PETITE SORCIÈRE (Collioure 3)

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Summary

Penny quitte Paris pour vivre à Collioure et aider une amie à gérer son café. Là-bas, l'attend Samuel, un très beau pompier, son meilleur ami au sein de leur gang d'amis.. Est-ce que Sam trouvera le courage de lui avouer qi'il commence à la voir sous un tout autre jour? Ou est-ce que Penny va devoir se déclarer? Comment vont-ils naviguer, entre amour, amitié et les aleas de la vie?

Genre
Romance
Author
NotSayin'
Status
Complete
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
18+

1, Loin de Paris

Bonjour tout le monde! Ce petit mot vite fait pour vous prévenir que cette histoire développe également tout un monde, d'amitiés et de romances. Si vous aimez ces personnages, le reste de la série est complète, et la première partie s'appelle Perdus et Retrouvés, la deuxième Jamais, au grand jamais. La version française de la dernière histoires sera disponible très vite.

Bonne lecture :)

F.


PENNY

Je suis libre ! Je suis libre et je rentre chez moi.

À 30 ans, je suis enfin libre.

Je suis à la fois excitée et heureuse, mais aussi un peu inquiète, et je culpabilise de laisser Nate et Alexis derrière moi. Pour l’instant, je comprends Ron Weasley et je me demande comment je peux ressentir autant d’émotions à la fois sans exploser.

Peut-être devrais-je m’expliquer.

Bonjour, je m’appelle Penny. Enfin, Pénélope, mais personne ne m’appelle comme ça. Jamais. C’est la seule chose que vous puissiez faire qui m’énerve vraiment. Seule ma mère m’appelle Pénélope, ça devrait vous en dire assez.

Je quitte Paris en ce moment même, laissant derrière moi deux de mes amis, la moitié de mon quatuor d’amis de toujours.

Nous étions quatre au départ, depuis le lycée.

Au collège, j’avais quelques cours en commun avec une autre classe où se trouvaient Nathan et Jaimie, et nous discutions de temps en temps. Jaimie était déjà magnifique, toute en courbes et en boucles, avec un sourire radieux, d’une extrême gentillesse et d’une force de caractère incroyable pour sa petite taille.

Enfin, je dis petite… pas plus que moi. Il se trouve que tous nos amis sont des géants, forcément on apparaît toujours minuscule à côté .

Jaimie et Nathan étaient inséparables. Nathan, surtout, était collé à elle. Ce que je ne comprenais pas au début, ce garçon semblait avoir tout pour lui : gymnaste olympique de renom, sa carrière de gymnaste faisant constamment les titres des journaux locaux, et un physique avantageux. Boucles blondes, yeux bleu clair, teint parfait… Il y avait tellement de filles qui le suivaient, le dévisageaient, qu’on aurait pu croire qu’il en aurait pris la grosse tête et abuserait de sa popularité.

Mais il s’en fichait complètement. Une fois qu’on le connaissait, on découvrait sa gentillesse, sa loyauté sans faille, son honnêteté parfois un peu brutale, et le meilleur ami qu’on puisse rêver. Au début, comme presque tout le lycée, je pensais qu’il était avec Jaimie, et je ne le regardais pas comme les autres filles. Je ne regarde pas les garçons déjà en couple. Je ne l’ai même jamais vu sous cet angle. Et quand j’ai appris qu’ils n’étaient pas ensemble, nous étions déjà de très bons amis.

Le premier jour au lycée, j’ai traîné Alexis derrière moi : je la connaissais parce qu’on prenait le même bus, et elle avait l’air tellement perdue ce jour-là. On est allées s’asseoir à la table double devant celle de Jaimie et Nathan, on s’est retournées pour leur parler, et même Alexis a dit que notre quatuor était né ce jour-là. Timide, blonde, très pulpeuse et mince, elle était aussi populaire auprès des garçons que Nate auprès des filles, et ce qu’elle ignorait totalement. Belle, et avec un langage à faire rougir un marin irlandais, du jamais vu.

Nathan appelle notre quatuor “Notre joyeuse bande d’idiots”. D’autres, que vous rencontrerez en lisant cette histoire, nous donnent bien d’autres noms. Pour ma part, je nous ai toujours appelés les Enfants Perdus dans ma tête. C’est un point commun que nous avons tous les quatre : des problèmes familiaux. Les parents de Nathan étaient froids, distants et uniquement préoccupés par sa réussite olympique. Quand il s’est blessé et a vu sa carrière s’effondrer, ses parents l’ont complètement renié.

La mère d’Alexis est partie alors qu’elle était toute petite, et elle a passé toute sa vie ignorée par son père. Un homme colérique et amer. Il n’était pas violent, mais il travaillait énormément, buvait encore plus, et négligeait complètement sa fille unique. Elle a dû se débrouiller seule. C’est un miracle et un témoignage de sa grande bonté, et de son humanité profonde qu’elle n’ait jamais fait de mauvais choix dans la vie.

Moi, j’ai eu des parents surprotecteurs. Dès mon plus jeune âge, je devais lutter contre les larmes de ma mère et les cris de mon père (“Après tout ce qu’on a fait pour toi !”) à la moindre tentative d’indépendance.

La situation s’est un peu améliorée après la naissance de ma sœur, un “heureux petit accident” quand j’avais 14 ans, car toute leur attention s’est portée sur l’enfant prodige, celle qui ne pouvait rien faire de mal. Quand j’étais encore à l’école, même quand elle était encore toute petite, ils galéraient déjà: capricieuse, hurlant au moindre soupçon de “non”, Mélody les terrorisait déjà et ils mouraient de peur à l’idée de la contredire, et pendant quelques années, cela m’a soulagée un peu.

Un peu. Je devais encore me battre bec et ongles pour chaque choix que je voulais faire, qu’il s’agisse de choisir mes vêtements, de me maquiller ou de sortir…

Mes études à la Sorbonne m’ont sauvée, même si, la première année, ils m’appelaient encore trois fois par jour. J’ai dû menacer de rompre tout contact pour qu’ils me laissent enfin un peu tranquille. Leurs appels sont toujours aussi dévastateurs qu’une explosion, et je les évite autant que possible. Surtout maintenant : leur enfant chérie a seize ans, ils n’ont absolument aucune emprise sur elle. Elle ne fait rien à l’école, elle ment, elle est impolie, ils en ont fait un monstre. Ils ont essayé de me la confier à plusieurs reprises, pour de courtes périodes, et c’était déjà un cauchemar. Avec le recul, il semble que mon départ de Paris ait été une bonne chose : quelques mois plus tard, ils m’auraient confié leur petite chérie. Enfin je dis confiée… Ils avaient l’intention de la déposer devant mon studio avec toutes ses affaires sans me demander mon avis ji me laisser le choix. Non merci.

Alors oui, même si j’ai des parents, j’étais moi aussi une enfant perdue.

Et puis, il y avait Jaimie. Sa mère est partie quand elle avait environ deux ans, mais elle était la seule d’entre nous à avoir un père aimant : un homme travailleur, toujours occupé, souvent en déplacement. Il lui a manqué toute sa vie, mais il était drôle, gentil, et leur lien affectif était de toute évidence très fort. Sauf qu’il n’était jamais présent, et lorsqu’il a enfin trouvé une vie stable, il a eu un cancer et est décédé très rapidement, avant que nous ayons vingt ans.

Jaimie avait une autre figure parentale dans notre vie, et celle-ci est importante pour nous tous : sa tante Carole. Une vieille hippie, une petite femme toute ronde, généreuse, aimante et chaleureuse, devenue notre confidente et une seconde mère pour nous tous, dès le premier jour où Jaimie nous a emmenés lui rendre visite à Collioure. Depuis ce jour-là, nous avons passé toutes nos vacances, nos week-ends, nos congés et nos escapades chez Carole, même sur un coup de tête, et c’est un peu grâce à elle que je m’y installe maintenant.

J’ai fait mes études à Paris, tout comme Al. Nathan a entraîné des enfants en gymnastique jusqu’à ce qu’il achète sa propre salle, ici aussi à Paris, où il a continué à entraîner. Jaimie a trouvé un emploi ici plus tard. C’est donc à quatre, chacun dans son propre logement, que nous avons vécu à Paris, du moins jusqu’à il y a quelques mois.

Mais Le Café, le petit café de Carole, rempli de livres, de chats et de cristaux, s’est effondré, avec Carole à l’intérieur. Elle est restée dans le coma pendant deux mois, et Jaimie a été la première à quitter Paris pour s’installer à Collioure et s’occuper de tout. Carole s’est réveillée, Dieu merci, mais elle ne pourra plus jamais vivre dans sa maison ni s’occuper de son café.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je déménage là-bas : je vais m’occuper du magasin à temps partiel.

Une fois sur place, Jaimie a retrouvé Thomas. Thomas était un copain de lycée, pour nous tous. Ils sont sortis ensemble, une fois en fac, avant de rompre.

Ils vivent maintenant ensemble dans l’ancienne maison de Carole et ils sont très heureux. Thomas a une petite sœur, Emma. Une fille formidable qui a rejoint notre joyeuse bande et s’y est parfaitement intégrée.

Deux amis de Thomas se sont trouvés impliqués dans l’affaire de Carole (qui a pris une tournure criminelle lorsqu’il est devenu évident que le magasin ne s’était pas effondré tout seul, mais que le soi-disant réparateur engagé par Carole n’avait pas fait son travail correctement. Du tout. C’est une longue histoire). Leur amitié avec Thomas et leur implication nous ont permis de faire leur connaissance rapidement et de les apprécier encore plus vite. Ils se sont tout de suite intégrés : nous aimons tous les mêmes choses, la musique, les séries… Notre quatuor initial, que Carol appelait le ScoobyGang, compte désormais huit membres.

L’un de ces deux hommes était impliqué en sa qualité de pompier professionnel : Louis, un homme immense et extrêmement beau ; et l’autre, Samuel, en sa qualité de pompier volontaire et d’agent d’assurance de Carole.

Samuel… Enfin, on l’appelle tous Sam. Ou Sammy. Ou Moose, selon notre humeur. Grand, beau, solide comme un roc. Un cœur d’or, une tignasse blond foncé et de magnifiques yeux marron… Mon meilleur ami au sein de notre bande, le Samuel de ma Rowena. Sans l’animosité initiale entre les personnages de Supernatural (on est tous fans de la série), mais avec l’affection, la complicité et la compréhension mutuelle qui se développent à la fin.

L’homme dont j’espère me rapprocher bien vite.