Prologue
- Je l’ai vue hier. Encore elle. Toujours elle. Si belle. Je lui ai échappé belle, ou je ne sais pas si c’est elle qui a brisé tout ce que j’espérais. En ce qui me concerne, je pense qu’on était bien ensemble. Donc, je ne saurais pas exactement comment expliquer notre éloignement.
- Très bien. Je pense que nous en avons fini pour aujourd’hui.
- Que… quoi, tu t’en vas maintenant ?
- Oui… hum… Jessica m’attend déjà. On a un dîner avec ses parents. Du coup, je ne peux pas me permettre d’être en retard, tu vois…
- Euh… oui, tout à fait. Il vaudrait mieux que tu te presses, en effet.
- Merci, je savais que tu comprendrais.
En sortant de chez lui, Benjamin était épuisé. Pas physiquement, mais mentalement. Il avait passé toute son après-midi à discuter avec une vieille connaissance. Conversations qui évoquent souvenirs, nostalgie, et parfois, déprime.
- Tu comptes lui en parler un jour ?
- De… de quoi ?
- Tu sais bien…
- Non, je ne vois pas ce que tu veux dire. Désolé.
- Arrête, Benjamin. Tu peux être honnête avec moi.
- Sorry, honey, mais je ne vois vraiment pas de quoi tu parles.
- Ah ! J’ai capté. Tu comptes jouer la carte du déni, c’est ça ?
- Du déni ? Mais de quoi tu parles ? Je ne vois pas ce que j’aurais à dire. Tout ce qui s’est passé est passé. Elle a déconné, il l’a oubliée. J’étais un « passif » dans cette situation. Je n’ai pas eu de mot à dire avant. Je n’en aurai pas maintenant.
- Mais quand même, quand ton pote déconne, tu es en droit de le lui dire, non ? Ou alors, c’est que l’écouter se plaindre à longueur de journée t’agace ?
- On a un dîner ce soir, Jessica. Laissons à « l’amour » le choix de faire ses propres choix. Il n’y aura pas de soleil pour nous.