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Les Chroniques d'Erian

Résumé

Dix ans après l’effondrement de la société, Erian survit seule dans un monde ravagé par la violence, les pénuries et l’apparition des redoutables « moustiques de Samael », des insectes capables de contaminer hommes et animaux. Habituée à ne compter que sur elle-même, Erian voit son quotidien bouleversé lorsqu’elle sauve Nikoly d’un loup contaminé. Cette rencontre marque le début d’un nouveau voyage et réveille chez elle des blessures qu’elle croyait enfouies. À travers ses souvenirs, se dévoile progressivement une femme profondément marquée par son passé : la mort prématurée de son père, la disparition tragique de sa mère, la révélation d’une sœur jumelle qu’elle n’a jamais connue et des relations qui ont fragilisé sa confiance en elle. Dans un monde où survivre exige parfois de tuer, Erian mène finalement deux combats : l’un contre les dangers qui l’entourent, l’autre contre elle-même. Les Chroniques d’Erian mêle aventure post-apocalyptique, survie et introspection pour raconter la reconstruction d’une femme cherchant moins à sauver le monde qu’à comprendre qui elle est et, peut-être, à apprendre enfin à vivre pour elle-même.

Genre :
Fantasy
Auteur :
JakoT
Statut :
il y a un mois
Chapitres :
6
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

La rencontre

« Aïe » Le réveil est dur ce matin… Il faut dire qu’il y a de quoi!

D’abord, impossible de trouver un abri digne de ce nom après l’orage; pour finir, rien à se mettre sous la dent, si ce n’est quelques mûres…

Depuis la chute du pays, Erian crapahute ici et là. Vêtue simplement, dans ses couleurs préférées — le vert et le noir —, elle a fait de la forêt, ou de ce qu’il en reste, son terrain de survie.

Depuis maintenant une décennie l’enfer est remonté à la surface… D’abord, les restrictions budgétaires, ensuite, les pénuries d’essence et d’électricité et pour finir les réseaux sociaux qui s’enflamment. Une vague de violence est arrivée. La police a été très vite submergée, l’armée n’a pas eut le temps d’être engagée. Une invasion d’insectes n’arrangea rien. En une semaine l’eau courante n’était plus qu’un vaste souvenir. En envahissant le monde cette nouvelle sorte d’insecte s’est bien amusée. D’abord par leur taille ou leur apparence, mesurant jusqu’à 8 centimètres de long, avec 4 ailes faisant chacune 3 centimètres. Le bruit s’apparentait à celui d’un hélicoptère AH-64, aussi appelé Apache. Ensuite, leur méthode : ils ne se contentent pas seulement de piquer, mais leurs pattes sont munies de pinces qui viennent s’accrocher à la peau. Transportant une sorte de venin qui ne tue pas mais paralyse les muscles pendant 24 heures. Le dard, lui, en plus de venir piquer dans le muscle, il y dépose ses larves. Entre cinq et dix larves par piqûre. Il existe bien un moyen de les éloigner : l’altitude. Pas à cause du manque d’oxygène, non ! Mais grâce à une plante qui ne pousse qu’à partir de 1 300 mètres.

Il faut d’abord cueillir entre cinq et dix fleurs les faire chauffer dans de l’eau salée et ensuite boire cette eau. Autant dire qu’avec le sel, c’est infect. Erian, elle, la coupe avec des orties. Cela donne une bonne infusion. Elle en garde toujours un litre lorsqu’elle redescend.

L’odeur dégagée par ce petit mélange, nommé élixir des anges, repousse ces insectes, qui eux, ont été surnommés « moustiques de Samael ».

Alors qu’Erian faisait chauffer un petit feu, elle entendit un bruit. Des craquements. D’abord un, puis deux. C’était un bruit. Un drôle de bruit, on aurait dit un animal qui gambadait. Après s’être mise en position, avec son fusil a verrou, un calibre 7,5 × 55 Suisse. Elle aperçut une ombre. Elle décida de laisser se rapprocher cette ombre.

C’était un jeune homme, lancé dans une fuite désespérée. Une bête le poursuivait: un loup. Ou du moins, ce qu’il en restait…

Le moustique de Samael se dit-elle. On disait que sur certains animaux. Les larves remontaient jusqu’au cerveau, là, elles y rongeaient certaines zones et l’animal hôte devenait incontrôlable, fou. Seule et unique solution, le tuer d’une balle dans la tête.

Contrairement aux mythes, ce n’était pas un zombie! Mais il fallait tirer dans la tête pour empêcher les larves de fuir le cerveau, ainsi on pouvait peut-être récupérer quelque chose de la bête. C’est comme ça qu’Erian s’était constitué une couverture et un coussin.

Mais le bruit d’un tir risquait d’attirer d’autres bêtes. Une lance ferait l’affaire.

Elle prit position, et attira l’attention de la bête. Sans réfléchir, elle lui fonça dessus. Il suffit à Erian de lever la lance et la bête se plante d’elle-même dedans. Avant même de toucher le sol, un grand coup de hache sépara la tête du reste du corps.

Le sang se déverse sur les chaussures d’Erian et de l’inconnu qui s’est rapproché timidement. Une forte odeur de fer envahit les narines et brouille toute autre odeur. Erian, sans prêter attention à qui que ce soit décide de dépecer la bête pour récupérer la peau, elle prendra aussi la viande…

Le soleil se couche laissant un horizon de feu marbré. Le paysage est magnifique. Erian n’essaie même pas de savoir comment s’appelle l’autre personne. Lui non plus n’essaie pas de savoir. Mais il ne peut s’empêcher de regarder Erian. Elle doit avoir à peine trente ans se dit-il… Ses yeux, sont de couleurs différentes, le droit est vert, vert comme une amazonite. Le gauche est violet comme une améthyste. Les deux font ressortir le noir de ses pupilles dont le noir se confond avec une obsidienne. Elle a le visage propre et fin, « elle doit se laver régulièrement » se dit-il tout en la fixant discrètement. Un petit nez, légèrement plat sur le bout met en évidence son philtrum, avec de telles lèvres, elle aurait pu être mannequin… Ses joues sont fines, dévoilant une mâchoire qui doit probablement abriter une dentition parfaite.

— Nikoly, murmure-t-il… Je m’appelle Nikoly! Et toi?

— Erian! Répondit-elle surprise

— Merci de m’avoir aidé contre ce monstre…

— Ce n’est pas un monstre, c’était un loup avant qu’il ne soit envahi par les moustiques de Satan! Lui répondit-elle sèchement

— Ah! Tu sais, je viens de la ville, je ne m’y connais pas vraiment en animaux.

— Je le constate, ce n’est pas si difficile de combattre un loup contaminé!

— Ah bon, ce n’est donc pas le premier que tu tues?

— Et d’après toi, d’où vient le coussin sur lequel tu es assis?

— C’est vrai…

— Avant que tout s’effondre, j’étais dentiste tu sais je suis quelqu’un qui a fait des études.

— Et c’est justement à cause de ce genre de personne que le monde s’est effondré!

— Pourquoi dis-tu ça, ce n’est pas de la faute des dentistes?

— Tu es bien naïf… Je ne critique pas les dentistes, je critique les péquenauds incapables de vivre sans partager leur vie sur les réseaux sociaux, des gens qui vivent en ville et qui pensent que la nature ne tentera pas de prendre le dessus.

— Je vois… Tu as grandi dans une ferme?

— Non, j’ai grandi en ville, dans le quartier de la New Street! Mais cela ne m’a pas empêché de chercher à comprendre ce qui m’entourait. Et de ça j’ai vite compris que je n’étais pas faite pour vivre en ville.

— Ah d’accord… Désolé…

— Ne t’excuse pas, tu n’es pas plus coupable que les millions d’autres citadins dans ton genre. Maintenant dors, la nuit est déjà tombée.

Le feu crépite paisiblement et consume lentement les bûches fraîchement posées. Erian n’arrive pas à dormir. Ce n’est pourtant l’épuisement physique qui lui manque.

Même si Erian n’est pas spécialiste dans « les relations humaines » son seul unique compagnon de ces derniers mois c’est ce petit écureuil qui la suit de temps à autre en espérant avoir quelques restes de noix.

— Treize mois, si ce n’est pas plus… Ça fait treize mois que je n’ai pas parlé avec quelqu’un. Ça fait bizarre…

Nikoly à un look assez particulier, il doit mesurer un mètre 80, le visage et les mains entre-coupés de part et d’autre. Ses chaussures, qui faisaient des ravages en ville à l’époque ne sont pas adaptées à la forêt. Son pantalon en chino encore moins. Il avait une barbe de quelques jours, le visage pas trop sale. Il a probablement pris un bain dans la fontaine des Tox pensa Erian…

La fontaine des Tox était une fontaine qui se trouvait à l’entrée d’un parc qui lui-même était à la frontière avec la forêt. Le boudoir d’Erian.

Ses yeux étaient fermés, Erian ne pouvait s’empêcher de regarder ses cheveux noirs tout ébouriffés. Elle avait pu voir que ses yeux étaient bruns, mais d’un brun très sombre, ils lui faisaient penser aux pierres « œil-de-tigre ».

Son visage était frêle, tel celui des citadins vivant au rythme des pendulaires dépendant du métro, qui après avoir passé 9h assis sur une chaise en nylon « vegan » se donnait bonne conscience en allant à la salle de sport, faire 30 minutes de tapis, et publiaient au moins 4 stories Instagram.

Erian finit par s’endormir, se laissant guider dans ses rêves. Comme d’habitude, elle fit un rêve de son père. Son père était un brillant homme selon elle. Son héros à elle. Il est mort dans un accident de sport alors qu’Erian n’avait que quatre ans. « Dites-lui que je serai toujours auprès d’elle ». Ce furent ses dernières paroles…

Erian mit non loin de vingt-quatre ans avant d’accepter son décès. Et chaque jour elle comprenait qu’elle n’avait pas encore fait son deuil et qu’elle lui en voulait de l’avoir abandonnée elle et sa mère. Plus rien n’était pareil ensuite. Sa mère devait enchainer jusqu’à 12 heures de travail par jour. Elle se laissait marcher dessus, non pas par faiblesse, mais parce que c’était sa manière d’être. Comme si elle existait pour que les autres puissent vivre. Erian comprit avec les années que c’était un héritage de sa mère. Sa mère était une battante, elle n’arrêtait pas de surmonter les problèmes qu’elle rencontrait. Parfois, elle lui manque. Elle est partie il y a cinq ans, quand tout a commencé…

14 septembre 2022, c’était un beau jour. Le mois préféré d’Erian, la fraîcheur de l’automne commençait le soir et s’estompait le matin. La journée, il faisait souvent beau et chaud, une période parfaite pour aller en forêt. Ce jour, Erian décida d’aller se promener dans un nouveau secteur. En fin de matinée, elle vit plusieurs appels sur son smartphone. 13 appels en absence, et 9 messages, le dernier venait de sa mère et disait: « prends soin de toi, je t’aime! Je rejoins papa, mais nous serons auprès de toi.

« Bordel! Mais c’est quoi ça? » Se dit-elle.

Sans trop réfléchir, elle rebroussa chemin à toute allure, une fois au parking, sauta sur son vélo et rentra chez elle. Du moins, ce qu’il en restait…

À peine arrivée à la périphérie de la ville elle crut voir une scène irréelle!

Des maisons en feu, des voitures dont l’alarme hurlait à tout va, des cadavres jonchaient le sol. Elle abandonna son vélo en plein milieu de la route, saisie son couteau et le dissimula dans la manche. Avançant à pas incertain, elle tourna à gauche à l’intersection où, avant, se trouvait une petite épicerie. Maintenant il ne restait que des ruines, comme si une bombe avait anéanti le bâtiment.

En montant dans la cage d’escalier de son immeuble, une forte odeur de brûlé émanait des portes des appartements. Chaque porte dégageait cette odeur à chaque étage. Le cœur d’Erian commença à accélérer quand elle arriva au 5e étage. Plus besoin de clé pour ouvrir la porte, il n’y en avait plus.

L’odeur de brûlé était aussi présente. Chaque pas était une épreuve chaque seconde paraissait durer une éternité. C’est dans le jardin d’été qu’Erian s’effondra… Elle y vit sa mère, assise sur son fauteuil préféré. Malgré l’odeur, le corps était quasiment intact. Mais il n’y avait pas de doute, elle était bel et bien morte. Brûlé en un éclair, quand le gaz a commencé à fuir c’était déjà trop tard. L’explosion déclenchée par une impulsion électromagnétique n’épargna personne. Les cadavres dans la rue, eux avaient été projetés par le souffle. Tout l’immeuble, tout le quartier, toute la ville s’était éteinte dans des circonstances effroyables.

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Bien écrit

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