Chapitre 1
La nuit enveloppe Sylphara d’un voile sombre et mystérieux. Sylphara est une ville bâtie au cœur d'un vaste lac aux eaux cristallines. Une forêt gigantesque l'entoure, formant une barrière naturelle.
Clara s'engouffre dans la forêt sombre, à peine éclairée par les rayons de la lune. Elle examine la carte que lui a remise l'agent immobilier, qui n'avait pas le temps de l'accompagner.
Clara prend soin de ramasser des herbes médicinales qu’elle repère le long du chemin.
“Oh, de la camomille! De la lavande! Et de la menthe,” dit-elle avec joie.
Elle ne peut s’empêcher de sourire en pensant aux recettes qu’elle pourra concocter, à condition qu'elle ne fasse pas de d'erreur de dosage.
Elle ramasse aussi des morilles et des cèpes.
“Je vais me faire une petite omelette avec des champignons,” dit-elle en se léchant les lèvres comme une enfant.
“Oh, je ne connais pas ce champignon, mais il a l’air d’être délicieux,” dit-elle en mettant cet étrange champignon rouge dans son panier.
Après une demi-heure de marche et de cueillette, Clara découvre enfin le portail de sa future résidence. Le portail en fer forgé, couvert de lierre, se dressait entre deux grands rochers recouverts d’arbres, cachant ainsi la maison de la vue des passants. Elle pousse le portail grinçant qui s'ouvre, révélant le chemin sinueux qui mène à son nouveau chez-elle..
Elle continue de suivre le petit chemin, et enfin Clara aperçoit la grande façade de sa maison. Les ravages du temps ont laissé leur empreinte sur ce petit manoir. Les murs en pierre sont tapissés de mousse et de plantes grimpantes.
La lumière douce de la lune éclaire parfaitement les lieux.
Le manoir est entouré d'un petit jardin sauvage. Des fleurs sauvages poussent partout, ce qui ajoute une touche de couleur à l'ensemble. Un petit coin d’eau, entouré de nénuphars, abrite des grenouilles dont les chants mélodieux résonnent dans l’air. Clara prend un moment pour écouter, un sourire se dessinant sur ses lèvres.
“Il me semble qu’il y a un petit potager. J’irai voir demain.”
Clara s’avance clé en main et ouvre la vieille porte de la demeure. “Il faudra que je change la porte.”
Les vitraux de la porte d’entrée sont cassés laissant passer l’air.
Elle laisse tomber son sac dans l’entrée et la poussière du sol se met à danser dans l’air. Clara éternue.
“Par Satan,” murmure-t-elle.
Elle se baisse et prend un chandelier dans son sac.
“Oscilii lumén, ignus vita, Prisé de lumier, brûlle avéc eclat, Evaille les flame, illumn la nui, Chandellier enchenté, brille de mil fuex.”
Le chandelier s’allume, le feu est faible et finalement s’éteint rapidement.
“Hein?”
Clara sort son grimoire.
“Quelle page déjà? Ah, c’est là.”
Elle soupire. “Mais oui, je suis bête!”
Clara se concentre.
“Oscillum lumen, ignis vitae, Prise de lumière, brûle avec éclat, Éveille les flammes, illumine la nuit, Chandelier enchanté, brille de mille feux.”
Cette fois, le chandelier s’allume correctement et la flamme éclaire les lieux.
Clara regarde le grand hall et avance doucement. Les murs sont recouverts de tapisserie ancienne, dont les motifs élégants ont été partiellement effacés par le temps. À certains endroits, la tapisserie est déchirée, révélant les murs de pierre brute en dessous.
Le sol en marbre est terni et couvert de poussière. Des colonnes de pierre se dressent de part et d’autre du hall, soutenant un plafond voûté aux fresques à demi effacées. Un grand chandelier en fer forgé pend au centre de la pièce.
Le vent s’infiltre par les fenêtres faisant frissonner les rideaux. Elle remarque un escalier en colimaçon à l’autre bout du hall, menant aux étages supérieurs du manoir.
Clara pose ses mains sur ses hanches en soupirant.
“Bien,” murmure-t-elle, “il est temps de commencer.”
Elle ramasse un vieux balai trouvé dans un placard et balaie le sol, essayant tant bien que mal de se concentrer. Néanmoins, sa maladresse naturelle ne tarde pas à se manifester. En essayant de nettoyer une étagère pleine de bibelots anciens, elle renverse un vase qui se brise en mille morceaux..
“Super,” grogne-t-elle, en s’agenouillant pour ramasser les morceaux.
En se relevant, elle se cogne contre le poignet du placard.
“Aie,” grimace-t-elle en se massant le front.
“Bon, je vais mettre toute la nuit à faire du ménage si je continue comme ça.”
Clara ferme les yeux et se concentre. Prenant une profonde inspiration, elle formule une incantation ancienne qu’elle a apprise par sa grand-mère.
“Ventus purificans, auras clementes, Et lucis vis, curatrix ardentes, Haec domus munda, in splendor revivis, Fragmenta integra, conjungo sinistrians, que cette maison retrouve sa propreté qu’elle mérite.”
Alors qu’elle prononce ces mots, Clara sent une vague de chaleur parcourir son corps. Un vent magique commence à souffler doucement à travers le grand hall, emportant la poussière et les toiles d’araignées. Le sol en marbre retrouve son éclat d’antan, et les murs se débarrassent de leur saleté.
Le vase brisé sur l’étagère commence lentement à se reformer, les morceaux de verre se rejoignant avec précision. En quelques instants, le vase est de nouveau intact, brillant comme s’il n’avait jamais été endommagé.
Clara ouvre les yeux s’attendant au pire et observe le résultat de son sort. La maison semble respirer de nouveau, et elle se sent emplie de fierté.
“Oui! J’ai réussi du premier coup,” dit-elle en dansant en remuant ses fesses.
Elle sait que ses compétences de sorcière sont loin d’être parfaites, mais elle ne compte pas se laisser abattre.
Clara continue d’explorer les différentes pièces du manoir.
Elle ouvre une porte et se retrouve dans la cuisine. À sa grande surprise, elle découvre une pièce incroyablement moderne, contrastant radicalement avec l’allure générale du manoir.
Les murs de la cuisine sont recouverts de carreaux blancs immaculés, et les armoires en acier inoxydable brillent sous l’éclairage LED. Un îlot central en marbre trône au milieu de la pièce, équipé de plaques de cuisson à induction et d’un évier en porcelaine blanche. Des appareils électroménagers de dernière génération, tels qu’un réfrigérateur américain, un four à vapeur, un four électrique et une cafetière, ajoutent une touche de sophistication à l’ensemble.
Clara regarde autour d’elle émerveillée la cuisine.
“Je vais pouvoir faire de bons plats,” dit-elle avec enthousiasme.
Elle s’approche de l’îlot central et passe ses doigts sur la surface lisse du marbre, se demandant comment une telle cuisine a pu être installée dans un manoir aussi ancien. De plus, les anciens propriétaires étaient un vieux couple.
Elle regarde l’heure sur son téléphone portable.
“Il est 2h du matin?!”
Elle sort de la cuisine et monte l’escalier.
“Je finirai de visiter le rez-de-chaussée demain.”
L’escalier grince sous ses pas. Arrivée en haut, elle ouvre une porte et découvre une grande chambre vide.
La lune éclaire la pièce.
Les murs sont nus, et le parquet ancien craque légèrement sous ses pieds. L’air dans la pièce est chargé de l’odeur du bois.
“Spirits benevolentia, audite mea vota, Parietes in ornamenta, cordis optata, Apparate lignum et dulcedo verae, Aurea mobilium, natura pulchrae. Déménage, emménage.”
“Mais? Que fais-je là?”
Clara regarde l’individu avec un sourire gêné et un regard confus.
“Mamie?”
“Ne me dis pas que tu...” dit sa grand-mère en explosant de rire.
Les joues de la jeune magicienne deviennent rouges.
“Mamie!!” dit-elle, énervée et surtout très embarrassée.
Sa grand-mère arrête de rire et, sans rien dire, des meubles se téléportent progressivement. Un lit en bois clair avec une couverture moelleuse et des oreillers brodés, une commode élégante ornée de fleurs sculptées, une table de chevet avec une lampe en forme de lapin, et un fauteuil confortable près de la fenêtre, offrant une vue sur le jardin.
Un bureau apparaît en face du lit, rempli de crayons et de papier.
Suit une bibliothèque remplie de livres et de plantes grasses.
Le mobilier est mignon et naturel, apportant une ambiance chaleureuse et accueillante à la chambre.
“Merci, Mamie,” sourit Clara.
“Bon, je vais rentrer chez moi. La prochaine fois, fais attention !” rigole la vieille dame.
Sa grand-mère disparaît sans un mot.
“La honte !” grimace Clara en se jetant dans son lit.
“Un jour, je serai aussi forte que ma mère et grand-mère ! Je n’aurai plus besoin de réciter d’incantation ! Ils verront tous !” dit Clara rêveuse.
Elle ferme les yeux et s’endort rapidement.
“Quelle étrange créature,” dit une voix grave.
Un homme imposant, éclairé par la lune, se dresse à côté de son lit. Mesurant deux mètres, il a une carrure musclée et impressionnante. Ses cheveux noirs tombent en mèches indisciplinées autour de son visage sévère. Ses yeux, sombres comme l’abîme, la fixent avec une lueur d’amusement et de curiosité. Il porte un costume élégant.
“Mmm, crème au chocolat,” murmure Clara tout en bavant dans son sommeil.
L’homme esquisse un sourire froid.
« Je vais bien m’amuser. »
Sa voix grave résonne dans la pièce.
Les minutes s’écoulent et l’homme s’installe sur une chaise près du lit, observant chaque mouvement et chaque murmure de Clara.