Prologue
Pour la première fois sur ce compte, une histoire pas 100% érotique, parce que j'ai envie de vous emmener dans une petite aventure. Je veux vous transporter au cœur d'un récit mystérieux, rempli de créatures magiques. Il y aura beaucoup de sexe, oui, mais aussi de l'amour et de l'amitié. C'est une véritable épopée à la Baldur's Gate, avec l'apparition de compagnons tout au long de cette histoire. J'espère que ce côté original vous plaira. Bonne lecture, et bon tripotage.
Le vaisseau venait de perdre un réacteur lorsque la jeune femme entra dans la partie interdite. L’électronique dysfonctionnait partout, ouvrant et fermant des portes aléatoirement. Celle-ci, condamnée depuis des mois, s’était enfin ouverte. À l’intérieur de la pièce, elle trouva l’objet sacré, le cadeau qu’ils transportaient depuis tout ce temps. Mais quelle ne fut pas sa surprise en réalisant que ce cadeau était une femme, à peine plus âgée qu’elle, dotée d’une peau dorée et d’une très longue chevelure cendrée. Enchaînée dans les airs, par les poignets et les chevilles, elle était inconsciente et pourtant, raide comme si elle tentait de résister. Sa tête ne tombait pas comme une personne endormie.
Malgré la détresse du vaisseau prêt à se crasher au milieu de nulle part, la jeune femme s’immobilisa un instant pour observer sa camarade en tenue d’Eve. D’épaisses mèches retombaient le long de ses seins pour les couvrir, mais l’angle de ses jambes offrait une vue imprenable sur son sexe, lisse comme un pétale de rose. Sa peau ne possédait aucune tâche, aucune cicatrice. Elle avait été préservée avec le même soin qu’une statue de cire. Mais cette femme était belle et bien vivante.
Le pouvoir qui la maintenait en place la conservait également du désastre. Les lumières se brisaient autour d’elle, de la fumée s’échappait des réservoirs, les ordinateurs faisaient des étincelles… mais elle ne bougeait pas d’un millimètre, maintenue dans les airs par ses chaînes. Seule sa poitrine se soulevait délicatement.
Elle voulait la sauver, mais reçut un électrochoc lorsqu’elle tendit la main vers elle. Elle la retira immédiatement et la rapprocha de sa poitrine en gémissant. La solution à son problème devait résider dans un des ordinateurs qui n’avaient pas encore explosé. Elle trifouilla le premier, sans succès. Il était bloqué par un mot de passe et, même si elle l’avait connu, elle aurait été incapable de déchiffrer la langue dans laquelle il était réglé.
Il ne lui restait plus beaucoup de temps pour réfléchir. Le vaisseau allait sombrer et les quelques gardes encore vivants allaient la retrouver. Elle voulait croire en cet espoir qui l’avait animée en voyant cette autre humaine. Elle n’en avait plus vu depuis si longtemps, elle voulait se fier à son instinct. Après avoir trouvé le courage dans une grande inspiration, elle démolit l’ordinateur de l’énorme barre de fer qu’elle tenait entre ses mains, et qui l’avait aidé à entrer.
L’ordinateur lança un message d’alerte avant de s’éteindre complètement. L’écran se fissura, la boîte qui le maintenait commença à faire des étincelles. Et aussitôt qu’il cessa de fonctionner, l’énergie qui maintenait l’autre femme s’épuisa, les chaînes s’ouvrirent et son corps tomba lourdement au sol.
La jeune femme ne perdit plus de temps et se précipita vers elle. Elle la redressa et l’invita à se réveiller en la secouant et en la suppliant, les yeux noyés de larmes, les mains baignées de sang. Elle était son dernier espoir de vivre et d’être libre.
Elle ouvrit les yeux. La jeune femme leva les yeux au ciel en expirant, dans un signe de remerciement.
- Qu… que se passe-t-il ? Où suis-je ? demanda l’étrangère en observant le cataclysme autour d’elles.
- Je n’ai pas le temps de te raconter. Le vaisseau va sombrer, avec nous dedans. Il faut que tu fasses quelque chose ! Aide-moi, je t’en supplie !
- Qui es-tu ?
Elle ne réalisait pas encore la détresse de la situation. Elle était perdue, aussi bien dans sa tête que dans son corps. Rien ne faisait sens et elle ressentait un vide dans son esprit. Il lui manquait des souvenirs. Trop pour se rappeler ne serait-ce que son nom. Et cette jeune femme qui la tenait dans ses bras… sa voix lui semblait familière, comme si elle l’avait déjà entendue auparavant, au loin, dans un rêve.
Cette dernière haleta en entendant la porte s’ouvrir. Elle redressa la tête subitement pour voir arriver deux gardes aux longs tentacules. Ils tenaient des lances, assez tranchantes pour perforer son cœur. Ils l’avaient déjà blessée à l’épaule et à la jambe, mais elle avait su contenir la douleur pour parvenir à la pièce interdite. Maintenant qu’elle s’était arrêtée, elle la ressentait de nouveau et ne se voyait plus survivre.
- Qu’as-tu encore fait, humaine ?! hurla l’un des gardes, d’un air presque effrayé.
- Tu vas tous nous tuer ! ajouta l’autre.
La femme nue posa une main sur sa tête endolorie et se pencha pour les observer. Ils portaient de longs manteaux, dont le col remontait sur leur nuque. Ils étaient grands, avec des têtes ovales et des tentacules gluantes. Leurs mains gantées avaient l’air semblables aux siennes, mais leur regard brillait à la fois d’une lueur de haine et de peur.
Un second réacteur explosa. Le vaisseau perdit en puissance, se pencha davantage vers l’avant et emporta avec lui les deux gardes. Ils tombèrent, glissèrent, puis roulèrent jusqu’à se cogner contre un mur électrifié. Ils hurlèrent sous la puissance de courant. La jeune femme grimaça et tourna la tête pour ne pas les voir s’enfumer.
- Il faut essayer de minimiser l’impact de la chute ! Il faut trouver un point d’eau !
Ce ne fut pas sa voix paniquée qui interpela l’autre jeune femme. Ce fut une nouvelle voix, plus rauque, une voix d’homme. Elle pénétra son esprit par télékinésie, sans qu’elle puisse la reconnaître non plus.
Eve… Il faut que tu sautes… l’océan te protégera… saute, Eve… saute !
Elle n’avait pas le temps de réfléchir, de penser. Avant de se demander qui était la voix, elle se redressa. Depuis la grande vitre, elle pouvait apercevoir une vaste étendue d’eau, bien que le vaisseau se rapprochait du morceau de terre au loin. Elle saisit le bras de sa partenaire et la tira brusquement.
- Il faut sauter !
- Quoi ?!
- L’océan nous protègera ! Il faut sauter avant que le vaisseau ne tombe sur la terre. C’est notre seule chance !
La jeune femme l’écouta aveuglément. Elle se laissa tirer à travers le vaisseau qu’elle avait tant de fois arpenté à la recherche d’un moyen de s’échapper. Elle s’étonna que la prisonnière trouve son chemin jusqu’aux portes, sans pour autant l’interroger. Ce n’était pas le moment de poser des questions, c’était le moment d’agir.
Au bord du précipice, la prisonnière lâcha son poignet pour glisser sa main dans la sienne, dans un geste plus amical. Elle était aussi effrayée que sa partenaire, mais semblait animée d’une confiance qu’elle avait perdu à l’approche des gardes. Elle leva les yeux sur elle et sourit.
- Je crois… je crois que je me prénomme Eve.
- Enchantée, Eve. Je m’appelle Gwanyel.
- Enchantée, Gwanyel.
Elle lui sourit en retour et dans un abandon total, ils se laissèrent tomber dans le vide.