Une promesse intemporelle

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Summary

Depuis la mort de sa mère, Paris Castelli, une jeune femme d’une vingtaine d'années, vit seule dans l’immense château familial des Watson, niché dans le comté de Cheshire, en Angleterre. Lorsqu'elle découvre un collier nuptial mystérieux ayant appartenu à sa mère, Paris est soudainement plongée dans des rêves étranges et récurrents. Dans ces visions, elle se trouve plongée dans une histoire d’amour avec un homme qu’elle n’a jamais rencontré, dans un cadre idyllique d’une époque lointaine. Les rêves deviennent de plus en plus saisissants, au point où, à son réveil, Paris ressent profondément les émotions et les sensations de ces moments, comme s’ils étaient réels. Troublée et ne comprenant pas ce phénomène, Paris, se sentant possédée par ces visions, cherche des réponses auprès d'un prêtre. Mais lorsqu’elle le rencontre, elle découvre, abasourdie, que cet homme est l’image vivante de celui qu’elle voit dans ses rêves. Désorientée mais déterminée, Paris plonge dans un tourbillon de questions : quel lien étrange unit ce prêtre à sa famille, et quel secret se cache derrière le collier nuptial transmis depuis des générations ? Entre mystère et révélations, Paris devra découvrir la vérité qui pourrait bien changer le cours de son destin.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1

Le soleil perçait timidement à travers les nuages gris ce matin-là, baignant le domaine familial d’une lumière douce mais froide. Paris, encore troublée par les rêves de plus en plus intenses qui la hantaient chaque nuit, resserra son manteau autour d’elle. Ses pas résonnaient sur le sol pavé alors qu’elle s’approchait de la cathédrale, un lieu qu’elle fréquentait rarement, voire presque jamais, du moins depuis son retour d’Italie il y a quelques années. Pourtant, aujourd’hui, Paris n’avait pas d’autre choix que de se tourner vers l’Église pour obtenir un peu d’aide ou, plus exactement, une explication logique à ce qu’elle croyait être une possession démoniaque.

Voilà trois semaines que toutes ses nuits étaient marquées par des rêves qui, en temps normal, auraient été anodins s’ils ne revenaient pas sans cesse. Le plus troublant dans ces rêves, c’était qu’elle y était toujours en compagnie d’un homme qu’elle n’avait jamais connu ni rencontré, mais qui lui semblait étrangement familier. L’image de cet homme – Gray, un nom qu’elle avait entendu dans ses songes – ne cessait de revenir, la laissant confuse et émotive à son réveil. Le sentiment de l’aimer, profondément et sincèrement, était si fort qu’elle en avait du mal à respirer en y repensant. Pourtant, elle ne connaissait ni son visage ni son existence réelle.

Cela ne l’empêchait pourtant pas de rêver continuellement de lui, de partager avec cet inconnu un quotidien qu’elle n’avait jamais réellement vécu ni expérimenté. Dans ses rêves, elle entretenait avec lui une intimité troublante, et les moments qu’ils partageaient étaient de plus en plus joyeux, dans une ambiance douce et romantique… voire érotique, puisqu’elle rêvait parfois de leurs ébats. Une perspective qui, loin de la déranger, l’attirait d’une manière inexplicable.

Le plus déconcertant dans cette histoire, c’était que ces rêves étaient si réalistes, si vifs, que Paris avait la désagréable sensation de les avoir réellement vécus, comme s’il s’agissait de vieux souvenirs refaisant surface. Pourtant, cela semblait impossible, car tout indiquait qu’ils provenaient d’une autre époque – leurs vêtements, leur environnement…

C’est ainsi que Paris finit par se convaincre qu’elle était victime d’une terrible malédiction, ou pire encore, qu’un démon de luxure la possédait chaque nuit pour se nourrir de ses songes. Une explication aussi grotesque que farfelue, mais hélas la seule qui lui semblait plausible.

Désemparée et effrayée à l’idée de faire ces rêves indéfiniment, Paris avait décidé de prendre les choses en main pour mettre un terme à cette délicieuse mais terrible torture. Elle avait d’abord envisagé de consulter un psychologue, mais elle avait vite abandonné cette idée, craignant qu’on ne la prenne pas au sérieux ou, pire encore, qu’on lui diagnostique une maladie mentale. L’Église lui apparut alors comme la meilleure option, même s’il y avait de fortes chances qu’on lui impose des séances d’exorcisme dans le cas où elle serait réellement possédée. Mais Paris était prête à endurer ce désagrément si cela lui permettait de retrouver une vie normale.

Lorsqu’elle atteignit les grandes portes de bois de l’église, elle prit une profonde inspiration avant de pousser l’une d’elles. L’intérieur était calme, presque apaisant, et l’odeur de cire et d’encens flottait dans l’air. Un homme se tenait près de l’autel, vêtu d’une soutane noire. De dos, elle remarqua ses cheveux longs et légèrement ondulés, d’un noir de jais. Il se retourna au bruit de la porte qui grinça, et leurs regards se croisèrent.

Paris sentit son souffle se couper.

C’était lui.

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Sebastian posa un vieux livre de prières sur l’autel lorsqu’il entendit la porte de l’église grincer. Ses mains, fortes mais précises, marquées par des années de dévotion et de travail, se croisèrent calmement sur sa poitrine. En se retournant, il aperçut une jeune femme vêtue d’un manteau élégant, dont les traits exprimaient un mélange de nervosité et de détermination.

Ses yeux d’un vert profond se posèrent sur elle avec douceur, mais il fut frappé par une étrange sensation. Une chaleur familière, presque nostalgique, l’envahit soudain, comme si cette jeune femme appartenait à un souvenir enfoui, inaccessible mais présent.

Malgré cette impression troublante, il garda son calme habituel et s’avança lentement.

— Bonjour, ma fille, dit-il d’une voix grave mais apaisante. Soyez la bienvenue. Comment puis-je vous aider ?

La première pensée qui traversa l’esprit de Paris fut : Qu’est-ce qu’il est beau… lorsqu’elle détailla les traits bien définis du prêtre. Mais cette idée fut aussitôt éclipsée par une autre lorsqu’elle prit conscience de son identité.

"C’est lui…”

Elle n’avait pas besoin de confirmation, tout son corps le lui criait. Une étrange vague de soulagement mêlée d’amertume la submergea, et aussitôt son cœur fut transpercé d’une douleur insoutenable. Les larmes lui montèrent aux yeux sans qu’elle ne puisse en comprendre la raison. C’était comme retrouver un être cher perdu à jamais, comme retrouver quelque chose de précieux après une éternité d’absence.

Elle connaissait ce sentiment. Elle l’avait déjà ressenti… il y a peu.

C’était précisément le jour où elle avait rêvé de cet homme pour la première fois.

Cet après-midi-là, Paris avait décidé de ranger les affaires de sa mère, dont la chambre était restée intacte depuis son décès. En fouillant dans une boîte à bijoux, elle était tombée sur un magnifique collier nuptial orné d’émeraudes, un héritage familial transmis depuis des générations chez les Watson. Sa mère lui en avait déjà parlé : ce bijou jouait le même rôle qu’une alliance, un présent offert à la mariée par son époux.

Bien que ce soit la première fois qu’elle voyait ce collier, Paris avait ressenti une étrange familiarité. Elle s’était dit que c’était simplement parce qu’elle en avait entendu parler, et, poussée par la curiosité, elle l’avait passé autour de son cou… Une décision qu’elle regrettait amèrement désormais.

Car à l’instant où elle l’avait enfilé, une douleur déchirante l’avait transpercée, et des larmes incontrôlables avaient inondé son visage.

Surprise par cette réaction, Paris avait immédiatement retiré le collier, tentant de comprendre ce qui venait de se passer. Mais elle n’avait aucune explication rationnelle. Ne voulant pas trop s’attarder sur des questions qui la dépassaient, elle avait mis cela sur le compte de l’émotion – la perte de sa mère était encore douloureuse.

Malheureusement, cette nuit-là, elle avait rêvé de lui. De cet homme qui se trouvait à présent devant elle.

Le poids des émotions fut trop lourd à porter. Sans comprendre pourquoi, Paris éclata en sanglots.

Se rendant compte du ridicule de la situation, elle s’empressa d’essuyer ses larmes. Là, debout, immobile, fixant un prêtre avec un visage larmoyant, elle devait sembler totalement dérangée. Heureusement, ce dernier ne fit aucune remarque. Il l’observait simplement, calmement, ses yeux perçants cherchant à comprendre.

Affolée, Paris tourna brusquement les talons et s’enfuit sans un mot.

Sebastian, figé, la regarda disparaître, pris au dépourvu par cette réaction inattendue.

Un murmure franchit ses lèvres :

— Qui êtes-vous… ?

Son regard se porta sur la porte de l’église, désormais immobile. Une vague de souvenirs flous s’imposa à lui, des sensations qu’il n’arrivait pas à nommer. Depuis des années, il avait fait ces rêves étranges, constants, où une femme au visage indistinct occupait toutes ses pensées. Et aujourd’hui…

Il secoua légèrement la tête, reprenant contenance. Ce n’était ni l’endroit ni le moment pour s’égarer dans de telles réflexions. En tant que prêtre, il se devait d’offrir son aide, même si la jeune femme avait fui.

Déterminé, Sebastian sortit de l’église. Le chemin devant lui était désert, mais il connaissait bien le comté et savait qu’elle n’aurait pu aller bien loin. Il emprunta la route bordée de champs de fleurs, ses pas mesurés, le regard scrutant l’horizon.

Au bout d’un moment, il l’aperçut. Elle était là, immobile au milieu de la route, entourée de la beauté vibrante des fleurs. Le vent jouait doucement avec ses cheveux, mais son dos tendu révélait qu’elle était encore troublée.

Sebastian avança lentement, veillant à ne pas l’effrayer davantage. Lorsqu’il l’aperçut enfin, immobile au milieu des tournesols, il s’approcha doucement.

— Pardonnez-moi de vous avoir suivie, dit-il d’une voix douce. Mais je ne pouvais vous laisser partir ainsi, surtout si quelque chose vous tourmente.

Il marqua une pause.

— Peut-être puis-je vous aider ?