Prélude
Pendant plus de douze heures, elles arrivent à oublier leurs ailes, l'élément crucial même qui forge leur particularité, et se complaisent uniquement dans une cohabitation avec le commun des insectes. Quelle patience, quel sens de l'humilité... Arriver à manger de la marde aussi paisiblement, sans que l'on ne se doute une seule seconde de leur souffrance, tout en patientant pour la venue de la nuit, l'instant de liberté, la saison de chance, l'heure de gloire... comme une fulgurance, on réalise bêtement que certains humains auraient sérieusement de quoi envier ces bestioles répugnantes qu'on appelle les insectes.
Et quand les températures se rafraichissent et la liberté s'affiche, le moment de la chasse s'ose, l'heure de la nourriture s'impose, et, tel dans un roman jeunesse où chaque fois les désires se renouvellent, rapidement, les drames explosent.