Jeune

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Summary

Élie, un garçon rêveur de seize ans, cachait ses poèmes et son amour secret pour Louis, l’apprenti fleuriste du village. Un jour, il glissa une lettre entre deux roses pour lui avouer ses sentiments, tremblant entre la peur et l’espoir. Quand Louis répondit "Moi aussi", Élie comprit que, malgré les regards et les jugements, il avait trouvé dans sa jeunesse la force de croire en l'amour véritable.

Genre
Humor
Author
Chrystian
Status
Complete
Chapters
1
Rating
5.0 1 review
Age Rating
13+

Jeune

Sous le ciel lavande d’un printemps timide, un garçon nommé Élie déambulait dans les ruelles étroites de son petit village, un livre écorné sous le bras. Il avait seize ans, l’âge où l’on croit que tout est encore possible, que le monde entier peut être changé par un simple rêve, un geste tendre, ou une parole sincère.

Élie n’était pas comme les autres garçons de son âge. Tandis qu’ils parlaient bruyamment de matchs de foot ou de moteurs de voiture, lui préférait écouter le bruissement des feuilles, le chuchotement discret des rivières, ou les histoires que racontaient les vieilles pierres du village. Il rêvait de grandes villes aux avenues dorées, de bibliothèques infinies, d’amours sincères et éclatants, loin des regards sévères qui pesaient parfois sur ses pas.

Dans son village, la différence était vue comme une ombre, une étrangeté dont il fallait se méfier. Alors Élie se cachait. Il cachait ses cahiers pleins de poèmes, son amour naissant pour Louis, l’apprenti fleuriste au sourire d’azur. Dans les allées parfumées de la boutique de Louis, Élie se sentait vivant, vibrant, jeune — au sens le plus pur et le plus dangereux du mot.

Un jour, alors que le soleil projetait sur les murs des éclats d’or liquide, Élie trouva le courage de glisser une lettre entre deux roses fraîches, une lettre où il écrivait simplement :

“Je t’aime, d’une manière que personne ici ne comprendrait, mais qui est aussi naturelle que la lumière du matin.”

Il s’enfuit ensuite, le cœur battant à rompre, craignant les conséquences et espérant en secret une réponse.

Le lendemain, il trouva dans la même corbeille de fleurs une réponse :

“Moi aussi.”

À cet instant, Élie comprit que la jeunesse n’était pas un fardeau à cacher, ni un crime à expier. Être jeune, c’était croire encore à la beauté de l’inattendu, à la force invincible de l’espoir. Même dans un village oublié par le temps, même sous le poids des regards, il existait une place pour l’amour, pour les rêves, pour les garçons comme lui.

Et dans la lumière douce de ce printemps encore hésitant, Élie et Louis, main dans la main, commencèrent à écrire leur propre histoire, leur propre avenir, là où tant d’autres n’avaient vu qu’un mur. Ils avaient la vie devant eux. Ils étaient jeunes. Et cela suffisait.