Les aventures de l'enquêtrice Alyson Langevin Tome 1

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Summary

( Déjà publié en auto-édition) Rencontrez Alyson, jeune enquêtrice à la criminelle, et suivez-la tout au long de cette première enquête, qui pourrait bien vous faire hésiter dans vos choix de vie. Le mal peut se cacher partout et dans chacun de nous ; certains savent seulement le cacher mieux que d’autres. La jeune femme verra sa vie bouleversée par son nouveau coéquipier, Ethan, un homme au regard ténébreux, jaloux et sûr de lui. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il s’impose aussi rapidement dans sa vie. Comment évoluera cette relation ?

Status
Complete
Chapters
24
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

Nous sommes vendredi soir et je suis seule chez moi. J’habite un petit appartement dans le secteur de Sainte-Foy. Il n’est pas très grand, mais bien assez pour une personne seule. Il comporte une chambre avec un lit double, un salon occupé par un sofa ainsi qu’une causeuse en cuir noir et, pour terminer le décor, une table basse trône au centre de la pièce. J’ai également une cuisine et une salle de bain, tout le nécessaire dont j’ai besoin pour vivre normalement et efficacement. J’ai tout peint en blanc et quelques coussins bleus de différentes teintes sont déposés sur mon lit et mon sofa. Ce sont les seules touches de couleurs dans tout mon appartement. Je ne l’ai pas décoré plus qu’il ne le faut ; personne ne pourrait deviner que je vis ici. C’est tellement impersonnel. Je n’ai même pas une photo de ma famille. Mes parents, je les aime, mais ils vivent en Floride toute l’année et nous ne nous parlons que très rarement. Ils sont arrivés à un stade où ils veulent en profiter. Ils ont travaillé toute leur vie et sont maintenant rendus à la retraite, alors ils ont décidé de vivre pour eux et j’en suis heureuse, ils l’ont bien mérité. Je vais passer quelques semaines dans leur condo chaque année, mais le reste du temps, je suis seule ici à Québec. Ils ne m’ont fait aucun frère ou sœur, donc en grandissant, j’ai appris à me suffire moi-même.

Mon métier fait en sorte que je ne suis pas souvent chez moi, mais pour être honnête, je n’ai pas eu le courage de le personnaliser. Je suis toujours seule ; à quoi bon se soucier d’un tel détail quand personne ne vient ici ?

J’ai vingt-cinq ans et je suis enquêtrice à la criminelle depuis deux ans. Je travaille pour la Sûreté du Québec. C’était mon rêve, mais ce rêve vient avec la solitude. Je travaille tellement que je n’ai pas le temps de fréquenter un homme. Ce soir, cependant, cette solitude me ronge. Plusieurs personnes de mon entourage m’encouragent à m’inscrire sur Matche-moi. Je ne m’imagine pas utiliser une application pour essayer de trouver l’homme de mes rêves. C’est comme ouvrir un magazine et choisir la meilleure option pour nous. On clique sur le plus beau, le plus musclé ou celui qui a le plus beau sourire. Je suis persuadée que la plupart des gens sur un site comme celui-là écrivent des informations mensongères sur eux. Plusieurs psychopathes doivent y avoir élu domicile aussi.

Ce soir, je n’ai pas la force d’aller dans un bar pour trouver un prétendant, donc l’idée germe dans mes pensées. Je ne perds que mon temps, au bout du compte ; rien ne m’oblige à aller plus loin. Peut-être serais-je capable de me changer les idées, mais je ne m’en fais pas accroire, rien de sérieux ne ressortira de cette histoire. Je ne suis pas idiote au point de croire que l’amour se trouve sur une application de ce genre. Je finis par m’asseoir sur mon sofa avec mon ordinateur et une bière que j’ai prise dans le frigo sur ma route. Je relève les jambes sur la table basse et je m’installe confortablement. Je dépose mon ordinateur sur mes genoux et j’ouvre le couvercle, puis j’appuie sur le bouton pour l’activer. Je vais télécharger l’application et j’attends quelques minutes qu’elle soit prête. Je me dis que tout ceci est une mauvaise idée, mais la curiosité l’emporte sur tout le reste.

Quand je lance l’application, je constate qu’il faut remplir un questionnaire. C’est logique !

Je mets mon nom, Alyson Langevin. Est-ce que c’est une bonne idée de mettre mon vrai nom ? Je réfléchis et je me dis que c’est seulement un nom parmi tant d’autres. Je continue. Cheveux : longs et bruns. Yeux : bleus. Grandeur : 5 pieds 9. Je ne vais pas plus loin dans ma description. Je me dis que j’en ai déjà assez mis. Ça me demande une photo, mais je décide de ne pas le faire. Je suis sur cette application seulement pour passer le temps et en découvrir plus sur ce genre de site, qui nous promet de trouver l’âme sœur en quelques clics. De toute manière, je n’ai pas envie que quelqu’un se donne du plaisir avec ma photo. Je suis désolée, je travaille pour la criminelle ; des tordus, j’en ai vu plus d’un depuis deux ans.

J’envoie le tout. Au bout de quelques secondes, je reçois un message d’un homme prénommé Alex, accompagné d’une photo de lui. Il est canon. Il a les cheveux blonds courts, les yeux bleus, il est musclé et il a un sourire magnifique. Je ne suis pas certaine que la photo n’a pas été retouchée, mais bon. Il me dit :

« Salut. »

Je réponds en retour :

« Salut. »

Il me demande :

« Tu es nouvelle sur ce site ? »

Je me demande bien pourquoi il me demande ce genre de choses.

« Qu’est-ce qui te fait penser ça ? »

« Tu n’as pas mis de photo, donc j’en déduis que tu es en train de voir comment ça se passe avant de décider d’aller de l’avant avec une photo. »

Il est perspicace. Je me décide à lui répondre.

« Tu as raison, j’ai quelques doutes sur ce genre d’application. Je n’ai pas confiance, tout simplement. Je crois que le monde sur ce genre de site n’est pas honnête. »

Je suis curieuse de connaître sa réponse. Peut-être va-t-il prendre ses jambes à son cou. Il me répond rapidement :

« Je te comprends, je suis comme toi. Je suis venu sur ce site ce soir, parce que l’envie n’était pas là de sortir et que j’avais du temps à tuer. »

Je ne sais pas trop s’il est honnête, mais il m’aide à passer le temps, au moins. Il continue la conversation.

« Tu fais quoi dans la vie ? »

Je me dépêche de lui répondre :

« Ce n’est pas important. »

« D’accord, je comprends. On ne parle pas de ta vie. »

Je continue de parler avec lui pendant quelques heures, jusqu’à ce que je remarque qu’il est rendu tard. J’ai appris qu’il travaillait dans la bourse, qu’il est célibataire depuis un certain temps et, malgré mes craintes, j’ai trouvé plaisant de parler avec lui. Je vais voir avec le temps, si nous avons réellement une connexion, avant de le rencontrer. Je ne suis pas encore certaine si c’est une bonne idée, mais bon… je dois avouer que l’idée est tentante pour le moment, et je comprends mieux les gens qui se laissent embarquer aussi facilement dans ces rencontres virtuelles.

Je ne peux pas croire que j’en sois arrivée à ce point dans ma vie amoureuse. Sur cette constatation, je vais me brosser les dents et me coucher ; je suis de service demain.

Avant cette conversation

Dans le sous-sol d’une maison dans le quartier de Saint-Augustin, une femme est attachée avec des chaînes. Elle est suspendue au plafond depuis une semaine. Elle n’a pas mangé depuis son emprisonnement et ses yeux sont bandés. Personne n’est venu la voir depuis le début. Elle a essayé de crier, mais personne n’est venu à sa rescousse. Elle est nue et a froid.

Des pas se font entendre dans les escaliers et elle relève la tête même si elle ne voit rien. Une voix d’homme se fait entendre :

— Bonjour, Judith.

La voix est grave et presque sensuelle ; elle lui rappelle quelqu’un, mais c’est très vague.

— Qui êtes-vous ? lance-t-elle en panique.

— Tu as décidé que je n’étais personne.

Les pas se rapprochent d’elle rapidement. Elle essaie de bouger. Le sang pulse dans ses veines et la sueur coule sur son dos. Une des mains de l’homme, couverte d’un gant de latex, la touche. Il la promène sur son corps. Elle essaie de reculer, mais elle est enchaînée aux mains et aux chevilles.

— Que me voulez-vous ? demande-t-elle.

— Tu ne te souviens pas ? Nous avons mangé ensemble la semaine passée et tu as décidé à la fin du repas de ne plus me revoir.

Elle se souvient vaguement de lui. Il avance sa bouche près de son oreille, en faisant bien attention de ne laisser aucune trace d’ADN sur elle, parce qu’il a bien l’intention de la tuer pour ce refus. Il parle sur un ton monotone qui donne la chair de poule.

— Tu m’as dit de t’oublier, mais moi je ne veux pas qu’on m’oublie. Je veux qu’une femme m’aime. Je sais que toi tu ne m’aimeras jamais, mais je te promets que toi, Judith, tu ne m’oublieras jamais.

Les larmes coulent sur ses joues et elle est prise de tremblements.

La main qui se promenait sur son corps la frappe violemment au visage. Elle voit des étoiles pendant quelques secondes et crie de douleur.

— Vous me faites mal, espèce de cinglé ! lance-t-elle. Laissez-moi partir, je ne dirai rien à personne.

Il attrape ses cheveux d’une main et tire d’un coup sec vers l’arrière pour que son visage soit au niveau du sien, même si elle ne le voit pas.

— J’aime entendre une femme crier, continue, dit-il.

Il lâche la prise de ses cheveux et sa tête retombe vers le sol. Il se déplace un peu plus loin alors qu’elle pleure toujours. Sa tête lui fait mal, mais elle reste aux aguets pour essayer de savoir ce qu’il fabrique. Est-ce qu’il part ou prend-il quelque chose ? Elle écoute et entend un bruit, comme un frottement sur une surface dure. Elle frissonne de peur. Le bruit de frottement s’arrête, mais ses pas se rapprochent dangereusement d’elle. Elle sent sa présence dans son dos et sans qu’elle puisse s’en empêcher, elle crie :

— Ne me faites pas de mal, je suis désolée, je suis prête à vous aimer.

Il ne dit rien, mais tout à coup, elle ressent un coup sec dans son dos. Ce coup devient une sensation de brûlure, comme si on venait de la fouetter. Elle est en état de choc jusqu’à ce qu’un deuxième coup retentisse. Ses larmes coulent sur ses joues et s’intensifient. Les coups ne s’arrêtent pas et deviennent de plus en plus forts. Elle n’a même plus la force de crier. Un liquide coule sur son dos. Elle est presque inconsciente. Sa tête pend vers le bas et c’est une chance qu’elle soit attachée, parce qu’elle s’étalerait de tout son long sur le plancher. Toute sa force et sa combativité sont en train de partir tranquillement.

Au bout d’un moment, tout s’arrête. Elle croit avoir droit à un répit, mais c’est faux. Il est de retour derrière elle et elle entend le son d’une torche qu’on allume. Une force qu’elle ne croyait pas avoir en elle lui permet de recommencer à se débattre et à crier.

— Arrêtez, arrêtez ! Non, non, je vous en supplie, ne faites pas ça.

Elle sent la chaleur de la flamme s’approcher de son dos. Elle essaie de le cambrer, mais les liens qui la retiennent l’empêchent de bouger. La flamme entre en contact avec son dos lacéré. Elle crie de douleur. Il brûle son dos de haut en bas. Après quelques minutes à la faire souffrir, il arrête tout. Elle prie les dieux pour qu’ils l’amènent avec eux rapidement. Elle est dans un état de semi-conscience quand elle sent qu’on lui relève la tête. Elle était tellement dans la brume qu’elle ne l’a pas entendu arriver devant elle. Elle sent qu’on lui arrache le bandeau des yeux. Elle cligne plusieurs fois des cils pour s’adapter à la lumière du sous-sol. Une odeur de chair brûlée habite les lieux et lui soulève l’estomac.

Ses yeux rencontrent ceux de son bourreau. Elle peut y lire qu’elle mourra entre ses mains, d’ici quelques minutes. Il tient son visage entre ses mains pendant un instant et finit par les déplacer au niveau de son cou. Elle déglutit, mais elle est heureuse que son calvaire prenne finalement fin.

Il commence à serrer tranquillement son cou et y met plus de force. Il regarde la vie quitter tranquillement son corps. Un sentiment de puissance l’envahit. Cette montée d’adrénaline lui a donné une érection comme jamais auparavant. Quand il est certain qu’elle est bien morte, il lâche son cou et laisse tomber sa tête.

Il se recule pour admirer son œuvre. Il est pris de pulsions. Sa queue vient frapper sur sa fermeture éclair. Il enlève ses gants de latex et ouvre sa braguette. Il descend son pantalon à ses genoux et sa queue pointe droit devant lui. Avec une de ses mains, il empoigne son membre et commence des mouvements de va-et-vient. La pression de sa main est forte. Il est tellement excité. Il regarde le corps de Judith devant lui et il sent monter la jouissance dans son corps. Après quelques mouvements supplémentaires, il éjacule dans sa main. Jamais de sa vie il n’a joui aussi fort. Entendre une femme crier de douleur et voir la vie s’envoler dans ses yeux est le comble du plaisir pour lui. Une semaine à s’occuper d’elle, ç’a été trop long ; il se dit que la prochaine ne sera

ici que de passage.

Il finit par se rendre à la salle de bain pour se nettoyer rapidement et revient mettre des gants neufs pour ne laisser aucune empreinte. Il détache le corps et l’enroule dans une couverture, puis le transporte jusque dans le coffre de sa voiture. Il s’arrête dans une rue tranquille, s’assure qu’il n’y a personne à l’horizon et jette le corps par terre dans le coin sombre d’une bâtisse. Il repart aussitôt. Pendant qu’il roule pour retourner chez lui, il se demande combien de temps la police prendra pour trouver le corps. Il se promet de suivre l’évolution de l’enquête par les chaînes de nouvelles. Il est convaincu d’avoir pris toutes les précautions nécessaires pour qu’ils ne remontent pas jusqu’à lui.

Rendu chez lui, il prend une bière dans le frigo et s’installe sur le sofa. Il lance l’application Matche-moi pour essayer de trouver sa nouvelle victime. Pour Judith, la chance était de son côté – il espère que la prochaine sera aussi facile à hameçonner. Personne ne peut se douter de ce qui se cache derrière l’écran d’un ordinateur. Il rit seul dans son salon quand il découvre sa nouvelle victime : Alyson Langevin. Elle n’a pas de photo, mais sa description correspond bien à ses goûts en matière de femmes. Une grande brune aux yeux bleus. Il entame la discussion avec elle et, avec un peu de chance, il l’embobinera aussi facilement que Judith.