HÉRITIERS D’ENERA - Intrigues au royaume de Maar

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Summary

Il y a plus d’un millénaire, les tribus White et Red, jadis ennemies, unirent leurs forces pour repousser des envahisseurs communs. De cette alliance forgée dans le sang et l’honneur naquit le royaume de Maar, bâti sur la loyauté indéfectible de ses fondateurs, Thomas White et Christopher Red. Leur amitié glorieuse donna naissance à des dynasties prospères, régies par la sagesse et la force de leurs descendants. Mais les temps changent, et voici que la descendance des amis légendaires en vient à se faire la guerre. Pourtant, derrière la toile mortelle de la politique maariane, les chefs Dean Leblanc et Andy Rell ne s’affrontent pas pour la couronne, mais pour un secret plus ancien que le royaume lui-même. Dans l’ombre des palais et des champs de bataille, une quête in-sensée menace de plonger Maar dans le chaos. Alors que les complots s'entrelacent et que les alliances se brisent, une question de-meure : jusqu’où iront-ils pour obtenir gain de cause et, surtout, combien de vies innocentes seront sacrifiées sur l’autel d’une chimère ?

Genre
Fantasy
Author
EPICE
Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
18+

Introduction

Extrait de La Geste des Quatre Royaumes – chapitre : Maar.

Les jours fastes de la capitale de Maar n’étaient plus qu’un écho lointain, un murmure du passé. Sous l’empire des Rell, la nation vacillait, au bord de l’implosion. La menace de la révolte planait sur un peuple appauvri, étouffé par une noblesse avilie.

Un siècle durant, la tribu Red avait régné d’une main de fer gantée de velours. Mais l’avènement du roi Henri Rell brisa l’équilibre. Trois décennies de décadence et complaisance consumèrent le respect jadis voué à la monarchie maariane. Le faste indécent des courtisans nourrissait l’amertume du peuple et le murmure de la révolte se muait en grondement. Dans un climat de rébellion, deux factions se dressèrent, irréconciliables. Les partisans royalistes se cramponnaient au luxe red, et les nostalgiques du règne des Whites militaient pour un retour à l’ordre car jamais Maar n’avait connu le conflit sous la loi white, malgré ses dirigeants intransigeants.

Le bouleversement vint du palais de Rubis. Dans l’ombre, le prince Andy, dernier né du roi, ourdit un coup d’État qui secoua la dynastie Rell. Ravir le trône lui aliéna son propre sang. Les nobles à qui profitait le laxisme du roi Henri, écartés de leurs privilèges, répandirent une rumeur vénéneuse : l’enfant adultérin de la reine défunte s’était emparé de la couronne. Honte et abomination ! Un crime contre le sacerdoce royal !

Arrosées d’indignation, les fleurs de l’insurrection s’épanouirent. Mais Andy n’était pas homme à plier. Aux flammes du soulèvement, il opposa le fer et le sang. D’une poigne impitoyable, il fit tomber des têtes et écrasa la grogne contestataire sous un flot de décrets. Son nouveau Grand Conseil œuvrait d’arrache-pied et muselait par la terreur un peuple enragé. Confrontés à la dictature du roi, trois de ses frères s’enfuirent, traînant à leur suite des relents de vengeance à venir. Ainsi Andy assit sa suprématie et forgea son règne frappé du sceau de la crainte.

Il se fit appeler « Le Grand Red ». Son nom devint un glas quand celui de sa tribu acquit le prestige d’un titre redouté. La peur élisait domicile au palais et les Maarians serraient les dents sous le poids de sa tyrannie. Car plus qu’un despote, Andy Rell était un roi qui célébrait sa royale existence dans l’opulence et l’exubérance. Le mécontentement atteignit son paroxysme comme le souverain justifiait ainsi sa légitimité. N’en déplaise au petit peuple, le faste était apanage de rois, son tribut pour la sauvegarde des frontières du royaume face à des voisins envieux. Protéger Maar contre les convoitises ennemies réclamait son dû.

Mais la corde était tendue, prête à rompre. Dans les bas-fonds de la capitale, au cœur des tavernes et dans les ruelles obscures, l’indignation se muait en conspiration. L’ombre d’une guerre civile noircissait l’avenir de Maar. La poudre, sèche, attendait l’étincelle qui y mettrait le feu… Et lorsque coulerait le premier sang, nul ne saurait arrêter l’hémorragie.