le porta a ses lèvres et le lécha tout en plongeant son regard dans le mien.

— Bientôt, c’est ton sang que je boirai, fillette. Ne crois pas que je te laisserai en paix.

— Et toi, ne pense pas que je te laisserai en vie si tu touches un seul de ses cheveux.

Le tatoué soupira, grogna et fit demi-tour pour disparaître dans l’obscurité de la maison.

Je tremblais encore, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Je pleurais, incapable de m’arrêter.

L’homme se tourna vers moi. Ses yeux, plus doux maintenant, parcouraient mon visage avec une attention inattendue.

— On doit sortir d’ici, dit-il en me soulevant à nouveau dans ses bras. Je vais te protéger.

Je le vis faire la grimace et s’exclamer à l’un de ses hommes :

— Bordel, elle s’est pissée dessus !

L’autre homme rit, il était beaucoup plus jeune.

Nous passâmes devant le corps de ma mère et il me grogna dans l’oreille :

— Ferme les yeux, fillette.

Je ne l’écoutais pas, j’étais terrorisée.

— Ferme les yeux, je t’ai dit !

Sa voix ferme me fit trembler de nouveau et j’obéis.

Il me serra contre lui dans la voiture, sans un mot, et mon cœur battait à tout rompre. J’avais peur, tellement peur. Ses bras étaient forts, presque étouffants, et je ne savais pas si je devais m’en sentir protégée ou terrifiée. Je voulais ma mère, mon père, mon frère. Je savais pourtant qu’ils étaient morts, mais une partie de moi, désespérée, espérait encore me réveiller de ce cauchemar.

L’homme sortit un téléphone de sa poche et passa un appel.

— Emilia... l’affaire est réglée, mais... Mathieu a perdu la tête. Il ne s’est pas seulement vengé sur le père, il a tué sa femme et leur fils... j’ai réussi à sauver la gamine.

Il tourna la tête vers moi, fronça les sourcils, ce qui me fit éclater en sanglots encore plus forts. Ses yeux sombres étaient si intimidants que j’avais l’impression de disparaître sous son regard.

— Oui, c’est bien ce que tu entends... continua-t-il, toujours au téléphone. Je ne savais même pas qu’il avait des enfants !

Il se pencha légèrement vers moi, ses yeux cherchant les miens.

— T’as quel âge ? Allez, réponds au lieu de pleurer !

Ma voix tremblait alors que je marmonnais, presque inaudible :

— Six...

Il soupira profondément.

— Elle dit avoir six ans. Ça doit être ça... Il se mit à rire, un rire froid qui me glaça le sang. Elle s’est pissée dessus, la pauvre. Et là, elle est sur mes genoux... On arrive dans une heure. Je t’aime.

Il raccrocha et me fixa de nouveau, son regard plus doux cette fois, mais toujours pénétrant.

— Arrête de pleurer, tu es en sécurité avec moi.

Je balbutiai, incapable de contenir ma détresse :

— Maman...

Son visage s’assombrit, et il lâcha un soupir plus profond.

— Désolé, petit cœur, mais ta maman... elle n’est plus de ce monde. Sa voix était dure mais pas cruelle. Et ton frère... je suis désolé aussi. Rien de tout ça n’aurait dû se passer comme ça. Seulement ton père devait payer, ni ta mère ni ton frère ne devaient mourir. Et même ton père, on devait juste lui faire peur.

Il me parlait comme si j’étais une adulte, comme si je pouvais comprendre toute cette horreur. Ses mots résonnaient dans ma tête, mais je refusais de les accepter. Il sortit un mouchoir en tissu de sa poche, plié en quatre, et l’ouvrit avec soin avant de m’essuyer le visage trempé de larmes.

— Tu as soif ? demanda-t-il d’une voix plus douce.

Je ne répondis pas. La terreur me paralysait, mes pensées se bousculaient, et je n’arrivais plus à formuler la moindre parole. Il dut le voir, car il me tira contre lui, me serrant un peu plus. Je pouvais sentir son souffle contre mes cheveux.

— Dors un peu, murmura-t-il. Quand on arrivera, tu prendras un bon bain et tu mangeras quelque chose. Tout ira mieux, tu verras.

Mais je ne pouvais pas croire à ses paroles réconfortantes. Rien ne serait plus jamais “mieux”. Je restais collée contre lui, la tête posée sur son torse. C’était étrange, j’entendais son cœur battre, et ça m’étonnait. Pour moi, il ne pouvait pas avoir de cœur, pas un homme si effrayant.

À côté de lui, un jeune homme était assis. Il avait l’air plus jeune, peut-être à peine plus vieux que mon frère, avec un visage un peu souriant, mais ça ne me rassurait pas. En fait, il me faisait presque aussi peur que le grand homme. Il tendit la main et caressa doucement ma joue, mais je ne voulais pas de son contact, alors je tournai la tête de l’autre côté, en essayant de l’ignorer.

— Arrête de l’embêter, gronda l’homme qui me tenait.

Le jeune homme sourit encore plus, l’air malicieux.

— Mais elle avait une mèche rebelle, répondit il en haussant les épaules.

— Je t’ai dit d’arrêter de l’embêter. Sa voix était plus ferme, autoritaire.

Le jeune homme, Enzo, continuait de me fixer, son regard joueur ne me quittant pas une seconde. Il tendit la main, cette fois pour me grattouiller le cou, comme on le ferait avec un petit animal. Dès qu’il m’effleura, mes nerfs lâchèrent à nouveau, et je me remis à pleurer, incapable de contenir ma terreur.

— Enzo, je t’ai dit d’arrêter ! gronda l’homme qui me tenait fermement. Sa voix était grave, presque menaçante. Tu veux que je m’occupe de toi quand on rentre ?

Enzo se figea aussitôt, l’amusement s’effaçant de son visage. Il haussa les épaules, l’air désinvolte, mais recula légèrement sur son siège. Il arrêta de bouger, juste un instant, comme s’il avait compris qu’il avait dépassé les limites.