Chapter 1
PAYS : MALAISIE PENISULAIRE
CAPITAL : KUALA LUMPUR
QUARTIER : CHERAS
La ruelle était sombre, trop sombre. Les lampadaires grésillaient au-dessus du béton humide pendant qu'elle avançait rapidement, son sac serré contre elle
Elle sortait de la bibliothĂšque universitaire. Encore. Comme presque tous les soirs Ă cette Ă©poque-lĂ
Son souffle Ă©tait court, fatiguĂ© mais heureux. Elle nâĂ©tait quâĂ quelques mois de son diplĂŽme de deuxiĂšme annĂ©e et malgrĂ© les difficultĂ©s, malgrĂ© sa tante, malgrĂ© cette maison oĂč elle ne sâĂ©tait jamais rĂ©ellement sentie chez elle... Elle sâen sortait
Puis soudain, une douleur violente explosa derriĂšre son crĂąne. Le monde bascula immĂ©diatement, son corps heurta brutalement le sol. Sa vision devint trouble, floue. Elle entendit une respiration au-dessus dâelle puis sentit une odeur dâalcool, des mains sales
- Regarde-moi ça...
La peur la traversa immĂ©diatement. cette derniĂšre Ă©tait pure, brutale. Elle se dĂ©battit malgrĂ© sa tĂȘte qui tournait atrocement
- LĂąchez-moi...
Ses larmes coulĂšrent dĂ©jĂ pendant que lâhomme essayait de remonter sous sa jupe. Le sol glacĂ© brĂ»lait son dos. Elle avait mal, elle avait peur et surtout... Elle comprit quâelle allait perdre
Puis le poids disparut brusquement. Un bruit sourd Ă©clata dans la ruelle. Quelquâun venait de projeter son agresseur plus loin. La jeune femme cligna difficilement des yeux. Sa vision Ă©tait floue mais elle distingua une silhouette immense vĂȘtue dâune capuche noire
Lâhomme avança lentement. Silencieusement et soudain les coups commencĂšrent. Ils Ă©taient violents, rĂ©pĂ©tĂ©s, terrifiants. Le sang Ă©claboussa le bĂ©ton humide. Mais ce dont elle se souvenait encore aujourdâhui...
Ce nâĂ©tait pas du visage, ni des coups, ni mĂȘme du sang, câĂ©tait lâodeur. Cette odeur sombre de bois, de cuir, de fumĂ©e et de parfum masculin. Une odeur rassurante au milieu du chaos
Puis elle se sentit portĂ©e. Un bras immense sous ses jambes. Lâautre dans son dos. Son visage resta cachĂ© sous la capuche noire. Elle ne distingua quâune mĂąchoire sombre et cette odeur. Encore, toujours puis un coup de feu Ă©clata dans la nuit. Et le noir lâemporta complĂštement
Dawson ouvrit brusquement les yeux. Son souffle Ă©tait lĂ©gĂšrement rapide. Comme Ă chaque fois. Le silence de sa chambre lâentoura doucement tandis quâelle fixa le plafond quelques secondes
Encore ce rĂȘve. Ou plutĂŽt... Ce souvenir. Parce quâelle savait aujourdâhui que tout Ă©tait rĂ©el. Lâagression. Lâhomme sous la capuche. Le sang. Le coup de feu. Tout sauf son visage. Elle ne lâavait jamais vu. Ses doigts glissĂšrent machinalement vers son tĂ©lĂ©phone portable
Jeudi 21 Mai, 12h04
Elle souffla doucement avant de se redresser dans son lit. Le soleil traversait les rideaux clairs de sa petite chambre. Aujourdâhui, elle allait bien. Vraiment bien
Hier soir elle avait officiellement fĂȘtĂ© lâobtention de son diplĂŽme de vĂ©tĂ©rinaire avec ses camarades de promotion. AprĂšs des annĂ©es dâĂ©tudes. Des annĂ©es Ă supporter cette maison. Des annĂ©es Ă travailler jusquâĂ lâĂ©puisement. Elle avait rĂ©ussi
Un petit sourire fatiguĂ© apparut sur ses lĂšvres rose. Puis elle passa une main dans ses longs cheveux lĂ©gĂšrement emmĂȘlĂ©s avant de sortir du lit
La douche chaude termina de la rĂ©veiller. Quand elle descendit finalement au rez-de-chaussĂ©e vĂȘtue dâun short en jean et dâun dĂ©bardeur ample beige, les voix dans la cuisine lui donnĂšrent dĂ©jĂ envie de remonter
Sa tante Ă©tait installĂ©e Ă table avec son mari et leur fille Suri. Et immĂ©diatement...Lâambiance devint lourde, comme toujours. Sa tante leva les yeux vers elle
- Enfin réveillée..
Dawson ouvrit le frigo sans répondre tout de suite
- Bonjour Ă vous aussi
Suri lĂącha aussitĂŽt
- Tâaurais au moins pu mâinviter hier
Dawson attrapa une bouteille de jus
- Pourquoi faire ?
- Parce que je suis ta cousine
- On ne sâaime pas
Le silence tomba immĂ©diatement. Sa tante se redressa dâun coup
- EspĂšce de petite insolente
Mais Dawson resta calme. Toujours trop franche pour son propre bien
- Je ne vais pas faire semblant juste pour te faire plaisir
Suri croisa immédiatement les bras avec son air de victime habituel
- Elle me déteste sans raison...
- Non. Jâai plein de raisons
- EH.. Dawson
Son oncle frappa la table du plat de sa main. Mais la jeune femme leva déjà les yeux au ciel. Sa tante se pencha légÚrement vers elle
- Puisque madame est diplÎmée maintenant, elle va commencer à participer sérieusement aux dépenses de cette maison
Dawson fronça les sourcils
- Je participe dĂ©jĂ
- Pas assez.. En plus ça pourra t'aider Ă ĂȘtre plus responsable
- Quâest-ce que tu veux encore ?
- Je tâai trouvĂ© un travail
Dawson la fixa immédiatement
- Non
- Tu nâas mĂȘme pas encore Ă©coutĂ©
- Parce que je sais déjà que ça ne va pas me plaire
Le regard de sa tante devint froid
- Un homme dâaffaires Ă©tranger cherche une femme de mĂ©nage temporaire pour sa rĂ©sidence
Dawson éclata presque de rire
- Une femme de ménage ? Sérieusement ?
- C'est un métier nobles
- Se n'est pas le mĂ©tier en lui mĂȘme le problĂšme
- Alors c'est quoi le putain de problĂšme ?
- Je suis putain d'épuisé.. Je bosse depuis que j'ai l'ùge de marché , tu ne peux juste pas me lùché cet été ?
- Je vais chialer.. Tu iras Ă lâentretien demain
- Certainement pas Galish
Sa tante se leva brusquement
- Tu iras.. En plus il est riche et vit Ă Mont Kiara
- Pourquoi Suri ne travaille jamais pendant les vacances ?
Sa cousine répondit immédiatement
- Parce que moi je suis chez moi ici
Le coup était mesquin. Calculé comme d'habitude et sa tante ajouta aussitÎt
- Exactement...
Dawson serra les dents
- Donc soit tu travailles chez cet homme... soit tu vas travailler dans notre bar tout les soir ou tu peux remonter faire ton sac et quitter ma maison
Ajouta son oncle Ortie. Son ventre se noua immĂ©diatement. Elle connaissait ce bar. Les hommes, les regards. Lâambiance sale. Alors aprĂšs quelques secondes de silence...Elle finit par souffler
- TrĂšs bien
Le sourire satisfait de sa tante lui donna envie de vomir. Dawson attrapa immédiatement son sac avant de tourner les talons
- Et ne claque pas la por..
La porte trembla dĂ©jĂ derriĂšre elle. Son oncle cria quelque chose Ă lâintĂ©rieur mais elle ne lâĂ©coutait plus. Elle rĂ©cupĂ©ra son vĂ©lo devant la maison avant de dĂ©marrer rapidement
Le vent chaud frappa doucement son visage pendant quâelle roulait Ă travers les rues animĂ©es de Kuala Lumpur
Son cĆur se calma lentement. Et sans comprendre pourquoi... Elle repensa encore Ă cette odeur. Bois, cuir, fumĂ©e
Cette odeur quâelle nâavait jamais oubliĂ©e depuis trois ans. Comme une prĂ©sence restĂ©e quelque part dans un coin de sa mĂ©moire. Puis elle secoua doucement la tĂȘte en soufflant
- Ridicule..
Cet homme devait probablement avoir oubliĂ© jusquâĂ son existence. Pensa t'elle en accĂ©lĂ©rant
Alors qu'au loin, le soleil descendait lentement derriĂšre les immeubles. Et que quelque part dans la ville...
Un homme qui nâavait jamais oubliĂ©e revenait enfin chercher ce qui lui appartenait









j'aime dĂ©jĂ đ€â€ïž
j'adore impatiente de lire la suite
j'adore hĂąte de lire la suite