La Religieuse et le mâle

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Summary

Elle croyait fuir l'enfer... mais elle vient peut-être de rencontrer le démon. Après cinq années passées cloîtrée dans un couvent, Amahle prend une décision irréversible : s'enfuir en pleine nuit. Mais sa liberté se brise net lorsqu'un accident la conduit en prison pour homicide involontaire. Dix années volées. Dix années à perdre foi en tout, à se vider de toute illusion. Lorsqu'elle sort enfin, elle n'est plus qu'une ombre. Elle n'a plus rien, plus personne. Sauf ce secret cruel : malgré tout, son corps est resté intact... jusqu'à ce qu'elle croise le regard de Dante Moretti. Magnétique. Dangereux. Intouchable. Dante n'a rien d'un sauveur. Son regard consume, sa présence dévore. Et Amahle ignore encore qu'elle lui appartient déjà : son père a vendu sa virginité pour effacer une dette de sang. Prisonnière d'un marché dont elle n'avait pas connaissance, Amahle se retrouve face à l'homme qui pourrait bien lui offrir une passion dévastatrice... ou l'entraîner à sa perte.

Status
Complete
Chapters
75
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

PROLOGUE

Amahle à 10 ans

Je lève les yeux vers la chorale dressée sur l’estrade de la petite église du quartier. Leurs voix s’élèvent, pures et vibrantes, comme si elles appartenaient à des anges. Si le ciel leur avait donné un chant, c’est ainsi qu’il résonnerait : lumineux, doux, bouleversant.

Assise sur un banc, tout au fond de la nef, je ferme les yeux. Chaque note me traverse, m’émeut, réveille en moi des souvenirs familiers. J’ai pris l’habitude de venir ici après les cours. C’est souvent l’heure des répétitions : les sœurs s’exercent, reprennent encore et encore les cantates de la foi. Mais ce soir, quelque chose est différent.

Un nouveau chant s’élève, et son interprétation m’atteint au plus profond de l’âme. C’est le même que celui que ma mère me fredonnait autrefois. Dans la voix des sœurs, il retrouve une intensité qui dépasse les souvenirs : l’émotion déborde, se lit sur leurs visages autant qu’elle se fait entendre dans leurs voix. Et, en l’espace d’un instant, je me sens transportée ailleurs.

Le père Philippe me laisse toujours entrer, comme s’il pressentait que ma place se trouve ici, entre ces murs baignés de chants et de prières. Depuis toute petite, je suis attirée par la religion. Maman m’a conduite chaque dimanche à la messe, et depuis, l’église est devenue pour moi un refuge. Un sanctuaire où mes peurs s’apaisent, où je me sens protégée.

Avec elle, je m’engage auprès des sœurs : donner à manger aux pauvres, offrir des vêtements, écouter les confidences des âmes fatiguées. Ces gestes simples nourrissent ma conviction intime. Alors que la chorale s’élève encore, mes larmes coulent silencieusement. Je ferme les yeux et une certitude brûle en moi : un jour, je consacrerai ma vie à Dieu. Je vivrai dans la lumière de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance. Oui… je serai religieuse. Et maman sera fière de moi.

Ce soir-là, je quitte l’église légère comme une plume, bondissant presque sur les pavés, le cœur plein d’espérance. Je chante les cantates chrétiennes comme on chante un serment au ciel. Mais au détour de la rue, je tombe sur Paco.

Le fils de ma voisine. Trois ans de plus que moi. Dans ses yeux, il n’y a ni la douceur des cantiques, ni la clarté des vitraux. Non… il y a autre chose. Une ombre que je ne comprends pas encore.

Et ce soir-là, sans le savoir, ma joie s’apprête à rencontrer une autre épreuve.

- Tu étais encore à l'église? Ton père ne sera pas content. Tu n'as rien d'autres à faire? Tu pourrais jouer comme toutes les filles normales de ton âge?

Je continue mon chemin en accélérant mes pas et il me rattrape.

- Toi je te parle microbe ! Qu'est ce que tu as à tout le temps à y aller?

- Je veux juste y aller et quand je serais grande, je serais religieuse.

Paco éclate de rire et se moque ouvertement de moi.

- Mais sans blague, tu es trop bête ! Religieuse mais tu es complètement folle ma pauvre. Nullissime... Tu vas plutôt ressembler à une sorcière avec tes yeux bizzares.

On se moque très souvent de la couleur atypique de mes yeux. En général les personnes aux peaux foncées ont des yeux foncés mais j'ai hérité des yeux clairs de ma mère et on me regarde très souvent de travers à cause de cette différence.

Il sort une grosse boule de terre qui était certainement caché derrière son dos qu'il me lance . Elle explose sur mon visage, je crie car j'ai les yeux qui piquent à cause des grains de sable que je tente d'enlever. Paco s'en va en riant et en m'insultant.

Tremblante, je suis devant la porte de chez moi. Il est 18h00, j'aurais dû déjà être rentré pour 17h30. Je décide de pénétrer, je longe le petit couloir de l'entrée et quand j'arrive au salon, je reçois une bonne et grosse gifle de mon père qui me fait tomber par terre. Je sens le goût du sang sur mes dents.

- Sale gamine, tu devais rentrer à 17h30. Où étais-tu encore passée sale gosse?

Quand j'essaie de répondre, il me donne un coup de pied à l'abdomen qui m'expédie contre le mur.

- Je ne veux pas entendre ta voix. Ferme là ! Tu ressembles de plus en plus à ta mère, hurle-t-il.

J'aperçois ma mère assise dans la cuisine impuissante. Elle ne peut pas m'aider sinon il va se déchaîner sur elle et je lutte pour ne pas pleurer sinon la sentence sera pire.

- Tu vois Maria ce que tu apprends à ta fille. Putain, tu veux en faire quoi. Je ne veux plus te voir dans cette église Amy sinon je la brûle avec ce prêtre pédophile et toutes ces bonnes putes de sœurs !

Je suis choquée par ces propos mais je ne dis rien. Je me fais toute petite.

-Je veux te voir à la maison pour 17h30 dorénavant. Fais ce que tu veux mais ne dépasse jamais cette heure sinon je tue ta mère . Sale bâtarde.

Il me tire les cheveux, me fixe avec dégoût et s'en va de la maison en claquant la porte. Je peux enfin pleurer et je sanglote dans les bras de ma mère qui s'est précipitée vers moi.

- Il faut que tu sois forte Amahle. N'abandonne jamais ta foi comme je te l'ai appris. Tu seras récompensée. Promets le moi , me dit ma mère. Je te promets qu'un jour , nous serons libres.

- Je te le promets maman. Je prierai toujours et je servirai Dieu.

Amahle à 18 ans

Debout devant la pierre tombale, je lis les mots gravés dans le marbre :

Maria Soares Ramos, une épouse et une mère tant aimée, nous ne t'oublierons pas.

La seule personne qui m’aimait vraiment et me soutenait sur cette terre vient de s’en aller. Je ne peux pas décrire ce que je ressens. Pourtant, je sais qu’elle me regarde de là-haut, et je ferai tout pour la rendre fière. Je tiendrai ma promesse.

Ma mère est morte d’un cancer du côlon. Je l’ai vue s’éteindre dans mes bras, perdre ses forces, fondre jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ses os sous sa peau. Et pourtant, jusqu’au dernier souffle, elle a gardé la foi.

Mon père ? Il l’a abandonnée à son sort. Probablement qu’il jubile à l’idée de toucher l’assurance qu’il avait souscrite le jour où ma mère est tombée malade. Mais je m’en fiche de son argent. Ma mère, elle, avait caché des économies qu’elle m’a confiées avant de mourir. Avec elles, je partirai loin, très loin de mon père, et je réaliserai mon rêve.

Ce rêve qu’elle a toujours nourri pour moi. Ce rêve qui commence maintenant.

Je replace mes mains sur la pierre froide et respire profondément. Chaque souvenir de ma mère me serre le cœur, mais en même temps, il allume en moi une flamme nouvelle. Je ne resterai pas prisonnière de la douleur ni de l’injustice de mon père.

Le soir tombe, et les ombres s’allongent sur le cimetière. Je serre le petit sac où ma mère a caché ses économies. Il est modeste, mais pour moi, il contient tout : la liberté, l’espoir, la promesse d’un avenir que je construirai seule.

Demain, je partirai. Je quitterai cette maison où l’amour s’est éteint, ce père qui ne mérite pas mon respect, ce passé qui me retient. Partir loin, suivre mon rêve, consacrer ma vie à ce qui compte vraiment : la foi, la justice, et le souvenir de celle qui m’a tout donné.

Et tandis que la nuit enveloppe le cimetière, je sens au fond de moi cette certitude invincible : je marcherai vers ma destinée, avec ma mère dans le cœur, comme un phare qui me guidera, même dans les ténèbres.

Amahle à 23 ans

À dix-huit ans, après l’enterrement de ma mère, j’ai quitté la maison en profitant de l’absence de mon père et je suis partie pour l’Italie. Aujourd’hui, je vis dans un couvent à Florence, et je n’ai jamais regretté mon choix.

Ma communauté est un véritable arc-en-ciel : des peuples, des nations, des langues et des cultures différentes se côtoient dans l’amour et la paix. Ensemble, nous partageons la vie quotidienne, la prière et la joie de l’entraide.

Nous accueillons des voyageurs venus du monde entier, certains préférant séjourner dans notre couvent pour la tranquillité, d’autres pour le côté économique ou touristique. Nous les guidons, préparons de bons repas et les recevons avec chaleur et bienveillance. Beaucoup passent des heures à se détendre dans notre célèbre jardin intérieur ou à visiter les lieux, mais chaque rencontre est pour nous un moment de partage et de communion.

Mes journées sont rythmées par la prière, le travail et les échanges avec mes sœurs. Ici, je me sens enfin à ma place. Notre responsable, Mère Marie-Clarence, nous guide avec douceur et sagesse. Femme pieuse et fidèle à sa foi depuis plus de trente ans, elle est notre modèle, notre exemple à tous. Sa bonté et sa sérénité illuminent notre quotidien et renforcent notre vocation.

Un soir d’été, incapable de dormir, je décide d’aller me promener dans la petite cour à côté de mon pavillon. L’air frais me fait du bien. Comme toujours, j’ai pris soin de mettre mon bandeau blanc, mon voile et ma robe noire.

Je m’avance vers la fontaine au centre de la cour annexe lorsqu’un bruit étrange me fait sursauter. Des murmures, des claquements, des gémissements étouffés… des sons qui ne devraient pas exister ici. Mon cœur s’accélère, mais ma curiosité me pousse à m’approcher.

Les bruits me mènent devant la porte du bureau de Mère Marie-Clarence. Elle est légèrement entrouverte. Tremblante, je tends l’oreille. J'entends des claquements, des hurlements, des cris, des sortes de gémissements. Ce que j’aperçois me glace le sang. Certaines personnes de la communauté, que j’admirais profondément, sont en train de se livrer à des comportements indignes de leurs enseignements. Les rires, les cris et l’intensité de leurs actes sont choquants.

Celle que je considérais comme une Mère dans ce couvent est à quattre pattes et se fait prendre brutalement par un homme pendant qu'un autre homme qui est un curé que je connais depuis mon arrivée ici , est debout devant elle et se fait sucer. La scène est tellement bestiale que je sens la nausée monter. J'aperçois d'autres sœurs que j'admire et que je respecte en pleins actes sexuels avec d'autres hommes se faire fouetter et certaines sont attachés bizzarement tout le long du corps et elles semblent apprécier ça. J'ai des hauts le cœur. C'est une orgie organisée au sein même du couvent. Pourquoi tant d'hypocrisie? Tout ce que ces personnes nous ont enseignés ? Toutes ces choses qu'ils ont qualifiés de péchés, ce sont ces choses auxquelles ils sont en train de s'adonner? Ils prennent du plaisir.

Je vois Mère Marie-Clarence avec des yeux revulsés , la bave coulant de ses lèvres pousser un cri comme si elle était au paradis, comme si elle était en pleine extase. C'est quoi cette réaction ? Je ne comprends pas? Je sais ce qui peut se passer entre un homme et une femme mais je ne savais pas que c'était aussi répugnant, aussi sale... j'ai peur d'être découverte

Tout ce en quoi j’ai cru semble s’effondrer. L’hypocrisie m’étouffe. Je sens la nausée monter, la peur me paralyser. En reculant, je fais tomber un vase qui se brise au sol. Je me précipite dans ma chambre, ferme la porte à clé et reste figée, le cœur battant, incapable de prier ou de trouver un mot. Tous mes repères viennent de s’effondrer.

Je sors ma valise sous le lit et commence à y glisser mes affaires. Une idée s’impose : je dois partir, mais je n’ose pas bouger. Il est une heure du matin, et chaque bruit me semble un avertissement. Je suis seule, terrifiée, et je sens que ma vie ne sera plus jamais la même.

Je reste assise sur mon lit, les mains crispées sur ma valise. Chaque craquement du plancher, chaque souffle de vent dans les volets me fait sursauter. Je n’ai jamais ressenti une peur pareille. Tout ce que je croyais solide dans ma vie – ma foi, ma communauté, mes repères – s’est effondré en quelques instants.

Je sais que je ne peux pas rester ici une minute de plus. Si je suis découverte, je ne sais pas ce qui pourrait m’arriver. Je prends une profonde inspiration, essaie de calmer les battements frénétiques de mon cœur.

C'est à trois heures du matin que je décide de partir.

J’enfile mes sandales et, valise en main, je descends doucement les escaliers, collée aux murs. Les couloirs sont silencieux. Le vent de la nuit s’infiltre par les fenêtres ouvertes, mais aucun bruit ne trahit ma présence. Chaque pas me semble un risque, chaque respiration une alerte.

Enfin, j’atteins la porte principale. La ville dort déjà, et les rues étroites de Florence sont baignées par la lumière douce des lampadaires. Je pousse la porte, et un souffle de liberté m’enveloppe. La peur est toujours là, mais elle est mêlée à une étrange énergie, une force qui me pousse à avancer, à ne pas revenir en arrière.

Ce soir-là, je quitte le couvent pour la dernière fois en prenant une des voitures appartenant à l'église qui se trouvent dans le garage. Je ne sais pas encore ce que l’avenir me réserve, mais une chose est certaine : je marcherai seule, guidée par ma foi et par le souvenir de ma mère. La vie que je croyais connaître est terminée, et devant moi s’ouvre un chemin que je devrai tracer moi-même.

Les images obscènes que j'ai vu, continuent à défiler dans mon esprit. Je roule sans une destination précise. J'ai besoin de m'éloigner de ce lieu. N'ayant pas dormi et roulant depuis bientôt plus d'une heure, je sens la fatigue m'envahir. Au lieu de m'arrêter, je continue de conduire pour atteindre la ville de Pise , mais ce sera la pire décision que j'ai prise. J'aurais dû m'arrêter et me reposer.

Je finis par m'endormir au volant et par ma faute, je percute violemment une autre voiture. Une femme et son bébé sont morts à cause de ma négligence et de mon erreur de jugement... J'ai tué deux personnes innocentes.

J'ai été retenue coupable d'homicide véhiculaire, ce n'était pas donc un meurtre prémédité et j'ai pris quinze ans de prison mais je n'en ferais que dix.

Le jour où le verdict est tombé. La mère Marie-Clarence était là. Quand je me suis retournée pour la regarder. Son regard m'a glacé sur place. Je n'ai rien dit de ce que j'ai vu cette nuit là au couvent et j'ai eu raison de garder le secret, en voyant son regard menaçant et glacial...elle était différente de la femme douce et bienveillante que j'ai côtoyé. Là je voyais une sorcière. Je me suis détournée et j'ai tendue mes mains pour les menottes; j'étais prête à purger ma peine. Le souvenir de ma mère me souriant a fini par m'achever. Les larmes que je retenais depuis l'accident ont fini par couler le long de mes joues et mon cœur douloureux a saigné.

J'espère que cette nouvelle histoire vous plaira.

Peut-être que certains pourraient être choqué!

Je n'ai rien contre la religion catholique et contre aucune autre religion. Étant croyante moi-même, je sais qu'il y a du vrai et du faux partout dans ce monde, ce genre de pratique malheureusement est réelle dans ces lieux considérés sacrés mais surtout il ne faut pas généraliser car il y a du vrai dans certains endroits.