C'est l'histoire d'Amée URETT

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Summary

" Amée Urett n’a jamais eu une vie normale. Rejetée, persécutée, internée… jusqu’au jour où tout explose – littéralement. Fugitive, elle devient Luna, une proie traquée par une organisation de mercenaires redoutables. Mais lorsqu’elle rencontre Rearden, un homme aussi troublant et attirant que dangereux, ses certitudes vacillent. Entre manipulations, désirs ambigus, et révélations troublantes, Luna découvre qu’elle n’est peut-être pas la seule à posséder des dons surnaturels… et que son rôle dans ce monde dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Une lutte s’engage : celle de la survie, de la vérité, mais surtout, de l’acceptation de ce qu’elle est vraiment. "

Status
Complete
Chapters
21
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

— Aujourd’hui nous allons étudier l’européanisation de notre société…

Amée écrivait son cours de manière assidue. Ça ne l’intéressait pas plus que cela, mais c’était toujours mieux que d’écouter les autres ; leur prêter de l’attention n’était qu’une perte de temps.

— Tu as vu son tatouage ?

— Elle se la joue, c’est clair ! Amée resserra un peu plus ses doigts autour du stylo.

Quelle bande de cons… pensa-t-elle. Elle réussit tant bien que mal à reprendre le fil du discours du professeur. La terminale n’était pas ce qu’il y avait de plus passionnant, mais c’était bien mieux que le quotidien chez sa famille d’accueil.

— De toute façon c’est qu’une fayotte.

— Elle s’habille à la décharge ou quoi ? Amée ferma les yeux un instant, sa prise se renforçant sur son stylo.

Elle sentait la colère monter en elle, comme une force qui ne demandait qu’à sortir. Ce n’était pas différent des autres jours, mais ce jour elle avait dix-huit ans, elle était adulte.

—Elle mériterait une bonne leçon.

— Grave, de toute façon elle n’a pas d’amis. Amée pouvait entendre leur rire.

La sonnette retentit. Elle rouvrit les yeux. Sauvée par le gong… pensa-t-elle.

Elle se dépêcha de ranger ses affaires puis jeta son sac sur son épaule et sortit. À peine avait-elle passé la porte qu’elle sentit quelqu’un lui tirer ce dernier. Elle se retourna vivement et se retrouva nez à nez avec la bande.

— Salut Luna ! T’as l’air pressée… Ça va ? Dis un des garçons en riant.

—Ne m’appelle pas comme ça.

Ils faisaient référence à sa marque de naissance en forme de croissant de lune sur le haut de son omoplate, presque au niveau de son épaule.

Contrairement à ce qu’ils pensaient, ce n’était pas un tatouage. Le destin semblait prendre un malin plaisir à l’emmerder, se dit-elle.

— Je m’appelle Amée et vous le savez très bien. Maintenant, rendez-moi mon sac.

— Quoi ? Tu nous quittes déjà ? Aller reste avec nous ! Ils rirent plus fort encore.

— Non merci. Répondit-elle d’une voix sèche.

Amée tenta de récupérer son sac, mais on l’en empêcha sous l’hilarité générale. Elle serrait le poing, ils commençaient sérieusement à lui taper sur le système. L’un d’entre eux s’amusa à la bousculer, elle rebondit sur une autre personne qui la poussa plus fort encore jusqu’à ce qu’elle tombe à terre. Un autre s’approcha et lui agrippa son haut, juste de quoi la relever légèrement du sol.

— Aller Luna et si tu enlevais ces vêtements ? T’ira t’en acheter des nouveaux !

— Et des plus beaux ! Ils rirent de plus belle.

Amée fronça les sourcils. Elle n’avait pas peur, elle était folle de rage. Elle sentait une douce colère l’envahir chaque seconde un peu plus, elle avait de plus en plus de mal à la contenir.

— Maintenant vous allez me lâcher.

—Et sinon quoi ?

À ces mots, ils s’étaient tous agglutinés autour d’elle. L’un deux l’avait agrippée et la maintenait au sol. Un autre lui enleva ses chaussures, elle se débattait bien sûr, mais ils étaient bien trop forts. Quand le meneur vint lui prendre son haut ; c’était le geste de trop.

Une colère venait subitement de l’envahir comme jamais elle ne l’avait éprouvée. Une sorte d’onde de choc émana d’elle ; explosant les vitres qui les entouraient. Des morceaux s’étaient plantés sur ses assaillants ; jambes, bras et corps. Ils hurlaient ; non seulement de frayeur, mais de douleur.

Amée se releva, elle n’avait rien, pas même une égratignure. Elle était comme dans un état second. Les néons dans le couloir venaient tous de sauter un à un. Elle s’était approchée du chef du groupe puis l’avait pris par le cou ; le plaquant contre le mur.

Les veines du jeune homme ressortaient de plus en plus noires à la surface de sa peau. Il souffrait, agonisait : sa respiration était haletante.

La jeune femme n’était plus maître de son corps, comme prisonnière de sa colère, de sa rage. Elle tenait fermement le garçon par le cou, d’une seule main. Subitement elle sentit le corps de ce dernier se relâcher.

Les yeux d’Amée étaient grands ouverts, effarement, elle relâcha petit à petit sa prise.

— Elle… l’a tué ! hurla l’un.

— C’est un monstre… Cria un autre.

— Elle est folle ! Des traces noires recouvraient l’ensemble de la poitrine du jeune homme, ses yeux étaient révulsés.

Elle se trouvait en état de choc, relâchant sa prise, le corps maintenant inerte de ce garçon s’affala sur le sol.

Amée se recula dos au mur qui se trouvait derrière elle, se bouchant les oreilles pour ne plus entendre les paroles des autres et tentant de réaliser ce qu’il venait de se passer. Elle souhaitait que cela s’arrête, elle ne le croyait pas.

—C’est-elle… ! C’est-elle, elle la tuer !

Le temps lui paru comme figé, mais au moment suivant des sirènes retentissaient, des hommes venaient d’arriver.

—Elle l’a tuée !

Elle sentit un métal froid lui serrer les poignets. Elle rouvrit les yeux, c’était la police.

— Ne bougez plus, jeune fille.

Les secours suivaient et se précipitaient sur le corps du garçon.

Pendant que l’on tirait la jeune fille en direction de la sortie, elle tentait d’entendre le diagnostic des médecins, mais ce qu’elle perçut mit fin à tout espoir possible de rédemption.

— C’est terminé, il est mort.