PRISMA

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Summary

Quand un monde fantaisiste devient le terrain d’observation d’êtres venus d’un monde lointain, science et magie se rejoignent. Mais au cœur de cette rencontre silencieuse, une âme tranchée entre deux mondes cherche sa place.

Status
Ongoing
Chapters
48
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
16+

(1) L'Exil du Sang.

Les murs de pierre du grand hall du manoir Zoldiese renvoyaient l’écho des murmures oppressants. La lumière vacillante des torches projetait des ombres menaçantes sur le sol dallé, amplifiant l’aura de tension qui régnait dans la pièce. Nya, à genoux sur le sol froid, serrait les dents, son regard défiant plongé dans celui de son grand-père, Richard Zoldiese.

Le patriarche, imposant dans son long manteau noir brodé d’or, se tenait droit devant elle, l’épée à la main. Son visage était impassible, mais ses yeux brûlaient d’une froide détermination. Autour d’eux, les membres de la famille s’étaient rassemblés, formant un cercle d’observateurs avides de spectacle. Certains chuchotaient, d’autres ricanaient. Tous attendaient le verdict avec impatience.

“Nya Zoldiese,” déclara Richard d’une voix grave. “Tu as trahi ta famille.”

Un murmure parcourut l’assemblée. Nya ne détourna pas les yeux. Elle savait que sa sentence était déjà décidée, mais elle refusait d’abaisser la tête devant cet homme.

“Tu nous as vendus à l’ennemi. Pour cette trahison, tu seras marquée.”

Lentement, il leva son épée. Nya sentit son cœur s’accélérer. Elle savait ce qui allait suivre. Le silence tomba lourdement. Un instant plus tard, la lame fendit l’air et s’abattit.

Une douleur fulgurante explosa dans son bras droit. Un cri de souffrance lui échappa alors que son bras, tranché net, tomba au sol dans une mare de sang. Elle s’effondra, les doigts crispés sur la plaie béante, haletante, son souffle se brisant sous l’intensité de la douleur.

Mais Richard ne s’arrêta pas là. Il tendit la main, et un cousin s’avança avec une petite fiole remplie d’un liquide sombre et visqueux. Nya, encore tremblante, leva les yeux vers son grand-père, une lueur de panique traversant son regard. Elle savait ce que contenait cette fiole.

“Non… non, ne fais pas ça,” souffla-t-elle, la voix brisée par la douleur.

Richard ne répondit pas. Il déboucha la fiole et renversa son contenu sur la plaie sanglante. Instantanément, une sensation brûlante, pire que tout ce qu’elle avait ressenti auparavant, envahit son corps. Son cri de douleur résonna dans tout le manoir alors que le liquide s’infiltrait dans ses veines, une malédiction qui scellait son sort.

Les Zoldiese observaient la scène avec amusement et satisfaction. Richard, impassible, recula d’un pas et ordonna calmement :

“Relâchez les chiens.”

Les battements de cœur de Nya s’emballèrent. Elle lutta pour se redresser, une sueur froide perlant sur son front. Elle tourna la tête vers la porte massive du hall, où déjà, des bruits de chaînes résonnaient.

L’instinct prit le dessus. Oubliant la douleur, oubliant la peur, elle se releva en titubant et se précipita vers la sortie du hall. Derrière elle, les grognements sourds des molosses affamés résonnaient déjà, annonçant le début de la chasse.

Nya courait à travers le grand hall du manoir, son souffle saccadé par l’adrénaline et la douleur. La blessure de son bras la brûlait, mais elle n’avait pas le luxe de s’attarder dessus. Derrière elle, les bruits de chaînes et les grognements des molosses retentissaient, signe que la traque était lancée.

Elle franchit quelques mètres avant de sentir une pression soudaine contre sa jambe. Son corps bascula violemment en avant, s’écrasant contre le sol froid. Dans l’ombre du hall à sa droite, Rebecca s’accroupit, un sourire moqueur sur les lèvres.

“Oups, je ne t’avais pas vue,” susurra-t-elle en ricanant.

Nya, tremblante de rage et de douleur, releva les yeux vers elle. Rebecca ne bougea pas, son amusement évident dans son regard. Mais il n’y avait pas le temps pour les confrontations.

Poussée par une montée d’adrénaline, Nya roula sur le côté gauche et se remit debout, ignorant le rire moqueur de sa cousine. Elle reprit sa course, ses pas résonnant sur le sol dallé du hall. Les chaînes des cages résonnèrent dans son dos, signalant que les chiens étaient libérés.

Soudain, trois cousins plus jeunes apparurent devant la grande porte, bloquant la sortie. Leurs visages affichaient une satisfaction malsaine.

“Déjà en train de fuir, Nya ?” fit l’un d’eux d’un ton sarcastique.

“Moi qui pensais qu’on aurait droit à un peu plus de spectacle,” ajouta un autre.

Nya sentit la colère monter en elle. Elle n’avait pas le temps pour ces jeux. Elle bondit en avant et percuta de plein fouet le cousin du milieu, qui vacilla sous l’impact. Profitant de son déséquilibre, elle le poussa brutalement, l’envoyant au sol. Les deux autres n’eurent pas le temps de réagir avant qu’elle ne se précipite au-delà d’eux, ouvrant la grande porte à la volée.

L’air froid de la nuit lui fouetta le visage tandis qu’elle s’élançait dehors. Derrière elle, un hurlement résonna, suivi du bruit sourd des griffes frappant le sol. Les chiens étaient maintenant à sa poursuite.

Sans se retourner, elle se précipita vers la forêt, son seul espoir de survie.

Les branches griffaient sa peau alors que Nya s’enfonçait dans l’obscurité dense de la forêt. L’adrénaline pompait dans ses veines, masquant à peine la douleur lancinante de son bras mutilé. Derrière elle, les aboiements furieux des molosses résonnaient, se rapprochant inexorablement.

Le sol humide glissait sous ses pas précipités, la boue s’accrochant à ses jambes. Elle zigzaguait entre les arbres, cherchant un terrain plus difficile pour ralentir ses poursuivants. Ses yeux scrutèrent l’environnement, cherchant une issue.

C’est alors qu’elle vit le champ de lianes épineuses. Un frisson la parcourut. Traverser cet endroit signifiait souffrir davantage, mais c’était peut-être son seul moyen de gagner du temps.

Elle inspira profondément et s’y engouffra. Les épines déchirèrent sa peau, lui arrachant des gémissements de douleur, mais elle continua. Derrière elle, les chiens hésitèrent, puis s’engouffrèrent à leur tour, ralentis par les obstacles naturels.

Elle atteignit enfin une rivière tumultueuse. Son souffle s’accéléra. Avec un bras en moins, la traversée était impossible.

Un bruit furtif. Un sifflement dans l’air. Une douleur atroce explosa dans sa poitrine.

Nya ouvrit des yeux écarquillés, son corps se figeant sous l’impact. Une chaleur poisseuse se répandit sur sa peau. Elle baissa lentement la tête et vit la lame, son éclat cruel couvert de sang, enfoncée de part en part dans son torse. Une main froide appuyait sur le manche. Tremblante, elle leva les yeux.

Rebecca.

Sa cousine souriait, un rictus malsain déformant ses traits. Ses yeux brillaient d’un plaisir sadique mêlé à une étrange satisfaction.

“Dommage, Nya,” susurra-t-elle en inclinant la tête. “Tu n’auras même pas eu la chance de voir l’aube.”

Nya ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Sa gorge se contracta sous l’effet du choc et de la douleur. Son souffle devint haché, chaque inspiration un supplice alors que le sang remplissait ses poumons. Ses jambes tremblèrent, la force l’abandonnant.

Elle sentit les doigts de Rebecca agripper son épaule, puis, sans la moindre hésitation, la projeter en arrière. Son corps bascula dans le vide.

La chute lui parut durer une éternité. L’air froid fouettait son visage tandis que son regard se levait une dernière fois vers la silhouette de Rebecca, encadrée par l’obscurité de la forêt.

Puis l’impact.

L’eau glaciale la saisit comme une étreinte mortelle, l’avalant dans ses profondeurs. La douleur se dilua dans la morsure du courant. Son corps se débattit par réflexe, mais elle n’avait plus la force de nager. Son bras unique ne suffisait pas. Ses poumons hurlèrent alors que l’eau s’y infiltrait, brûlant sa gorge comme du feu liquide.

Ses pensées s’effacèrent une à une. La peur. La souffrance. Le désespoir. Tout se dissipait, remplacé par une étrange torpeur. Ses yeux s’embuèrent, la vision de la surface s’éloignant comme un mirage inaccessible. Elle tendit la main, un geste futile vers un salut inexistant.

Lentement, inexorablement, Nya sombra dans les ténèbres du fleuve, le froid engourdissant son esprit, jusqu’à ce que tout devienne noir.

Le silence retomba sur la forêt alors que les dernières bulles d’air s’échappaient de la surface de la rivière. Rebecca observa l’eau trouble un instant, son sourire effacé. Son souffle s’était calmé, son cœur aussi. L’excitation du moment s’était évanouie, laissant place à un vide étrange.

Nya n’était plus là.

Elle baissa les yeux vers son épée, dont la lame luisait sous la lueur de la lune, encore souillée du sang de sa cousine. D’un geste machinal, elle l’essuya contre sa cape, effaçant toute trace du crime. Elle aurait cru ressentir de la satisfaction, un sentiment de victoire, mais il n’en fut rien. Son visage resta impassible alors qu’elle tournait les talons.

Le bruissement des feuilles derrière elle attira son attention. Trois cousins apparurent, retardataires, leurs épées prêtes à l’usage. Ils s’arrêtèrent en apercevant Rebecca, puis regardèrent autour d’eux, cherchant la proie disparue.

“Où est-elle ?” grogna l’un d’eux, visiblement frustré.

Le regard de Rebecca glissa vers la rivière, puis revint vers eux.

“Fini,” répondit-elle simplement.

Un soupir d’exaspération s’éleva du groupe.

“Déjà ? Quelle ennuis,” maugréa un autre. “Moi qui voulais la faire souffrir un peu plus.”

Rebecca fronça imperceptiblement les sourcils. Ce dédain, cette cruauté gratuite, tout cela lui paraissait si absurde. Ils parlaient de Nya comme d’un simple gibier, une bête sacrifiée pour leur divertissement. Elle serra légèrement la garde de son épée, une ombre fugace traversant son regard.

“Faible et inutile jusqu’au bout,” ricana un des cousins en rangeant son arme.

Rebecca les observa sans un mot, son visage désormais fermé. Pour eux, tout cela n’était qu’un jeu. Mais pour elle ? Elle sentait encore la chaleur du sang sur ses doigts, la résistance du corps de Nya sous sa lame.

Elle fit demi-tour sans un mot et s’éloigna, ignorant les commentaires désobligeants de ses cousins. À chaque pas, un malaise grandissant s’emparait d’elle. Elle n’avait jamais eu d’attachement particulier pour Nya, pourtant… pourtant, elle n’arrivait pas à se défaire de cette sensation dérangeante qui pesait sur elle.

Elle avait fait vite. Elle avait voulu que ce soit rapide. Car elle savait ce qui serait arrivé si elle n’avait pas agi. Elle avait vu ce que ces mêmes cousins avaient fait lors d’une autre chasse, il y a des années. Les cris avaient résonné dans la forêt cette nuit-là, bien plus longtemps qu’ils n’auraient dû. Le souvenir la hanta un instant, la ramenant à ce jour où elle avait détourné les yeux, incapable de supporter la scène.

Peut-être, cette fois, avait-elle choisi de regarder en face et d’abréger ce destin.

Le manoir n’était plus très loin. Là-bas, les préparatifs étaient déjà en cours pour la fuite imminente de la famille. Rebecca leva les yeux vers les grandes torches illuminant l’entrée et sentit un étrange frisson lui parcourir l’échine.

Tout était en train de changer.

Rebecca arriva en silence devant les lourdes portes du manoir, son pas rapide et décidé. Derrière elle, la forêt s’étendait comme une masse obscure, avalant peu à peu le bruit de la rivière où reposait désormais Nya. L’air était chargé d’une tension électrique. Tous ici savaient que le temps leur était compté.

Le grand hall, autrefois bruyant de rires moqueurs et d’observations cruelles, était désormais un lieu de tumulte organisé. Les plus jeunes s’affairaient à charger les chariots, tandis que les adultes donnaient des ordres brefs. L’ombre de l’armée impériale planait sur eux, et personne ne voulait être encore là lorsque les soldats franchiraient les portes.

Rebecca traversa la pièce d’un pas mesuré, ignorant les regards furtifs et les murmures échappés de lèvres suspicieuses. Elle se dirigea droit vers l’oncle Oswald, un homme massif au visage buriné par les années, qui dirigeait les préparatifs de la fuite. Il leva un sourcil en la voyant s’approcher.

Sans un mot, Rebecca tendit son épée ensanglantée. Oswald la prit sans poser de questions, inspecta rapidement la lame, puis hocha la tête.

“Bien. Tu as fait ce qu’il fallait,” dit-il d’un ton neutre, avant d’échanger son ancienne lame contre une nouvelle, d’un grade supérieur. Une reconnaissance tacite, une récompense froide pour un acte accompli sans faute.

Rebecca empoigna la nouvelle épée et, sans un mot, la fixa un instant. Sa prise se raffermit, mais elle ne ressentit aucune satisfaction. Ce n’était qu’un rituel, un passage de témoin que la famille imposait à ceux qui avaient prouvé leur loyauté.

À quelques pas de là, un autre échange attira son attention. Oswald venait de tendre son ancienne épée à Léo, un jeune garçon aux traits tendus. Il était un ami de Nya, ou du moins, l’avait été. Son regard s’attarda sur la lame, puis se leva lentement vers Rebecca. Il ne dit rien, mais l’ombre d’une compréhension traversa ses yeux. Était-ce un avertissement ? Un message déguisé ? Un dernier vestige d’humanité dans cette famille rongée par la cruauté ?

Rebecca détourna le regard et fit demi-tour. Il n’y avait rien de plus à dire. Les Zoldiese n’étaient pas du genre à discuter du passé, seulement à s’assurer que l’avenir leur restait favorable.

Autour d’elle, les préparatifs touchaient à leur fin. Les chariots étaient chargés, les chevaux sellés, et déjà certains montaient à bord, pressés de quitter ces lieux avant que l’armée impériale ne vienne réclamer ce qui lui était dû.

Rebecca prit une profonde inspiration. L’air sentait la cendre et la peur.

Puis, dans la nuit, les Zoldiese prirent la route, abandonnant derrière eux un manoir vide, des secrets ensevelis, et un fantôme au fond d’une rivière.

Puis plus tard dans la nuit, la pluie battante tambourinait contre les pierres froides du manoir déserté. L’orage qui grondait au loin semblait être l’unique témoin de la fuite des Zoldiese, leur absence transformant le lieu en une carcasse vide, hantée par le silence.

Les portes massives du domaine furent enfoncées dans un craquement sinistre, et bientôt, des dizaines de soldats impériaux investirent les lieux. Leurs armures brillaient sous la lueur des éclairs, les reflets métalliques accentuant leur présence imposante. L’odeur de la boue et du sang flottait dans l’air, mélangée aux cendres laissées par les torches éteintes à la hâte.

Le capitaine de l’unité, un homme à la stature imposante et au regard acéré, s’avança dans le hall principal, son regard scrutant chaque recoin. Il n’y avait que des meubles renversés, des papiers éparpillés et quelques traces de pas précipitées sur le sol humide. Il s’arrêta net en apercevant une forme sombre près du centre de la pièce.

Un bras. Un bras coupé, gisant là, baignant dans une flaque de sang séché.

Le capitaine plissa les yeux et s’agenouilla pour examiner le membre. Les runes gravées sur la peau lui confirmèrent immédiatement ce qu’il redoutait : Nya Zoldiese. La magie imprégnée dans son bras était censée guider l’armée jusqu’ici, leur offrant une chance de capturer la famille criminelle avant qu’ils ne puissent s’échapper. Mais il était trop tard.

Un officier s’approcha rapidement.

“Capitaine Endrick, nous avons trouvé des traces fraîches de chariots à la lisière de la forêt. Ils ne doivent pas être loin. ”

Le capitaine se redressa lentement, serrant la mâchoire. Il tourna son regard vers l’extérieur où la tempête continuait de déferler.

“Nous avons été trahis,” murmura-t-il sombrement.

Le silence pesant fut brisé par un grondement de tonnerre. Il savait ce que cela signifiait : quelqu’un au sein de l’armée avait prévenu les Zoldiese, leur permettant de capturer Nya avant leur arrivée et de disparaître dans la nature. Un traître se cachait parmi eux.

Un frisson d’amertume parcourut son échine. L’échec était total.

“Prévenez le QG,” ordonna-t-il enfin. “Nous devons nous préparer à poursuivre ces rats.”

Il jeta un dernier regard au bras mutilé de Nya avant de se détourner, sa silhouette se fondant dans l’obscurité du manoir. Derrière lui, les soldats impériaux se dispersèrent, cherchant désespérément un indice, une trace qui pourrait leur permettre de rattraper les fugitifs.

Mais la vérité était déjà scellée. L’armée était arrivée trop tard.

Le temps passa, la forêt était plongée dans une obscurité épaisse, seulement percée par l’éclat blafard de la lune cachée derrière des nuages lourds. La pluie s’était calmée, laissant derrière elle une brume flottante qui s’accrochait aux arbres noueux comme un linceul spectral. Les animaux nocturnes s’étaient tus, leurs instincts avertis de la présence d’un être étranger.

Un frémissement parcourut l’air, suivi d’un faible vrombissement à peine audible. Au-dessus du sol, un être enveloppé dans une armure intégrale de haute technologie flottait sans bruit, observant les environs avec attention. Son casque, d’un noir mat, était dépourvu de traits visibles, mais l’éclat rouge de ses capteurs analysait méticuleusement chaque centimètre du paysage.

Les nanodrones qui l’accompagnaient s’éparpillèrent comme une nuée d’insectes mécaniques, balayant la zone avec une efficacité implacable. L’entité, un archéologue venu d’un monde lointain, n’était pas là par hasard. Il traquait des fragments de savoir, des anomalies laissées par ce nouveau biome qui se présentait à lui. Et ce soir-là, il venait de trouver un spécimen des plus fascinants.

Près de la rivière, à demi enseveli sous la boue et les eaux stagnantes, reposait un corps. Une jeune fille, une demi-elfe, dont la silhouette frêle contrastait avec l’environnement hostile. Ses cheveux bleus, une teinte rare et inhabituelle, étaient alourdis par l’eau et collaient à son visage livide. Ses traits délicats, bien que marqués par la souffrance, conservaient une étrange douceur même dans la mort apparente.

Son torse portait une blessure mortelle, une perforation nette, témoignage de la lame qui l’avait transpercée. Son bras droit manquait, tranché net, et son sang s’était mêlé à la boue environnante.

L’être en armure s’agenouilla lentement, étendant une main gantée vers le corps de Nya. Des lumières bleutées jaillirent de ses doigts, scannant méthodiquement chaque fibre de son organisme. L’analyse ne laissa aucun doute : elle était cliniquement morte. Pourtant, quelque chose dans sa structure cellulaire présentait une particularité.

Un signal fut envoyé à ses drones. En un instant, une série de bras mécaniques miniatures s’activèrent, soulevant délicatement le corps inerte de Nya. L’armure de l’archéologue s’illumina brièvement avant que le monde autour de lui ne se distorde. En un battement de cil, ils disparurent.

Ils réapparurent dans un environnement radicalement différent. Une pièce stérile, aux murs d’un blanc immaculé, baignée d’une lumière artificielle froide. Des écrans affichaient des flux de données cryptées, tandis que des silhouettes en combinaison avancèrent prudemment vers le nouveau venu. Des êtres humains.

L’archéologue déposa le corps sur une table métallique, le champ holographique maintenant son intégrité physique intacte. Un scientifique aux traits tirés s’approcha, ajustant ses lunettes augmentées.

“Une demi-elfe..?” murmura-t-il en consultant les relevés biométriques. “Des cheveux bleus ? C’est inédit…”

Il fit glisser son regard sur l’état de la jeune fille, observant les relevés vitaux affichés sur un écran.

“Son état est critique… mais il y a quelque chose d’étrange. Son métabolisme n’a pas complètement cessé. Ses cellules sont étonnement tenaces.”

L’archéologue inclina légèrement la tête. Il n’émit aucun mot, mais ses capteurs transmirent toutes les données nécessaires. La machine connectée à la table se mit à vrombir, et une série de bras robotiques se déployèrent, commençant immédiatement l’opération.

Nya était sur le seuil de la mort. Mais la science qui l’entourait ce soir-là ne connaissait pas les limites des lois naturelles.

Le laboratoire vibrait d’une tension contenue, baigné d’une lumière froide et artificielle. Des écrans holographiques projetaient des données complexes, affichant en temps réel les constantes vitales du corps immergé dans une cuve de liquide translucide. À l’intérieur, flottait Nya, immobile, son corps réparé lentement par d’invisibles forces microscopiques.

Les scientifiques, bien qu’attentifs, n’intervenaient pas directement. Ils savaient que la technologie dont ils disposaient surpassait toute tentative d’assistance manuelle. Les nanotechnologies, minuscules et omniprésentes, circulaient dans la solution, pénétrant chaque cellule, restaurant les tissus endommagés, reconstruisant les organes affectés. Chaque milliseconde était une symphonie de restauration orchestrée à une échelle imperceptible.

Les cheveux bleus de Nya flottaient autour de son visage pâle, sa poitrine se soulevant à un rythme imperceptible, témoignant de l’activité en cours. Son cœur, autrefois brisé, était maintenant reformé, vibrant d’une énergie nouvelle. Son cerveau, autrefois privé d’oxygène, recevait de nouvelles connexions, des influx nerveux réactivés par la précision chirurgicale des nanomachines.

Un bip régulier résonnait doucement, synchronisé avec le rythme lent de son activité vitale. La solution contenue dans la cuve scintillait sous l'effet des micro-réparations constantes, s'assombrissant légèrement à mesure que les résidus cellulaires étaient évacués.

Les silhouettes derrière la barrière de verre observaient en silence, notant chaque détail du processus. L’archéologue se tenait à l’écart, immobile, scrutant l’évolution de la réanimation avec une précision absolue. Il ne bougeait pas, ne parlait pas. Mais ses capteurs enregistraient chaque infime fluctuation dans le corps de Nya.

Elle était stabilisée. Son corps était entièrement restauré. Mais elle n’avait pas encore ouvert les yeux.

Le scientifique principal prit une grande inspiration avant d’annoncer :

“Processus terminé. Elle est en état de stase régénérative.”

Une brève pause suivit, puis il ajouta d’un ton neutre :

“Nous attendrons son réveil.”

Il se tourna ensuite vers l’un de ses collègues et, d’un ton mesuré, déclara :

“Préparez la deuxième phase. L’objectif reste le même : greffer l'échantillon.”

Dans la cuve, Nya dormait encore, son corps flottant dans le liquide réparateur, entre la mort et une nouvelle vie.

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Galerie des Personnages — Chapitre 1

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Nya Zoldiese

Notre victime. Celle qui a tout perdu. Celle qui renaîtra. Peut être.


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Rebecca Zoldiese

Sa cousine. Sa dernière vision avant la mort. Celle qui l’a chassé et assassiné… ou protégée d'une longue torture?


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Léo Zoldiese

Son seul ami. Celui qui ne l’a jamais abandonnée, même en silence.


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Osvald Duplait

Responsable de la chasse. L’homme qui n’a rien dit… mais qui a tout validé. L'un des rares humain à travailler avec les Zoldiese (une famille d'elfe).


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Richard Zoldiese

Le grand-père. Le monstre en habit de patriarche. Le pilié de la branche Zoldiese.


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Endrick Valdeci

Responsable du raid du manoir Zoldiese. Il avait pour mission commune avec l'aide de Nya, d'arrêté la tristement célèbre famille Zoldiese et mettre fin à leurs activités illégal.


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L'archéologue

Un terrien venu d'un monde lointain où la science, la technologie et le savoir domine.

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