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Vittoria - Les fondations du Désir - Tome 4

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Summary

VITTORIA (TOME 4) : Les Fondations du Désir Le parrain est mort. Pour Vittoria Conti, vingt-et-un ans, le monde s'écroule. Fille cadette du défunt leader, exubérante, piquante et dotée d’un esprit vif et sarcastique, elle refuse de se plier au deuil hypocrite imposé par son frère Milo, le nouveau Parrain. Étouffée par la paranoïa du clan et une alliance de sang forcée avec leurs pires ennemis, les Volkov, Vittoria décide de briser les règles. Elle troque sa robe noire pour du rouge incendiaire et s'évade seule dans la nuit de la métropole. Elle veut revivre. Elle veut brûler. Mais elle ignore qu'elle est la cible prioritaire de l'opération "Pare-feu". Damien, colosse de 6'4" au regard magnétique, est un flic infiltré d'une discipline de fer. Son mandat ? Exploiter la vulnérabilité de Vittoria pour découvrir des informations sur la recente fusion des russes chez les Conti. Entre l'agent d'infiltration de la police et la princesse gâtée de la mafia, le premier contact verbal dans un club huppé déclenche un duel psychologique et charnel d'une violence mathématique. Quand l'électricité sexuelle hacke les circuits de la loi, la traque devient une obsession sauvage. Qui du flic ou de la prédatrice fera sauter le système en premier.

Status
Complete
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1 : Le cirque

POV : Vittoria

(Quelques semaines avant la sainte-alliance et la découverte de la grossesse d’Anastasia)

La pluie écrasait le cimetière d’une régularité de métronome, mais elle ne suffisait pas à rincer l’hypocrisie ambiante.

Sous mon parapluie noir, je lissais les plis de ma robe de deuil sur-mesure avec une irritation que je ne prenais même plus la peine de cacher. Vingt-et-un ans, et me voilà au premier rang du plus grand spectacle de marionnettes de la côte Est : les funérailles nationales de Victor Conti. Mon père. Le Parrain.

Autour de la fosse creusée dans la terre détrempée, toute la faune mafieuse s’était déplacée. Des types en costumes à trois pièces qui pleuraient des larmes de crocodile, alors qu’ils auraient eux-mêmes pressé la détente si l’occasion s’était présentée. C’était pathétique.

Derrière mon masque d'arrogance, une douleur féroce me tailladait la poitrine. J'étais le bébé de Victor Conti. Sa chouchoute. L'homme qui faisait trembler toute la côte Est était incapable de me dire non. Il cédait à mes caprices, riait de mes répliques piquantes et protégeait mon exubérance. Le perdre m'arrachait les entrailles, mais devant ces vautours, je refusais de fléchir.

Soudain, une main gantée de noir serra la mienne. Ma mère, Hop, s'ancra contre mon flanc. Son profil d'acier restait digne sous son voile, mais l'étreinte désespérée de ses doigts contre les miens trahissait notre agonie commune. Elle tenait sa fille. Nous faisions bloc contre les monstres.

— Redresse-toi, Vittoria. Les caméras de télévision filment la périphérie, murmura la voix glaciale de mon frère, Milo, juste à mes côtés. Soyons forts.

Je lorgnai son profil parfait, déjà figé dans son nouveau costume de Parrain. Milo adorait le contrôle, la matrice, la froideur calculée. Tout le contraire de moi… l'extravertie, l'exubérante, la fille adorée par son père.

— Si je me redresse encore, Milo, je vais me luxer les cervicales, répliquai-je d'un ton sec, la voix basse mais acérée. Et entre nous, si la police, la télévision ou les autres clans cherchent de la faiblesse chez les Conti aujourd'hui, ils feraient mieux de regarder les larmes de Marco. Il en fait des tonnes.

— Marco pleure son ami de toute une vie. Respecte ça. Et joue ton rôle de princesse. Souris aux monstres.

— Les princesses de ce clan meurent jeunes ou finissent exilées. Je préfère garder mes dents pour mordre.

Je détachai mon regard du cercueil en acajou qui descendait lentement dans le sol pour balayer la foule des yeux. Je ne devais pas montrer la moindre peine. Mon esprit, vif et incapable de rester en place malgré le poids brut du deuil, analysait chaque visage. Les lieutenants, les parias, les faux alliés. Tous étaient venus prêter allégeance à la nouvelle couronne de Milo, tout en se demandant combien de temps la trêve irrationnelle imposée par notre mère tiendrait avec les Volkov.

C'est à cet instant précis que mon radar interne s'activa. Une anomalie.

Au fond du cimetière brumeux, là où les arbres devenaient si denses qu'ils avalaient la lumière, une silhouette se détachait. Loin du cortège officiel. Loin des regards.

Un homme. Un inconnu. Grand. Même d'ici, sa carrure monumentale imposait une distance physique avec le reste du décor. Il portait un imperméable sombre et tenait un parapluie. Un vautour de la presse ? Non. Trop calme. Trop méthodique. Sa posture respirait la discipline, pas la panique d'un paparazzi qui cherche son scoop.

Soudain, comme s'il avait capté mon flux de pensées à travers la brume, il quitta le visage de Milo. Il quitta le cercueil. Son regard se verrouilla directement sur moi. Puis, d'un geste d'une lenteur calculée, il hocha la tête pour me saluer.

À travers la distance, sous les cordes de pluie qui frappaient le tissu de mon parapluie, je ressentis une décharge électrique pure, un pic d'adrénaline qui me fit instantanément oublier le froid. Ce type me regardait, il m'analysait ? Qui est-il ?

Je ne baissai pas les yeux. Ce n'était pas mon genre. Je serrai la main de ma mère, le menton levé, lui offrant mon profil le plus piquant et le plus arrogant. Regarde bien, l'inconnu. Tu ne trouveras pas de larmes ici. Je les réserve pour mon intimité.

— Vittoria ? Tu m'écoutes ? insista Milo, me ramenant brutalement à la réalité du cimetière. La limousine est avancée. On bouge.

Je jetai un dernier coup d'œil vers la lisière du bois. La silhouette venait de se fondre dans la brume, ne laissant derrière elle qu'une sensation de danger immédiat. Un danger qui, pour la première fois depuis des jours, venait de réveiller mes sens endormis.

— Je te suis, Milo, lançais-je en faisant demi-tour sur mes talons hauts, le sourire en coin. De toute façon, cet endroit commence cruellement à manquer d'air frais.La portière blindée de la limousine s'abattit avec un bruit sourd. Le silence qui suivit était presque étouffant. À l'intérieur, l'odeur du cuir neuf se mélangeait à celle de l'encens qui collait à mes vêtements.

Milo retira ses gants en cuir noir d'un geste sec. Il ne me regardait pas. Ses yeux étaient fixés sur l'écran tactile intégré à l'accoudoir central, faisant défiler des lignes de données.

— Tu as manqué de retenue sur la fin, Vittoria, lança-t-il sans préambule. Son ton était monocorde. Une vraie machine.

Je lâchai un rire sans joie. Je croisai mes jambes, laissant ma robe en dentelle noire glisser légèrement sur mes genoux.

— Tu voulais que je pleure sur commande, Milo ? Désolée, mon réservoir à larmes est à sec depuis nos dix ans.

— Je te parle de ton attitude. Tu as fixé la lisière du bois pendant près de deux minutes. Qu'est-ce que tu as vu ?

La question tomba comme un couperet. Mon esprit vif fit immédiatement le tri. Lui parler de l’homme à l'imperméable sombre ? Sûrement pas. Milo aurait déployé dix hommes de main pour ratisser la zone. Il aurait transformé une simple étincelle en crise d'État. Et pour une raison qui m'échappait, je voulais garder cette anomalie pour moi seule.

— Des vautours, répliquai-je en haussant les épaules avec désinvolture. La presse locale essaie de gratter des images du nouveau Parrain et de sa femme. Rien qui mérite qu'on y passe la nuit.Milo tourna enfin la tête vers moi. Ses yeux sombres sondèrent les miens. Il cherchait la faille. Le mensonge.— Marco renforce la sécurité autour du manoir ce soir, reprit-il en se réinstallant contre le dossier. La trêve de maman avec les Volkov me semble improbable. Je ne veux aucun faux pas. Tu restes à l'intérieur.

— Tu as le titre de Parrain, Milo, pas celui de mon tuteur, lançais-je, le regard piquant. Les cages dorées, très peu pour moi.


La limousine glissa sans un bruit sur le stationnement ultra-sécurisé du domaine. Le Manoir Conti se dressait devant nous au milieu de la campagne environnante, dominant la métropole au loin, symbole d’un empire bâti sur le sang et la haute technologie. Nous étions tous là, entassés dans un silence de plomb : Hop, ma mère, le visage impénétrable ; Anastasia, la femme de Milo, flanquée de ses trois colosses de frères, Boris, Ivan et Anton ; ainsi qu’Océanne et Josh.

Lorsque les portes s’ouvrirent sur le salon du manoir, l’atmosphère me parut immédiatement irrespirable. Tout ici transpirait la paranoïa de mon père et Milo en était le digne successeur. Des écrans muraux encastrés affichaient les flux thermiques des caméras du domaine, et les notifications de sécurité clignotaient en haut à gauche de la matrice principale sous les yeux vigilants des frères russes.

— Les serveurs sont purgés, Marco est en train de revérifier les pare-feux, annonça Milo en jetant ses clés sur la console en marbre. Restez ici. Je descends à la salle des machines avec les lieutenants et nos alliés.

— Amuse-toi bien avec tes petits soldats, Milo, répliquai-je avec un salut ironique de deux doigts. Essaye de ne pas coder ton propre enterrement d’ici demain.

Il ne releva même pas la provocation. Il avait déjà les yeux rivés sur sa montre connectée, entraînant Boris, Ivan et Anton dans son sillage. La porte de l’ascenseur se referma sur eux, me laissant enfin à l’écart de la réunion de crise familiale dans le grand salon.

Je laissai tomber mon sac sur le canapé en cuir blanc et me dirigeai directement vers l’immense baie vitrée qui offrait une vue panoramique sur les lumières de la ville au loin. Dehors, la tempête faisait rage. Les gouttes s’écrasaient contre le verre blindé, floutant les gratte-ciels à l’horizon. Anastasia m'enlancait comme une grande soeur. Elle n'etait plus celle que j'avais connu avant son kidnapping, elle etait détruite.

Je détachai mes cheveux sombres, secouant la tête pour chasser l’odeur de terre mouillée et de chrysanthèmes qui me collait à la peau. Ma robe en dentelle noire me serrait la taille comme une armure trop étroite. J’étais en cage. Mon père était mort, mon frère se prenait pour un algorithme impitoyable de la mafia, et le clan attendait de moi que je joue les princesses éplorées en attendant qu’on me marie pour sceller une alliance informatique ou territoriale.

Plutôt crever.

Mon esprit, vif et incapable de rester immobile, revint immédiatement sur l’anomalie du cimetière. Cet homme. Ce colosse de 6′4" caché sous la pluie, dont le simple regard m’avait ciblée avec la précision chirurgicale d’un objectif de sniper. Ce n’était pas un paparazzi. Les journalistes ont le regard fuyant et la main tremblante. Lui avait l’assurance froide de ceux qui chassent. Et pour la première fois depuis des mois, cette pensée ne me fit pas peur. Elle m’excita.

— Tu as des ordres stricts, Vittoria, murmura une voix grave derrière moi.

Je me retournai d’un coup sec. Florian, mon garde du corps personnel, venait d’entrer dans la pièce, les bras croisés, le visage fermé.

— Florian, mon grand, tu tombes à pic, dis-je avec mon plus beau sourire de prédatrice. Prépare la berline discrète. Je sors.

— Milo a dit…

— Milo gère le clan, je gère ma vie, le coupai-je en m’avançant vers lui, le regard piquant et direct. Si je reste une heure de plus dans cette maison à regarder des graphiques financiers et à écouter le deuil hypocrite de la haute société, je saute par la fenêtre. Et tu sais très bien que je préfère faire sauter les règles.

Florian soupira, connaissant trop bien mon tempérament pour tenter de me retenir par la force. Il savait que si je n’utilisais pas la porte, je passerais par les escaliers de service ou les conduits de ventilation.

— Où est-ce qu’on va ? demanda-t-il, résigné.

— Dans les quartiers chics. Là où les verres sont chers et les secrets bien gardés, lançais-je en attrapant une veste en cuir noir pour masquer la dentelle royale de ma robe. Je vais noyer mon chagrin, Florian. Et qui sait ? Peut-être que je vais trouver de quoi m’amuser un peu.

Dix minutes plus tard, je trompais la vigilance des caméras de Milo en m’engouffrant dans la nuit noire de la métropole, prête à lancer le premier duel de ce nouveau chapitre de ma vie.

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