LES FLAMMES D'ETHERION

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Summary

Dans un monde déchiré par les guerres anciennes, les dragons ont disparu depuis des siècles… du moins, c’est ce que tout le monde croit. Lorsqu’une jeune archiviste du royaume d’Yssara découvre un artefact scellé qui contient l’âme d’un ancien dragon, elle est projetée dans une lutte millénaire entre les héritiers des Flammes et les Sceaux du Néant. Mais réveiller un dragon ne vient pas sans conséquences…

Genre
Fantasy
Author
Vivian
Status
Ongoing
Chapters
11
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre I – Les Flammes de la Discorde

Le vent apportait l’odeur âcre des cendres.

Sur les plaines d’Yssara, jadis fertiles et dorées de moissons, ne subsistent plus que des cendres volatiles et des pierres noircies. Les arbres se dressent tels des spectres calcinés, leurs branches levées vers le ciel rouge comme des mains implorantes. La terre entière semblait gémir sous le poids de ses plaies, et l’horizon brûlait d’une clarté sombre, crépusculaire, éternelle.

Car les dragons s’étaient éveillés.

Nul ne savait ce qui les avait tirés de leur sommeil ancien — certains murmuraient que les sacrifices de sang des rois d’Yssara avaient réveillé la faim des bêtes primordiales, d’autres disaient qu’une fissure s’était ouverte dans le voile du monde, laissant filtrer la fureur d’un âge oublié. Mais tous conviennent d’une chose, les dragons n’étaient pas de simples créatures, ils étaient calamités. Des divinités incarnées.

Dans la cité de Veyndral, cœur battant du royaume, les murailles d’onyx vibraient sous le fracas des cloches. Les habitants fuyaient en hurlant dans les rues pavées, les bras chargés de maigres biens arrachés à la hâte. Les prêtres de la Flamme Blanche tentaient en vain de contenir la panique, levant haut leurs bâtons lumineux, psalmodiant des prières que le vent arrachait à leurs lèvres.

Un grondement emplit alors le ciel.

Pas un tonnerre. Pas une tempête.

Un rugissement.

L’ombre passa, immense, recouvrant la moitié de la cité. Les toits s’assombrirent, les torches s’éteignirent, et même le soleil se voila comme si une main titanesque l’avait étouffée. Puis vint le souffle.

Un torrent de flammes noires déchira l’air, déferlant sur les tours et les places. Les pierres éclatèrent comme verre, les hommes fondirent dans leur armure, les cris s’éteignirent d’un seul coup, avalés par l’embrasement. Veyndral, cité millénaire, tomba en une heure.

Au-dessus des ruines fumantes, ses ailes déployées comme deux continents obscurs, le dragon plana. Ses écailles, plus sombres que la nuit, étaient striées de veines incandescentes. Ses yeux, deux soleils livides, scrutaient la dévastation avec une intelligence froide. Il n’y avait ni cruauté, ni pitié dans ce regard. Seulement une certitude : il régnait.

Et son nom vibra, porté par le feu et les cendres :

Kaërn.

Le Dragon de Cendre.

Son rugissement fendit le ciel. Les montagnes lointaines résonnèrent comme des tambours funèbres. On raconta plus tard que ce cri n’était pas seulement un son, mais une lame de peur plantée dans le cœur des vivants. Beaucoup tombèrent morts de frayeur sans même avoir vu son ombre.

Face à cette menace, les rois d’Yssara n’eurent plus d’autre choix. Dans les cryptes de Verdanth, éclairées par mille chandelles noires, ils se rassemblèrent. Humains, mages, prêtres, elfes sylvestres… tous ennemis d’hier. Tous écrasés par une même terreur.

Et ce fut là, dans l’ombre des piliers couverts de runes, que naquit l’alliance. On l’appela le Serment de Braise.

Cinq champions se levèrent ce soir-là, ils avaient été choisis personnellement par le conseil des anciens au vu de leur prouesse et leur implication dans la sauvegarde d'yssara, chacun avec sa personnalité propre et ses capacités unique qui faisait d’eux le seule choix possible. Il y’avait une prêtresse auréolée d’une aura flamboyante, un mage dégageant une force surnaturelle, un roi au charisme pénétrant, une guerrière elfique à la beauté envoûtante et un forgeron au bras de fer. Cinq âmes jurées à un destin funeste.

Leur serment est simple : s’unir ou disparaître.

Mais au-dehors, le ciel vibrait encore des rugissements de Kaërn. Et tous savaient qu’aucun serment, aucun pacte, ne suffirait peut-être à contenir ce fléau.