Dernier quart, Premier battement

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Summary

Kendrik, fraîchement diplômé en tant qu’agent de basketteur, pensait simplement suivre la voie tracée pour lui. Mais en devenant l’assistant temporaire de son oncle, il entre dans un monde bien plus complexe que prévu. Nigel, capitaine de l’équipe, est magnétique, imprévisible… et blessé. Ce qui commence comme une tension glaciale entre eux se transforme peu à peu en une passion étouffée, marquée par des regards qui brûlent et des silences lourds de sens. Mais certains désirs naissent dans l’ombre, là où l’amour devient combat, et où céder, c’est risquer de tout perdre… ou de tout révéler.

Genre
Romance
Author
Neva
Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Le calme de la ville n’avait rien à envier à la quiétude des sentiers forestiers. Ici, le silence n’était pas naturel, il était imposé. Tout respirait l’ordre et le luxe : les villas alignées comme des perles blanches, les jardins taillés avec une précision militaire, chaque haie semblant témoigner de l’harmonie des familles qui s’y abritaient. Rien ne traînait, pas même un rat. Comme si la ville elle-même avait décrété que les animaux n’avaient aucun droit d’exister en son sein.

Assis derrière son volant, Kendrik se laissait porter par la douce mélodie diffusée par la stéréo de sa voiture. La Californie n’avait jamais vraiment fait partie de sa vie, et pourtant, à cet instant, elle l’enveloppait de promesses. Une certitude naissait en lui : c’était ici qu’il voulait s’installer. Le timing n’aurait pu être meilleur. À peine venait-il de décrocher sa licence d’agent de basketteur que son oncle lui offrait la chance de commencer directement dans son sillage. Et pas avec n’importe qui : Steven Brand, agent et coach d’une équipe en pleine ascension, The Bears.

Une formation déjà redoutée, appelée à briller dans la compétition régionale et peut-être à grimper jusqu’au niveau national. C’était l’occasion rêvée pour Kendrik de se tailler un nom et de dénicher sa première pépite.

— Vous êtes arrivé à destination.

La voix froide du GPS le ramena à la réalité. Kendrik leva les yeux, et son souffle se suspendit. Devant lui s’élevait une demeure colossale, isolée du reste du quartier par un portail imposant. Un gardien, surpris, sortit la tête de sa cabine vitrée. Peu de voitures s’arrêtaient ici, et il savait que son employeur n’avait pas encore quitté les lieux. Qui donc était ce jeune homme qui osait s’aventurer sur ce territoire ?

— Qu’est-ce que je peux faire pour vous, monsieur ? demanda-t-il d’un ton sec.

— Je viens voir mon oncle, Steven Brand.

— Désolé, aucune visite annoncée. Je vous prie de repartir.

— Appelez-le, insista Kendrik. Il vous confirmera qu’il m’attend.

Un silence lourd. Le gardien hésita, puis saisit son appareil. Quelques murmures à peine audibles, un bouton pressé, et le portail coulissa lentement.

— C’est bon. Vous pouvez entrer.

À mesure qu’il avançait, Kendrik découvrait l’univers de son oncle : une demeure ultramoderne, au jardin impeccable où un homme s’affairait sur des rosiers comme s’il sculptait des bijoux. Le parking, indiqué par une pancarte dorée, dévoilait une Ferrari et une Mercedes, garées avec une précision maniaque, comme des trophées.

Kendrik, lui, n’avait qu’une hâte : voir son oncle, débuter sa carrière et rencontrer les joueurs. Mais lorsqu’il franchit le seuil de la maison, ce fut une avalanche de décorations et d’œuvres d’art qui l’assaillit. Le luxe était partout. Il en était encore à observer une sculpture étrange lorsqu’une voix grave, mais joyeuse, résonna derrière lui.

— Kendrik ! Mon cher neveu ! Comme ça fait longtemps !

Il se retourna. Un homme d’une quarantaine d’années, athlétique, le visage marqué mais éclatant de vitalité, s’avançait vers lui.

— Oncle Steven ! lança Kendrik avec un sourire.

— Appelle-moi Steven, je t’en prie. Ne me vieillis pas avant l’heure. Allez, viens dans mes bras.

Ils s’étreignirent chaleureusement. L’instant avait la force des retrouvailles attendues.

— Tu as faim ? demanda Steven avec entrain. J’ai fait préparer tes plats préférés.

— Allons, je ne suis plus un enfant…

— Pour moi, tu resteras toujours mon neveu préféré, répliqua Steven avec un clin d’œil.

Quelques minutes plus tard, ils étaient attablés devant un plat de pâtes italiennes. Entre rires et anecdotes, la complicité retrouvée s’installait. Jusqu’à ce que Steven, d’un ton faussement innocent, lance :

— Alors, tu t’es trouvé une fille ?

— Mon oncle… répondit Kendrik, embarrassé.

— Ou alors un homme ?

— Arrête…

— Bah, il faut bien profiter de la vie. Regarde-moi, je n’ai pas l’air d’en profiter ?

Kendrik esquissa un sourire, mais son sérieux reprit vite le dessus.

— Pour l’instant, je veux me concentrer sur ma carrière.

— Tu as le temps pour ça. Tiens.

Sous une tasse, Steven sortit un billet brillant.

— Invitation pour une soirée privée. Je suis pris, alors amuse-toi pour moi.

— Mais je ne connais personne ici…

— Justement ! C’est l’occasion parfaite. Tu verras, tu te plairas.

Steven lui donna une tape amicale à l’épaule, se leva, et conclut :

— Allez, je file. Si tu as besoin, appelle-moi. Sylviane te montrera ta chambre. Et profite de ta soirée.

La maison, soudain silencieuse après le départ de son oncle, lui parut immense. Les employés, discrets comme des ombres, se fondaient dans les murs. Dans sa chambre spacieuse, Kendrik rangea ses affaires puis s’affala sur le lit. Une pensée revenait sans cesse : Devrais-je vraiment y aller ? Le doute l’obsédait. Mais peu à peu, la fatigue l’emporta.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, il faisait nuit noire. 23h30. Affamé, il descendit chercher de quoi grignoter. Des biscuits engloutis à la hâte, un défilement distrait sur son téléphone… et des publications sur la fameuse soirée. L’envie l’emporta.

À 00h30, il se retrouva devant l’entrée d’un lieu qui ressemblait plus à une forteresse qu’à une salle de fête.

— Votre billet, s’il vous plaît.

Il présenta le précieux carton, aussitôt examiné par une armée de vigiles. Finalement, les portes s’ouvrirent. L’intérieur débordait de monde : des rires, des cris, de la musique, des verres qui s’entrechoquaient. Kendrik, un peu perdu, se réfugia au bar. Un verre, puis deux, puis trois. L’ivresse du lieu commençait à l’apprivoiser.

Et soudain, il le sentit. Ce regard. Insistant. Brûlant.

Il se retourna.

Au milieu de la foule, une paire d’yeux s’était accrochée aux siens. Un regard si particulier qu’il eut l’impression que le temps venait de s’arrêter.