Au cœur des frontières invisibles

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Summary

L'histoire se déroule dans un monde fantastique où deux royaumes coexistent : Althera, le royaume des humains, et Dólmor, le royaume des créatures magiques. Séparés par des siècles de méfiance et un fragile traité de paix, ces deux mondes sont à l'aube d'un conflit majeur. Au centre de cette tension, la princesse Arielle d'Althera, jeune, curieuse et avide de liberté, découvre qu'elle est promise à un prince mystérieux de Dólmor. Ce mariage arrangé, pensé pour apaiser les tensions entre les royaumes, bouleverse sa vie et met en lumière des secrets, des alliances inattendues, et un destin qu'elle ne peut ignorer.

Status
Complete
Chapters
2
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n/a
Age Rating
16+

La Légende des Deux Mondes

Il était une fois, dans un monde vaste et lointain, deux royaumes séparés par bien plus que des frontières physiques. D’un côté se trouvait le royaume des humains, un peuple qui vivait dans de grandes cités et villages, où les hommes et les femmes bâtissaient des empires grâce à leur travail, leur savoir-faire et leur technologie. Ils étaient fiers de leurs réalisations et rêvaient d’étendre leur influence sur tout le monde. Leur royaume, Althera, était un endroit où la vie battait son plein, entre festivités, marché animé et défis politiques. Mais, en dehors de leurs murs, un autre monde existait.

Ce monde, bien plus ancien et mystérieux, était celui des créatures magiques. Ces êtres n’étaient pas faits comme les humains. Ils avaient des pouvoirs que les hommes ne comprenaient pas, des pouvoirs liés à la magie et à la nature elle-même. Ils parviennent dans des forêts profondes, des montagnes isolées et des endroits où l’humain n’avait jamais mis les pieds. Leur royaume, Dólmor, était caché aux yeux des mortels, et la magie y régnait en maître.

Pendant des siècles, ces deux peuples avaient une paix partagée fragile, basée sur des pactes et des alliances. Mais cette paix ne dura pas. Tout avait commencé il y a très longtemps, lorsqu’un humain, motivé par la cupidité et l’ignorance, avait pénétré un lieu sacré des créatures magiques. Ce geste irréfléchi avait coûté la vie à plusieurs d’entre elles et avait brisé l’un des plus anciens accords entre les deux peuples. Depuis ce jour, les tensions étaient montées, et la guerre, bien que silencieuse, avait pris racine dans les cœurs des deux royaumes.

Les humains, désormais inquiets de la puissance magique qui se cachait dans ces forêts lointaines, se méfiaient des créatures, pensant qu’elles représentaient un danger pour leur futur. De leur côté, les créatures magiques se sentaient de plus en plus menacées par l’expansion des humains, leur désir de dominer la nature et de tout contrôler. Les deux peuples se regardaient, redoutant chacun l’autre, mais aucun ne savait vraiment comment éviter un conflit total.

Pourtant, malgré cette tension constante, la vie continuait, et les générations grandissaient, ignorant en grande partie la profondeur du fossé qui séparait ces mondes. Mais la situation était sur le point de changer.

Au cœur du royaume humain, dans le château majestueux d’Althera, vivait une jeune princesse nommée Arielle. Fille unique du roi Alaric et de la reine Mélisande, Arielle avait grandi dans les couloirs dorés du palais, mais elle n’était pas une princesse ordinaire. Bien que son statut royal lui conférait de nombreux privilèges, Arielle n’était pas intéressée par les luxes et la vie mondaine qui l’entouraient. Elle rêvait d’aventure et de liberté, loin des intrigues de la cour et des obligations royales.

Arielle était belle, mais ce n’était pas seulement son apparence qui capturait les cœurs. Sa douceur, son regard curieux et son esprit vif en font une jeune femme appréciée de son peuple. Pourtant, malgré sa position élevée, elle ne se sentait jamais totalement à sa place dans ce monde de pouvoir et de formalités. Elle passait des heures à discuter avec les paysans et les marchands, écoutant leurs histoires et apprenant des leçons qu’on ne lui enseignerait jamais dans les livres de la cour.

Elle n’avait jamais connu le poids de la guerre ou la crainte des créatures magiques. Pour elle, ces derniers n’étaient que des mythes, des ombres dans les contes que son père lui racontait pour lui faire peur la nuit. Pourtant, même au sein du royaume d’Althera, la guerre semblait de plus en plus inévitable, et les tensions entre les humains et les créatures magiques grandissaient à chaque instant. Mais Arielle ne voulait pas y penser. Elle se concentre sur sa propre vie, ses rêves, ses projets.

Elle avait grandi en sachant qu’un jour, elle épouserait un prince. C’était la règle pour toute princesse d’Althera. Mais Arielle avait toujours imaginé ce jour comme lointain et indéfinissable, un événement qui, lorsqu’il arriverait, serait dicté par le cœur. Cependant, la vérité était toute autre. Le destin, parfois cruel, avait déjà tracé pour elle un chemin qu’elle n’aurait pas choisi.

Un mariage arrangé, scellé avant même sa naissance, allait bientôt changer sa vie à jamais. Et ce n’était pas n’importe quel prince... C’était un prince d’un royaume qu’elle n’avait jamais connu, un royaume où la magie était aussi courante que l’air qu’on respire. Un prince lié à un peuple qui, bien que mystérieux, n’était pas vu d’un bon œil par son propre peuple.

La journée débutait comme toutes les autres au château d’Althera. Le soleil, encore timide, baignait les murs de pierres dans une lumière douce et dorée. Arielle se tenait près de la fenêtre de sa chambre, observant le royaume étendu devant elle. Loin des murs imposants du château, les champs étaient paisibles, les fermes en activité, et le bruit des oiseaux dans les arbres semblaient offrir un moment de répit.

Soudain, un bruit de pas se fit entendre derrière elle. Elle se retourna et aperçut sa mère, la reine Mélisande, qui s’avançait avec son calme habituel.

« Arielle, ma chérie, il est temps pour toi de descendre. Le conseil du royaume se réunit dans la salle des cartes, et ton père t’attend », dit-elle avec un sourire doux.

Arielle, un peu perdue dans ses pensées, a répondu sans vraiment la regarder : « Je n’ai pas vraiment envie de participer aux discussions sur les terres agricoles, maman. Je préférerais me promener dehors, respirer l’air frais. »

La reine, toujours calme et posée, pose une main tendre sur l’épaule de sa fille. « Tu sais bien que ces réunions sont importantes. Le royaume a besoin de toi, même si tu préfères souvent te cacher dans les jardins. Tu es l’héritière d’Althera, ma chérie. »

Arielle soupira doucement, puis tourna son regard vers sa mère. « Mais maman, je suis encore jeune. Pourquoi faut-il que tout repose sur mes épaules si tôt ? Je ne veux pas juste être une princesse qui se contente de suivre les ordres et de sourire aux invités. »

La reine la regardée un instant, un léger sourire aux lèvres, avant de répondre avec douceur : « Chaque rôle à ses responsabilités, Arielle. Ce n’est pas facile, je sais. Mais un jour, tu seras prête. Le peuple a besoin de toi plus que tu ne le crois. »

Arielle baissa les yeux, un peu frustré. Elle n’avait pas envie de porter ce poids. Elle rêvait de liberté, de partir à l’aventure, de découvrir le monde au-delà des murs du château.

Quelques heures plus tard, dans la grande salle des cartes, le roi Alaric était assis à la tête de la table, entouré de ses conseillers. Arielle entre avec sa mère, se tenant légèrement en retrait. Tous les regards se tournèrent vers elle, et elle sentit une légère pression sur ses épaules. Elle s’assit lentement, sans dire un mot, en observant les échanges animés autour d’elle.

Le roi Alaric leva une main, demandant le silence. Il avait un regard sévère, mais plein de sagesse. « La situation est de plus en plus tendue. Les rumeurs sur les créatures magiques sont plus fréquentes. Nous devons nous préparer à tout. »

Arielle se redressa légèrement, son regard attiré par une mention qu’elle n’avait pas entendue depuis longtemps. « Et les créatures magiques, père ? Quelles sont exactement leurs intentions ? »

Un conseiller, un homme d’un âge avancé nommé Lord Roderic, répondit d’une voix grave. « Leur intention, Princesse, est la même que toujours : protéger leur territoire. Mais les murmures que l’on entend ces derniers temps laissent entendre qu’ils sont prêts à franchir des limites que nous n’avions jamais envisagées. Ils sont sans danger. »

Arielle observe son père, qui paraissait pensif. Elle savait qu’il avait toujours eu une certaine appréhension vis-à-vis des créatures magiques, mais là, une inquiétude plus profonde semblait marquer son visage.

« Et c’est pour cela que vous préparez une alliance avec eux ? » demanda Arielle, une pointe de curiosité dans la voix.

Le roi la regardait longuement, hésitant avant de répondre. « L’alliance est plus complexe que ce que tu crois, ma fille. Nous devons agir avec prudence. Le mariage avec leur prince pourrait être la seule solution pour éviter un conflit. »

À ces mots, le cœur d’Arielle se serre violemment. Elle se leva brusquement de sa chaise, ses yeux écarquillés, choqués. « Un mariage ? » La colère bouillonnait en elle, mais elle se forçait à rester calme. Elle prend une inspiration profonde, cherchant ses mots. « Vous... vous parlez sérieusement ? Un mariage arrangé avec ce... ce prince des créatures magiques ? »

Son regard se fixe sur son père, ses yeux remplis d’incompréhension et de révolte. La salle semblait se figer autour d’elle. Elle avait cru que ses pensées ne concernaient que la politique du royaume, mais la réalité était plus dure, plus proche. Elle sentait la tension monter dans sa poitrine.

Le roi Alaric, habituellement implacable, semblait un peu pris au dépourvu par l’intensité de la réaction de sa fille. « Arielle, calme-toi. Nous n’avons pas d’autre choix. Ce mariage est une promesse que nous avons faite depuis longtemps, et il est nécessaire pour assurer la stabilité du royaume. »

Les doigts de la princesse se crispèrent autour de la chaise, et sa voix trembla légèrement, trahissant son agitation. « Une promesse ? Une promesse... de mariage ? Vous me forcez à me marier avec un homme que je ne connais même pas, pour un roi que je n’ai jamais vu, juste pour garantir la paix ? » Elle prend un instant pour se reprendre, les yeux brillants de frustration. « Ce n’est pas juste ! Je suis une personne, pas une pièce de négociation. »

Les conseillers échangèrent des regards furtifs, quelques-uns murmurant entre eux, mais le roi Alaric resta de marbre. « Tu es une princesse, Arielle. Le destin de notre royaume repose sur tes épaules. Ce mariage est un sacrifice que nous devons tous accepter pour éviter une guerre. »

La princesse s’éloigna d’un pas, sentant un nœud se former dans son ventre. Ses yeux se remplissent de larmes qu’elle s’efforce de retenir. « Vous m’enlevez toute possibilité de choisir ! Vous m’imposez un destin que je n’ai pas choisi ! » Sa voix, bien que douce, portait une colère contenue, un cri de révolte face à la situation qu’on lui imposait.

Le roi, face à cette réaction inattendue, se lève lentement, sa grande silhouette imposante en face de la princesse. « Arielle, comprends-moi. Ce n’est pas une décision que j’ai prise à la légère. Mais il n’y a pas d’autre solution pour protéger notre peuple. Le mariage... est un mal nécessaire. »

Arielle, les bras croisés, le regard fuyant, hocha la tête avec amertume. « Un mal nécessaire, voilà comment vous le voyez. » Elle s’approche de la fenêtre, se détournant de la scène. Son cœur battait fort, une tempête de sentiments contradictoires s’emparant d’elle. « Et si je refuse ? » murmura-t-elle presque pour elle-même. Mais elle savait que la réponse était déjà écrite.

Le roi, conscient du dilemme de sa fille, fit un pas en arrière, mais son ton demeura ferme. « Tu n’as pas le choix, Arielle. »

Les paroles du roi résonnèrent dans l’esprit de la princesse, mais un sentiment d’impuissance s’abattit sur elle. Elle n’avait jamais ressenti aussi lourdement le poids de son rôle.

La pièce restait silencieuse après les mots de son père, comme si le temps lui-même hésitait. Arielle se tourne finalement vers lui, ses yeux brillants de frustration, son visage marqué par la colère, mais aussi par une profonde tristesse.

« Vous attendez quoi de moi, exactement ? » exigea-t-elle d’une voix tremblante, bien qu’elle fasse tout pour ne pas craquer. « Vous voulez que j’épouse un prince que je n’ai jamais rencontré, que je ne connais même pas, tout ça pour sauver une alliance politique. Vous me demandez de sacrifier mes rêves, ma liberté, pour un contrat de mariage ! » Ses mots étaient plus forts à chaque phrase, comme une vague prête à déferler. « Vous me demandez de devenir un pion dans un jeu de pouvoir. »

Le roi la fixe silencieusement. Les traits de son visage étaient marqués par l’âge et les décisions difficiles, mais il semblait aussi peiné de voir sa fille dans cet état. Il s’avança d’un pas, son ton se faisant plus calme, presque suppliant, mais toujours ferme. « Arielle, ma fille, ce n’est pas ce que je veux. Ce n’est pas ce que je t’impose par plaisir. Le royaume est dans une situation désastreuse. Ce mariage... c’est une promesse que nous avons faite. Ce n’est pas simplement un geste symbolique, il faut l’accepter si nous voulons maintenir la paix. »

Arielle se sent brûler intérieurement. L’injustice de la situation, le sentiment de n’être qu’un simple instrument dans les mains de son père, la submergeaient. Elle croisa les bras sur sa poitrine, se repliant légèrement sur elle-même. « Pourquoi moi ? » exigea-t-elle d’une voix plus basse, presque inaudible. « Pourquoi ne pouvez-vous pas faire ce sacrifice à ma place ? Pourquoi ne pas envoyer un de vos conseillers à sa place, ou mieux, laisser cette ‘promesse’ mourir, comme toutes les autres mauvaises décisions que vous avez prises dans ce royaume ? »

Le roi se figea à ces mots, un voile de tristesse s’étend sur son visage. « Parce que tu es l’héritière, Arielle. Parce que tout ce que je fais, tout ce que je fais depuis ta naissance, c’est pour que tu prends ma place un jour. Et le royaume a besoin d’unifier les deux mondes. Le mariage est une solution. »

Arielle serrant la tête, son cœur battant plus vite sous l’effet de la colère et de la confusion. « Je ne veux pas de ce fardeau ! » cria-t-elle, sa pleine voix d’émotions brutes. « Je ne veux pas être utilisé comme un outil dans un jeu qui me dépasse. Vous voulez la paix, mais vous êtes prêts à sacrifier ma vie pour l’obtenir ! »

La reine Mélisande, qui était conservée silencieuse jusque-là, intervint d’une voix douce, mais ferme. « Arielle... Ce n’est pas un sacrifice que nous faisons pour toi, mais pour tout le royaume. »

Arielle se tourne vers sa mère, le regard désemparé. « Et vous, maman ? Vous êtes d’accord avec tout ça ? Vous êtes d’accord pour me marier à un homme que je ne connais même pas ? »

La reine la regarda en silence un instant, puis s’approche lentement, posant une main sur l’épaule de sa fille. « Je suis une reine, Arielle. J’ai vu ma mère et ma grand-mère prendre des décisions similaires, pas par choix, mais par devoir. Parfois, on doit se sacrifier pour un plus grand bien. »

Arielle recula d’un pas, la main repoussant doucement celle de sa mère. « Ce n’est pas ce que je veux. Je ne peux pas simplement... » Elle s’arrêta, son souffle court, ses yeux cherchant une réponse qu’elle ne trouva pas.

Le roi soupira, fatigué par la confrontation. « Je ne peux pas changer ce qui est déjà décidé, Arielle. Je sais que c’est difficile, mais nous devons nous y faire. »

Elle se mordilla la lèvre inférieure, luttant contre la révolte qui grondait en elle. « Vous ne comprenez pas, père. Ce mariage, ce n’est pas juste une promesse. C’est ma vie que vous me demandez de sacrifier. »

Le silence s’installe un instant. Arielle savait qu’aucune réponse ne viendrait alléger son fardeau. Elle avait l’impression que tout s’efffondrait autour d’elle, que son avenir n’était plus entre ses mains, mais dans celles d’un destin qu’on lui imposait.

« Le prince des créatures magiques... » murmura-t-elle d’une voix brisée, presque pour elle-même. « Comment puis-je lui faire confiance ? Comment savoir qu’il ne me voit pas simplement comme un moyen d’obtenir ce qu’il veut pour son royaume ? »

Le roi la regardé une dernière fois, un éclat de compréhension traversant ses yeux. « Il te verra comme un symbole d’unité, Arielle. Mais il verra aussi la princesse que tu es. Le respect ne vient pas simplement du titre, il se construit avec le temps. »

Arielle, les yeux pleins de larmes qu’elle avait du mal à contenir, tourna le dos à son père. « Je ne sais pas si je pourrai. »

Sans un mot de plus, elle quitta la salle, laissant derrière elle la lourde atmosphère de ce fardeau qu’on voulait lui imposer.

Au-delà des montagnes enneigées et des forêts épaisses, de l’autre côté du vaste océan des nuages, se trouvait le royaume des créatures magiques, un lieu où la magie était aussi ancienne que les arbres millénaires. Les bâtiments scintillaient de pierres précieuses et la terre elle-même semblait vibrer sous l’énergie magique qui l’imprégnait. C’était un royaume puissant, mais aussi marqué par une histoire de conflits sans fin avec les humains.

Le prince Kael, héritier du trône, était sur le point de recevoir une nouvelle qui changerait à jamais sa vie. Son regard froid et intense se posait sur l’horizon, comme s’il attendait une révélation, un changement dans le cours du monde. Mais aucun de ses conseillers n’aurait pu prédire ce qui allait suivre.

Le bruit des lourdes portes du grand hall résonna dans toute la salle avant que le messager ne fasse son entrée. Il s’inclina respectueusement devant le prince, mais il y avait dans son regard une urgence palpable, un poids qu’il portait comme un fardeau.

“Prince Kael”, commençait le message d’une voix grave, “le roi des humains, votre futur allié, a pris une décision importante. Le mariage avec la princesse Arielle a été arrangé.”

Kael le fixa un instant, son visage implacable, ne laissant aucune émotion transparente. “Et quelle est la nature de ce pacte ?” exigea-t-il d’une voix calme mais qui trahissait une note de tension.

“Un mariage politique, Majesté. Un moyen d’unir les deux royaumes. Le roi Althera a arrangé ce mariage pour sceller la paix entre nos peuples”, a répondu le messager, le regard fuyant sous la pression de la situation.

Le prince reste silencieux, ses pensées battant en lui comme un orage. Un mariage... un mariage forcé. Il avait toujours entendu parler de ce contrat entre les royaumes, mais n’avait jamais imaginé que cela affecterait sa vie de manière aussi personnelle.

“Je ne suis pas un pion pour les volontés de mon père”, murmura-t-il, presque pour lui-même. Puis, après un instant de silence, il ajoute plus fort : “Je n’ai pas demandé cela. Je n’ai pas demandé à être lié à une inconnue pour des raisons politiques.”

Le messager, conscient de l’agitation qui grandissait en Kael, tenta de calmer la situation. “Majesté, ce n’est pas une simple question de mariage. Ce mariage est crucial pour assurer la paix, pour éviter une guerre qui pourrait engloutir les deux royaumes. Le roi des humains a insisté. Il dit qu’il n’y a pas d’autre moyen.”

Kael tourna son regard vers le messager, ses yeux sombres remplis d’un mélange de colère et de frustration. “Vous me parlez de paix, mais vous rappelez que cette paix est bâtie sur la contrainte, sur des sacrifices personnels. Vous me demandez de sacrifier ma liberté pour un peuple qui me hait autant que j’ai appris à les haïr.”

Le messager baissa les yeux, mais ne répondit rien. Il savait qu’aucune explication ne pouvait apaiser la colère du prince, mais il devait livrer le message. “Le mariage aura lieu dans quelques semaines. Vous devez vous préparer à rencontrer la princesse Arielle.”

Kael se détourna alors, le regard fixé sur un point lointain, perdu dans ses pensées. Le mariage avec la princesse Arielle... Il n’en avait jamais entendu parler avant ce jour. Le nom de la princesse résonnait dans sa tête, mais il n’en savait rien d’elle, pas même à quoi elle évoquait. La perspective de devoir unir son destin à celui d’une femme inconnue, dans le mais de maintenir un équilibre fragile, le révoltait.

Il avait grandi avec des histoires de la guerre entre humains et créatures magiques, des récits de batailles sanglantes et de trahisons, de haines profondes qui s’étaient ancrées dans les cœurs des deux peuples. Il avait entendu son père, le roi, lui parler des erreurs des générations passées, de l’injustice qui avait conduit à des siècles de conflits. Mais ce mariage... ce mariage allait-il vraiment apporter la paix ? Ou ne permettrait-il que cacher une nouvelle guerre sous des promesses de concorde ?

Le prince Kael se sentait emprisonné dans cette situation, comme un pion dans un jeu dont il ne contrôlait ni les règles ni l’issue. Pourtant, une pensée persistante émergeait dans son esprit.Et si cette union n’était pas simplement une solution pour apaiser les tensions politiques, mais aussi une opportunité de changer les choses, de réécrire l’histoire ?L’idée de rencontrer cette princesse Arielle, de découvrir qui elle était vraiment, ne cessait de l’intrigant.

“Préparez la rencontre”, ordonna-t-il finalement, sa voix plus calme mais déterminée. “Je vais la rencontrer, mais je ne ferai aucune promesse avant d’avoir vu de mes propres yeux ce que ce mariage signifie vraiment.”

Le messager s’incline, impressionné par la résolution du prince. “Oui, Majesté. Vous serez informé des détails dans les jours à venir.”

Lorsque le messager quitta la pièce, Kael resta seul dans le jardin royal, les doigts effleurant l’une des fleurs magiques qui y poussaient, comme pour se donner un peu de réconfort.Arielle, pense-t-il encore une fois. Ce nom, bien que nouveau et étrange pour lui, semblait désormais porter une lourde signification. Une princesse des humains, un symbole de l’alliance entre deux royaumes ennemis. Mais qu’était-elle vraiment ? Une femme comme les autres ? Ou bien une héritière, piégée dans un destin qui ne lui appartenait pas, tout comme lui ?

Le vent frais balaya les jardins, et Kael leva les yeux vers les précieux sombres qui régnaient sur son royaume. “Je ne peux pas faire ça sans comprendre qui elle est, ni ce qu’elle ressent”, murmura-t-il pour lui-même. “Ce mariage doit être plus qu’un simple acte politique. Il doit y avoir plus derrière cela.”

Arielle se tenait dans ses appartements, regardant par la fenêtre. Le vent faisait danser les draperies de soie, mais son esprit était ailleurs, loin de la tranquillité apparente du palais. Elle n’arrivait pas à chasser les pensées qui tourbillonnaient dans sa tête depuis qu’elle avait appris la nouvelle de son mariage arrangé avec le prince Kael.

Elle avait essayé de se convaincre que c’était pour le bien de son royaume, pour la paix entre les humains et les créatures magiques, mais quelque chose en elle se rebellait. Elle avait grandi dans une cour royale où les alliances étaient faites par le sang et le pouvoir, mais l’idée de marier un homme qu’elle n’avait jamais rencontré la terrifiait. Comment pouvait-elle épouser quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, un homme d’un royaume qu’elle avait appris à craindre depuis son enfance ?

Un léger coup à la porte la fit sursauter. La voix de sa suivante, la douce et loyale Maélia, se fait entendre à l’extérieur.

“Votre Altesse, une nouvelle importante vient d’arriver.”

Arielle se redressa, son cœur battant plus fort. “Entre, Maélia.”

La porte s’ouvre lentement, et Maélia entre, son visage marqué par une certaine gravité. Elle s’inclina respectueusement devant Arielle avant de lui remettre un parchemin scellé.

“Il s’agit d’un message du royaume magique, Votre Altesse. C’est de la part du prince Kael.”

Arielle prend le parchemin avec une curiosité mêlée d’inquiétude. Elle déchira le sceau royal et commença à lire, ses yeux parcourant rapidement les mots tracés sur le papier :

“Je souhaite vous rencontrer avant notre mariage. Je crois que cela est nécessaire pour comprendre ce que cette union signifie vraiment pour nous deux, et non seulement pour nos royaumes.”

Elle s’arrête un instant, le parchemin tremble légèrement dans ses mains.Il veut me rencontrer...Avant le mariage... Ses pensées se bousculaient. C’était une proposition inédite. Habituellement, les mariages royaux étaient des formalités, des échanges d’engagements sans qu’il soit nécessaire de connaître l’autre personne. Mais cette demande... Elle était différente. Elle l’intriguait autant qu’elle l’effrayait.

“Pourquoi voudrait-il me rencontrer ?” murmura Arielle, se tournant vers Maélia, l’incertitude dans la voix.

Maélia, bien que fidèle, ne pouvait que spéculer. “Peut-être qu’il a des doutes sur ce mariage, ou qu’il veut voir si vous êtes d’accord avec cet arrangement, Majesté. C’est rare qu’un mariage politique soit précédé d’une rencontre personnelle.”

Arielle fixe le parchemin un moment encore, perdu dans ses pensées.Le prince Kael...Elle n’en savait pas grand-chose. Les histoires qu’on racontait sur lui, dans son propre royaume comme dans celui des humains, étaient variées. Certains le dépeignaient comme un homme froid, distant, un héritier avec un caractère difficile, tandis que d’autres murmuraient qu’il était plus sage et réfléchi que la plupart des dirigeants de son époque. Mais personne ne savait vraiment ce qu’il pensait.

“Que dois-je faire, Maélia ?” demanda Arielle, sa voix trahissant une pointe d’angoisse. “Je suis censée accepter ce mariage sans poser de questions, mais cette rencontre... C’est une autre histoire. Il faut que je sache qui il est. Pas seulement le prince que tout le monde dit être, mais l’homme derrière l’ étiquette.”

Maélia la regardée avec douceur. “Peut-être est-ce l’occasion de mieux comprendre ce qu’il ressent aussi. Peut-être qu’il se sent aussi piégé que vous dans cette union.”

Arielle hocha la tête, d’abord incertaine, puis de plus en plus résolue. “Je ne peux pas épouser un homme sans savoir ce qu’il en pense, sans savoir comment il se voit dans cette alliance. Si cette rencontre peut m’aider à comprendre... Alors je l’accepterai.”

Elle se tourne à nouveau vers la fenêtre, ses pensées flottantes comme des nuages ​​lourds. “Préparez-vous, Maélia. Je vais le rencontrer. Mais ce ne sera pas pour pince sous la volonté de nos pères. Ce sera pour comprendre ce que cela signifie vraiment pour nous.”

Maélia sourit, contente de voir sa maîtresse prendre une décision, aussi difficile soit-elle. “Je vais organiser cela, Majesté.”

Le vent soufflait toujours à l’extérieur, et Arielle ferma les yeux, sentant que ce moment marquait le début d’une nouvelle étape. Une rencontre avec un prince qu’elle n’aurait jamais choisi, mais qui pourrait bien, à sa grande surprise, changer le cours de son destin.