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ÉCRIN [Romance à suspense]

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Résumé

Niklas Adler est le meilleur espion du BND. Redoutable, méthodique, glacial. Depuis des années, il traque les criminels les plus dangereux dans l'ombre, avec une seule règle : toujours garder le contrôle... jusqu'à elle. Callista Alexiou, héritière impitoyable de l'une des plus puissantes mafias du monde règne sur son empire avec une élégance aussi fascinante qu'inquiétante. Elle collectionne les bijoux les plus rares sans jamais les porter. Pour elle, la véritable beauté se garde, se possède, s'enferme. Mais lorsqu'un ennemi plus terrible encore les contraint à unir leurs forces, chacun comprend que l'autre est aussi dangereux qu'indispensable. Entre manipulations, faux-semblants, et trahisons, une seule certitude demeure : certains trésors ne supportent pas d'être possédés. Et si le plus précieux des bijoux refusait de finir dans un écrin ?

Genre :
Romance
Auteur :
Sofiane Amar
Statut :
il y a 6 jours
Chapitres :
38
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

💎 PROLOGUE 💎

Un écrin est un sanctuaire de velours. Il ne crée pas la beauté d’un bijou ; il la révèle.

Derrière son bois précieux ou son cuir délicat repose une fortune capable de susciter autant l’admiration que la convoitise. Car aucune richesse ne se protège seule. Il faut une main pour en refermer le couvercle, une volonté pour le défendre, et parfois une vie entière pour en garder le secret. Après tout... les plus précieux joyaux ne dorment jamais à découvert.

En parlant d’éclat prodigieux, le coffret posé entre nos assiettes monopolise toute mon attention. Le vernis noir absorbe la lumière des suspensions dorées qui baignent la salle d’une lueur feutrée, tandis qu’un discret liseré argenté en souligne les contours. Sa taille tient dans une paume, pourtant il est bien plus inestimable que les verres en cristal, les couverts impeccablement alignés ou la vaisselle en porcelaine d’où s’élèvent les parfums épicés de notre lieu de dîner.

Miguel Delgado conserve sa paume sur le couvercle durant une brève seconde avant de le faire glisser vers moi avec un sourire dont l’assurance trahit l’habitude d’être obéi.

— Considère cela comme un cadeau de bienvenue, mon garçon, dit-il dans un espagnol mielleux.

C’est une merveilleuse langue que je suis ravi d’avoir pu apprendre ici, durant mon séjour et qui m’a donné tant d’opportunités de fréquenter cet homme.

Ma compagne esquisse une moue attendrie avant de venir chercher ma main sous la table. Ses doigts couverts de bagues luxueuses s’entrelacent aux miens, dont l’évidence serre ma poitrine.

— Je t’avais dit qu’il finirait par t’adopter.

Je présente le sourire que Sascha Bauer offre à cette famille depuis plus de deux ans. Au fil des mois, ce masque cesse parfois d’en être un. Certains gestes deviennent naturels, au point que je me demande où s’arrête le rôle et où commence l’homme que j’étais avant cette vie. Je laisse pourtant l’écrin fermé. Un présent n’appelle pas forcément l’empressement. Il révèle aussi celui qui l’offre. La patience vaut souvent davantage qu’une curiosité mal maîtrisée.

— Vous êtes certain que je mérite déjà un tel honneur ? demandé-je avec une retenue qu’on pourrait facilement prendre pour de la modestie.

Mon futur beau-père émet un rire grave avant de tousser dans son poing tatoué.

— Tu es auprès de ma fille depuis plus de deux ans et tu la rends heureuse. À mes yeux, cela vaut bien plus que n’importe quel diplôme ou la réussite d’une entreprise.

Il porte son verre à ses lèvres sans rompre notre échange visuel.

— Et si tout continue ainsi, ce ne sera que le premier cadeau d’une longue série.

Le cliquetis discret de la charnière se perd parmi les conversations du restaurant quand j’effleure le cuir avant de soulever le couvercle. À l’intérieur repose une montre dont le cadran bleu nuit renvoie la couleur du plus beau des saphirs avec une élégance insolente. Le bracelet, taillé dans un acier aux reflets argentés, épouse parfaitement l’écrin de velours sombre qui l’accueille.

Ma respiration se suspend une fraction de seconde. N’importe qui le ferait inconsciemment.

Ce n’est pas le prix qui m’impressionne. Depuis deux ans, je fréquente un univers où l’argent n’est plus une limite depuis des décennies. Ce qui donne à cet objet son véritable poids réside dans ce qu’il représente. On n’offre pas un présent de cette valeur à un simple petit ami. On l’offre à un homme que l’on considère déjà comme un membre de la famille.

— Elle est magnifique, admiré-je en relevant le visage vers lui. Merci, je... ne sais pas quoi dire.

— Ne dis rien, répond-il avec une fossette creusant dorénavant ses joues. Porte-la.

J’obéis en retirant la montre qui entoure mon poignet avant de déposer la nouvelle contre ma peau. Le métal est frais. Il n’aura besoin que de quelques minutes pour atteindre ma température.

— Elle te va mieux que je ne l’imaginais.

À ma droite, un sourire illumine le visage de ma fiancée.

— Papa a passé des semaines à chercher le modèle parfait. Tu n’imagines même pas le nombre de boutiques qu’il a fait visiter à ses hommes.

Le coupable balaie sa remarque d’un mouvement de la main.

— Ma fille exagère toujours.

— Tu les as renvoyés trois fois parce que le bleu du cadran ne te plaisait pas.

Un rire s’échappe de notre table. Même quelques clients tournent brièvement leur attention vers notre belle famille avant de reprendre leur repas. Je me surprends à rire aux éclats avec eux. Il existe des instants où j’oublie presque qui se trouve devant moi. Cette pensée ne dure jamais bien longtemps.

Des détails continuent de trouver leur place dans un coin de mon esprit. Les deux hommes installés près du bar n’ont pas touché à leur plat depuis notre arrivée. Celui qui occupe la table voisine porte une oreillette invisible sous ses cheveux noirs et le serveur qui remplit nos verres évite de s’attarder dans notre direction, sans jamais s’éloigner à plus de quinze mètres. Leur présence est circonspecte, étudiée, rassurante pour un homme tel que Miguel. En ce qui me concerne, elle ne constitue qu’un élément de plus à mémoriser.

— Alors, reprend beau-papa en reposant son verre, vous avez fini par fixer une date pour le mariage ? Les frais ne sont pas un souci, je peux parfaitement m’occuper de tout selon nos coutumes.

Sa question est accompagnée d’un rictus que je perçois sans peine à la vue de la détermination qui l’habite. Cet homme obtient tout ce qu’il désire. Sa fortune y contribue, son influence y conclue. Le reste appartient à l’autorité naturelle qui s’impose sans qu’il soit nécessaire d’élever la voix.

— Nous en parlons, acquiescé-je avec calme. Nous voulons simplement prendre le temps de bien faire les choses.

— Le temps est une richesse, Sascha. Tant qu’on croit en disposer.

Ses paroles s’ancrent dans sa grande sagesse, portées par une banale simplicité. Je les accueille d’un signe de tête, tandis qu’au fond de moi une nervosité refuse de me quitter.

Le serveur débarrasse nos assiettes avec une efficacité silencieuse avant de déposer le plat principal. Les épices et les agrumes s’élèvent dans un léger nuage de vapeur, sans parvenir à détourner mon attention de Miguel. Depuis plusieurs minutes, il parle peu. Il écoute davantage qu’il ne s’exprime, laissant sa fille raconter un voyage qu’elle rêve d’organiser en Toscane ou dans les Cyclades après notre mariage.

Elle dessine l’avenir d’une manière sincère qui pourrait désarmer n’importe quel homme dont le cœur est à prendre.

Désarmante, oui.

À force de partager son quotidien et ses habitudes, j’ai appris à apprécier la femme qu’elle est devenue à mes côtés. Cette réalité ne change rien à ma vie, elle la rend simplement plus difficile à porter.

— Tu sais, finit par dire son père en reposant délicatement sa fourchette, je t’observe depuis notre première rencontre.

Mmh ?

Je relève le menton dans sa direction, sans précipitation.

— J’espère ne pas vous avoir déçu alors.

— Au contraire, beaucoup d’hommes se sont intéressés à ma fille avant toi. Certains convoitaient notre nom, d’autres notre fortune. Ils pensaient tous être suffisamment intelligents pour me convaincre. Mais aucun n’y est parvenu.

Je garde une expression attentive. Suis-je le gendre idéal selon ses critères ?

— Et moi ?

— Toi, tu n’as jamais cherché à m’impressionner.

Sa fille laisse échapper un petit rire cristallin.

— Je t’avais dit qu’il t’aimait bien.

— Je n’ai pas dit ça.

— Papa...

— J’ai dit que je lui faisais confiance, c’est très différent.

La nuance ne m’échappe pas. La confiance représente une monnaie plus rare que l’argent dans son univers. Elle s’accorde lentement et ne survit jamais à la moindre trahison. Depuis plus de deux ans, chacun de mes choix, chacune de mes paroles, chaque déplacement professionnel rapporté n’a servi qu’à bâtir cette confiance pierre après pierre. Il suffit pourtant d’un seul instant pour voir cet édifice s’effondrer.

Elle est toujours la plus dure à gagner.

— Tu diriges une entreprise qui fonctionne bien, dit Miguel avec aplomb. Tu traites tes employés avec respect, tu sais écouter avant de parler et tu réfléchis avant d’agir. Ce sont des qualités qui deviennent rares.

Il s’interrompt pour porter de nouveau son verre à ses lèvres.

Je suis surtout soumis à ses moindres désirs.

— Les affaires, au fond, restent les affaires. Qu’elles soient parfaitement légales... ou qu’elles demandent davantage de discrétion.

— J’imagine que cela dépend surtout des personnes avec lesquelles on travaille.

Sa fossette grandit.

— Exactement.

Il laisse retomber sa coupe sur la nappe avec une délicatesse cérémonieuse. Aucun tintement ne vient troubler le calme bercé par la douce mélodie du pianiste sur le vieux Steinway installé près des baies vitrées.

— Mon père me répétait toujours qu’un homme ne transmet pas une fortune, affirme-t-il. Il transmet une responsabilité. Beaucoup de gens imaginent que l’argent offre la liberté. Ils se trompent. Plus un homme possède, plus il doit protéger ce qu’il a construit.

Je hoche doucement la tête. Pour la simple et bonne raison... qu’il a raison.

— C’est aussi ce que mon père pensait de son entreprise.

— Non.

Sa négation chute avec une tranquillité déconcertante.

— Une entreprise peut déposer le bilan, ce n’est qu’une question de chiffres. Ce que nous avons bâti, nous, ne disparaît pas. Des familles en vivent, des villes entières ferment les yeux parce que leur prospérité dépend de nos décisions. Même certains hommes politiques nous doivent davantage qu’ils ne l’admettront un jour.

Le fil d’une conversation ne rompt jamais. Il ne peut que se tendre plus que de raison.

D’après mon analyse chirurgicale, il semblerait qu’il ne cherche pas à m’impressionner, mais plutôt à vérifier si je suis capable d’entendre cette vérité sans détourner le visage. Je prends le temps de couper un morceau de viande le temps de faire un tri rapide dans mes pensées. L’improvisation mesurée constitue toujours une partie de la clé.

— Vous semblez porter un poids que peu de personnes peuvent comprendre.

Un sourire satisfait étire ses lèvres.

— Voilà pourquoi j’apprécie discuter avec toi, tu ne juges pas avant d’avoir compris. Mais dis-moi, tu sais pourquoi je t’ai invité ce soir, Sascha ?

Je soutiens son attention.

— J’imagine que ce n’est pas uniquement pour cette montre.

Son expression se ferme, sans devenir froide.

— Tu fais partie de notre quotidien à présent. Tu partages les repas de famille, les anniversaires, les fêtes religieuses et tu as prouvé à maintes reprises que tu savais garder une confidence et faire passer les tiens avant le reste. Il est temps que tu comprennes d’où vient réellement tout ce que tu vois autour de toi.

Nous y sommes. Enfin.

— Tu connais déjà une partie de mes activités.

Je ne réponds pas. Il n’attend pas une confirmation.

— Les hôtels, les sociétés de transport, les exploitations agricoles, tout cela existe. Les impôts sont payés, les employés touchent leur salaire et les comptes sont irréprochables. C’est ce que les gouvernements aiment montrer lorsqu’ils parlent de réussite. Le reste demande davantage... de talent.

Je laisse planer quelques secondes le doute avant de poser une question dont la curiosité paraît naturelle pour un jeune homme de vingt-huit ans qui dirige une société de conseil en logistique internationale.

— Pourquoi m’en parler aujourd’hui ?

— Parce que tu vas épouser ma fille.

Sa réponse ne souffre d’aucune hésitation.

— Je refuse qu’un homme partage sa vie sans savoir dans quel monde il entre. Tu mérites mieux qu’un mensonge.

Cette ironie manque de m’arracher une satisfaction que je camoufle sous un froncement de sourcils parfaitement maîtrisé. Je vis sous un nom qui n’existe pas. Je partage le quotidien de sa fille avec des souvenirs fabriqués de toutes pièces. Cependant, c’est lui, ce créancier qui croit m’offrir la vérité.

— Ce pays fonctionne grâce aux compromis, poursuit-il. Les marchandises traversent les frontières depuis toujours. Les armes, l’argent, les stupéfiants... les êtres humains aussi.

Sa voix ne reste pas monotone, ce qui ne me surprend pas le moins du monde. Elle conserve la même sérénité que lorsqu’il évoquait notre mariage.

— Beaucoup parlent de crime. Moi, je parle d’offre et de demande. Les gouvernements prétendent lutter contre ce marché tout en profitant de l’argent qu’il génère. Les banques blanchissent ce qu’elles condamnent devant les caméras. Les politiciens dénoncent le trafic avant de solliciter notre aide lorsqu’une campagne électorale coûte plus cher que prévu.

Je garde le silence. L’entendre prononcer ces mots ne provoque aucune satisfaction. Deux ans réduits à cet instant précis, à ce qu’il décide enfin de m’ouvrir cette porte. Je connais une partie de cette mécanique, mais j’ai besoin qu’il aille plus loin.

— Et vous... quelle place occupez-vous dans tout cela ?

— Tu poses enfin la bonne question.

Il se penche dans ma direction, sans chercher à dissimuler ses paroles.

— Le nord du pays n’est plus rentable, il est bien trop surveillé. Nous passons désormais par le golfe. Les conteneurs arrivent au port de Veracruz avant d’être répartis vers plusieurs sociétés de transport. Trois entreprises changent les manifestes, deux autres s’occupent de la marchandise et, lorsqu’elle atteint la frontière, elle n’appartient déjà plus à personne.

Il désigne sa coupe de cristal d’un mouvement du doigt.

— Un système simple survit toujours plus longtemps qu’un système complexe.

Je grave chacun de ces détails dans ma mémoire. Les ports, les sociétés écrans, la chaîne logistique et leur fonctionnement. Assemblées, toutes ces informations possèdent le lourd poids d’une condamnation.

— Dans quelques mois, j’aimerais que tu prennes en charge une partie des échanges avec nos partenaires européens. Les Allemands inspirent confiance. Ils parlent peu, travaillent sérieusement et respectent leurs engagements.

Une chaleur étrange traverse ma poitrine. Je baisse les yeux vers la montre qu’il m’a offerte. Mon pouce effleure la couronne. Un seul mouvement à peine perceptible que des dizaines de femmes et d’hommes attendent en guise de signal depuis des heures à l’extérieur.

— Police ! Plus personne ne bouge !

Le pianiste n’a pas le temps d’achever sa mesure.

Des voix fermes retentissent à l’entrée du restaurant, couvertes presque aussitôt par le bruit de plusieurs chaises que l’on repousse.

En moins d’une respiration, la salle bascule.

Des femmes poussent un cri. Un serveur laisse tomber un plateau dont les verres éclatent sur le marbre. Plusieurs hommes surgissent de différents points du restaurant, arme au poing, brassard déployé. D’autres franchissent les cuisines au même instant. Tous les accès disparaissent sous leur contrôle, qui ne laisse aucune place à l’improvisation.

Les gardes de Miguel réagissent par réflexe. L’un d’eux glisse une main sous sa veste, mais un ordre fuse avant même qu’il n’ait le temps d’en sortir son arme. Trois agents le plaquent au sol dans un même élan. Un second subit le même sort à quelques mètres de nous. Le troisième et le quatrième comprennent que toute résistance ne ferait qu’aggraver leur sort.

L’heureux élu de ce piège n’effectue aucun mouvement. Son visage demeure étonnamment impassible. Ce n’est qu’au moment où l’un d’eux lui passe les menottes que son attention se pose sur moi. Il cherche une réponse, puis comprend toute l’ironie de la mascarade : les aveux enregistrés par le minuscule micro caché dans les pans de ma veste le mèneront à sa perte.

À ma droite, la chaise racle brutalement le parquet.

— Papa ! tonne une voix qui se brise tandis que deux agents l’écartent avec douceur afin de sécuriser la zone.

Silvia, mon ancienne compagne et la fille de l’un des plus grands narcotrafiquants du Mexique, se tourne vers moi, cherchant un soutien, une explication, un démenti qui n’arrivera jamais.

— Sascha... Dis-leur... Fais quelque chose...

Chaque syllabe s’enfonce en moi avec une violence que je n’avais pas anticipée. Durant plus de deux ans, j’ai partagé son quotidien. J’ai appris la manière dont elle froisse ses serviettes lorsqu’elle est nerveuse, celle dont elle fredonne sans s’en rendre compte en parcourant un menu, ou la façon dont son rire remplit une pièce entière lorsqu’elle oublie le monde autour d’elle.

Aucun entraînement ne prépare à trahir une personne qui vous a offert sa confiance sans jamais rien demander en retour.

Je me lève lentement. Deux agents arrivent dans mon dos afin de poursuivre leur progression vers le chef du cartel en état d’arrestation, sans m’accorder la moindre attention. Aux yeux de tous, je reste un civil pris au milieu d’une opération qui le dépasse.

Je fais un pas vers elle. Ses mains viennent saisir les miennes avec une force désespérée.

— Je t’en prie...

Je sens ses doigts trembler contre les miens, qui refusent de leur répondre. Il suffirait d’un mensonge supplémentaire pour adoucir cet instant.

Je n’en ai plus le droit.

Je retire doucement mes mains des siennes tandis que l’incompréhension laisse peu à peu sa place à une certitude bien plus douloureuse. Le bonheur qui habitait son visage se fissure et la femme, désormais au cœur meurtri, recule, manquant de trébucher sur ses hauts talons rubis.

— ...Qui... qui es-tu ?

Je ferme les paupières une brève seconde. Pour la première fois depuis le début de cette mission, je n’ai plus besoin d’être Sascha Bauer.

Je suis Niklas Adler, agent du BND. Après deux ans, trois mois et dix-sept jours d’infiltration, l’opération prend fin.

Et avec elle, l’homme que j’ai prétendu être.

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