Une si belle partie d'échecs (One Shot)

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Summary

Passant d'un jeu à un autre... Moment d'érotisme et de passion. *relation entre hommes*

Status
Complete
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1
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n/a
Age Rating
18+

Une si belle partie d'échecs

Commencez à écrireAssis dans leur salon, les deux hommes menaient le plus tranquillement du monde une partie d’échecs. Le plus jeune avait finalement cédé à l’envie soudaine de son mentor de faire une partie. Si l’un admirait secrètement l’attitude imperturbable de son partenaire, l’autre réfléchissait au meilleur moyen de lui faire subir un échec et mat bien mené.

La main de Sher soutenait son menton, son visage paraissait plus fin et déterminé. Ses sourcils se fronçaient à chaque coup, lui donnant un air des plus sensuels, selon Caïn. Car ce dernier se faisait presque littéralement incendier par les iris glacés de Sher, qui attendait une solution qui ne venait pas.

Caïn contemplait avec un amusement certain l’œuvre d’art qui se tenait devant lui. Il s’attardait sur chaque détail, chaque changement d’humeur de son partenaire. Sher passait de l’impassibilité évidente à la joie dissimulée, puis à la colère refrénée. Ses traits n’exprimaient pas ces sentiments directement, il fallait les deviner et seul Caïn, avec le temps et la patience, avait finit par les discerner. Par ailleurs, Caïn pouvait se vanter de connaître Sher sous tous ses aspects, dont les plus obscurs. Il savait tout de ses forces, comme de ses faiblesses. Sa dangerosité et sa fragilité. Ils auraient pu ne former qu’un seul être, tout en étant indissociables et dévastateurs.

Sur le plateau d’échecs, Caïn s’était formidablement amélioré et Sher continuait de réfléchir à la bonne tactique à mener pour contrer le jeu adverse. Il se rendait compte que l’élève était sur le point de dépasser le maître. Le maître regrettait d’avoir si bien éduqué son disciple à l’art de la manipulation et de la stratégie. Comme il pouvait des fois penser qu’il était un glacier et Caïn un volcan en éruption. Devant son éternelle froideur, Caïn avait été une brûlure intense, la seule capable de lui faire entrevoir une flamme d’amour. Il se laissait volontiers consumer par la furie de Caïn, comme si tout son être ressentait son besoin de violence et de douleur.

Plus le jeu avançait et plus les deux hommes se dévisageaient. Ni l’un ni l’autre ne voulait céder. Pour un simple spectateur, cette partie serait parfaitement normale. Pourtant la tension était belle et bien présente mais différente de chaque côté. Caïn dévorait littéralement son partenaire du regard, cherchant à le déstabiliser le plus possible de sa pensée stratégique. D’ailleurs, cela ne laissait pas Sher indifférent, ce dernier commençait à ressentir des bouffées de chaleur. Fort heureusement pour lui, il savait les contrôler même si l’envie devenait insoutenable. Il se saisit de son roi, l’avançant, défiant le plus jeune, le scrutant de ses yeux vairons.

Caïn quant à lui se passait le pouce sur les lèvres, voluptueusement. Il mordillait légèrement le bout de ses doigts, histoire de mettre son adversaire en appétit. Dans sa tête, la partie avait déjà pris un autre tournant. Peu importait qui allait gagner. Il jubilait, fier de l’inconfort qu’il causait chez Sher. Lorsque c’était son tour de jouer, il tournait les pièces dans sa main, les caressant du bout des doigts. Sher demeurait silencieux, faisant fi du brasier qui commençait à le consumer de l’intérieur. Malgré tous ses efforts pour le dissimuler, Caïn l’avait clairement perçu mais décida de faire durer la partie. Il ne lâchait pas le duel, voulant que son adversaire tombe le premier. Il se délectait de voir Sher hésiter.

Il voulait lui imposer ses règles et mener la danse, c’est pourquoi il annonça :

- Échec et mat dans cinq coups.

Pour Sher, garder son calme dans ses conditions devenait maintenant impossible. Il n’avait qu’une seule idée en tête : gagner et lui faire regretter amèrement son petit jeu. Il devait affronter son regard, noir et désireux. Des centaines de papillons virevoltaient dans son corps, réduisant à néant ses dernières barrières de fierté. Il voulait se laisser entraîner par la tornade qu’avait déclenché Caïn, succomber à ses avances, sentir sa tête tourner au moindre contact avec son corps.

Se rendant compte de l’état de son partenaire, Caïn, toujours assis confortablement, se délectait de sa victoire imminente menée sur tous les plans. Tout en avançant son prochain pion, quelques mèches de ses cheveux translucides tombèrent devant ses yeux. Sher se redressa et décida lui aussi de passer négligemment une main dans ses cheveux, dégageant par la même sa nuque. A son tour, Caïn se sentir émoustiller par cette main, qu’il imaginait déjà se balader ailleurs que dans des cheveux. Devant ce spectacle insolent qui se tenait devant lui, il se retrouva prit dans son propre jeu. Son impatience commençait à prendre le dessus.

Sher le torturait, à son tour. A jouer avec le feu, on se brûle les doigts. Caïn ne pouvait pour l’instant que l’admirer. Chacun, avec sa dignité, tombait peu à peu dans l’océan des vices. Leur lutte devrait bientôt prendre fin. Sher prenait un malin plaisir a glisser lascivement sa main le long de son cou. Intérieurement, il n’était pas prêt de laisser la victoire à son soupirant.

Bientôt, la partie d’échec ne fut plus qu’un lointain souvenir. Elle n’avait servi qu’à une sorte de parade entre les deux hommes. Sher venait d’entamer une danse sensuelle avec ses cheveux. Caïn lui faisait souvent la remarque à ce sujet, ses longs cheveux lui donnaient un air féminin dont il ne se cachait pas. Les reins en feu, Caïn sentait l’atmosphère de la pièce se réchauffait vite, beaucoup trop vite.

Contre sa volonté, son rythme cardiaque s’accélérait. Il commençait doucement mais sûrement à perdre la face. Sa peau frémissait d’avance au contact qu’allait lui procurer celle de Sher. Toutes les pensées de Caïn étaient dirigées vers Sher, toujours Sher, uniquement Sher, le seul capable de l’aimer tel qu’il est. Caïn ne se lasserait jamais de partager sa vie avec professeur. Sher lui donnait la sérénité et le calme dont il avait besoin, et en retour il transmettait la passion qu’il avait en lui. Chacun était en parfaite symbiose avec l’autre, il ne pouvait en être autrement.

Sher décréta que ces « préliminaires » avaient assez duré. Il fléchit plusieurs fois son index, indiquant par la même au plus jeune de se rapprocher. Les choses sérieuses pouvaient enfin commencées. Tel un prédateur, Caïn se rapprocha de l’objet de ses désirs, un sourire victorieux sur le visage. Tout son corps, tous ses muscles étaient en tension tant il était impatient.

De manière parfaitement calculée, Caïn se leva de son fauteuil, fit le tour de l’échiquier pour se poster derrière Sher. Il ne manqua de faire remonter ses doigts le long du bras de Sher, qui frémit face à un tel contact, beaucoup trop léger à son goût. Caïn venait de déposer dans l’air une fragrance boisée que Sher appréciait particulièrement. Il laissa aller sa tête contre son dossier et ferma les yeux.

Penché au-dessus de lui, Caïn posa ses deux mains sur les épaules de Sher. Le toucher lui permettait de mettre en contact sa peau brûlante avec la fraîcheur de son amant. Ce dernier soupirait d’aise et laissa tomber ses dernières défenses lorsque les mains de Caïn descendirent jusqu’à son torse, recouvert de sa fine chemise blanche.

Caïn se pencha ensuite vers l’oreille de Sher, histoire de lui murmurer des paroles peu catholiques. Les mots glissèrent en Sher comme une pluie violente et impossible à stopper. En cet instant, il était à la complète merci de son compagnon mais pas désarmé pour autant. Il approcha ses lèvres de celles de Caïn, déjà prêt à les accepter, mais les retira au dernier moment. Caïn poussa un grognement d’insatisfaction, ce qui eut pour effet de légèrement faire rire l’autre homme. Ce son cristallin augmenta le désir de Caïn. Dieu qu’il aimait les rares fois où son amant se laissait à rire. Il réessaya plusieurs fois d’embrasser plus intensément son partenaire, sans jamais y arriver. Sher se moquait doucement de lui mais au fond, il voulait la même chose que Caïn: être satisfait.

Sher réclama son dû et rapprocha le visage de Caïn vers le sien pour échanger avec lui un baiser sauvage et torride. Sa main caressait doucement la joue du plus jeune, s’arrêtant des fois sur une mèche de cheveux. Il ne surent pas combien de temps dura leur échange. Ils s’embrassaient encore et encore, marquant de courtes pauses quand le besoin d’air se faisait ressentir. Sher s’était entre temps redressé de son fauteuil et avait pris Caïn dans ses bras. Il le serrait aussi fort qu’il pouvait, respirant les odeurs qui émanaient de son corps. Ils pouvaient se toucher sans retenue, plaquer leur corps l’un contre l’autre.

Transportés par leur ébat, ils se dirigèrent lentement vers leur chambre et prirent un temps méticuleux pour se défaire complètement de leurs habits. Chacun dévorait littéralement l’autre. Les draps de soie furent les seuls témoins de la scène qui se jouait entre silence et halètements.

Les deux amants firent l’amour jusqu’au soir, comme ils le faisaient chaque jour que Dieu créait. Chaque fois était unique, comme s’ils se découvraient pour la première fois. Ils avaient définitivement laissé leur partie et leurs réflexions derrière eux...

Fin

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