Les quatre éléments, tome 2

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Summary

Les apprentis ont maintenant découvert leur ennemi. Ils se rendent bien compte que la suite ne va pas être facile, mais qu'ils ne peuvent pas se permettre d'abandonner. Le monde entier compte sur eux.

Status
Complete
Chapters
16
Rating
n/a
Age Rating
16+

prologue

Ténèbrès, onze ans plus tôt. 

Il faisait beau aujourd’hui et j’en étais bien heureux. Aujourd’hui était l’anniversaire de mes cinq ans. Mes parents avaient prévu beaucoup d’activités à faire pour que je sois comblé et que je me souvienne longtemps de cette journée.

- Tu es prêt mon chéri ? me demanda ma mère, Judith, dans le hall du palais.

- Oui, je viens de mettre mes chaussures, répondis-je aussitôt, impatient d’aller chez ma tante. On y va ?

- Je ne vois pas de raison d’attendre plus longtemps, rétorqua-t-elle, un grand sourire aux lèvres.

Mes parents savaient très bien que j’aimais ma tante plus que n’importe qui, à part peut-être eux. Malheureusement, elle n’habitait pas dans le coin et ce n’était pas toujours possible d’aller la voir, car c’était une personne très occupée. J’avais énormément de chance qu’elle pense à moi et qu’elle n’aille pas travailler spécialement pour mon anniversaire. Je savais aussi que ça la rendait heureuse que je vienne la voir pour ce jour si spécial.

- Comment te sens-tu ? s’enquit ma mère, sentant que je me sentais un peu faible.

- On peut faire une pause si tu veux, me dit mon père.

Je failli accepter, mais mon impatience repris vite le dessus.

- Ne vous en fait pas, je n’en n’ai pas besoin, les rassurai-je en essayant de cacher mon envie de vomir.

- Tu es sûr ? Ça ne sert à rien de tomber malade si c’est pour vouloir arriver dix minutes plus tôt, continua mon géniteur.

- D’accord, je veux bien m’arrêter un peu, avouai-je. Mais alors pas longtemps.

Ma mère sourit. Elle savait que j’avais du mal à supporter la téléportation, et nous en avions un peu plus d’une vingtaine à faire avant d’arriver chez ma tante. He oui, nous ne pouvions pas nous téléporter à plus d’un kilomètre, et c’était le seul moyen de déplacement possible. Sinon c’étaient nos jambes et une détermination d’acier, ce à quoi mes parents n’étaient pas encore prêts.

Après avoir avoir repris le peu de couleurs que j’avais, nous repartions vers l’habitation de ma tante. On était bientôt arrivé, et j’avais tellement hâte ! À peine étais-je arrivé devant sa porte que je toquai, sans attendre mes parents, trépignant d’impatience. La porte s’ouvrit une demi-seconde plus tard sur ma tante, qui abordait le plus grand sourire que je n’avais jamais vu de ma vie, montrant ses canines blanches et étincelantes comme si elles étaient toutes neuves.

- Bon anniversaire ! s’exclama-t-elle en me prenant dans ses bras. Comment ça va mon chou ?

- Ça va, et toi ? Tu t’en sors avec ton travail ?

Son regard s’assombrit un court instant, mais elle se reprit vite et continua comme s’il ne s’était rien passé, à tel point que je crus que j’avais imaginé cette expression de peur qui s’était peinte sur son visage.

- C’est gentil de t’en inquiéter malgré ton jeune âge. Tout va bien. Alors, tu es prêt pour ta journée ! Je te promets que tu ne vas pas l’oublier de sitôt !

Elle nous invita à entrer dans sa grande maison. Tout semblait être comme la dernière fois que j’étais venu. Pas une trace de poussière, de saleté, rien. Je me demandais comment c’était possible d’avoir un mobilier si impeccable.

- Je tiens à vous prévenir que ma gazinière a un problème. Elle se met à chauffer et à faire un bruit, même quand elle vient de s’allumer. Je me demande si ce n’est pas une panne. Je ne l’espère pas, ce n’est pas trop le moment car…

Elle me jeta un coup d’œil furtif, et s’aperçut que je les écoutai avec attention.

- Car je n’ai pas pu faire de gâteau pour notre cher Ténèbrès, continua-t-elle maladroitement. Mais ne t’en fais pas, j’ai acheté un gâteau à la boulangerie.

- Sans chocolat hein ? m’enquis-je.

Je n’aimais pas ce truc, il y avait trop de sucre pour moi, et ça fondait trop vite.

- Non, ne t’en fais pas, je n’ai pas oublié. Tu verras ce que je t’ai choisis ce midi, c’est une commande spéciale pour toi.

- Tu n’aurais pas dû, fit ma mère à sa sœur. Tu le gâtes trop.

- Mais non, juste un peu. Et puis il le mérite le petit.

J’étais son seul et unique neveu, et elle n’avait pas d’enfants, c’est pour ça qu’elle me chérissait tant d’après mon père.

- J’ai quelque chose d’important à te dire, fit ma tante à ma mère. Viens dans la cuisine deux secondes.

Un gros creux s’était formé sur son front quand elle avait dit cette dernière phrase et ma génitrice abordait elle aussi un air inquiet. Elle suivit sa sœur dans la cuisine sans rien dire. Elle me jeta juste un rapide coup d’œil comme pour me dire que tout allait bien, mais je n’étais pas dupe. Visiblement, quelque chose n’allait pas, mais je ne devais pas être mis au courant. Étant une personne naturellement curieuse, je me rapprochai de la porte pour écouter ce qu’elles se disaient.

- Viens pas ici, fit mon père. Laisse-les parler dans leur coin si elles en ont besoin, ça ne nous regarde probablement pas.

Nous attendions les patiemment dans le salon qu’elles reviennent toutes les deux nous rejoindre, mais les minutes passaient et toujours aucun signe d’elles. On n’entendait même plus le son de leur voix. Soient elles chuchotaient, soit elles ne parlaient plus, mais je ne savais pas ce qu’elles faisaient.

- Est-ce que tu sens cette drôle d’odeur ? me demanda mon père en inspirant fort.

Je cherchai ce dont de quoi il parlait. Ma tante avait dit que le four était en panne… à moins qu’elle ne m’ait menti pour me faire une surprise ? Mais j’avais beau essayer de déceler une odeur de dessert, je ne sentis rien. Un parfum nauséabond que je n’avais jamais perçu ailleurs était omniprésente.

- C’est du gaz ! s’écria alors mon père, ayant une illumination. Il faut qu’on sorte, et vite, c’est dangereux ici !

Il me prit par la main et m’emmena vers le hall, mais je me débattis et protestai :

- Attends ! Maman et tata sont dans la cuisine !

Il se tapa le front avec sa main gauche, comme si je venais de le lui rappeler, et nous faisions demi-tour en quatrième vitesse.

- Nous n’avons pas une seconde à perdre, tout peut exploser d’un moment à l’autre !

Je ne comprenais pas tout, mais visiblement, nous étions en danger et nous devions vite partir d’ici.

Nous arrivions dans la cuisine sans prendre la peine de toquer.

- Il y a une fuite de gaz, on doit quitter la maison, et vite ! s’exclama mon père ayant à peine mis deux pas dans la salle.

- Je sais, on s’en est rendu compte. Mais Judith est tombée dans les pommes, je ne peux rien faire !

- Je vais la porter. Va avec Ténèbrès, je vous rejoins dans pas longtemps.

Je voulus protester, mais ma tante ne m’en laissa pas le temps. Elle me prit rudement le bras et m’emmena vers la sortie.

- Ne t’en fais pas, ils font sortir. Tout va bien se passer.

Elle avait beau me dire ça avec le plus d’empathie possible, je voyais très bien le doute sur les plis de son visage pâle. Cela ne faisait que cinq minutes qu’on les attendait, mais elles me paraissaient comme des heures entières.

- Mais si, je suis sûr que ça va aller. Regarde ! s’exclama-t-elle en pointant deux ombres qui venaient vers nous.

Ils venaient de passer la porte d’entrée quand une grosse explosion détruit toute la demeure. Suivit aussitôt la détonation assourdissante qui me vrilla les tympans et qui éclata toutes les vitres du quartier alentour. Je vis ma tante ouvrir la bouche pour crier, mais n’entendit rien à cause du souffle de l’explosion.

Une fois que les cendres furent entièrement reposées au sol, je courus vers les restes de la bâtisse. De ce qui était autrefois un magnifique havre de paix et de sérénité ne restait plus que des morceaux de briques fumants éparpillés partout sur plus d’une centaine de mètres.

- Papa ? Maman ? hurlai-je dans les décombres chargés de suie.

Il n’y avait aucun signe de vie nulle part. Ce pouvait-il qu’ils… non, quand même pas le jour de mon anniversaire !

Une dizaine de minutes plus tard, ma tante vint me prendre par la main. Il n’y avait plus d’espoir à ses yeux, mais pour moi, tant qu’on n’aurait pas retrouvé les corps ou ce qu’il en restait, il y avait une chance qu’ils soient encore en vie. Peut-être qu’ils avaient réussi à se couvrir à temps ?

- Ça ne sert à rien de continuer à chercher, c’est fini, fit-elle en retenant ses larmes.

- Non ! Ce n’est pas possible ! Ils ne peuvent pas mourir ! m’exclamai-je en me débattant lorsqu’elle voulut me prendre le bras.

J’entendis un cri et un bras ressorti des décombres pas loin. Je me dépêchais de voir qui c’était et comment allait l’être qui avait poussé ce cri. Ma tante était sur mes pas, intriguée.

- À l’aide ! criait la personne blessée.

Je me raidis. C’était la voix de mon père. Puis, reprenant la capacité de bouger, je regardai ce qui le bloquait. Il semblait être à moitié enterré sous des morceaux de plâtres qui avaient volés dans tous les sens. Maman ne devait pas être loin ! Une énergie venue de je-ne-sais-où se joignit à celle que j’avais déjà, ce qui me permit de soulever les lourdes briques qui retenaient mon paternel.

Dès qu’il put se libérer, je l’aidais à sortir du trou dans lequel il se trouvait.

- Où est maman ? m’enquis-je aussitôt, sentant que je pourrais déplacer tout et n’importe quoi pour aller la retrouver.

- Je ne sais pas, je la tenais dans mes bras, mais je l’ai perdue à cause de l’explosion. Elle doit être pas loin, répliqua-t-il en pointant vaguement son doigt derrière moi.

Je me mis aussitôt à retourner toutes les briques que je retrouvé, aidé de ma tante et de mon père.

Petit à petit, d’autres personnes vinrent nous aider. Des voisins, des secours, ou même des gens qui passaient par-là.

Ce fut finalement une heure et demie plus tard qu’un secouriste retrouva le corps de ma mère. Il était plein de sang, déformé à plusieurs endroits, en un morceau, mais sans vie.

Ce soir-là, nous pleurions beaucoup au palais royale. Comme ma mère me l’avait ce matin, je me souviendrai de cet anniversaire pendant très, très, longtemps.

Onze ans plus tard :

Je me secouais la tête. Ce souvenir, même s’il datait, était encore douloureux. Cette mort inutile à cause d’un accident… allais-je faire des dizaines, ou mêmes des centaines de victimes innocentes pour prendre le pouvoir de la terre ? J’avais déjà détruit la maison de Christine, mais si quelqu’un s’était trouvé à l’intérieur ? Non, je devais prendre le pouvoir sans faire de mort inutiles. Je ne pourrai jamais me le pardonner sinon.