Chapter 1 Un mal pour un bien
Il y a très longtemps, une jeune fille nommée Kim Yūjin et un garçon appelé Kang Yuu se rencontrèrent pour la première fois à l’âge de douze ans.
Ils n’étaient pas issus de familles ordinaires. Non.
Leurs familles étaient riches, puissantes, respectées… et terriblement froides.
Des familles dont on parlait à voix basse, celles qui possédaient tout, sauf l’essentiel : l’humanité.
Dans leurs demeures, tout brillait. Les lustres illuminaient les vastes pièces, les sols reflétaient chaque pas avec une précision presque irréelle. Pourtant, derrière cette perfection, il n’y avait rien.
On n’y apprenait pas à aimer. On n’y apprenait pas à aider.
Seulement à compter, à posséder, à préserver.
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Au fil des années, les deux familles se rapprochèrent naturellement, tant leur froideur était semblable.
Et au milieu de tout cela, deux enfants.
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Les années passèrent.
Puis vint leurs dix-neuf ans.
Un soir de dîner familial, dans une salle trop grande et trop silencieuse, Kang Yuu sentit que le moment était venu.
Il se redressa légèrement et prit la parole.
— Père… j’ai quelque chose à dire, dit-il.
Le silence tomba immédiatement dans la pièce. Tous les regards se tournèrent vers lui.
— Je veux épouser Yūjin.
La jeune fille baissa immédiatement les yeux, le souffle coupé.
Les deux pères échangèrent un regard long et lourd.
Puis le père de Kang Yuu prit la parole, d’une voix froide :
— Nous acceptons.
Un instant de soulagement traversa la jeune fille… un instant seulement.
Le père de Yūjin reprit aussitôt, d’un ton glacé :
— À une condition.
Le cœur de la jeune fille se serra.
— Vous devrez fonder une lignée qui nous ressemble, déclara-t-il.
Elle releva les yeux, troublée.
— Qui vous ressemble… ? murmura-t-elle.
Le père de Kang Yuu répondit sans émotion :
— Une lignée qui ne fera jamais le bien.
Ces mots tombèrent comme une sentence.
La jeune fille recula légèrement, choquée.
— Comment pouvez-vous dire une chose pareille… ? Et nos enfants… qu’en sera-t-il d’eux ? demanda-t-elle, la voix tremblante.
Mais aucun des deux pères ne répondit.
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Elle comprit alors qu’elle était seule.
Les larmes montèrent.
— C’est absurde… je refuse, dit-elle.
Et sans attendre, elle sortit de la pièce.
Ses pas résonnaient dans le couloir, rapides, brisés.
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Kang Yuu, lui, resta immobile.
Il ne dit rien. Il ne bougea pas.
Mais son regard s’assombrit profondément.
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Les mois passèrent.
Elle ne dormait plus.
Elle pensait sans cesse à lui… à ce qu’ils étaient devenus… à ce qu’ils avaient perdu.
Jusqu’au jour où elle céda.
Devant la demeure des Kang, elle tremblait.
— Je ne peux pas vivre sans lui… murmura-t-elle. J’ai mal… tellement mal…
Puis elle releva les yeux.
— J’accepte.
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Le mariage fut célébré dans une grande cérémonie, mais seuls les membres des familles étaient présents.
Lors de la cérémonie, la question fut posée.
Le père de Kang Yuu demanda :
— Kang Yuu, acceptez-vous de l’épouser ?
— Oui, répondit-il simplement.
Puis le père de la jeune fille se tourna vers elle.
— Kim Yūjin, acceptez-vous de l’épouser ?
Un long silence s’installa.
Puis elle répondit doucement :
— Oui… c’est le seul moyen de ne plus me sentir seule.
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La première année passa sans incident.
Puis, à vingt-et-un ans, Kang Yuu fut arrêté.
Trois ans de prison.
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À son retour, quelque chose avait changé entre eux.
La jeune femme n’était plus la même.
Sa douceur s’était éteinte, remplacée par une froideur nouvelle.
Puis un jour, elle annonça :
— Je suis enceinte.
Le silence s’installa.
— Je ne peux pas élever un enfant comme ça… dit-elle. Pas dans ces conditions.
— Que peut-on faire… ? demanda doucement Kang Yuu.
— Partir.
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Ils quittèrent tout.
La ville. Les regards. Le monde.
Dans une maison isolée, loin de tout, ils tentèrent de recommencer.
Neuf mois plus tard, une petite fille naquit : Haeri.
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Elle grandit dans le luxe… mais dans le vide.
Pas d’école. Pas d’amis.
Une seule règle existait :
Ne jamais faire le bien.
Et elle y croyait, car elle n’avait jamais connu autre chose.
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Jusqu’à ses quatorze ans.
Ce jour-là, elle voulut simplement faire plaisir à ses parents. Un geste innocent. Un geste bon.
Mais lorsque Kang Yuu vit le cadeau, son visage se durcit.
— Pourquoi as-tu fait le bien, Haeri… ? demanda-t-il, la voix tremblante.
Et soudain…
LE FEU.
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Les flammes engloutirent la maison. Le bois craqua. La fumée envahit l’air.
— MAMAN ! cria Haeri.
Une planche en feu bloquait la sortie.
La mère était coincée.
Elle regarda sa fille une dernière fois.
— Je suis désolée… murmura-t-elle. Haeri… je t’aime…
— NON ! MAMAN ! hurla l’enfant.
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Mais les flammes montèrent encore.
Et tout disparut.








