Incubo : Veil of Nightmares

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Summary

Hantée par des rêves récurrents où un homme l’appelle à travers le temps, Salina découvre avec effroi que Sage, un étranger au regard familier, partage exactement les mêmes visions. Ce lien inexplicable les entraîne dans un monde de magie cachée, de prophéties sombres et de secrets interdits. Dans l’ombre, Kai, un démon aussi séduisant que dangereux, veille à protéger ses propres intérêts, prêt à manipuler Salina pour éviter que leurs rêves ne réveillent une menace capable de détruire l’équilibre entre les mondes. Entre amour, trahison et souvenirs volés, Salina devra affronter une vérité plus cauchemardesque que ses songes.

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
16+

Prologue

Je n’ai jamais réfléchi à comment j’allais mourir. Je n’ai même jamais pensé à la mort à ce stade de ma vie. Comment pourrais-je, alors qu’elle ne vient que de débuter. Cependant, je n’aurais jamais pensé y être indifférente, ou même la souhaiter. Il n’y a qu’un privilégié, gâté au point de ne plus en connaître la valeur pour vouloir mourir. C’est ce que j’aime me dire, pour me rendre intéressante, sembler pieuse, réfléchie, saine d’esprit. Pourtant cette nuit là, tout m’était égale. 

Il est minuit, ou du moins aux alentours, en pleine forêt à la sortie de « Neirien ». Je tremblais les yeux fermés, et puis cela cessa subitement. Mon corps avait tout abandonné, même cette action de survie. Il avait abandonné autant que mon cerveau ou mon âme l’avaient. Il avait simplement prit plus de temps à le faire. Les bouts de mes doigts, et toutes autres extrémités étaient devenues insensibles. Tout comme moi, je ne ressentais plus rien. Les premières secondes, un peu d’endorphine s’est propagée dans mon corps qui fêtait sans doute la fin d’une agonie. Plus loin, on peut entendre des cris complètements habituels dans cette forêt. Je ne parle évidemment pas des corbeaux, ou encore des loups. Je mentionne à présent un tout autre animal bien, plus sauvage, bien plus cruels. La cruauté de celui-ci est caractérisée par une seule chose, l’élément même qui le sépare de ces bêtes : la raison. Tout d’abord dans le sens où il en est totalement conscient et planifie même la plupart de ses actes cruels. Et puis la raison, la motivation même de ses actes, qui n’est pas la survie mais le pure plaisir. Ses cris étaient bien plus étranges et éprouvants pour ceux qui l’entouraient. C’est une sorte de bête pour laquelle tu ressens une profonde empathie quand tu l’entends hurler, malgré qu’elle t’aurait déchiquetée les entrailles juste avant. J’y étais malheureusement habituée, et à présent indifférente. Après tout, ces cris sont ceux d’une femme dépassée par la vie. Ils représentent tout ce qu’il lui reste comme défense et pour évacuer sa souffrance. Comment se défouler autrement quand votre ennemi est à la fois abstrait, intouchable mais aussi omniprésent. 

Je vivais avec cette femme, pourtant cela faisait un moment que je ne l’avais plus vue. Elle n’était plus qu’un tas d’os, et une touffe de cheveux recouvrant son pâle visage. Je ne l’avais plus vue rire, sourire, parler de manière cohérente ou même ne fut-ce-que pleurer. Désormais, elle hurlait, paniquait, abusait, attaquait. C’était comme observer un Pitbull enchaîné aux oubliette à une clôture. Brisée, cherchant à regagner un semblant de contrôle en aboyant sur tous les passants. Ce soir là, je l’ai entrevue. Des faisceaux de lumières aveuglantes nous pointaient. Elle qui m’effrayait tant ne parut presque rien, quand je vis à quel point elle était menue à côté de nos visiteurs. Elle se débattait, je ne voyais cette scène qu’en séquences coupées à cause des gyrophares bleus et rouges alternant. Un grand homme m’approcha et me réserva un tout autre traitement. Il du d’abord franchir les débris et déchets qui recouvraient le sol. Pour la première fois ce crépitement me rassurait. Ensuite, Il me tendît les bras et fut patient quand à mon manque de réactions. Ce fut la dernière fois que j’eus dormi dans cette forêt, ou que je voyais cette femme. Après cela, ma vie changea complètement et ce chapitre ne fut jamais réouvert. Petite, j’étais persuadé que j’avais rencontré le diable et qu’on m’avait simplement sauvé.