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Cavalli: Les Rois de Vegas

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Summary

Saga Cavalli, Livre 2 : Les Rois de Las Vegas L'exil est fini. Le règne commence!!! Le clan Cavalli a trouvé sa terre promise : Las Vegas. Éleveurs de chevaux le jour, rois de la prohibition la nuit, ils transforment la poussière du Nevada en un empire d'acier et de vice. Mais dans la ville des péchés, la puissance attire les vautours. Le serment est prêté, le sang est versé, et la relève est déjà assurée. Une nouvelle génération s'apprête à porter le nom qui fait trembler la ville. « Nous étions des Berko, des Harris ou des Moretti par le sang, mais nous étions des Cavalli par le serment. Ce nom était notre bouclier, une marque d’acier que nous avions choisie ensemble. » Découvrez l’ascension de ceux qui sont devenus les Seigneurs de la Terre avant de devenir les Rois de la Ville. Aby Noah

Genre
Romance
Author
Aby Noah
Status
Complete
Chapters
30
Rating
5.0 (1 review)
Age Rating
18+

Chapitre 1

Les Rois de la Poussière

Giovanni

Le Flamingo. Une balafre de nacre et de sang posée en plein milieu du silence du Nevada. Le rêve psychotique de Bugsy Siegel.

Nous avons traversé le hall de marbre rose comme une infection. La poussière de notre ranch s’échappait des coutures de nos bottes à chaque pas, marquant le sol impeccable de traînées ocre. Nos chapeaux de cow-boys, cabossés par le vent des falaises, jetaient des ombres dures sur nos visages.

Sous les lustres de cristal, nous n’étions pas des clients, nous étions une meute de loups égarée dans un écrin de soie.

Thao nous attendait près de la réception, un cocktail à la main. Dans son costume de lin blanc, il ressemblait à un dieu de New York en vacances. Ses yeux ont balayé nos silhouettes terreuses, et un rire rauque a fait vibrer ses épaules.

— Regardez-vous, a-t-il lâché en nous broyant les côtes dans une accolade qui sentait le gin et le tabac de luxe. On dirait que vous venez de braquer un train postal.

Il a ajusté son nœud papillon, un geste d’une précision chirurgicale, avant de planter son regard dans le mien.

— Ce soir, Giovanni, cette ville va apprendre à prononcer ton nom sans bégayer.


Plus tard, dans la suite, l’air conditionné ronronnait comme un gros chat satisfait. Sur les draps de soie, le costume m’attendait. Une laine si fine qu’elle semblait couler entre mes doigts.

Quand j’ai boutonné la veste devant le miroir, j’ai ressenti un vertige. L’homme qui me fixait n’avait plus rien du propriétaire terrien du Domaine d’Oro.

Ses épaules étaient plus larges, son regard plus froid, sculpté par l’arrogance du sur-mesure. La puissance ne venait plus de la terre sous mes ongles, mais de l’éclat glacial de cette nouvelle peau.

J’étais un prince du désert, et ce reflet me faisait horreur autant qu’il m’enivrait.

La nuit s’est transformée en une orgie de néons et de péchés. L’odeur des plumes d’autruche des danseuses se mélangeait à l’ambre brûlant du bourbon.

Dans la salle de bal, les machines à sous cliquetaient avec la cadence sèche des mitrailleuses Thompson.

Sous le faste, je sentais les courants d’air froid : Chicago, New York, Cleveland.

Leurs ombres fumaient le cigare dans les coins sombres, surveillant le tapis vert. Ici, on ne finissait pas au tribunal. Les gêneurs s’évaporaient, simplement, devenant un secret de plus enfoui sous les dunes qui encerclaient la ville.


Le lendemain, le soleil du Nevada a frappé mes tempes comme un marteau de forgeron.

Thao nous a réunis dans l’arrière-salle d’un restaurant italien, là où le bruit du Strip ne parvenait que comme un lointain bourdonnement.

Sur la nappe blanche, les dossiers de rachat s’empilaient. Thao a étalé une carte du désert, son doigt traçant une ligne fragile dans le vide : le Strip.

— Huit cents hectares, murmura-t-il, la voix basse, presque religieuse. À l’époque, personne n’aurait donné un dollar pour cette poussière.

Aujourd’hui ? Nous sommes assis sur l’épicentre du monde.

Il a fait glisser un carnet de comptes vers nous.

David et Zoran se sont figés, leurs tasses de café suspendues à mi-chemin. Ce n’étaient plus des chiffres. C’était le prix de dix générations de labeur résumé en une suite de zéros qui donnait la nausée.

— Deux choix, reprit Thao en allumant une Lucky Strike. Soit on signe. Vous encaissez, et vous rentrez en Californie vivre comme des empereurs romains jusqu’à votre dernier souffle.

Il s’est penché en avant, la lueur de l’ambition dévorant son regard.

— Soit… on refuse. On garde la terre. Et on bâtit notre propre royaume. Un palais qui fera passer le Flamingo pour une cabane de jardin. Vous ne seriez plus des propriétaires de ranch, Giovanni. Et moi , je ne serai plus l'ombre de chinatown.

On serait les Maîtres de Las Vegas.

Le silence est devenu lourd, épais comme la fumée qui stagnait au plafond. Thao a tourné ses yeux sombres vers moi.

— Giovanni… à quoi tu penses ?

J’ai fixé les chiffres. Le mirage était là, hypnotique. Mais soudain, j’ai senti l’odeur du sel marin et de la vigne humide. L’image de Clarissa s’est imposée, balayant les néons.

— Je ne peux pas respirer sans elle, Thao. Mon sang appartient aux racines, pas au béton. Je ne jetterai pas ma femme dans cette fosse aux lions.

J’ai regardé Zoran. Il a hoché la tête, une certitude silencieuse dans ses yeux de montagnard. Lui non plus ne voulait pas échanger son ciel étoilé contre des plafonds de casino.

— Et toi, David ? a demandé Thao.

David n’a pas bougé. Ses yeux, d’un bleu translucide, brillaient d’une lueur féline, presque effrayante.

Depuis son retour du front, David portait une zone d’ombre que même le soleil de Californie ne parvenait pas à éclairer. Ses doigts effleuraient le bord de la table, comme s’il caressait déjà les murs d’un empire.

— Moi… commença-t-il, sa voix vibrant d’une intensité qui m’a fait frissonner. Giovanni, je te dois la vie. Tu m’as donné un nom quand je n’étais plus qu’un matricule. Mais ma place n’est pas au milieu des vignes.

Il marqua une pause, un sourire sans joie étirant ses lèvres.

— Je reste. Je veux bâtir ce casino. Cette ville me ressemble : elle ne dort jamais pour ne pas avoir à rêver. Elle hurle pour couvrir le silence. Au domaine, j’entends encore les cris des tranchées. Ici… le bruit des jetons couvrira les fantômes.

Un frisson m’a parcouru l’échine. David ne cherchait pas la fortune. Il cherchait un champ de bataille assez vaste pour ses démons.

Le destin des Cavalli venait de se briser en deux. Une branche resterait ancrée dans la terre nourricière de San Francisco. L’autre s’apprêtait à dévorer le désert.

— Soit, dis-je enfin, le cœur serré par un deuil soudain. Bâtissons cet empire, Dav. Mais n’oublie jamais l’odeur de la terre.

Ce jour-là, sous le ciel blanc du Nevada, les Seigneurs de la Terre venaient de donner naissance aux Rois du Vice.

Vingt ans...

C’est le temps qu’il faut pour qu’une vigne donne son meilleur vin, mais c’est aussi le temps qu’il faut pour qu’un homme oublie la couleur de l’innocence.

Je me tenais sur la terrasse du Domaine d’Oro, respirant l’air chargé de sel et de terre humide de San Francisco.

Ici, le temps semblait s’être arrêté dans une perfection dorée. Clarissa n’avait rien perdu de sa superbe, elle était l’âme de cette terre, la gardienne de notre sanctuaire.

Mais mon regard se tournait souvent vers l’Est, vers le désert.

Grâce aux journaux et aux appels réguliers de Thao, je savais ce qui se passait là-bas.

Le Palazzo Cavalli n’était plus un rêve de gamin, c’était un monstre de béton et de néons qui dominait le Nevada.

David y régnait en maître, transformant chaque grain de sable en or et chaque ennemi en souvenir.

Pendant vingt ans, nous avions vécu cette scission : la lumière ici, l’Ombre là-bas.

Je descendis vers les écuries et vis John.

Il n’était plus le petit garçon sérieux que j’avais porté sur mes épaules. C’était un homme de vingt-quatre ans, élégant, dont le regard portait la sagesse des hommes de lois. Il rangeait ses dossiers dans une mallette de cuir noir.

À quelques mètres, Marco, mon fils de sang, s’entraînait au tir avec ses cousins. Le bruit sec des balles déchirait le silence des vignes.

Marco était la tempête, John était le calme.

L’un était fait pour défendre la terre, l’autre pour conquérir les tribunaux.

— Tu es prêt ? demandai-je à John en m’approchant.

— Le droit n’attend pas, Père, répondit-il avec ce demi-sourire qui me rappelait tant Luis. David dit que le Palazzo est prêt. Il a besoin que les contrats soient aussi solides que les fondations.

Je posai ma main sur son épaule. Elle était ferme, solide.

— Vegas n’est pas le Domaine, John. Ici, on soigne les racines. Là-bas, David coupe les branches qui dépassent. Ne laisse pas les néons te brûler les yeux.

Il hocha la tête, conscient du poids du nom qu’il portait.

Le départ était imminent.

Les femmes — Clarissa, Rose, Leah — resteraient ici, protégées par les falaises et le secret de notre domaine. Mais les hommes, la nouvelle génération, s’apprêtaient à traverser la frontière pour rejoindre le Roi du Désert.

Vingt ans de paix s’achevaient. L’empire des Cavalli était devenu trop grand pour un seul état.

En regardant John monter dans la voiture, escorté par ses cousins impétueux, je sus que le chapitre de la terre se fermait.

Celui du sang et du vice allait s’ouvrir, et rien, pas même les prières de Clarissa, ne pourrait empêcher la meute de réclamer son dû.

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Good Writing

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Compelling Plot

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Great Character

2

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Strong Dialog

1

Strong Dialog

author

Je veux voir la saga Cavalli en film :))

20 days

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