Chapitre 1
/!\ Scène d'automutilation. Passez votre chemin si vous craignez.
???
26 mars 2026,
La sonnerie retentit, je sors de ma classe pour aller à mon casier. Je l’ouvre, range les ouvrages dont je n’ai plus besoin. Alors que je vais pour le fermer, il claque devant moi.
— Bah alors, la fêlée, sourit Jessie, encore là ?
Je baisse les yeux, je tente de partir, mais elle me retient par mon sac à dos.
— Je te parle !
Je reste silencieuse, préférant éviter le conflit. Cela ne lui plaît pas, elle me gifle, ma joue brûle et je porte ma main dessus. Elle est chaude.
Elle me sourit avant de sortir son téléphone portable et de me montrer son écran. J’écarquille les yeux en voyant un montage de moi avec un garçon, dans une position humiliante.
— Ça serait bête que tout le lycée le voie, non ? s’amuse Jessie.
— Ne fais pas ça, s’il te plait ! dis-je.
Elle appuie sur le bouton “partager”. Elle la fait. Dans la minute qui suit, les sonneries des portables des élèves sonnent, ils le sortent tous avant de poser leur regard sur moi.
— Oups, sourit Jessie.
Les lycéens se mettent à rire, à me pointer du doigt alors qu’elle s’éloigne de moi. Ils tapotent sur leur téléphone pour partager l’image à leur tour.
— Putain, je pensais pas que c’était une pute, s’exclame une fille.
— Eh bah, elle cache bien son jeu, cette traînée, renchérit un garçon.
Je sens mon corps trembler, mais je n’arrive pas à bouger, paralysée par ce qu’il se passe.
— Elle avait l’air d’aimer ! rigole une autre fille.
— Bah alors, m’interpelle un garçon, t’as kiffé ?
C’en est trop, je réussis à courir et m’éloigner le plus possible alors qu’ils rigolent tous. Je quitte le lycée rapidement, afin de rentrer chez moi.
Une fois arrivée, je sors mes clés ; mes parents et mon frère n’étaient pas encore revenus. J’ouvre la porte, grimpe les escaliers, pousse la porte de la salle de bain avant de la refermer derrière moi. J’ouvre le placard, les tiroirs avant de trouver ce que je cherchais. Une lame de rasoir. Je me place alors dans la baignoire alors que mes larmes coulent, j’ouvre l’eau, puis j’approche la lame de mon poignet. Je souffle un bon coup avant d’appuyer et de la glisser d’un coup sec sur mon bras. Je serre les dents, je tremble, mais je réitère l’opération sur mon autre bras. La douleur parcourt mon corps, je tremble. Je vois le sang couler abondamment. Je ferme les yeux, cette fois, je rapproche la lame de mon cou. Je la pose sur ma peau. Un, deux, trois. Elle glisse de gauche à droite.
— Pardonnez-moi…








