Chapitre 1
Vendredi vingt neuf avril
Merline souffla aux énièmes cri de fan de sa sœur, sans être délicate elle lui arracha son livre des mains et l’envoya à son amie qui se précipita dans le café, alors que la plus jeune la pourchassait en éructant dans la rue. Elle entra elle aussi dans le commerce qui était encore désert, sa cadette reprit bien vite son bien qu’elle colla contre sa poitrine pendant que son amie râlait.
Vous êtes chiants à être tous aussi grand dans cette famille ! Hana leva les yeux au ciel en ronchonnant.
C’est toi qui est lilliputienne. Merline passa un bras autour des épaules de son amie.
Ne touche plus à mes affaires ! Morgane cria au milieu du café. J’ai besoin de ce livre, c’est vitale.
Une vraie gamine Morgane. Je ne vois même pas pourquoi tu viens ici alors que tu pourrais tranquillement fantasmer sur tes monstres à la maison. Merline enfila son tablier après s’être débarrassée de son manteau.
Ce ! Ne ! Sont ! Pas ! Des ! Monstres ! Elle se vexa quand elle vit l’amie de sa sœur rire. Ce sont des loups garous et vous le savez très bien. Elle alla se planter devant sa sœur qui commençait à descendre les chaises des tables. Et si tu veux savoir, je suis ici car les acteurs sont en ville en ce moment et je compte bien rencontrer mon âme sœur. Les yeux de son aîné roulèrent, alors que le fou rire de son amie reprenait. Je suis sûr que c’est un signe du destin. Elle se fit dévisager par les deux autres. J’ai eu vingt ans hier, je peux être gravée à tout moment maintenant et les mecs les plus cool de la planète sont ici. CQFD !
T’en as pas marre de tes délires d’ado, et mon âme sœur ceci, et les loups garous par là. Bla Bla Bla, change de disque un peu.
Ça ne te va pas la jalousie. Elle reprit avant que sa sœur l’incendie. Et oui ma grande, ça va faire un an et demi que tu as l’âge et tu n’as toujours pas été gravée. T’as pas l’impression d’être à la traîne ? Même Léo, qui à aussi eu vingt ans hier, à déjà trouvé la sienne. Je ne compte pas être la dernière de la famille, tu seras la seule vieille fille. Elle s’installa sur un des canapés. Tu as beau avoir plein de tatouage, tu n’es pas prête d’en avoir un nouveau vu ton caractère de cochon. Elle tapota son poignet pour bien lui rappeler de quoi elle parlait.
Comment-ça un nouveau tatouage ? Merline se tourna vers sa grand-mère qui venait d’arriver et qui lui attrapait les bras pour les regarder. De ses yeux perçant elle observa toutes les lignes qui mangeaient la peau de sa petite fille et regarda un peu plus celui qui représentait une cible sur son poignet gauche.
Tu peux chercher il n’y en a pas de nouveau.
Jamais avant un match. Hana s’approcha de Ninon et lui fit la bise avant d’aller derrière le comptoir.
Bonjour quand même mamie. Elle l’embrassa aussi et suivit son amie. Morgane si tu es là pour glander tu peux rentrer.
Viens plutôt dire bonjour à ta granny. La plus jeune s’approcha et l’embrassa. Viens avec moi, on va prendre notre petit déjeuner pendant que les deux autres travaille. Sous leurs regards courroucés elle ajouta. Tant que je ne suis pas prête d’être arrière grand mère, tu te débrouilles sans moi avec le café. La plus jeune lui tira la langue en quittant la boutique, alors que Merline étranglait un fantôme devant elle.
T’as famille m’éclate, vous avez tous un sale caractère. Hana alluma l’ordinateur de la caisse en rigolant.
Peut-être, mais un sale caractère différent pour chacun ! Et je préfère finir vieille fille que déçut comme Morgane le sera quand elle aura une âme sœur bien banale comparé aux films qu’elle se fait.
On finira vieilles filles ensemble.
Ouai bébé. Elle tapa dans la main de son amie avant de mettre en route le percolateur.
Finir sa vie avec sa demie âme sœur lui allait parfaitement. Elles travaillaient ensemble, s’entraînaient ensemble, passaient leur temps libre ensemble, avaient les même amis et elles se connaissaient depuis quasiment toujours. D’ailleurs Merline fut la première de ses frères et sœurs a être gravée par le destin. Le premier jour d’école, alors qu’elle trottinait pour suivre ses frères à l’entrée du bâtiment, elle avait percuté une autre petite fille qui tenait fermement la main de son grand frère, qui lui était fière de guider sa sœur, comparé aux siens qui l’avaient lâchement abandonné pour retrouver leurs copains. Après lui avoir proposé de devenir sa copine, elle s’était mis à crier en même temps que sa nouvelle amie. C’était là la première fois qu’elle avait ressentit la morsure de la gravure. Une petite étoile s’était formée sur son poignet, au niveau du trou que forme le pouce quand on le lève, là où papy Gaston mettait son tabac qui pu. Depuis elles ne s’étaient plus quittées. Pas seulement à l’école où il n’y avait que cinq classes pour tous les niveaux scolaires allant de la petite section au CM2, mais partout. D’ailleurs leurs pères, qui avaient été là en ce jour de rentré, avaient bien comprit que sans rien demander ils avaient tous deux un nouvel enfant dans leur famille ; une proposition de boire un café plus tard, leurs petits derniers, qui étaient encore en poussette, jouaient aussi ensemble. A l’époque cette histoire avait fait le tour des journaux de la montagne, deux petites filles de trois ans qui sont gravées ça ne courait pas les rues. Au fils des années elles avaient une brosse à dent chez l’autre, un tiroir pour y laisser quelques affaires, des souvenirs de week end et de vacances en commun, des tâches de cambouis sur leurs jeans à force de traîner dans le garage familiale et même inventé une chorégraphie avec le squelette dans la salle d’attente du cabinet médical de la mère d’Hana. Aujourd’hui elles n’ont plus aucun secret l’une pour l’autre, quand Merline dit qu’elle ne veut pas rencontrer son âme sœur Hana le sait déjà. Alors finir sa vie à côté de quelqu’un qui la connaît par cœur et avec qui elle peut être elle même lui convient très bien, peu importe ce que sa famille peut bien dire.
Tu finis à quelle heure aujourd’hui ? Hana passa un coup d’éponge sur le bar.
Dix-huit heure, je remplace ma grand mère tout l’après-midi. J’irai à la halle directement en sortant du boulot.
Pas le temps de faire une sieste d’avant match alors. J’irai aider ton frère à installer le terrain, on se retrouve directement là bas.
Mouai.
Fais pas cette tête, tu sais très bien qu’avec Arthur on ne pouvait pas être âme sœur. Hana rigola en même temps qu’elle.
Ça suffit avec cette histoire, j’étais petite et j’espérai vraiment que ma meilleure amie épouse mon grand frère. Elle secoua la tête. Ce qui m’ennuie c’est de travailler avec Sandrine cet après midi. Elle va encore me parler de mon cousin qui fait de super étude, alors que moi j’ai tout arrêté pour aller me battre en mini short avec d’autres filles. Merline leva les yeux au ciel.
Heureusement Sacha n’est pas comme ça. Hana grimaça, elle avait déjà entendu la tante de son amie dire ça mot pour mot. D’ailleurs en regardant de l’extérieur on ne croirait pas que c’est son fils.
C’est un Versang c’est pour ça. Un pur et dur, pas un par alliance. Lui aussi a un caractère de cochon. Merline lança la machine machinalement et sortit une tasse. La routine habituelle prenait place, la vie continuait sans entendre parler d’âme sœur ou de loup garou, pendant qu’Hana rigolait alors que le premier client arrivait « Au p’tit Savoie ».
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La matinée passa assez vite et Hana nota sa dernière commande avant de reposer son tablier. Comme les clients qui prenaient leurs cafés, elles sursautèrent quand Morgane entra en trombe en brandissant sa main gauche devant elle.
Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! La jeune fille passa derrière le comptoir pour mettre son poignet fraîchement gravé sous le nez de sa sœur qui vidait le lave vaisselle. Tu es définitivement la dernière de la famille. Elle remonta un peu sa manche pour qu’Hana, qui les avait rejoint, puisse lire ce qui y été inscrit. « Attendez je vous aide ».
Tu l’as rencontré où ?
A côté de la maison de la montagne. On a été se promener avec mamie après le petit déjeuner pour pouvoir parler entre personne civilisées. Elle jeta un regard mauvais à sa sœur. On a remonté le chemin du grand Moueux, puis la digue et en descendant les marches après l’office de tourisme j’ai fait tomber mon sac. Lui était monté par le deuxième escaliers, alors on ne s’était pas encore croisé et comme il était un peu surélevé par rapport à nous il a vu mes affaires éparpillées. Du coup il m’a appelé pour me les rendre et j’ai sentit mon poignet me brûler après lui avoir répondu. La jeune fille avait les yeux qui pétillaient en racontant son histoire.
Et comme s’appelle ce héro ? Merline s’adossa contre le comptoir.
Helmut. Un sourire béa prit place sur le visage de Morgane. Il vit sur Chamonix et on se rejoint ce soir pour aller manger ensemble. Il m’a dit qu’il ne voulait pas perdre un instant avant d’apprendre à me connaître. Sa sœur fit semblant de vomir et Hana rigola. C’est ça moque toi, mais moi au moins j’ai rencontré mon âme sœur !
Tu sais très bien que je veux rester libre de mes mouvements et de mes choix, alors arrête de répéter la même chose en boucle. Il faisait quoi sur Argentière s’il est de Chamonix ?
Il allait à l’office de tourisme pour récupérer un plan. Il est nouveau dans la région. Je suis tellement contente. Elle ne pouvait s’empêcher de caresser son tatouage du bout des doigts. J’aurais bien aimé aller boire un café avec lui tout de suite, mais il est en service alors il ne pouvait pas m’accompagner.
Tu as pas pu en apprendre beaucoup sur lui du coup ? Hana encaissa un client en écoutant l’histoire de Morgane.
On a prit le temps de parler un peu quand même.
Un peu ? Heureusement que l’hiver est terminé sinon j’aurai gelé sur place. Ninon prit le thé que Merline lui tendait.
Il s’appelle Helmut Coste, il a vingt ans, il est originaire de Paris, il est arrivé il y a un mois, il est à la caserne de Chamonix et comme il est dans la police municipale il ne doit pas vivre sur place et ça c’est cool … Elle s’arrêta de parler en entendant les deux autres rire. Quelques clients tournèrent la tête vers eux en les entendant. Hana était toute rouge et Merline était pliée en deux en se tenant les côtes. Je peux savoir ce qui vous fait rire ?
Un flic ? Merline essaya de se concentrer pour parler. Sérieusement ? Mais son fou rire reprit le dessus.
Je veux être là quand ton père va le rencontrer. Hana avait attrapé le bras de son amie pour avoir son attention.
Vous avez fini de faire les bébés là ? On parle de quelque chose de sérieux. Leurs rires reprirent de plus belle.
Les écoutent pas. Ninon posa ses mains sur les épaules de sa petite fille.
Tu as raison, c’est la réaction de deux personnes qui n’ont pas encore trouvé leurs âmes sœurs et qui ne savent pas ce que ça fait.
Et ça fait quoi d’être accroché pour toujours à un flic ? Sa sœur ne cacha pas son sourire en rangeant la vaisselle.
Je suis heureuse et je sais que lui aussi. Je le sens en moi. J’ai envie de le revoir le plus vite possible et de passer du temps avec lui car il me manque déjà. Hana cracha sa gorgée d’eau et Merline rigola de plus belle. Vous êtes vraiment pas possible.
Et toi tu te rends compte de la situation dans laquelle tu es ? Un flic ! Les repas de famille vont être de plus en plus drôle.
Un homme qui protège et sert la population, qu’est-ce qu’il y a de mal à ça ?
T’as déjà oublié comment tu as réagis la dernière fois que tu as reçu une prune ?
Ce n’est plus pareil, j’ai grandit !
Et tu penses que Galahad va réagir comment alors qu’il a faillit devoir arrêter les courses, car ils se cachent pour gratter le moindre point ? Et papa va réagir comment quand tu vas arriver la bouche en cœur pour lui présenter ton mec ? Tu te souviens quand même que le garage a complètement été retourné par ses collègues parce qu’ils pensaient qu’il planquait et je cite « des produits de contrebande pour la Suisse » dans les motos il y a deux semaines ?
Déjà c’était les gendarmes et ensuite c’est très culotté de ta part de dire ça, car c’est toi qui été accusée. Merline perdit son sourire, ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait d’être accusée à tord, mais elle n’aimait jamais qu’on lui rappel, elle allait enchaîner mais sa grand-mère la coupa.
Sandrine arrive, tu peux y aller Hana. Elle se tourna vers Morgane. Tu devrais aller bosser tes cours un peu, car ce soir tu n’aurais pas le temps. Elle posa sa main sur l’épaule de Merline. Je reviens pour dix-huit heure ce soir comme ça tu pourras aller à ton match.
Tu as raison, je vais y aller. J’ai passé un très bon début de journée et je ne vais pas les laisser me la gâcher, vous comprendrez quand vous les aurez trouvé. Je ne serai pas là pour votre match, mais pour ce que ça vaut. Morgane quitta le café sans un mot de plus.
Avec ton grand-père on serait bien venu, mais tu sais que ça finit trop tard pour nous. Ninon récupéra son sac sur la chaise. Hana sera le bras de son amie pour lui montrer son soutient. Il faut que j’y aille, à plus.
J’y vais aussi, on se retrouve à la halle ou tu veux que je passe te chercher ? Hana attrapa sa veste.
On se retrouve là bas, Arthur à besoin d’aide. Merline sourit à son amie pour lui montrer que ça allait aller et se dirigea vers les habitués qui venaient de rentrer pour leurs cafés avant de reprendre le boulot.
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Merline passa un coup d’éponge sur le comptoir, encore une heure et elle pourra rejoindre ses amis pour son match. L’après-midi avait été assez calme donc elle avait pu revoir les plans de tactiques entre deux messages d’Hana qui lui montrait la piste qu’ils avaient finit d’installer un peu plus tôt. Sandrine était occupée avec quelques touristes anglais qui voulaient tout savoir de la bière au Génépi. Elle était bien contente que ce soit sa tante qui s’en occupe, car elle vivait dans la brasserie qui la produisait. Quelques clients entrèrent, mais sa tante les plaça directement, elle pu se replonger dans ses fiches de stratégie.
Un bruit sourd lui fit relever la tête et elle vit un homme se battre avec la porte, encore un touriste qui avait confondu le panneau tirez avec poussez. Quatre personnes entrèrent rapidement et s’accroupirent derrière la première table du café. Merline se redressa un peu pour les observer. Ils avaient tous leurs capuches sur la tête et de grosses lunettes de soleil qu’un d’eux retira pour jeter un coup œil par la baie vitrée. Elle vit passer un groupe d’une dizaine de personne qui remontaient le village en courant et en criant. Un homme s’arrêta et regarda la pièce par la devanture. Le hurlement d’une personne sur le trottoir d’en face le fit bouger et il repartit en courant. Merline attrapa son téléphone, prête à appeler de l’aide. Les hommes qui venaient d’entrer rapidement et ceux dans la rue dont les visages lui disais vaguement quelque chose, ne prédisaient rien de bon. L’un des hommes se releva et prévint les trois autres que les fans étaient partit. La serveuse se demanda qui pouvaient bien être ces stars qui avaient fait courir les habitants. Ses yeux roulèrent et elle secoua la tête quand ils retirèrent leurs camouflages, elle n’avait pas eu besoin de chercher longtemps pour les reconnaître. Même si elle essayait de les ignorer, les posters de Morgane étaient partout dans la maison, alors reconnaître les garçons n’était pas difficile. Elle avait en face d’elle les monstres du derniers film en vogue pour ado. Elle était saoulé. Elle avait seulement envie de partir et voilà que les ennuis arrivaient, car des stars mondialement connues ne pouvaient rien apporter de bon.
Vous voulez commander quelque chose ? Elle avait parlé un peu fort, mais elle souhaitait se débarrasser d’eux au plus vite. Manquerait plus que les fans débarques pour que ce soit la cohue et qu’elle ne puisse jamais partir à temps. Ils se regardèrent quelques instant et l’un d’eux approcha.
Bonjour. Il lui fit un sourire Hollywoodien qu’elle détesta. Je vais prendre un café glacé au caramel s’il vous plaît.
On ne fait pas ça ici. La carte est affichée sur le comptoir. Elle pointa du doigt la devanture du bar.
Ah. Le garçon prit le temps de regarder ce qui était affiché. Un expresso s’il vous plaît.
Très bien, avec ceci ?
Ce sera tout merci. Il échangea sa place avec un deuxième homme qui s’approcha et lui sourit.
Bonjour, un café crème s’il vous plaît. Un troisième s’approcha et s’installa face à elle.
Clément Stallit. Il resta droit devant elle, alors qu’elle ne comprenait pas pourquoi il lui disait son nom avant de se rappeler que quelques personnes le faisaient en premier aux inconnus au cas où ce serait leur âme sœur. Elle trouvait ça idiot et carrément toxique, comme si on devenait la propriété de son âme sœur.
C’est pas moi. Elle fut soulagée et agita son poignet où était tatoué une cible qui n’était toujours pas remplit par les paroles de son âme sœur.
D’accord, je vais prendre un chocolat viennois s’il vous plaît. Il sourit et elle fronça un peu les sourcils, puis ça lui revient. Celui là c’était le deuxième amoureux, l’homme parfait, le plus beau, le meilleur et tout le blalbla habituelle de Morgane, c’est pour lui qu’elle buvait cette boisson tous les matins et qu’elle leur rappelait les bien fait des produits laitiers en leur fredonnant la petite chanson qu’elle aurait sûrement en tête toute la soirée maintenant. Elle rigola dans sa barbe en écrivant sa commande et elle hésita à lui demander une photo pour faire enrager sa sœur. Un raclement de gorge lui fit relever la tête et le quatrième garçon s’approcha. Celui là c’est le numéro un de Morgane, celui avec lequel elle lui bassine les oreilles en permanence.
Mes amis m’appellent Julien, mais tu peux m’appeler ce soir. Il posa son coude sur le comptoir en souriant. Les autres garçons rigolèrent et si le bourdonnement dans ses oreilles n’avait pas été aussi fort elle les aurait entendu le charrier. Mais la douleur sur son poignet gauche était trop forte, elle plaça sa main droite dessus avant de le remonter devant elle. Avec une boule au ventre elle souleva ses doigts et en voyant les nouvelles lignes sur sa peau elle sentit sa glycémie descendre dans ses chaussettes. Elle venait d’être gravée. Le silence se fit autour d’elle, les garçons venaient de voir les paroles du quatrième homme sur sa peau. Oh c’est toi, je t’ai trouvé ! Le garçon plaqua ses mains sur le bar et elle sursauta en revenant à la réalité. Je suis tellement content de te voir, ça fait plus d’un an que je te cherche. Il se pencha un peu vers elle. Je m’appelle Julien, Julien Devgan. Il attrapa sa main qu’elle avait gardé en l’air. Elle regarda son nouveau tatouage et releva les yeux pour les fixer dans ceux de son vis à vis en sentant la colère monter en elle.
Putain mais c’est légal d’être aussi con ? Elle récupéra sa main d’un coup sec et tourna les talons. Elle se dirigea vers la porte réservée aux employés alors qu’elle entendait la voix de l’homme l’appeler. Il était pas encore dix-huit heure mais peu importe, elle avait juste envie de partir. Partir loin de cet homme qui venait de la graver. Elle attrapa sa veste et son skate et quitta le vestiaire par la porte qui donnait sur la rue directement. Sans prendre le temps de s’habiller, elle fit glisser sa planche et monta dessus alors qu’elle sentait son téléphone vibrer dans sa poche. Hana, elle n’avait pas besoin de lui dire pour que sa demie âme sœur sente que quelque chose n’allait pas et là rien n’allait. Vraiment rien.