Hansel et Gretel : Cadavres et Pain d'épices

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Summary

Enfants brisés, tueurs parfaits. Hansel et Gretel n’ont jamais eu une vie normale, mais ça ne les empêche pas de la rendre encore plus chaotique. Formés par une organisation secrète pour éliminer les pires criminels internationaux, ils sont les meilleurs dans leur domaine jusqu’à ce qu’une explosion transforme Grim Corp en barbecue géant. Désormais traqués par des ennemis aussi nombreux que les cadavres et les miettes de pain d’épices qu’ils laissent derrière eux, ils n’ont d’autre choix que de riposter. Le problème ? Ils ont de plus en plus de mal à travailler ensemble sans que leurs sentiments ne viennent tout compliquer. Entre démembrements soignés et corps empilés, leurs échanges acides ajoutent une touche d’ironie mordante à leurs missions sanglantes. Mais entre deux bastons épiques et une fusillade ou deux, une étrange excitation s’installe. Le genre de tension qui pourrait rendre leurs disputes encore plus explosives… ou les mener droit à leur perte.

Status
Ongoing
Chapters
32
Rating
4.7 3 reviews
Age Rating
18+

Prologue🪓

Hansel, 7 ans, quelque part en Allemagne.

Il était une fois, dans un royaume lointain, une princesse abandonnée et un preux chevalier venu la sauver…

Clac.

Je referme le livre d’un geste sec, le balance à l’autre bout du dortoir et jure à mi-voix :

— Des conneries…

Il rebondit sur un matelas vide dans un bruit sourd, puis retombe au sol dans un froissement de pages. Personne ne réagit. Pas un mot, pas un regard. Seulement le grincement métallique d’un lit trop usé quelque part dans la pièce, et la pluie qui tambourine contre les vitres comme un doigt impatient sur une porte qu’on refuse d’ouvrir. L’orphelinat, c’est une grande boîte de silence. Un silence lourd, glacial, qu’aucun rire ne traverse. Personne ne parle vraiment ici. Tout le monde fait juste semblant d’exister. On respire, on mange, on dort. On attend. Je le sais, si tu veux survivre, tu ne t’impliques pas. Tu t’effaces. Tu deviens invisible. C’est ce que je fais. Je reste à ma place, dans l’ombre, avec mes pensées pour seule compagnie.

Jusqu’au jour où elle est apparue.

Je l’ai vu arriver un matin gris, le genre où l’humidité colle aux murs. Ses pas résonnaient doucement sur le carrelage moite du couloir. Toute petite. Des cheveux bruns emmêlés. Des yeux immenses, presque trop grands pour son visage pâle, comme une poupée de porcelaine oubliée dans un grenier.

Elle sanglotait. Mais ce n’était pas un vrai chagrin, pas des larmes qu’on verse pour appeler à l’aide. C’était un pleur sans son. Un souffle brisé, comme si elle savait déjà que personne ici ne la prendrait dans ses bras. Les autres ne l’ont même pas regardée. Pas un seul n’a levé la tête. Moi non plus, au début.

Mais quelque chose chez elle… un petit truc qui m’a fait me déplacer. Peut-être sa façon de rester là, plantée dans l’entrée, tremblante comme une feuille. Peut-être l’écho vide de ses sanglots retenus. Peut-être parce qu’elle avait l’air encore plus recluse que moi.

Je me suis approché, lentement. Mes pas opéraient un bruit étrange sur le sol qui avait déjà vu bien trop d’enfants le fouler. Je me suis assis à côté d’elle. Elle a sursauté. Un petit couinement aigu s’est échappé de sa gorge, comme un oiseau pris dans un piège.

Puis ses yeux sont montés. Ils se sont accrochés aux miens. Longtemps. Et j’ai su qu’elle avait compris. Je ne lui ferais pas de mal.

— Quel âge as-tu ? ai-je soufflé, presque sans voix.

Elle ne répondait pas. Elle me fixait, figée. Puis, tout doucement, elle a levé la main, trois doigts dressés.

Trois ans.

Le même âge que j’avais quand je suis entré ici.

— D’accord. Moi j’ai sept ans. Je vais rester près de toi, tant que tu auras besoin de moi.

Les jours ont passé. Les semaines. Elle ne me lâchait plus. Une ombre minuscule, toujours collée à la mienne. Et moi… Moi, je m’étais accroché à elle comme à un radeau dans un océan de solitude. Elle était devenue mon silence préféré. On avait trouvé un équilibre. Fragile, mais réel. Deux invisibles côte à côte dans le vacarme sourd de l’oubli.

Jusqu’au jour où ils sont venus.

Le bruit de leurs talons claquait sur le sol du hall.

Toc. Toc. Toc.

Un son sec, net, trop parfait pour être rassurant. Ils ne ressemblaient pas aux familles habituelles. Pas de sourires forcés, pas de voix tremblantes, pas de fausse chaleur dans le regard. Juste deux adultes bien droits, bien propres. Un homme et une femme. Leurs visages étaient… neutres. Lisses. Comme effacés. Quand leurs yeux se sont posés sur elle, un frisson a parcouru mon dos, comme si le froid de l’hiver s’était glissé sous ma peau.

L’assistante sociale leur parlait avec ce ton mielleux qui donne envie de vomir. « Adoption spéciale », disait-elle. « Projet unique ». Des jolis mots pour cacher quelque chose de laid. Moi, je les voyais. Je sentais que ce n’était pas normal. Elle, elle avait compris. Elle me serrait la manche si fort que mes doigts picotaient. Elle ne tremblait plus. Elle vibrait. Comme une corde prête à rompre.

— Viens, jeune fille, a dit la femme, en s’agenouillant.

Sa voix était tendre. Trop douce. Comme du velours trempé dans le poison. Sa main tendue, faussement gentille. Elle n’a pas bougé. Elle s’est cachée derrière moi.

— Elle ne part pas, ai-je dit, les dents serrées.

Le silence est tombé d’un coup. Un silence qui faisait mal aux oreilles. Tous les regards se sont tournés vers moi.

— Mon garçon, ce n’est pas ta décision, a dit l’homme. Calme. Tranchant.

— Vous ne pouvez pas la prendre ! ai-je crié, serrant sa main plus fort.

Elle respirait vite, presque en sanglots, mais sans bruit. J’ai senti ses ongles s’enfoncer dans ma peau.

La femme m’a fixé. Elle penchait la tête, comme quand on observait un animal blessé.

— Écoute, jeune homme. Ce n’est pas un choix. Elle a un avenir, là où elle va. Toi… tu n’en as pas.

Ses mots sont tombés comme un couperet.

— Je m’en fiche. Si elle part, je pars avec elle !

Leurs visages ont changé. Juste un peu. Une micro-expression. Un frémissement dans les yeux de l’homme. Ils se sont échangé un long regard.

— Et que ferais-tu si on acceptait ? a-t-il demandé. Un sourire en coin.

— Tout ce qu’il faut, ai-je craché.

Un battement de silence.

Puis il a hoché la tête.

— Très bien. Tu la suivras. Mais souviens-toi : il n’y aura pas de retour en arrière.

La femme a crispé les lèvres, mais elle n’a rien dit.

Ils nous ont conduits jusqu’à une voiture noire garée face au portail. Le moteur ronronnait comme un fauve endormi. L’intérieur sentait le cuir et l’angoisse.

Elle s’est assise contre moi, son petit corps collé au mien, ses doigts toujours agrippés à mon bras. Moi, je fixais la route. Droit devant. La mâchoire serrée.

Je ne savais pas où on allait. Pourquoi ils nous avaient choisis.

Mais une chose était certaine.

Je ne la lâcherais jamais.

Je serais son ombre. Jusqu’au bout.