Beneath the storm

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Summary

Quand l'ouragan frappe, la vraie tempête commence. Riley et Jack pensaient avoir du temps. Ils avaient tort. En l'espace de quelques heures, Isla, l'ouragan menaçant les côtes, devient une bête déchaînée, une force incontrôlable qui transforme les routes en rivières et les bâtiments en pièges mortels. 🚨 Fuir ou survivre ? Pris au cœur du chaos, ils doivent lutter contre les éléments, trouver un abri avant qu'il ne soit trop tard. Mais dans cette ville submergée, la nature n'est pas leur seul ennemi. 🌊 L'eau monte. 💨 Les vents hurlent. 🔦 Et l'espoir s'amenuise. Chaque décision compte. Chaque erreur peut être fatale. Dans cette course contre la tempête, combien de temps pourront-ils tenir ?

Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
18+

Avant la Tempête 🌧️

La télévision grésille dans notre petite maison chaleureuse. La voix du présentateur résonne, monocorde


« ... L’ouragan Isla, actuellement classé en tempête tropicale, pourrait se renforcer dans les prochaines heures. Les météorologues surveillent de près son évolution. Restez à l’écoute pour les prochaines mises à jour. »


Je suis affalée sur le canapé, le regard rivé à l’écran. L’atmosphère est lourde, chargée de cette tension que seuls les habitants de la Louisiane connaissent avant une tempête. Jack, mon compagnon depuis plusieurs années, jette un œil distrait à la télé.


« Tu crois qu’on devrait s’inquiéter ? »


Je ne quitte pas l’écran des yeux. « Évidemment. La pression chute trop vite. »


Il soupire. « Riley... à t’entendre, chaque tempête est la fin du monde. »


Je détourne les yeux un instant. « Ce n’est pas juste de l’inquiétude. Je ressens quand quelque chose se prépare. L’air change, l’ambiance aussi. »


Jack lève les mains. « D’accord, madame la météorologue. Mais moi, je veux pas stresser pour rien. »


Je pince les lèvres, sans répondre. Il ne comprend pas. Pas comme moi. J’ai toujours ce pressentiment quand une tempête approche, ce truc dans l’air... Je préfère me préparer au pire que d’être prise de court.


Il s’affale dans le canapé. « T’as jamais pensé à bosser dans la météo avec ton obsession des tempêtes ? »


« Tu plaisantes ? Ils changent d’avis toutes les heures. Je fais plus confiance aux satellites. »

Jack secoue la tête avec un demi-sourire. « C’est flippant comme t’aimes ça. Fascinant... mais flippant. »


Je laisse couler. Mon regard reste accroché à l’écran. Puis je me lève. « J’vais dormir. Si demain ça dégénère, autant être en forme. »


Il hausse un sourcil. « Si t’as raison, on dormira pas beaucoup. »


« Exactement. »


« Bonne nuit, Riley. Essaie de ne pas rêver d’ouragans. »

Je lui lance un sourire fatigué, puis je disparais dans la chambre. L’air y est plus frais. Je me glisse sous les draps, mais mon esprit reste en éveil.

Le matin arrive dans un ciel épais, chargé de nuages gris qui rampent au-dessus de la ville. Je me lève en silence, laisse Jack dormir, et descends préparer du café. L’eau bout, la cafetière ronronne, odeur familière et rassurante. Je m’installe à la table, mon regard se perd dans les gouttes qui filent le long de la vitre.

Jack me rejoint, encore ensommeillé. « Toujours la première debout. »

Je souris à peine. « Vieille habitude. »

Il s’installe avec sa tasse. « T’as prévu quoi aujourd’hui ? »

« Rien de très excitant. Des mails, des dossiers, et tenter de ne pas mourir d’ennui. J’aurais préféré rester à la maison, au sec. »

Il sourit. « Je t’imagine déjà, planquée sous un plaid, à checker les radars météo entre deux cafés. »

Je lève les yeux au ciel. « Peut-être bien. Et toi ? »

« Mike m’a demandé un coup de main pour son moteur. Avec ce vent, j’espère qu’il a encore du jus dans son garage. »

Je hausse un sourcil. « Il a toujours pas réglé ce souci d’alim ? »

« Nope. Mais tu connais Mike, il trouve toujours une excuse pour ne pas le faire. »

Je hoche la tête avec un petit sourire. Typique de Mike. Le silence s’installe, rythmé par le bruit doux de la pluie contre les vitres.

« Tu penses vraiment qu’elle va frapper ici, Isla ? »

« C’est possible. Et même si elle ne touche pas directement, ça va secouer. »

Il grimace. « Génial. »

Je lève mon téléphone. « Y’a déjà des files aux stations-service. »

Il hoche la tête. « Bon... on prendra ce qu’il faut ce soir. »

Après le petit déjeuner, on se prépare chacun de notre côté. Jack enfile ses affaires et rassemble ses outils pendant que je termine mon sac. L’air s’engouffre contre les vitres avec une intensité croissante, faisant vibrer les carreaux par à-coups, comme si la maison retenait son souffle.

Quand je passe par la salle de bain, elle est encore imprégnée de vapeur. J’attache mes cheveux et ajuste mon imperméable. Jack termine d’enfiler sa veste.

« Ça promet pour la journée... » marmonne-t-il.

J’attrape mon sac. « Au moins, toi, tu ne restes pas enfermée au bureau. »

Il dépose un baiser rapide sur mes lèvres. On échange un dernier regard avant de se séparer.

Lorsque j’arrive proche du bureau, les gouttes d’eau tambourinent sur le pare-brise, formant un voile rendant la visibilité difficile. Les essuie-glaces peinent à suivre. Je me gare devant le bâtiment, inspire profondément, puis sors précipitamment. L’eau s’infiltre aussitôt dans mes chaussures. Je traverse le parking en évitant les flaques.

À l’intérieur, l’ambiance est plus fébrile qu’à l’ordinaire. Les conversations tournent autour de la tempête. Certains secouent leurs parapluies, d’autres fixent leurs écrans de téléphone en quête de la dernière alerte météo.

Julia me saute presque dessus dès que j’arrive. « T’as vu ? Isla est passée en catégorie 2 ce matin. Ils parlent déjà d’évacuation sur la côte. »

J’enlève mon imperméable, le jetant sur le dossier de ma chaise. « Oui, j’ai vu. Mais ça change tout le temps. Difficile de le savoir. »

Elle fait la moue. « Ça m’inquiète. Mes amis près de la côte envisagent de partir. Tu crois qu’on sera touchés ? »

Je m’adosse à mon bureau. « Tout dépend de la trajectoire. Mais si les prévisions tiennent, les magasins vont vite se vider. »

« On devrait aller faire un tour à midi. »

Je hoche la tête. « Oui. Juste au cas où. »

Je m’assois. Les perles d’eau frappent les vitres avec insistance, formant des vagues liquides derrière lesquelles les arbres se plient sous les rafales. La matinée s’étire. Les appels, les dossiers, les mises à jour météo en fond d’écran. L’ouragan n’est pas encore là, mais il est partout dans les esprits.

À l’heure du déjeuner, Julia et moi décidons de braver les rafales pour rejoindre un supermarché à quelques rues de là. L’ambiance est déjà plus tendue qu’au matin. Des étagères ont été vidées en partie : l’eau, les conserves, les lampes torches... et même le papier toilette, comme si la panique suivait un vieux réflexe collectif.

« Ça commence... » murmure Julia, en observant le chaos dans les rayons.

Des clients pressés remplissent leurs caddies en vitesse, attrapant tout ce qui reste. Une femme se dispute avec un homme pour un pack de piles, tandis qu’un employé tente en vain de calmer le ton.

Je serre les dents. Ce n’est que le début.

On prend ce qu’on peut, puis on retourne au bureau. L’après-midi est pesante. Chaque coup de vent qui fait vibrer les vitres me rappelle qu’Isla se rapproche. Mon téléphone vibre sans cesse, nouvelles alertes, vents violents annoncés.

Quelque chose me dit que cette fois, l’instinct a raison.

Vers seize heures, un éclair fend le ciel, illuminant un instant la pièce d’une lumière blanche. Julia sursaute, manquant de renverser son café. « Bordel, j’ai pas signé pour ça. »

Je relève les yeux vers la baie vitrée. Le ciel est maintenant d’un gris épais, presque irréel. « Juste un orage... pour l’instant. »

Mais même moi, j’y crois à peine. L’atmosphère est différente, électrique. La météo se dégrade plus vite que prévu.

Le retour à la maison est un enfer. La route est un couloir flou de trombes d’eau. Les essuie-glaces battent un rythme frénétique, sans jamais vraiment dégager la vue. Les voitures avancent au pas, les pneus fendant l’eau qui commence à recouvrir les bords de route. La moindre flaque devient un piège, la moindre bourrasque un sursaut.

J’agrippe le volant, les phares des autres véhicules dansants à travers le rideau de pluie. L’habitacle semble soudain minuscule face à la colère du ciel. J’essaie de garder mon calme, mais chaque rafale me rappelle que la tempête approche.

Lorsque j’arrive enfin à la maison, trempée malgré mon imperméable, je claque la porte derrière moi, soulagée d’être à l’abri. Jack est déjà là, affalé sur le canapé, une émission d’info en continu à la télévision. Son verre repose sur la table basse, à moitié plein.

« T’as vu le temps dehors ? C’est pas normal, » dis-je en retirant mes chaussures détrempées.

Il lève un sourcil, sans même détourner les yeux de l’écran. « T’inquiète, on a connu pire. »

Je soupire, jetant un regard inquiet vers la fenêtre. La tempête est encore loin d’avoir dit son dernier mot.

Jack se lève en s’étirant. « Allez, file prendre une douche, je vais nous préparer un truc à manger. »

Je hoche la tête. Une douche chaude après cette journée infernale, c’est exactement ce dont j’ai besoin. En passant dans le couloir, j’entends déjà Jack fouiller dans les placards, à la recherche d’une idée de repas.

L’eau chaude ruisselle sur mes épaules, balayant la tension de la journée. Je ferme les yeux un instant, appréciant ce moment de répit. Le bruit de l’eau se mêle à celui, plus lointain, des gouttes contre le toit. Une trêve fragile, presque illusoire.

Quand je ressors, enveloppée dans un t-shirt large et confortable, une odeur de sauce tomate emplit déjà la cuisine. Jack a dressé deux assiettes sur la table.

« T’as fait quoi ? » je demande en m’installant.

« Rien de fou. Des pâtes. J’ai improvisé. » Il m’adresse un clin d’œil avant de s’asseoir en face de moi.

J’acquiesce en attrapant mon verre d’eau sans rien ajouter. Pas besoin de faire la liste des rayons vides pour comprendre que la suite s’annonce compliquée.

Il prend une bouchée, puis me lance un regard en coin. « Tu t’inquiètes toujours autant ? »

Je repose ma fourchette et croise les bras. « Tu veux que je sois détendue alors qu’un ouragan se renforce et qu’on pourrait se le prendre de plein fouet ? »

Comme pour ponctuer mes mots, un coup de tonnerre secoue soudain la maison. Les vitres vibrent légèrement. Jack sursaute, grimace, puis lève les mains en signe de paix. « Pas détendue, juste... on verra bien. On s’alarme peut-être pour rien. »

Je le fixe un instant, mi-amusée, mi-agacée. « Si je devais attendre que ça pète pour m’inquiéter, on serait déjà sous l’eau. »

C’est toujours comme ça entre nous. Lui dans l’attente, moi dans l’anticipation. On a déjà traversé d’autres tempêtes, mais cette fois... quelque chose me dérange.

« Bon, assez parlé météo. » Il désigne ma fourchette. « Mange, avant que ça refroidisse. »

Je laisse passer quelques secondes avant de céder, attrapant une nouvelle bouchée de pâtes. Le repas se poursuit dans une atmosphère paisible, ponctuée parfois par le grondement lointain du tonnerre.

Jack repose sa fourchette et me regarde avec un sourire en coin. « Alors, ta journée au bureau, c’était comment ? »

Je pousse un soupir, m’appuyant contre le dossier de ma chaise. « Longue. Beaucoup trop de mails inutiles et des réunions qui auraient pu être un simple message. »

Jack ricane. « Classique. »

Je hausse un sourcil. « Mais le plus fun, c’était quand Julia et moi sommes allées au supermarché. Une femme et un type se sont disputés pour le dernier pack de piles. J’ai cru qu’ils allaient en venir aux mains. »

Jack éclate de rire. « Sérieux ? Pour des piles ? »

« Ouais. Comme si c’était une question de vie ou de mort. » Je prends une bouchée avant de poursuivre. « L’ambiance était vraiment étrange. Certains remplissaient leurs caddies comme s’ils préparaient la fin du monde, d’autres semblaient ne pas s’en soucier du tout. »

Un éclair zèbre le ciel à travers la fenêtre, illuminant la pièce un court instant. Jack hoche la tête, impassible. « Les gens réagissent toujours bizarrement face aux tempêtes. Soit ils paniquent trop tôt, soit ils attendent que ce soit trop tard. »

Je roule des yeux. « C’est bien pour ça que je veux anticiper. »

Il lève les mains. « D’accord, d’accord. Et à part ça ? »

Je soupire. « Rien d’excitant. Julia était collée à son téléphone à rafraîchir la météo toutes les dix minutes, Matt prétendait qu’on s’inquiète pour rien... et moi, j’essayais juste de survivre à l’ennui. »

« T’es quand même pas allée actualiser les satellites météo entre deux mails ? » plaisante Jack.

Je lui lance un regard faussement vexé. « Je suis peut-être accro aux tempêtes, mais pas à ce point-là. »

Jack secoue la tête, amusé. « J’ai bossé toute la journée sur la bagnole de Mike. Une horreur. Il repousse toujours les réparations, et là, il se retrouve avec un moteur qui menace de lâcher. On a passé des heures dessus, et je suis même pas sûr qu’on ait réglé le problème. »

« Tu veux dire qu’il va encore repousser ça et te rappeler dans une semaine ? »

« Exactement. »

Je souris en terminant mon assiette. « Alors, en résumé, toi, t’as galéré avec un moteur, et moi, j’ai survécu à une guerre pour des piles. »

« Et on se retrouve ici à manger des pâtes en espérant que la tempête nous fiche la paix. »

Je lève mon verre . « À notre vie palpitante. »

Jack trinque avec son verre, un sourire en coin. « À notre vie palpitante. »

Pendant un instant, on oublie presque le grondement qui continue, au loin.

Quand on termine de manger, Jack débarrasse les assiettes pendant que je m’affale sur le canapé, le ventre plein et l’esprit un peu plus léger. Il revient quelques minutes plus tard avec deux tasses de café fumant. Il en pose une devant moi, l’odeur réconfortante remplissant aussitôt l’espace.

Je souris en l’attrapant. « Merci. »

« J’anticipe Riley en alerte rouge.» Il s’installe à côté de moi, jambes tendues sur la table basse. « Alors, on regarde un truc ou tu veux encore actualiser ton appli météo toutes les deux minutes ? »

Je lève les yeux au ciel, mais un sourire étire mes lèvres. « Très drôle. »

On finit par mettre un film sans trop y prêter attention, profitant simplement du calme de la soirée. À l’extérieur, les éléments s’agitent, mais notre bulle reste intacte un instant encore.

Après une heure, mes paupières commencent à s’alourdir. Jack remarque mon bâillement et ricane. « Je croyais que la caféine te rendait insensible à la fatigue ? »

Je roule des yeux. « Même le café a ses limites. »

Il s’étire en attrapant la télécommande. « Allez, on va se coucher. Demain, on aura peut-être une vraie journée de tempête à gérer. »

Je pose ma tasse vide, traînant des pieds jusqu’à la chambre. Avant d’y entrer, je jette un dernier regard par la fenêtre. La rue est noyée d’eau, les lampadaires projetant des halos flous. Les arbres se courbent, dociles sous la force des bourrasques.

Jack s’installe rapidement, enfoui sous la couette. J’attache mes cheveux, puis me glisse à mon tour dans le lit. L’air est tiède, l’instant familier. Il se tourne vers moi dans la pénombre.

« Essaie de dormir, Riley. On verra demain. » Il se penche et dépose un baiser rapide sur mon front.

Je ferme les yeux, sans répondre. Le sommeil tarde à venir. Mon esprit reste en veille, captant le moindre bruit, la moindre vibration.

Dehors, les bourrasques sifflent, les vitres vibrent. La maison tient bon, mais la nuit s’épaissit.

Finalement, mes pensées s’effacent, noyées par la fatigue. Juste avant de sombrer, une seule idée me traverse : demain, tout pourrait basculer.