Le long chemin de la vie

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Summary

. À l’époque, personne n’a compris pourquoi Félix a tout quitté. Trois ans plus tard, le voilà de retour, changé, plus fort… mais toujours hanté par le passé.Par Noah.Son ancien meilleur ami.Celui qu’il n’a jamais pu oublier.Mais entre non-dits, malentendus et blessures encore vives, Félix osera-t-il affronter la vérité ?Et si la flamme n’avait jamais cessé de brûler… des deux côtés ?

Genre
Lgbtq
Author
Océane
Status
Complete
Chapters
37
Rating
4.6 5 reviews
Age Rating
18+

1 Le Premier Pas Vers Lui

En plein centre d’une ville endormie, un réveil sonne depuis déjà dix bonnes minutes. Félix, 15 ans, grand blond d’1m85, étendu sur son lit, ne l’entend pas hurler à tue-tête. Il n’entend pas non plus sa petite sœur Mina, 13 ans, qui entre furieuse dans sa chambre.

Elle n’est pas bien grande, mais a de la force et n’hésite pas à secouer son frère pour le sortir de son état léthargique.

— Putain, Lix, lève-toi ! T’es sérieux ? J’ai pas cours ce matin, et à cause de toi, je suis réveillée !

— Hmmm… c’est bon, je me lève, ça va. Mon réveil vient à peine de sonner, et tu commences déjà à gueuler dès le matin…

— T’es pas sérieux, ça fait au moins vingt minutes qu’il sonne ! T’es vraiment chiant, parfois… Je me demande si c’est vraiment toi le grand frère...

Elle ressort de la chambre en claquant la porte derrière elle.

Félix ouvre difficilement ses yeux bleu-gris, qui s’acclimatent lentement à la lumière du jour. Il prend son téléphone et se lève d’un bond en voyant qu’il est déjà 7h20 et que son premier cours commence à 8h30.

— Oh non… pas en retard dès le premier jour !

Il saute de son lit précipitamment et court prendre une douche. Il s’habille rapidement, toujours avec des vêtements assez larges car il déteste qu’on puisse distinguer ses formes, malgré les compliments de ses amis sur son physique.

Une fois prêt, il descend les escaliers et arrive dans la cuisine où ses parents et Mina prennent leur petit-déjeuner.

— Coucou fiston ! Alors, bien dormi ? Prêt pour cette nouvelle année ? demande sa mère.

— Coucou Pa, coucou Man. Ouais, ça va… mais je suis déjà à la bourre. Je file, je vous raconterai ce soir.

— Ouais, parce que sans moi, il se serait jamais réveillé, rajoute Mina avec son air de petit ange.

— Merci beaucoup, chère petite sœur, dit-il avec un grand sourire.

Il fait le tour de la table, dépose un bisou sur le front de chacun, puis sort de la maison.

Son lycée est à moins de cinq minutes à pied. Il marche d’un pas tranquille, la tête un peu dans les nuages. Il aime ce moment de calme avant le tumulte de la journée. Félix est quelqu’un de calme et réservé, mais il aime aussi passer du temps avec ses amis, rire et chahuter.

Devant l’arrêt de bus, il remarque un jeune homme brun, 1m78, carrure carrée, les yeux noisette mi-clos, l’air ailleurs.

Il ne saurait dire pourquoi, mais ce garçon se démarque. Est-ce cet air nonchalant ? Ou cette impression qu’il porte le monde sur ses épaules ? Il ne sait pas, il sent juste, à cet instant précis, que ce garçon est différent.

Il le regarde commencer à traverser la route et aperçoit une voiture foncer à toute vitesse. Sans réfléchir, il attrape le bras du jeune homme et le tire en arrière. Celui-ci perd l’équilibre et entraîne Félix avec lui dans sa chute.

Le brun s’écrase au sol dans un bruit sourd, et Félix lui tombe dessus de tout son poids. Ils n’ont pas le temps de comprendre ce qui se passe que leurs lèvres se touchent dans un baiser furtif. Le cœur de Félix manque de s’arrêter sous ce contact involontaire. Il se relève aussitôt, assommant presque le jeune homme d’un coup de tête dans la panique.

— Je suis vraiment désolé… je t’ai vu traverser, j’ai vu cette voiture… Enfin… fais attention à toi, s’il te plaît !

À peine le temps de finir sa phrase qu’il s’est déjà redressé et part en courant vers son lycée.

Le jeune homme, encore au sol, n’a pas eu le temps de comprendre ce qui venait de se passer. Quand il rouvre les yeux, la silhouette de son "sauveur" a déjà disparu. Il se redresse lentement, touche son front meurtri, puis pose un doigt sur ses lèvres, pensif. Il sort précipitamment de sa torpeur.

— Qu’est-ce qui vient de se passer ? murmure-t-il. Il secoue la tête et se dirige lui aussi vers son nouveau lycée, la tête toujours dans les nuages après une nuit trop courte. Quel début d’année, ça promet...

Félix arrive devant sa classe, le cœur toujours battant. Il se précipite au fond de la salle pour retrouver ses amis Maxime et Simon, qu’il connaît depuis le collège. Ce sont des amis fidèles avec qui il a tissé des liens solides.

Ils discutent du dernier film qu’ils ont vu — peut-être avec leurs copines ? Félix n’écoute pas vraiment, puis interrompt la conversation.

— Salut, vous devinerez jamais ce qui m’est arrivé ce matin. J’ai vu un mec… il a failli se faire renverser… Je crois que je lui ai sauvé la vie.

— Sérieux ? Et toi, ça va ? T’as rien ? demande Simon.

Félix leur raconte tout… sauf un petit détail qu’il préfère garder pour lui. Il n’est pas encore prêt à expliquer pourquoi son cœur bat toujours aussi fort.

La sonnerie retentit. Juste avant l’arrivée du professeur principal, un dernier élève entre dans la classe. Un grand brun, yeux noisette, 1m78. Félix se fige. C’est lui.

— Merde les mecs… c’est lui que j’ai sauvé tout à l’heure, murmure Félix.

— Ah… je comprends mieux pourquoi tu t’es précipité, balance Max avec un regard complice.

— Je ne vois pas du tout de quoi tu parles… répond Félix, qui commence à rougir.

— Et si on faisait plus ample connaissance avec ce jeune homme ? propose Simon avec un grand sourire.

Le garçon s’installe au fond de la classe, juste à côté d’eux. Maxime et Simon se retournent, curieux.

— Salut, moi c’est Maxime, mais tu peux m’appeler Max. Et lui, c’est Simon. T’es nouveau ? Tu viens d’où ? Comment tu t’appelles ?

— Salut Max, salut Simon. Je m’appelle Noah, enchanté. Ouais, j’ai déménagé récemment avec mon père… Longue histoire.

— Cool. Si tu veux, tu peux traîner avec nous pour l’instant, le temps de te faire des potes. T’inquiète, on est cool, tu verras !

— Heu… ouais, merci. C’est gentil.

Félix se retourne doucement vers Noah.

— Ne te sens surtout pas obligé, hein. J’ai des potes un peu relous qui foncent un peu sur tout ce qui bouge. Enchanté, moi c’est Félix, mais tout le monde m’appelle Lix.

Noah le fixe, intrigué, puis dit :

— Salut Lix. C’est bizarre, ta voix me dit quelque chose… je saurais pas dire d’où.

— Bah attends, tu vas quand même pas… commence Max, interrompu par un coup de coude de Lix.

Mais Noah n’a pas le temps de répondre : le professeur entre. Fin de la discussion…

Félix passe les heures suivantes à essayer de suivre les cours, mais son regard glisse régulièrement vers Noah, assis non loin. Il essaie d’être discret, mais quelque chose dans le regard de ce garçon le fascine. Une intensité, un mystère… Il ne comprend pas pourquoi, mais à chaque fois que leurs yeux se croisent, son cœur semble rater un battement.

À l’heure du déjeuner, Maxime propose naturellement à Noah de se joindre à leur table.

— Alors, que penses-tu de notre bahut ? demande Simon, toujours aussi bavard.

— J’avais un peu peur ce matin, en arrivant… Je me posais mille questions. J’ai même failli me faire écraser par une voiture, mais heureusement, un mec super réactif m’a sauvé la vie.

— Tu sais qui c’est ? demande Max, l’air de rien.

— Aucune idée. Quand j’ai ouvert les yeux, il avait déjà disparu. Faudrait que je le retrouve pour lui dire merci, quand même.

Puis, sans raison apparente, il tourne lentement la tête vers Félix, le regarde droit dans les yeux et lui demande :

— Et toi, comment tu vas ? Tu parles pas beaucoup, on dirait. Ça fait longtemps que tu connais ces deux-là ?

Félix, un peu perdu dans ses pensées, revient à lui quand Max lui donne un coup de coude discret.

— Oh, désolé… Ouais, ça va, merci. Et toi, ça va ? Alors comme ça, t’es venu vivre ici avec ton père ? J’espère que ton arrivée s’est bien passée. Si jamais tu veux visiter, n’hésite pas. Je connais toutes les bonnes adresses.

Il rougit légèrement, gêné par ses propres mots.

— On pourrait peut-être échanger nos numéros ? propose Noah, en tendant son téléphone, toujours en le regardant droit dans les yeux.

— Ah… oui… bien sûr, si tu veux… balbutie Félix.

— Tu m’as proposé de me faire visiter, mais sans contact, ça va être compliqué. Et puis, comme ça, j’ai déjà un repère ici. Si je me perds… tu pourras venir me sauver, lance-t-il avec un petit sourire.

— Avec la chance de Lix, vous allez juste vous perdre tous les deux, rigole Simon.

— Je pense qu’il y a bien pire que de se retrouver perdu avec Lix, ajoute Max avec un regard malicieux.

La sonnerie met fin au déjeuner. Les cours reprennent doucement, et les regards continuent, silencieux, tout au long de l’après-midi.

Plus tard dans la soirée, Félix est dans sa chambre. Il s’apprête à aller prendre une douche bien méritée quand il reçoit un message :

Inconnu :

Salut Félix, c’est Noah, ton nouveau camarade de classe. Je t’envoie ce message pour que tu aies mon numéro. Je ne vais pas plus te déranger, enregistre bien ce numéro. Bonne nuit Félix, à demain.

Le cœur de Félix fait un bond. Pourquoi ce simple message le trouble autant ?

Félix :

Salut Noah, t’inquiète, tu ne me déranges pas du tout. Tu peux m’écrire quand tu veux. C’est un plaisir de faire ta connaissance. Ton numéro est enregistré. Bonne nuit à toi aussi. À demain.

Il pose son téléphone, attrape sa serviette, et file sous la douche. L’eau chaude coule sur son corps, apaisant ses muscles tendus. Il s’appuie contre le mur, le front posé contre les faïences humides.

Une respiration lourde s’échappe de ses lèvres.

Il repense à la journée… au visage de Noah… à ce baiser involontaire du matin.

Ses mains glissent lentement sur sa peau, presque mécaniquement, jusqu’à ce qu’il réalise ce qu’il est en train de faire. Il s’arrête net. Sa respiration devient saccadée. La chaleur de la douche semble soudain lui monter à la tête.

— Putain… qu’est-ce qui m’arrive ? murmure-t-il, presque sans voix.

Ce soir-là, Félix s’endort, le cœur et l’esprit en tourbillon, perdu dans des sentiments qu’il ne parvient pas à comprendre. Pas encore.