PARTIE 1 : CHAPITRE 1
Partie 1 : Sous le soleil de Santorin.
Chapitre 1.
L’aéroport de Paris bruissait de l’effervescence typique d’un matin d’été. Dolorès marchait parmi la foule compacte, ses yeux cherchant fébrilement les panneaux d’affichage indiquant les comptoirs d’enregistrement des bagages. L’excitation grandissait en elle à mesure que le moment du départ approchait enfin. Après des années à consacrer son énergie à son travail, elle savourait enfin l’opportunité de réaliser ce voyage de rêve.
Elle tira sa valise à roulettes derrière elle, se frayant un chemin à travers les passagers impatients. Dans une tentative de se détendre, elle inséra ses écouteurs dans ses oreilles et lança sa playlist préférée, laissant la musique envelopper son esprit d’une douce évasion. Chaque chanson était comme une promesse de nouveaux horizons, un écho de son désir de voir et de créer au-delà des frontières familières de Paris.
Observant les voyageurs en classe affaires passer devant elle avec aisance, un soupçon de frustration s’immisça dans son esprit. Pourquoi n’était-elle pas dans cette position privilégiée ? Pourquoi le confort et la facilité semblaient-ils réservés à ceux qui pouvaient se permettre de payer plus cher pour leurs billets ?
Après avoir laissé sa valise au comptoir d’enregistrement, la brune se dirigea vers sa porte d’embarquement indiquée. Le cheminement à travers les corridors de l’aéroport de Paris était marqué par le flot incessant des passagers pressés et des annonces diffusées en plusieurs langues. Elle arriva à la porte d’embarquement et réalisa avec surprise qu’elle était en avance, une rareté pour elle, habituée aux dernières minutes de course contre la montre.
Elle balaya la salle d’un regard curieux. Des familles excitées, des couples planifiant leur lune de miel, des voyageurs solitaires absorbés dans leurs téléphones, tous partageaient ce même espace de transit où les destins convergent avant de se disperser vers des horizons divers.
Dolorès prit place sur un siège près d’une fenêtre, offrant une vue sur les pistes où les avions décollaient et atterrissaient avec une précision presque hypnotique. Retirant un livre touristique sur la Grèce de son sac à dos, elle l’ouvrit. Ses pages colorées étaient un puits de connaissances, offrant non seulement des informations pratiques sur les sites touristiques célèbres comme l’Acropole d’Athènes et les couchers de soleil légendaires de Santorin, mais aussi des anecdotes historiques et des conseils pour s’immerger pleinement dans la culture grecque.
Elle se plongea dans les descriptions détaillées des villages blancs aux dômes bleus, des ruines antiques où l’histoire s’éveille sous les pas des visiteurs, et des spécialités culinaires locales qui promettaient de ravir ses papilles. Chaque page tournée semblait lui rapprocher un peu plus de la réalité palpable de ce voyage, nourrissant son imagination et sa curiosité.
Le livre lui rappela également les aspects pratiques du voyage : les horaires des ferries entre les îles, les mots utiles en grec pour communiquer avec les habitants, et même quelques conseils pour éviter les pièges touristiques et découvrir les joyaux cachés de la Grèce.
Elle se laissa happer par les pages de son guide, oubliant un moment l’agitation autour d’elle. Le bourdonnement des annonces, les conversations en diverses langues et le bruit des bagages roulant sur le sol se fondaient en un murmure lointain. Soudain, une annonce interrompit sa lecture, signalant le début de l’embarquement pour son vol.
Elle rassembla ses affaires et se dirigea vers la file d’embarquement, présentant son billet à l’agent de bord avec un sourire. En entrant dans l’avion, elle chercha son siège et s’installa confortablement.
Quelques instants plus tard, une jeune femme brune avec des boucles et des lunettes de soleil relevées sur sa tête arriva à son siège à côté d’elle.
« Excusez-moi, c’est bien la place 14B ? » demanda-t-elle en vérifiant son billet.
« Oui, c’est ici. » répondit la jeune femme en se poussant légèrement pour lui laisser de la place.
Elle s’installa tout en la remerciant, rangeant son sac sous le siège devant elle. Une fois assise, elle se tourna vers Dolorès avec un sourire.
« Je m’appelle Riwana et vous ? Vous allez aussi en Grèce ? »
« Oui et je m’appelle Dolorès. » répondit-elle en lui serrant la main. « Je vais à Santorin. »
« Wow c’est magnifique là-bas ! » dit Riwana en ajustant ses lunettes de soleil sur sa tête. « Je rejoins mon copain. Tu sais, il y a des magnifiques plages, donc si tu y passes, on pourrait y aller ensemble ? »
La brune acquiesça vivement, contente d’avoir au moins un contact en Grèce. Elle lui demanda alors son numéro de téléphone et eut un grand sourire avant de regarder à travers le hublot.
« Tu vas faire quoi à Santorin ? » demanda sa voisine.
Dolorès ajusta son siège et prit un moment pour réfléchir.
« Eh bien, je ne vais pas rester qu’à Santorin. J’ai un programme assez complet prévu avec un guide touristique. Nous allons explorer les célèbres villages perchés comme Oia et Fira, visiter des sites archéologiques comme Akrotiri, et bien sûr, profiter des magnifiques plages. J’espère aussi pouvoir goûter à la cuisine locale et découvrir un peu de la vie quotidienne des habitants. »
« J’ai de bonnes adresses, si tu veux. »
Elle acquiesça vivement, reconnaissante pour cette offre généreuse. Elle sortit son carnet et un stylo de son sac à main, prête à noter les précieuses recommandations.
« Oui, je veux bien ! » répondit-elle avec enthousiasme, ses yeux pétillant d’anticipation.
Riwana lui donna plusieurs noms de restaurants locaux réputés pour leur cuisine traditionnelle grecque, ainsi que des endroits moins connus mais authentiques, où les habitants aimaient se retrouver. Elle ajouta des conseils sur les meilleures heures pour visiter les sites touristiques afin d’éviter la foule et profiter pleinement de l’expérience.
Dolorès griffonna rapidement les détails dans son carnet, veillant à ne rien oublier. Elle sourit à Riwana, reconnaissante pour ces précieuses informations qui enrichiraient sûrement son voyage.
Après avoir noté les dernières recommandations, la brune posa doucement sa tête contre le hublot. Le vol se déroula paisiblement, bercé par le doux ronronnement des moteurs. Elle se laissa emporter par ses pensées, imaginant les endroits qu’elle visiterait, les saveurs qu’elle goûterait, et les expériences qu’elle vivrait au cours des prochains jours. Sa voisine semblait tout aussi absorbée dans ses propres rêveries.
L’avion commença sa descente vers l’aéroport. La jeune femme se redressa, ses yeux brillant d’excitation alors que l’île volcanique surgissait sous elles, entourée par les eaux azur de la mer Égée. Elle pressa son nez contre le hublot, captivée par la vue des maisons blanches à coupoles bleues perchées sur les falaises abruptes.
Bientôt, l’avion toucha le sol avec douceur, et les passagers se levèrent pour récupérer leurs bagages. Dolorès remercia chaleureusement Riwana pour ses conseils précieux et échangea un dernier sourire avant de se fondre dans la foule qui se dirigeait vers la sortie.
À l’extérieur de l’aéroport, après avoir récupéré sa valise, la brune fut chaleureusement accueillie par leur guide, Mikos, qui se tenait fièrement avec une pancarte portant le nom de leur groupe. Il affichait un large sourire, typique de quelqu’un qui était prêt à partager son amour pour leur pays.
« Bienvenue à Santorin ! » s’exclama-t-il avec enthousiasme. « Nous avons hâte de vous montrer cette magnifique île. »
Elle le salua et se joignit aux autres membres du groupe qui s’étaient rassemblés autour de Mikos. Elle sentait l’excitation monter en elle alors qu’ils se dirigeaient vers le bus qui les attendait pour commencer leur exploration de l’île. Le groupe était variés, composé de voyageurs venant de divers horizons, de différents âges, chacun impatient de découvrir les trésors cachés et les paysages époustouflants de Santorin.
La jeune femme monta à bord du bus et s’installa à une place près de la fenêtre. Le soleil matinal baignait déjà l’île d’une lumière dorée.
Sortant de ses pensées, un homme s’approcha d’elle. Ses cheveux d’un blond cendré étaient coiffés de manière désinvolte mais élégante, et ses yeux d’un bleu profond, rappelant les fjords scandinaves, dégageaient une intensité calme et réfléchie. Sa mâchoire carrée et son visage légèrement anguleux étaient encadrés par une peau claire, parsemée de quelques discrètes taches de rousseur.
Il s’arrêta à côté de Dolorès et lui adressa un sourire poli avant de lui demander d’une voix douce mais assurée.
« Est-ce que cette place est libre ? »
Dolorès lui fit un signe affirmatif de la tête, souriant chaleureusement en retour. Elle prit un instant pour observer l’homme qui s’était installé à côté d’elle. Elle remarqua la manière dont son t-shirt blanc était sans plis et son pantalon beige bien ajusté mettaient en valeur sa silhouette et sa prestance.
Puis, elle se reconcentra sur le paysage à travers la fenêtre du bus. L’aéroport était maintenant derrière eux, remplacé par des routes bordées de pins méditerranéens et de buissons fleuris, typiques de l’île de Santorin. Le soleil éclairait doucement les maisons blanches éparpillées sur les collines, créant un contraste saisissant avec le bleu profond de la mer Égée qui s’étendait à perte de vue.
La voix de Mikos résonnait dans l’habitacle, introduisant le programme de leur visite à Santorin avec enthousiasme. Il expliqua l’histoire fascinante de l’île, soulignant les points forts de leur itinéraire et partageant des anecdotes sur les traditions locales et la vie quotidienne à Santorin.
Alors qu’elle écrivait méticuleusement dans un carnet, capturant chaque mot prononcé par le guide, la brune sentit le regard de son voisin se poser sur elle. Elle leva les yeux et croisa son sourire bienveillant, qui semblait comprendre son désir de tout consigner.
« Tu vas prendre des notes partout ? » demanda-t-il d’une voix douce mais curieuse. « Tu ne vas pas profiter du voyage. »
Dolorès esquissa un sourire en retour, comprenant la remarque. Elle posa son stylo sur le carnet.
« Je veux juste m’assurer de ne rien oublier, et je suis une femme, je sais faire deux choses en même temps. »
Le blond eut un petit sourire. Son sourire resta, et il tourna légèrement la tête pour regarder à travers la fenêtre, où le paysage enchanteur de Santorin se déroulait sous leurs yeux.
« Je suis Soren. » dit-il avec un léger accent.
Dolorès esquissa un petit rictus amusé avant de fermer son carnet avec précaution.
« Enchantée, Soren. » répondit-elle, prononçant son propre nom avec une douceur presque musicale. « Dolorès. »
Il la regarda un moment, ses yeux bleus scrutant brièvement les traits de son visage, comme s’il cherchait à en apprendre plus sur elle à travers cette brève rencontre. Puis, sans un mot de plus, il se reconcentra sur Mikos, leur guide, captivant leur attention avec son récit sur l’histoire fascinante de l’île et les secrets cachés de ses paysages.