Stelaria

All Rights Reserved ©

Summary

TOME 1 Année 2250 - Nous vivons dans un monde chaotique, où les Aliens ont pris possession de notre maison. Bien décidé à les faire partir, une unité spéciale à été créée : "Les Chasseurs d'Aliens". Je viens enfin de l'intégrer, prête à massacrer ces monstres...Mais quand mon chemin croise celui d'un Alien férocement sexy, Nathanaël, mes valeurs et mes principes vont être remis en question.

Status
Complete
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 - Une nouvelle recrue

*Année 2250*

La nuit est glaciale sur Karthak. Le vent s’engouffre entre les carcasses d’immeubles et soulève la poussière radioactive des ruines, la faisant tournoyer comme une brume mortelle. J’ajuste la visière de mon casque et active la vision nocturne. Les contours du monde se redessinent en nuances verdâtres, révélant une ville morte que je connais pourtant trop bien.

Devant moi, l’obscurité semble plus dense, presque palpable. Un voile de ténèbres percé uniquement par la lumière blafarde de la lune. Karthak n’a jamais été aussi silencieuse que depuis sa destruction totale.

— Pas d’erreur, Alya. Ne les sous-estime jamais.

La voix de mon capitaine résonne dans mon oreille, métallique, sans la moindre chaleur. Je hoche la tête sans répondre et serre mon arme contre ma poitrine. Mon souffle est court, mon coeur cogne contre mes côtes avec une violence presque douloureuse.

Je suis prête à faire ce pour quoi j’ai été formée ou même à prouver que je ne suis plus la fille brisée qui a tout perdu ici.

Autour de nous, les ruines s’élèvent comme des spectres figés dans le temps. Certaines structures me sont étrangement familières. Les arches métalliques effondrées, les anciennes plateformes de circulation suspendues, tordues par les explosions. Même détruite, la ville conserve les cicatrices de ce qu’elle a été.

Mon regard s’attarde sur une silhouette à moitié ensevelie sous les gravats, celle d'un robot. Son châssis est éventré, ses membres disloqués, ses optiques éteintes depuis longtemps. Il ne bougera plus jamais malheureusement, mais il avait sûrement beaucoup d'intérêt vivant.

Ils étaient partout, autrefois mais ça c'était il y a des années, bien avant que tout ne disparaisse soudainement.

Je détourne les yeux et prends sur moi, je me dis que ce n’est ni le lieu ni le moment pour laisser les souvenirs s’infiltrer.

Un grondement sourd résonne soudain dans les ombres. Mon corps réagit avant mon esprit. Je lève mon arme, le doigt frôlant la détente. Un craquement sec fend l’air, suivi d’un cri de douleur étouffé. L’un des membres de l’équipe vient de tomber.

Sans réfléchir, je m’élance, le coeur comprimé par une peur viscérale. Une silhouette massive surgit alors devant moi, me coupant la route. Mon premier alien, une créature gigantesque, à la peau irisée, aux yeux luminescents plantés dans les miens. Pendant une fraction de seconde, le monde se réduit à sa présence.

Le chaos explose autour de nous, je bouge, j’attaque, je frappe. Mon corps se souvient de l’entraînement, même si mon esprit vacille. Chaque geste est précis, instinctif. Le combat est féroce, brutal, mais je tiens bon. Je lui inflige coup sur coup, jusqu’à ce que la créature s’effondre enfin dans un râle étranglé.

J’ai réussi.

Dans la confusion, j’ai pourtant l’impression fugace d’être observée. Là-haut, sur les hauteurs des ruines, une silhouette mince et élancée semble assister à la scène. Mais lorsque je cligne des yeux, elle a disparu comme si elle n’avait jamais existé.

Je n’ai pas le temps de m’interroger que je sens une main lourde se pose sur mon épaule. Je me retourne et croise le regard de mon capitaine. Je comprends aussitôt, avant même qu’il ne parle.

Derrière lui, le corps de mon équipier gît au sol, immobile, baignant dans une mare de sang trop sombre pour être ignorée.

— Nous avons tout fait pour ne pas le perdre, dit-il d’une voix plus basse. Je suis désolé, Alya.

Les larmes me montent aux yeux sans que je puisse les retenir. La scène se brouille. Cette vision, ce corps étendu sur le sol tout se superpose à un autre souvenir, bien plus ancien, bien plus douloureux : celle de la mort de mes parents.

Je ferme les yeux une seconde, et malgré moi, Karthak cesse d’être une ruine. Elle redevient la ville que j’ai connue et je me retrouve subitement à ce jour où j’ai tout perdu.


*Année 2242*

À cette époque, le monde n’avait rien d’un champ de ruines.

La technologie avait dépassé depuis longtemps les limites humaines. Les robots faisaient partie pleinement de nos vies, intégrés à chaque aspect du quotidien. Ils n’étaient pas des machines froides ou menaçantes, mais des présences familières, rassurantes presque naturelles.

Mes parents travaillaient pour l’une des grandes sociétés de robotique. Ils croyaient profondément en ce futur qu’ils contribuaient à bâtir. Un futur où l’humanité et la technologie avanceraient main dans la main.

Et moi, j'étais simplement heureuse dans ce monde où Humains et Robots se côtoyaient en parfaite harmonie.

Je me souviens de leurs sourires, de leurs voix mais aussi de cette sensation de sécurité absolue qui n’existe que dans l’enfance.

— Nous t’aimons, ma puce. Tu le sais, n’est-ce pas ? me répétait souvent mon père, Altras.

Je hochais la tête, sans jamais douter. Même jeune, je savais déjà que le futur qu’ils imaginaient m’incluait. Qu’il y aurait une place pour moi dans ce monde qu’ils façonnaient avec tant de conviction mais tout cela, c’était avant. Avant que les aliens ne débarquent.

Ils sont arrivés sans avertissement, portés par une volonté unique de détruire, brûler et tout anéantir. Du moins tout ce qui se dressait sur leur passage. Ils n’avaient aucune pitié pour ceux qui tentaient de résister.

Mes parents se sont battus. Je les entends encore me crier de partir, de me cacher, de ne surtout pas faire de bruit, de survivre. Ils m’ont suppliée de me réfugier dans le sous-sol, dans ce vieux placard usé que nous n’utilisions presque jamais.

Alors j’ai obéi, je me suis recroquevillée dans l’obscurité, je retenais mon souffle. Au-dessus de moi, le monde s’effondrait. J'entendais les cris, les explosions et même les gens qui hurlaient, affolés. C'était le chaos absolu dans toute la ville.

Quand tout s’est enfin tu, je suis sortie de ma cachette.

Notre monde était mis sans dessus dessous, sans laisser la moindre place à la pitié. Très peu de vies humaines ont survécu ce jour-là. La maison brûlait encore, les flammes léchaient les murs, dévorant ce qui avait été mon refuge. L’odeur de la fumée me brûla la gorge, et mes jambes ont faillirent céder sous mon poids.

— Putain…

Ce jour-là, quelque chose s’est brisé en moi mais quelque chose d’autre est né. Une haine profonde et brûlante naissait au creux de mon ventre, celle de me jurer silencieusement de détruire ceux qui m'avaient tout pris : les Aliens.

C’est à cet instant que ma route a été tracée. J’ai décidé d’intégrer l’élite récemment créée : les Chasseurs d’Aliens. Leur sélection était impitoyable. Leur entraînement, inhumain. Beaucoup abandonnaient par manque de compétence tandis que d'autres n’y survivaient pas.

Moi, j’ai tenu le coup. Cela m'a valu des années d’efforts, de douleurs et même de résilience. Jusqu’au jour où j’ai enfin postulé et contre toute attente, j’ai été prise parmi les leurs.

Mon capitaine est un homme dur, sans concession. Impitoyable, parfois mais j’ai su prouver ma valeur et montrer que j’avais les capacités nécessaires pour rester. Parce que je n’étais plus l’enfant cachée dans un placard, je suis devenue une chasseuse.

La pression de la main de mon capitaine sur mon épaule s’allège enfin. Karthak est morte mais avant cette nuit glaciale, avant les ruines, avant le sang il y a eu ce moment.

Quelques heures plus tôt.

Un message bref m’ordonne de me présenter au bureau du capitaine. Rien de plus. Rien de moins. Mon cœur s’emballe aussitôt. Je le sais. Ou du moins, je l’espère.

Quand je pénètre dans la pièce, il est assis derrière son bureau, immobile, le regard tourné vers l’extérieur. À travers la baie renforcée, les vestiges de la ville en ruine s’étendent à perte de vue. Même après toutes ces années de chaos, le spectacle semble encore l’absorber.

— Alya…

Sa voix est basse, presque grave.

— Oui, capitaine ? Vous vouliez me voir ?

Il se redresse lentement dans son fauteuil et pose enfin les yeux sur moi.

— Tu vas partir avec nous pour la prochaine mission de repérage en ville.

Je sens un frisson me parcourir. J’essaie de garder une expression neutre, mais je sais que la joie trahit malgré moi mon regard.

— Bien, capitaine.

— Je veux que tu sois irréprochable. Tu es l’une de mes meilleures recrues, alors ne fais pas tout foirer.

— D’accord, capitaine.

Un silence s’installe, bref mais lourd de sens.

— Rendez-vous ce soir. À la tombée de la nuit.

— Avec plaisir.

Je quitte son bureau le dos droit, le pas assuré, mais à l’intérieur, tout s’agite. En regagnant ma chambre, située dans l’un des bunkers construits par les survivants après l’invasion alien, je tente de calmer cette excitation grandissante.

La pièce est simple, petite mais fonctionnelle, presque chaleureuse, malgré les murs de béton. Ce n’est pas le confort de la maison que j’ai perdue, mais c’est devenu mon refuge.

Je m’allonge sur mon lit et fixe le plafond quelques secondes. Ma première mission officielle approche enfin.

— J’ai hâte…

Pour faire passer le temps, je lis quelques pages d’un vieux livre, puis je vérifie mon équipement une dernière fois. Ma mitraillette est prête. Je la bichonne comme si elle faisait partie de moi.

Vers vingt heures, on frappe à ma porte.

— Prépare-toi.

— Je suis prête, capitaine.

Je me lève, enfile mon équipement et quitte la chambre, refermant la porte derrière moi sans un regard en arrière. Dans le couloir, les membres de l’unité d’élite se rassemblent. Des hommes et des femmes qui, comme moi, ont prouvé leur valeur. Leur volonté de combattre. Leur rage de survivre.

— Nous allons continuer l’exploration de la ville, annonce le capitaine. Restez vigilants. Ils sont sûrement cachés. C’est clair ?

— Oui, capitaine.

Nos voix résonnent à l’unisson tandis que les portes du bunker s’ouvrent lentement, laissant entrer l’air froid de la nuit. Devant nous, Karthak nous attend, en ruines.


— Alya, ça va ?

La voix de mon capitaine me ramène brutalement à la réalité. Je cligne des yeux, chasse les dernières images qui me hantent encore. L’un des nôtres est mort ici dans ces décombres

— Oui ça va.

C’est un mensonge poli, mais suffisant.

Nous reprenons notre progression, laissant derrière nous le corps sans vie du chasseur tombé au combat. Personne ne se retourne. Dans ce monde, s’arrêter trop longtemps, c’est mourir à son tour.

Je m’éloigne légèrement du groupe et m’approche d’un bâtiment abandonné. Malgré les années, la structure semble avoir résisté à un cataclysme hivernal. Les fenêtres sont brisées, mais une faible lueur filtre encore à travers certaines ouvertures, comme si quelque chose refusait de s’éteindre.

Des stalactites de glace pendent du toit et des corniches, témoins silencieux d’un froid implacable et d’un long abandon. Au sol, des débris et des planches de bois jonchent la neige gelée, formant un chaos figé dans le temps. Au-dessus de nous, la lune pâle éclaire le ciel nocturne, traversé par des traînées lumineuses, des météores qui donnent à la scène une dimension presque irréelle.

L’atmosphère est oppressante comme si la ville observait chacun de nos pas.

Le vent glacial fouette mon visage lorsque je remarque quelque chose d’étrange, gravé dans la pierre près de l’entrée du bâtiment.

Je m’accroupis, le coeur battant.

Qu’est-ce que c’est que ça… ?

Le symbole est ancien, beaucoup trop. Mes doigts effleurent la gravure, et un frisson me parcourt l’échine.

Impossible…

Je le reconnais vaguement comme un souvenir enfoui qui refait surface : un vieux livre sur l’histoire des aliens que j’avais lu en secret, bien avant d’intégrer les Chasseurs.

Je ferais mieux de garder ça pour moi. Pour l’instant.

Je me relève et poursuis l’exploration de la zone, tentant de chasser cette sensation désagréable qui s’accroche à moi. La ville est dévastée, mais ce symbole lui, ne devrait pas être ici. J'entends la voix de mon capitaine qui résonne au loin, me rappelant à l'ordre. Sans tarder, je rejoins le reste du groupe.

— Ok tout le monde, on rentre ! annonce soudain le capitaine. Beau travail.

Il nous félicite rapidement, puis son regard s’attarde sur moi.

— Pour une première mission, c’est pas mal du tout, Alya. Tu t’es bien débrouillée.

— Merci, capitaine.

— Va te reposer.

— D’accord.

Il fait demi-tour et rejoint le reste de l’unité, me laissant seule quelques secondes au milieu de Karthak. Le silence retombe aussitôt, lourd, presque étouffant.

— …

Un frisson me traverse le dos. Je sens une présence invisible et oppressante comme si quelqu’un ou quelque chose m’observait depuis les ombres.

Qu’est-ce que c’était que ça… ?

Je me retourne brusquement, scrutant les ruines, cherchant la moindre silhouette mais il n’y a rien. Seulement la nuit qui me fouette le visage, froide et immobile.

Quand je me décide enfin à quitter les lieux pour rejoindre le bunker, la sensation ne me quitte pas entièrement.

Derrière moi, Karthak continue de s’effondrer, pierre après pierre, souvenir après souvenir et au fond, une certitude s’impose.

Cette guerre entre les Humains et les Aliens ne fait que commencer.