L'héritière oubliée

All Rights Reserved ©

Summary

Je ne m'attendais pas à être acceptée dans l'une des plus prestigieuses écoles de droit d'Europe. Encore moins en vivant en Amérique du Nord. Au début, j'étais survoltée : j'allais enfin réaliser mon rêve. Mais mon enthousiasme n'a pas duré longtemps... L'université n'a rien à voir avec ce que j'imaginais. Pourquoi certains élèves se promènent-ils avec des ailes dans le dos ? Et surtout : pourquoi ai-je la désagréable impression d'avoir signé quelque chose que je n'aurais pas dû ? En moins de quarante-huit heures, ma vie est devenue un chaos absolu. Une chose est sûre : plus jamais je ne signerai des documents sans les lire. Plongez dans une aventure pleine de mystères, de rebondissements, de secrets d'héritage et d'une pointe de romance. 💫

Genre
Fantasy
Author
Carla
Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
13+

Prologue

Grace

J’empoche la dernière cliente de la journée et ferme enfin boutique. Être la seule vendeuse de cette petite pâtisserie n’est pas de tout repos. Et encore, je n’imagine même pas le travail de mes deux autres collègues qui s’affairent en cuisine. Mais ce n’est pas définitif. Voilà un an que je collabore avec cette petite entreprise pour me permettre de faire des études dans l’une des plus prestigieuses universités spécialisées en droit juridique. Bon, je vais sûrement devoir rester ici encore une bonne année... Il faut dire qu’avec les bas revenus de ma grand-mère, je suis obligée de séparer la moitié de ce que je gagne pour avoir un toit sur nos têtes. Et oui, je suis orpheline, ce qui est également le cas de ma sœur. Nous avons été recueillies par la mère de notre père il y a déjà cinq ans de cela. Il a donc toujours été galère de remettre en temps et en heure l’argent qu’on devait à l’État et au propriétaire du vieil appartement.

– Grace, il y a une femme devant la porte d’entrée, peux-tu lui indiquer que nous sommes fermés ?

La voix d’un des deux pâtissiers retentit et me fait sursauter. Je lui informe que je ne connais pas la personne et me dirige vers l’entrée de la boutique pour congédier la femme :

– Bonjour madame, je suis désolée, nous n’avons plus aucun stock et avons dû fermer plus tôt aujourd’hui. Repassez demain dans la matinée...

Ses lèvres s’étirent en un sourire chaleureux. Elle a sûrement dû abuser sur le nombre de sprays de parfum qu’elle a mis ce matin puisque l’odeur est tellement enivrante que ça en devient vite écœurant. Elle fait jeune, mais son sourire trahit son âge et donne l’impression qu’elle a vécu beaucoup de choses.

– Je ne viens pas pour cela, ma chère. J’ai besoin de m’entretenir avec vous. Pouvons-nous parler loin des oreilles indiscrètes ?

Ok, j’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Fait-elle partie d’une secte ? Pourquoi était-elle aussi mystérieuse ? Intriguée, je hoche la tête et je préviens mes collègues que je suis dehors, au cas où ils auraient besoin de moi. Nous nous installons sur l’une des tables disposées devant la pâtisserie et un long silence s’installe avant que je décide finalement de prendre la parole pour le briser :

– De quoi vouliez-vous me parler ?

La femme sourit à nouveau en voyant mon empressement et finit par m’expliquer la raison de sa visite :

– Vous avez été acceptée au Panthéon Assas, la grande université en droit de Paris.

– Quoi ?!

Elle opine de la tête avant de reprendre :

– Nous viendrons vous chercher à votre résidence samedi, prenez seulement le strict nécessaire.

Elle rigole ? C’est dans deux jours ! Comment je vais faire pour le loyer que ma grand-mère va devoir payer à la fin du mois ? Vont-elles s’en sortir sans moi ? Voyant mon air décontenancé, elle ajoute sûrement pour me faire changer d’avis :

– De plus, une prime sera envoyée chaque mois à votre famille pour qu’ils puissent vous rendre visite lorsqu’ils en ressentent le besoin.

Ce qui, j’avoue, fonctionne plutôt bien, puisque je suis en train de peser le pour et le contre de cette proposition, et le pour est largement en train de gagner. Après quelques dernières minutes de réflexion, mon regard se pose à nouveau sur la femme et ses papiers en main :

– Qu’est-ce qui me dit que cette proposition n’est pas une invention de votre part ?

Son sourire s’étire encore plus et elle me donne des détails sur la situation :

– C’est votre grand-mère qui a pris l’initiative de vous inscrire au tirage qui a déterminé les petits chanceux comme vous qui auront le privilège d’étudier dans cet institut. Appelez-la, et vous verrez.

Suspicieuse, je téléphone à ma grand-maman et suis étonnée lorsqu’elle s’enthousiasme suite à ce que je viens de lui apprendre. Ce qui confirme les dires de la dame qui se trouve à quelques pas de moi. Mais ça ne tourne toujours pas rond. Je ne me souviens pas avoir parlé de cette université à mamie. Je raccroche et me tourne vers elle. Je m’apprête à refuser, mais quelque chose chez l’inconnue me pousse à accepter. Je sais que je ne dois pas tomber dans le piège, mais l’opportunité d’accomplir ce dont je rêve depuis des années est bien trop forte et je finis par demander :

– Qu’est-ce que je dois signer ?