Les éclats de l'ombre

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Résumé

Plongée dans un monde où les alliances politiques sont aussi volatiles que l'air. Sera, fille illégitime du Duc Lancaster, se voit attribuer le rôle de gardienne de l'héritière légitime de son père. Chargée d'être à la fois assassin et soutient infaillible de la lumière du duché. Malgré l'animosité de sa famille, et des nobles qui l'entoure, dû à son statut de battarde. Seraphina s'immerge dans les ténèbres, maîtrisant l'art de la discrétion et de la protection. Entre les murs du château, où les secrets murmurent, elle devient une présence insaisissable dévouée à la sécurité de la lignée noble. Cependant, l'équilibre fragile de Sera vacille lorsqu'elle ressent un lien psychique disparut depuis de nombreuses générations, s'établir entre elle et un mystérieux jeune homme. Entre devoir sacrificiel et passion qui éclot dans l'obscurité, Seraphina se retrouve déchirée. "Les éclats de l'ombre" tisse une trame de romance enveloppée de mystères, où une fille illégitime navigue entre les ombres et les lueurs d'un amour interdit, dans un monde où chaque regard cache une vérité dissimulée et chaque geste est une pièce du puzzle complexe du destin.

Genre :
Fantasy
Auteur :
Seraphi1234
Statut :
Complete
Chapitres :
20
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Untitled chapter 1

À ma famille, de sang et de cœur,

Sans qui je n’aurais pas pu réussir tout ce que j’ai entrepris.

***

Nul ne se souvient du premier crépuscule où l’équilibre fut rompu. Les contes anciens murmurent l’histoire d’un monde forgé dans les flammes, le vent et l’ombre.

Durant des âges oubliés, les Anciens, des porteurs de Don vivaient liés par des pactes scellés dans la pierre et l’étoffe du destin. Mais même les promesses les plus sacrées se fanent sous le poids des ambitions refoulées.

Les humains, sans Don, s’élevèrent au-delà de leurs limites. Parmi eux émergèrent les Chasseurs, des âmes affamées de pouvoir et de victoire, prêtes à renier leurs origines pour graver leur nom dans l’éternité.

Certains porteurs voulurent en profiter et murmurèrent des promesses de conquête. Leurs paroles étaient du fer en fusion, brûlant la chair et l’esprit. Les Chasseurs acceptèrent, liés par des serments plus sombres que la nuit elle-même.

***

-Prologue-

La nuit était une complice silencieuse, déployant son voile sombre sur la ville endormie. Vêtue d’ombres, je me faufilai hors des portes du château avec la grâce d’un spectre en mouvement et une dextérité acquise au fil des années. Les pavés glacials résonnaient à peine sous mes pieds furtifs, tandis que la lueur pâle de la lune éclairait mon visage déterminé.

Le vent froid sifflait entre les bâtiments en pierre, portant avec lui les murmures inquiétants de la nuit. Après avoir préparé un cheval discret et rapide, je me glissai entre les ombres, mes yeux acérés scrutant l’obscurité. Ma mission, un sinistre ballet dicté par les intrigues politiques de mon père, me conduisit vers une demeure isolée, cachée dans l’obscurité de la nuit. D’une taille assez imposante pour être intimidante, le manoir était le stéréotype parfait pour servir de repaire à un homme important.

La porte grinça, ouvrant la voie à un corridor étroit plongé dans l’ombre. Je sentis mon cœur battre la chamade dans ma poitrine. Je récupérai la dague dissimulée dans mes vêtements, le froid du métal faisant frémir ma peau. Sans un bruit, j’avançai avec une agilité féline, ma silhouette ne faisant qu’un avec la noirceur du manoir. Le souffle du sommeil parvint à mes oreilles, me guidant inexorablement vers la chambre de ma cible.

Comme prévu, aucun garde n’était présent à cette heure-ci, et les domestiques étaient profondément endormis. Le plan avait été précisément établi en avance, chaque détail pensé pour que tout se passe sans accroc. Je savais où le chercher, dans quelle pièce le trouver et à quel moment pour ne pas attirer l’attention.

À peine entrée dans la chambre, une chandelle vacillante projetait des lueurs fantomatiques sur les riches ornements de la pièce, dévoilant la silhouette paisible d’un dormeur, d’où s’échappait un léger ronflement. Je me tins un instant dans l’embrasure de la porte, mes yeux empreints de regret fixés sur ma proie. Seul dans son grand lit, il semblait si inoffensif, plein de promesse d’avenir. Cet homme n’était pas si différent de moi, mais les circonstances nous avaient jetés dans des rôles opposés.

Ma dague glissa silencieusement hors de son fourreau, la lame aussi sombre que la nuit qui m’enveloppait, un cadeau de mon maître. Je respirai profondément, sans quitter ma cible des yeux, me préparant. Puis je récitai une prière dans le silence de mon esprit tourmenté, avant que la lame ne danse dans l’air, plongeant vers le cœur de l’homme endormi. Le geste fut presque imperceptible, une danse macabre entre la vie et la mort, direct et rapide, aucune erreur n’était permise. Je savais exactement où viser pour tuer, j’avais été entraîné pour ça, l’adrénaline courant dans mes veines me conféraient une force presque surhumaine.

Le silence régna un instant, brisé seulement par le léger frémissement de la chandelle et les tressaillements du dormeur. Le coup avait été précis, fatal, il n’avait pas eu l’ombre d’une chance, sans même pouvoir se réveiller. Je restai là, à observer ce corps dont la vie s’en allait comme si elle n’avait jamais existé, la dague encore imprégnée du destin que j’avais scellé. Le poids de mon premier meurtre me frappa comme un coup de tonnerre, une émotion palpitante dans l’obscurité, tandis qu’une larme solitaire marquait le début de mon destin funeste.

Je me retirai de la chambre aussi silencieusement que j’étais venue, après y avoir déposé un mot indiquant un suicide. Je retournai dans les ténèbres, laissant derrière moi la scène macabre, emportant le poids de la mort sur mes épaules. La chandelle mourante, reflet de la vie éteinte, marqua mon passage en emportant avec elle la dernière lueur d’humanité de ma victime.