UNKNOWN: LE STALKER [SOUS CONTRAT D’ÉDITION]

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Summary

Skylar est une jeune étudiante fraîchement débarquée dans la ville de Chicago, aux Etats-Unis. Nouvelle ville, nouvelle vie. Un soir, un inconnu entre chez elle par effraction, le visage masqué. Puis ses intrusions deviennent fréquentes. Le visage constamment dissimulé. Il ne semble pas vouloir quelque chose en particulier... Seulement elle. Après un accident de voiture, il a tout perdu: Sa petite soeur. Son meilleur ami. Sa confiance en lui. Il connait le coupable. Il a pris la fuite sans prendre la peine d'appeler les secours. Il n'a qu'une idée en tête: le retrouver et se venger. ⚠️ TW: Agression sexuelle, harcèlement, langage cru, contenu mature, relation toxique

Status
Ongoing
Chapters
9
Rating
4.6 8 reviews
Age Rating
18+

PROLOGUE

Elle me bouscule en entrant dans l’alimentation, tentant de se protéger de cette pluie torrentielle. Elle se retourne pour s’excuser. Pour vraiment s’excuser: elle me regarde mais ne me voit pas. Je porte mon casque. Elle me sourit et sourit à son reflet dans la visière.

- Je suis désolée !

Elle s’excuse alors que personne n’aurait pris la peine de le faire. Elle n’est pas d’ici. Elle a un accent. Elle est française. Quelques mèches brunes sont plaquées sur son visage. Ses joues et le bout de son nez sont rougis par le froid. Ses lèvres sont enflés à force d’y passer la langue pour boire les gouttes de pluie.

Je voudrais les boire avec elle.

Son pull noir lui colle à la peau. Je devine parfaitement la forme de sa poitrine. Elle ne porte pas de soutien-gorge. Je hoche la tête et, comme si elle attendait la confirmation que j’aille bien, se détourne de moi et entre se réchauffer dans le magasin.

Je monte sur ma moto stationnée devant la vitrine de l’alimentation. A travers, je la vois déambuler entre les rayons, un panier à la main. Elle se sert dans un tas de paquets de pâte et ne choisit que des

penne. Elle prend des sauces toutes prêtes ; pesto et tomate aux herbes. Puis du papier toilette et des tampons.

Des courses de dernière minutes.

Devant les frigos, elle passe en revue la sélection deBen & Jerry’s. Ses lèvres se pincent quand elle repère les pots aux brownies. Ils sont tout en haut des étagères. Son pull se soulève lorsqu’elle tend le bras pour en attraper un. Mes yeux capte le petit bijou pendant à son nombril. Puis le pull reprend sa place et elle referme la porte du frigo. Elle a pris deux pots.

Sa glace préférée.

Elle se dirige vers le comptoir pour passer à la caisse. Elle sourit au vendeur. Elle paie et je lis sur ses lèvres qu’elle lui souhaite bon courage. Puis une bonne soirée.

Elle est gentille. Elle est heureuse.

On lui a rien pris - rien volé.

Puis elle se dirige vers la sortie. Une cloche teinte lorsqu’elle ouvre la porte. Elle observe le parking vide plongé dans le noir. Il n’y a pas de lune ce soir. Elle hésite à sortir ; la pluie n’a pas cessé. Puis elle remarque ma présence. Son visage se tourne vers moi. Elle est, un instant, surprise de me voir encore ici. Mais ça ne dure pas. Son visage se détend et elle me sourit. Encore.

Elle est belle. Elle a le charme qu’on connaît des françaises. Mais elle n’est pas froide, ni distante. Elle est chaleureuse. Chaude et accueillante. Et je commence à me sentir à l’étroit dans mon jean.

Son regard tombe sur ma bécane. Elle a l’air intéressé. Je l’imagine un instant dessus, tandis que je fais vrombir le moteur sous ses fesses. Mais elle se détourne vite et me souhaite aussi une bonne soirée, avec son accent français :

- Bonsoir !

Je l’observe courir sous la pluie pour rejoindre un vieux pickup bleu. Rapidement, les fards s’allument et le moteur gronde. Puis, elle quitte le parking jusqu’à s’arrêter à un panneau STOP.

Mon cerveau tourne à plein régime. Mes mains me démangent et se contractent d’envie d’allumer le moteur et de la prendre en chasse. Ne plus l’observer m’agace, soudainement.

Où vas-t-elle se rendre ensuite ? Rejoindre des amis ? Un copain ?

Je grinces des dents.

Ou seulement rentrer se blottir devant une série télé en mangeant duBen & Jerry’s au brownie ?

A-t-elle allumé sa station radio à l’intérieur ? Écoute-t-elle de la musique en conduisant ? Quels sont ses morceaux préférés ?

Les fards se rallument et elle se remet en route. Je me dépêche d’allumer mon moteur et fonce pour rattraper la distance. Je fais attention à laisser deux ou trois voitures entre nous. Elle n’a pas quitté la route principale une seule fois. Elle continue jusqu’au centre-ville. Rapidement, on arrive dans le quartier étudiant. On passe devant l’université, puis on continue jusqu’en direction des résidences universitaires. Elle ralentit et s’arrête devant un portail.

Moi, je m’en vais.

Je sais où tu vies.